‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 4)Chapitre 10 sur 92 · Fond blanc, impression cachou au rouleau · texte numérisé non relu

Fond blanc, impression cachou au rouleau

Le cachou est très souvent employé comme couleur réserve , susceptible qu'il est d'être associé à une foute de corps qui ont

GENRES DÉimÉs I)f CACHOU. 'H 5

des réactions assez prononcées pour faire fonction de réserve sous telle ou telle couleur, comme le bi - arséniate potassique , les sels de zinc , les sels de cuivre , qui réservent sous bleu de cuve, § 5/i9. Ainsi , pour obtenir une couleur cachou réserve sous bleu, il ne faut qu'introduire l'un ou l'autre de ces corps dans les décoctions ordinaires de cette substance tinctoriale. Rien ne s'oppose non plus à ce qu'on rende une telle décoction réserve mécanique , en y incorporant un corps gras : le spermaceti , le suif, l'acide stéarique , le savon ou l'essence de térébenthine Toujours en raison des corps auxquels on peut le mélanger, nous verrons qu'il est apte à faire fonction de réserve sous les oxides ferrique et aluminique, par conséquent sous toutes les couleurs qui en dérivent , ou sous celles qu'on obtient directement de l'application de Toxide ferrique. On met fréquemment cette propriété à profit , tant pour produire des effets de juxtaposition de couleurs que pour donner à l'impression une précision qu'on n'atteint d'aucune autre manière. Il serait , par exemple , difficile d'encadrer par les moyens d'impression ordinaires une bande cachou entre deux bandes noires , parce que ces bandes noires , pour peu qu'elles déviassent , d'un côté , sépareraient par un filet blanc les deux couches de couleur qui devraient se trouver juxtaposées , et , d'une autre , superposeraient du noir sur le cachou , dont la nuance serait ainsi complètement altérée, tandis qu'aucun accident de cette nature ne peut avoir lieu par une impression cachou réserve. Les impressions cachou enlevage sont beaucoup plus limitées; elles ne se font que sur les mordants de fer et d'alumine. Enfin nous verrons que le cachou est une substance qui se prête à la création d'un grandViombre de couleurs conversion.

Application . La couleur cachou ne forme d'autre genre élémentaire simple que le genre fond blanc impression cachou; tous les autres genres auxquels elle concourt sont composés. C'est ainsi qu'on l'a fait intervenir comme couleur d'enluminage dans les genres fond, 9 blancs {/avancés, qu'on fait des fonds ca-

chous avec impression rouges et violets garances. Il adonné lieu , surtout par son association avec la garancine , à une foule de combinaisons fort heureuses. On l'applique encore avec le bleu de cuve et la garance pour composer des genres ternaires [lapis fond cachou) . On l'emploie aussi dans les genres vapeur sur les tissus de coton, de soie et de laine. Enfin , uni à une certaine quantité de mordants et fixé en même temps que ces derniers par un bain de bouse , additionné d'une certaine quantité de chromate potassique , il donne à la teinture , avec les diverses substances tinctoriales , une foule de nuances complexes , combinaison de la couleur qui lui est propre et de celle qui résulte de la saturation des mordants par les matières colorantes employées. (Voyez Genre fonds couleurs com^ plexes.)

Un grand nombre de substances astringentes se fixent sur les étoffes aux mêmes conditions que le cachou; nous les ferons connaître en temps et lieux.

DES GENRES DERIVES DE L'APPLICATION DE l'oXIDE FERRIQUE.

§ 57Z|. L'oxide ferrique , qui figure parmi les composés capables de faire fonction de mordants, § A77, est utilisé directement comme matière colorante et sous les noms couleur chamois, rouille, abricot ou aventurine , selon l'intensité de la nuance. Considéré sous ce point de vue , il est employé d'une manière générale dans l'impression depuis le milieu du siècle dernier ; mais quelques fabricants s'en servaient déjà auparavant, ainsi que nous avons eu occasion de le faire remarquer § 555 . L usage qu'on a fait, dès le principe, des préparations ferrugineuses pour la formation des violets et noirs garances, et l'habitude où l'on était alors de laisser longtemps ces mordants exposés à l'air avant de les teindre , ont dû donner à beaucoup de fabricants l'idée de les employer à la suite du garançage comme couleur à'enluminage , et c'est en effet ce qui a eu lieu ,, à en juger du moins par les échantillons d'ancienne fabrication.

GENRES DÉRIVÉS DE LOXIDE FERRIQUE. 117

L'oxide ferrique , selon la manière dont il a été déposé et fixé sur l'étoffe , présente des différences très grandes dans sa nuance et dans son degré de fixité. On a recours , pour le fixer, à deux procédés fondamentaux :

Tantôt on imprègne le tissu d'un sel ferrique , et , moyennant une base saJifiable , on s'empare de l'acide pour mettre l'oxide en liberté en présence du tissu ; pour obtenir la nuance et la fixité qu'il cherche, le fabricant n'a qu'à déterminer l'espèce de sel dont il veut faire usage , le degré de concentration auquel il doit l'employer , et la base (potasse, soude, ammoniaque, chaux , carbonate sodique ) la plus convenable au déplacement de l'oxide et en même temps la plus économique.

Tantôt on imprègne le tissu d'un sel ferreux qui passe à l'état d'oxide ferrique , soit par lui-même, à la suite d'une exposition convenable à l'air (l'acétate et le pyrolignite sont dans ce cas) , soit par l'intervention d'une base et d'un agent oxidant, le chlovure de chaux, par exemple (sulfate et chlorure ferreux).

§ 575. Fonds unis à base d'oxide ferrique. On prépare spécialement ces. fonds pour tentures ; on y produit des impressions. blanc enlevage en vue d'imiter avec économie le genre aventurine qu'on obtient par teinture du mélange de la garance ou de la cochenille avec une matière colorante jaune.

La préparation ferrugineuse qu'on emploie dans ce cas est le nitro -sulfate de fer des fabriques , mélange de sulfate et de nitrate ferriques auxquels se trouvent associées des quantités variables de nitrate ammonique , du moins d'après les expériences que nous avons faites sur une liqueur de cette nature. Ce sel ammonique n'y est point ajouté , c'est un produit secondaire de la décomposition qu'éprouve l'acide nitrique dans cette circonstance. Pour faire cette préparation, à 10 kil. acide nitrique, préalablement introduits dans un grand vase en grès ou en verre (une grande bonbonne, par exemple) on ajoute peu à peu et par portions, qui doivent être de plus en plus petites, à mesure que la liqueur augmente de viscosité , environ trois fois le poids de cet acide, c'est-à-dire 30 kil. sulfate ferreux du commerce.

L'oxide ferreux s'oxide et se transforme en oxide ferriqne aux dépens d'une portion de l'acide nitrique ; mais celui-ci , en se décomposant , passe lui-même à l'état d'oxide nitrique qui forme momentanément avec le sulfate ferreux, § 11, p. 11, une combinaison que l'excès d'acide détruit bientôt , en donnant naissance à une certaine quantité d'ammoniaque. En agissant sur ces proportions , il faut au moins six jours pour compléter la préparation du nitro-sulfate ferrique , car à mesure que la liqueur augmente de densité et devient visqueuse , on doit , pour qu'elle ne déborde pas en devenant écumeuse , ajouter moins de sulfate à la fois, par conséquent prolonger la durée de l'opération. Le produit que l'on obtient est liquide à la température de 15° et pèse 56 à 57° ÂB ; à une température plus basse il est exposé à cristalliser , il convient donc de le conserver dans un lieu chaud. Du reste, il n'est jamais employé dans cet état de concentration , attendu que la grande quantité d'oxide qui serait ainsi mise en liberté produirait une espèce de pâte cohérente qui, se détachant sur certains points, donnerait lieu à des inégalités ; elle doit toujours être étendue de manière à ne marquer que 18 à 22° Al$. Quand donc on veut teindre au moyen de cette préparation, on en forme, clans des proportions convenables d'eau et de. solution saline , une liqueur dont on emplit le bassin de la machine à foularder, § 523, flg. 131, et dans laquelle on mate le tissu bien tendu , pour l'introduire , au sortir de ce bain, dans une étuve peu chauffée où on le laisse jusqu'à ce qu'il approche du terme de sa dessiccation ; car, si cette dessiccation devenait complète , il pourrait être brûlé par le sel ferrique acide qui le recouvre. L'étoffe imprégnée de ce sel , on procède au déplacement de l'oxide ferrique. A cet effet, après avoir cousu les pièces à la suite les unes des autres, on les passe, soit de nouveau dans le bassin du foulard où l'on a introduit. une dissolution de carbonate sodique pure ou une dissolution de ce sel avec une certaine quantité de chaux , soit, ce qui se fait le plus communément maintenant, clans une petite cuve à roulettes, § 5/i8, iig. 1/|8 , où on les fait circuler pour les exprimer entre deux

GENRES DÉRIVÉS DE l'oXIDE FERRIQUE. 119

cylindres , à leur sortie de la cuve , dans une lessive formée de ; 100 lit. d'eau,

4 2k,5 à 25 kil. carbonate sodique (sel de soude), 6,25 à 4 2 kil. chaux.

La chaux a moins ici pour objet de rendre la soude caustique , que de prévenir les taches que les dépôts d'oxide formeraient sur le tissu.

Il va sans dire qu'à mesure qu'on fait circuler les pièces dans la lessive , que l'opération se fasse dans le foulard ou dans la cuve à roulettes, on doit entretenir le bain par l'addition d'une certaine quantité des ingrédients qui le composent. Enfin, comme un seul passage ne suffit pas toujours pour opérer la décomposition complète du sel , pour empêcher que quelques parties ne se détachent de l'étoffe , il est prudent de répéter cette opération , afin de rendre le déplacement de l'oxide aussi parfait que possible. Alors on rince l'étofTe et on la soumet à l'action des machines à dégorger pour lui enlever l'excès d'oxide, qui, ne faisant que la recouvrir, lui donne un aspect raclé et une roideur très défavorable. Pour faire disparaître complètement cette dernière et redonner au tissu une partie de sa souplesse primitive , on le soumet quelquefois à l'action de l'eau bouillante et même à celle d'une eau de savon.

Après avoir, par cette première opération, imprégné l'étoffe du sel ferrique et déplacé et fixé l'oxide, on a déjà une nuance assez forte qui suffit clans beaucoup de circonstances ; quand elle doit être plus foncée, on fait ici comme avec l'indigo , on réitère l'opération autant qu'il est nécessaire pour appliquer sur le tissu des couches successives de couleur. Nous ajouterons que , lorsqu'on tient à avoir des fonds chargés très unis et solides, il est toujours préférable d'opérer ainsi avec des solutions ferriques moins denses.

La présence d'une certaine quantité d'ammoniaque dans la composition du sel ferrique nous a conduit à penser qu'on pourrait préparer une liqueur ferrugineuse plus neutre et moins sujette à brûler le tissu ; nous nous sommes assuré qu'en effet,

en calcinant le sulfate ferreux avec ménagement , de manière à le transformer en gaz sulfureux et en sulfate ferrique basique , § 174, et en dissolvant le résidu dans l'eau, on obtient une liqueur qui , additionnée d'une certaine quantité de chlorure ammonique ( sel ammoniac ) , donne des teintes beaucoup plus vives et non moins intenses que celles qui sont fournies par le nitro-sulfate ferrique, parce que la dessiccation de cette préparation sur l'étoffe pouvant être poussée plus loin, il se fixe déjà naturellement une plus forte proportion d'oxide. Nous avons également constaté qu'un mélange de chlorure ferrique et de chlorure ammonique donne de très belles teintes unies.

Pour préparer des fonds clairs , on peut aussi foularder les pièces en acétate ferreux , les exposer à l'air et les laver à l'eau ordinaire ou dans une dissolution alcaline et chaude de chlorure de chaux ou de soude, afin d'achever le déplacement de l'oxide et d'en compléter l'oxidation. On peut de même les foularder en sulfate ferreux ou en un mélange de ce sel et d'acétate, leur donner un ou deux jours d'exposition à l'air et les passer dans un lait de chaux à la cuve à roulettes , pour les exposer de nouveau à l'air, afin de déterminer la suroxidation de l'oxide ferreux. Du reste , l'échantillon 72 ci -contre donnera une idée d'une des nuances que l'on obtient par ces procédés.

$£. Fond rouille uni.

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§ 576. Fond rouille, impression blanc réserve. Pour obtenir ce genre on imprime sur le tissu une réserve chimique ayant pour base , soit l'arséniate ou le phosphate potassique qui précipitent l'oxide ferrique avant qu'il ait pu contracter une combinaison avec l'étoffe , soit un acide propre à former avec l'oxide ferrique une combinaison indécomposable même dans les circonstances où l'on doit déterminer la fixation de l'oxide ferrique sur l'étoffe. On peut employer les acides tartrique, citrique , oxalique , un mélange de ces trois acides , ou enfin du citrate potassique ou sodique ; mais il importe de proportionner la force de ces acides à l'intensité de la couleur rouille qui doit recouvrir le fond . et en conséquence les employer en solutions de 4°, à 16 ou 24° AQ , et épaissis à la gomme ou à l'amidon grillé. Voici deux réserves de ce genre :

Blanc réserve à l'arséniate.

Dans 10 litres d'eau on fait dissoudre à chaud :

2k,5 bi-arséniate potassique, et l'on sature la liqueur par le carbonate potassique jusqu'à ce que le liquide manifeste une réaction légèrement alcaline.

Divisant ensuite cette liqueur en deux parties égales , on

incorpore à la première :

5 kil. terre de pipe , et on fait dissoudre dans la seconde : 2k,250 gomme Sénégal, 0k,340 savon vert;

puis on réunit le tout. Cette réserve est , comme on le voit, légèrement mécanique , car la préparation ferrugineuse ne peut la toucher sans que l'acide gras du savon soit mis en liberté et fasse obstacle à l'accès de la liqueur dans l'intérieur des pores du tissu.

Blanc réserve à V acide.

A 5 litres jus de citron à 26° AB on ajoute :

2k,5 terre de pipe,

5 lit. eau de gomme à 600 gr. par litre.

Beaucoup de fabricants donnent la préférence au citrate po •

tassique ; dans ce cas on commence par étendre le jus de citron au degré qu'exige la résistance de la réserve , on le sature ensuite par une quantité de carbonate potassique proportionnelle à son pouvoir de saturation déterminé à l'avance , § 130, et Ton épaissit à l'amidon grillé ou à la gomme arabique, en faisant varier la viscosité de la liqueur d'après le mode d'impression et la nature de la gravure. Les raisons de cette préférence sont sans doute, d'abord, que la base du citrate étant immédiatement saturée par l'acide du sel ferrique , l'oxide est présenté à l'acide citrique dans les conditions les plus favorables à la formation de cette combinaison particulière où il est masqué ; ensuite, que l'acide citrique employé ainsi n'a plus à combattre la tendance de l'acide du sel ferrique à rester uni avec la base. On sait que toutes les fois que deux acides se trouvent en présence d'une base en quantité insuffisante pour les saturer tous deux , ils se la partagent dans le rapport de leur énergie respective.

L'impression de la réserve achevée , quand les pièces ont été foulardées et exposées à l'air durant le temps nécessaire à la formation et à la fixation de l'oxide ferrique , il n'y a plus qu'à dégorger clans une dissolution alcaline de carbonate sodique qui déplace complètement l'oxide ferrique et enlève le citrate en le faisant entrer en dissolution , m vertu de la propriété dont jouit l'acide citrique de masquer les oxicles. Pour assurer ce résultat, il est prudent de faire intervenir l'acide tartrique , qui dissimule mieux les caractères de l'oxide ferrique , et , quand on emploie dans le même but l'acide oxalique, de ne point exposer les pièces au soleil , attendu qu'en pareille circonstance il n'est pas rare de voir le fer se combiner de nouveau au tissu , sans doute à la suite d'une modification moléculaire ou de constitution qu'éprouve l'oxalate sous l'influence de la lumière. Après toutes ces opérations , les toiles , à la nuance près , se présentent dans l'état ci-après , échant. 73.

Les fonds rouilles avec impression réserve s'exécutent par-

GENRES DERIVES DE LOXIDE FERRIQUE. 123

l5'3. Chamois, impression blanc réserve.

ticulièrement dans la fabrication des genres composés pour mifonds et soubassements chamois; mais souvent aussi le dessin blanc est réservé par la gravure.

§ 577. Fond rouille, impression blanc enlevage. Il n'est pas difficile de réaliser des impressions blanc enlevage sur des fonds colorés uniformément par l'oxide ferrique , que l'exécution s'en fasse au rouleau , à la perrotine ou à la planche ; il faut seulement avoir égard à l'intensité de la couleur et au degré d'adhérence qu'elle a déjà acquise pour l'étoffe dont il s'agit de Y enlever .

Quand la couleur est d'intensité moyenne , et que l'oxide ferrique n'a pas encore été fixé par un passage dans une solution alcaline , on l'enlève facilement à l'aide d'une solution convenable d'acides tartrique et oxalique.

On fait usage cle la préparation ci-après pour l'impression au rouleau :

Dans 10 litres d'eau bouillante on fait dissoudre :

4k,875 acide oxalique , \ ,250 acicle tartrique , et Ton épaissit avec 5 kil. amidon torréfié , puis on ajoute -peu à peu 0,312 acide sulfurique du commerce.

Toutefois cet enlevage n'est imprimé avec succès qu'autant qu'on le maintient à un certain degré de chaleur, 30 ou /|0° :

autrement l'acide oxalique, en cristallisant, fait perdre à l'impression toute sa netteté. On peut encore, dans ces enlevages , remplacer une portion de l'amidon grillé par de l'amidon qui ne l'est pas; mais, épaissis de la sorte, ils sont sujets à s'éclaircir, attendu que la fécule , en se transformant en sucre , diminue leur viscosité.

Quand les fonds rouilles sont très foncés et que l'oxide ferrique est fixé comme dans le genre aventuvine , on est obligé d'avoir recours au chlorure stanneux , qui le réduit et le fait passer à l'état d'oxide ferreux ; alors on emploie l'une ou l'autre des préparations ci-après :

Dans 10 litres d'eau on délaie :

1,875 farine, 0,800 amidon,

et Ton fait cuire le tout jusqu'à ce que l'empois soit parfaitement

formé ; puis , s'il est question d'imprimer l'enlevage , à la

planche , on ajoute à 1 kil. de cet empois :

\ kil. chlorure stanneux acide à 65° ^4B (dissolution de sel d'étain dans lechloride hydrique).

Si , au contraire , l'impression doit avoir lieu au rouleau , à 1 kil. d'empois on ajoute :

2 kil. chlorure stanneux acide à 65° ^4B. Dans ces préparations , l'action combinée du chloride hydrique et du chlorure stanneux suffit pour détruire l'oxide ferrique; mais comme il n'y a aucun corps masquant , pour peu que l'impression séjourne au contact de l'air, l'oxide ferreux peut , en absorbant l'oxigène, passer à l'état d'oxide ferrique qui resterait uni à l'étoffe. Pour prévenir cet accident, quelques fabricants se servent de la préparation ci-après , qui est extrêmement dispendieuse , car le chloride hydrique y est remplacé par de fortes proportions d'acides oxalique et tartrique , et cependant ne donne aucun résultat plus avantageux que la précédente, ainsi que nous nous en sommes assuré , quand cette dernière a été convenablement appliquée.

GENRES DERIVES DE L OXIDE FERRIQUE. j 25

Dans 10 -litres eau on délaie :

3k,750 amidon , et l'on fait cuire jusqu'à ce que l'empois soit

formé; on ajoute ensuite :

2k,000 acide oxalique, 1k,600 acide tartrique, 25 kil. chlorure stanneux (sel d'étain ) , 3k,750 acide sulfurique.

On emploie encore les deux préparations qui suivent : Blanc enlevage sur rouille moyen.

Dans 10 litres d'eau on dissout :

2k,500 gomme arabique, et l'on ajoute dans la liqueur

chaude :

0k,625 acide tartrique , 0k,520 acide oxalique , 9k,750 terre de pipe, 7k,300 chlorure stanneux; et enfin

une certaine quantité d'acide sulfurique , selon la résistance de la couleur.

Blanc enlevage sur chamois [rouille faible).

Dans 10 litres d'eau on fait dissoudre à l'ébullition :

% 5k,6 gomme arabique , 4k,280 acide oxalique, 0k,960 acide tartrique , 0k,320 acide sulfurique du commerce.

Comme l'oxide ferrique , surtout quand il existe en forte proportion sur l'étoffe , est difficile à attaquer, il ne faut pas exposer les pièces, à la suite d'une impression enlevage, dans un endroit chaud qui en dessécherait l'impression et s'opposerait à son action sur les couches d'oxide. Les deux premières préparations ci -dessus nous offrent donc des différences qui doivent être signalées : la seconde , celle au sel d'étain seul, tend à se fluidifier de plus en plus par l'action qu'exerce l'acide sur l'amidon ; la première, au contraire, a une tendance à cristalliser , en raison de la forte proportion d'acides oxalique et tartrique qu'elle renferme. Dès qu'on juge que le fond est attaqué, ce qui arrive

dans la journée même où l'impression a été effectuée , ou tout au plus le lendemain, on procède au lavage en passant les pièces au large dans la rivière , puis on rince à plusieurs reprises à la main , et enfin on les soumet à l'action des machines à dégorger, afin de bien nettoyer le blanc. On obtient ainsi une impression du genre de l'échantillon 7 à.

^4, Fond chamois , impression blanc enlevagc.

§ 578. Fond blanc avec impression rouille. C'est dans ce

genre qu'on a employé pour la première fois l'oxide ferrique comme couleur; il a suffi de dissoudre du fer dans du vinaigre, d'épaissir à la gomme la solution qui en résultait , de l'étendre au pinceau , ou de l'appliquer avec la planche, pour obtenir à la suite d'une exposition à l'air de l'oxide ferrique fixé sur l'étoffe, attendu que la base (oxide ferreux), qu'abandonne peu à peu l'acide acétique , passe , en s'oxidant , à l'état d'oxicle ferrique pour faire corps avec le tissu. Ce sont encore à peu près les mêmes préparations qui servent de nos jours dans l'impression à la main , à la perrotine et au rouleau , puisqu'on emploie généralement l'acétate ou le pyrolignite tantôt seuls, tantôt mélangés d'une certaine quantité de sulfate de nitrate ferreux, auxquels on ajoute quelquefois de l'acide arsénieux et des sels cuivriques etplombiques dans le but d'en modifier un peu la nuance, et beaucoup plus rarement le chlorure ferrique.

GENRES DÉRIVES DE l'oXIDE FERRIQUE. 127

Ces couleurs s'épaississent à la gomme ou à l'amidon grillé. Nous donnons ici la composition d'un certain nombre d'entre elles , afin que le lecteur se fasse une idée des parties constituantes des rouilles , nankins et chamois.

ROUILLES A DANS LESQUELS L' ACETATE FERREUX DOMINE.

On chauffe à l'ébullition 10 litres acétate ferreux à 8° yiB,

et on les verse sur un mélange de :

ïS\8 sulfate ferreux ,

4 2,5 pyrolignite plombique, et Ton décante la partie claire.

A 10 litres rouille n° 1 on ajoute :

12,5 eau de gomme à \ kil. par litre.

A 10 litres rouille n° 1 on ajoute :

\ 0 lit. eau.

10 kil. amidon grillé.

A 10 litres acétate ferreux à 9° AB on ajoute :

6'650 d'eau dans laquelle on a préalablement fait dissoudre :

3',320 de mélasse,

0k,830 d'acétate cuivrique,

1^,4 00 de chlorure ammonique, et le tout est épaissi avec

8k,350 amidon grillé.

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