‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 4)Chapitre 4 sur 92 · HUMIDE ET SANS LE CONCOURS DES MORDANTS. GENRES SIMPLES · texte numérisé non relu

HUMIDE ET SANS LE CONCOURS DES MORDANTS. GENRES SIMPLES

DÉRIVANT DE L'APPLICATION DE l'iNDIGO, DU CARTHAME, DU CUR- CUMA , DU CACHOU , DES OXIDES FERRIQUE ET CHROMIQUE , DES SUROXIDES MANGANIQUE ET PLOMBIQUE , ET DU SULFIDE ANTIMO- NIQUE.

GENRES DÉRIVANT DE L APPLICATION DE L'iNDIGO.

§ 548. L'indigotine, qui se trouve dans une infinité de plantes, §379. se trouve être une des premières matières qu'on ait employées pour réaliser des figures sur les tissus. D'une part, l'habitude qu'ont eue de tout temps les Indiens de se teindre les cheveux et de se colorer le visage avec le suc des plantes du genre indigofera , de produire des figures par des réserves à la cire sur des tissus teints de la même manière ; d'une autre , la coutume des Germains , qui ( au dire d'Ovide , se frottaient le visage du suc de l'Isatis pour faire peur à leurs ennemis, démontrent combien est ancien l'usage qu'on fait de cette matière colorante ; cependant, en 1825, on ne l'employait encore que de deux manières générales dans les ateliers d'impression : ou l'on en faisait des fonds unis sur lesquels on imprimait des réserves , et, selon que celles-ci étaient appliquées sur la toile, avant qu'elle eût ou non reçu une première immersion dans Ja matière colorante, on effectuait des impressions en dessins blancs ou petit bleu; ou l'on réalisait avec cette substance et par divers procédés des impressions bleues , diversement nuancées, sur fonds blancs; mais on ne savait point produire des impressions enlevage blanc sur fond bleu , et il était réservé à l'habile fabricant de Primerose, M. Thompson, de faire cette belle et riche découverte qui a changé la face de plusieurs branches de fabrication. Malgré ces progrès, il nous manque

encore plusieurs termes des formes sous lesquelles cette matière colorante doit s'imprimer, §487, p. 221, pour que le fabricant en fasse toutes les applications possibles ; nous aurons l'occasion d'en faire ressortir les causes.

Dans l'état actuel des choses, les genres simples qui dérivent de l'indigo sont ; ' Les genres fond bleu de cave (gros bleu avec petit bleu cuvé)

qui se divisent en :

Fond bleu uni

Id. avec impression blanc réserve.

petit bleu réserve, petit bleu et blanc réserve, blanc enlevage.

blanc et mi-blanc enlevage (donnant blanc et petit bleu. )

Id.

id

Id. -

id.

Id.

id.

Id.

id.

Les genres fond blanc impression bleu , qui se divisent en :

Bleu de pinceau.

Bleu fayencé.

Bleu d'application solide.

Nous ne parlerons point ici des couleurs produites par le sulfate d'indigo , § 390, parce que cette matière colorante se fixe à d'autres conditions et constitue en quelque sorte une espèce distincte.

Toutes les applications que l'on a faites de l'indigo jusqu'à ce jour découlent de plusieurs propriétés qu'il ne faut point perdre de vue et qui sont :

a. Lorsqu'il est à l'état d'indigo oxidé ou bleu :

1° Son insolubilité dans l'eau, dans les acides faibles , dans les alcalis même assez puissants ;

2° Le pouvoir qu'il a d'être réduit ou d'entrer en dissolution toutes les fois qu'on le soumet à la double influence d'une base alcaline et d'un corps réducteur, § 389, p. kkl , tel que

le soufre, le phosphore, l'arsenic, l'antimoine, l'étain, les sulfides arsénieux et hypo-arsénieux, le sulfure antimonique, les oxides stanneux et ferreux , et les matières organiques en décomposition ;

3° De ne pouvoir être suroxidé sans subir une véritable destruction, ce qui arrive toutes les fois qu'il est en contact avec l'oxigène naissant (le chlorure et l'eau), § 359, avec un composé d'un ordre plus ou moins élevé , et qui, riche en oxigène, l'abandonne facilement.

b. Lorsqu'il est à l'état d'indigo réduit ou blanc : l°De n'être soluble qu'à la faveur des oxides alcalins, avec lesquels il forme des espèces de combinaisons salines dans lesquelles l'indigotine colorable joue le rôle d'acide;

2° D'être déplacé et précipité de toutes ces espèces de dissolutions salines, savoir: à l'état blanc ou réduit, § 391, par tous les acides faibles et tous les composés qui sont de nature à jouer ce rôle , et à l'état d'indigo bleu par l'oxigène de l'air ou celui qui est en dissolution dans l'eau, par le chlore et l'eau employés en proportions convenables , par tous les composés binaires de nature à lui céder de l'oxigène , pourvu que la proportion d'un certain nombre de ceux-ci ne soit pas telle que la décoloration et la destruction de la substance succèdent à la formation du composé bleu.

Après avoir rappelé ces propriétés , nous allons aborder un des moyens employés pour le fixer , le procédé dit à la cuve, qui consiste à désoxicler et à dissoudre l'indigo à la faveur d'un alcali et d'un corps réducteur, pour plonger dans cette dissolution le tissu , tantôt simplement blanchi , tantôt recouvert d'impressions réserves , puis exposés à l'action de l'air ou d'un agent qui , en favorisant l'oxi dation de la substance tinctoriale, régénère l'indigo bleu. Nous avons à examiner ici : L'état dans lequel il convient d'employer l'indigo ; Les agents à faire intervenir pour en assurer la réduction et la dissolution , en un mot, la préparation du bain de teinture

Genres dérives ut; l'Indigo, ]7

proprement dit , ou, pour nous servir de termes usités , de la cuve à teindre ;

La teinture et les appareils nécessaires pour en assurer la bonne exécution.

Comme l'indigo ne se dissout pas sans difficulté, il est de l'intérêt du fabricant d'en favoriser la dissolution en le divisant autant que possible. Vu la facilité avec laquelle ce corps se tasse quand il est pulvérisé par voie sèche , on a toujours recours à une pulvérisation par voie humide, ou en présence d'un certain volume d'eau. Les appareils dont on se sert à cet effet sont de plusieurs espèces et établis autant que possible dans le but de broyer non seulement l'indigo, mais encore toutes les couleurs qui ont besoin d'être bassinées , § 524, p. 422 (1).

Tantôt ce sont des cylindres creux en fonte de fer, dans l'intérieur desquels on introduit, soit deux rangées de petits cylindres massifs également en fonte de fer et d'inégale longueur, qui , en frottant contre les parois intérieures et contre leurs propres surfaces, broient parfaitement la matière, soit des boulets ( voyez tous les détails à ce sujet , Bulletin de la Société ind. de M ulh . , t . 1 1 , p 49 ) .

Tantôt une sphère creuse en cuivre d'environ 0,u, 60 de diamètre, coupée en deux parties inégales , dont la plus grande

(1) Expression qui vient sans doute de l'usage qu'on faisait à une certaine époque de l'appareil dont nous empruntons la description à Hommassel: «On*a, dit -il, une bassins de cuivre à deux anses de fer, » dont le fond est rond comme une boule ; au dehors , au milieu et au- » dessous du fond est une bosse de cuivre massive qui oblige la bassine » de rester toujours sur le coté : l'on met dans cette bassine l'indigo, qui » avant a été trempé et concassé dans un mortier, l'on met dans la bas- » sine, avec l'indigo, trois ou quatre boulets de canon de douze, suivant » la force du poignet de celui qui doit la faire mouvoir ; l'on fait rouler )> dans la bassine les boulets , jusqu'à ce que l'indigo soit tout-à-fait » réduit en liqueur épaisse. » ( Cours théorique et pratique sur l'art de la teinture, etc., p. 89.)

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