‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 4)Chapitre 54 sur 92 · MORDANTS POUR ROUGE AU ROULEAU · texte numérisé non relu

MORDANTS POUR ROUGE AU ROULEAU

Brun rouge foncé N° 1 .

On épaissit 10 litres mordant rouge C avec

1\500 amidon blanc.

Ce mordant est sujet à couler, et pour prévenir cet accident

on n'ajoute le chlorure zincique qu'après que la couleur est

épaissie.

Rouge clair N° 2.

A 10 litres mordant rouge C'on ajoute :

3', 600 décoction de campêche à 2° JB,

0',720 chlorure zincique à 55° AB . et l'on épaissit le tout avec

2\200 amidon blanc.

Rouge N° 3.

A 10 litres mordant rouge C on ajoute :

1',425 décoction de campêche à 5° AB , et l'on épaissit le tout

avec 1 k,600 amidon pur.

Rouge N° 4 .

A 10 litres mordant rouge C on ajoute :

4',250 décoction de fernambouc, à 750 gr. par litre , 0l,835 chlorure zincique à 55°, et l'on épaissit le tout avec 1 k,460 amidon , 4k,050 amidon grillé.

Rouge N° 5 .

A 10 litres mordant rouge C on ajoute :

6 litr. décoction decampêche, à 60 gr. par litre,

0',750 chlorure zincique à 55° AB , et l'on épaissit le tout avec

2k,560 amidon pur.

Rouge N° 6.

A 10 litres mordant rouge B on ajoute :

4k,60 nitrate zincique à \ 5° AB ; on épaissit avec 2k,560 amidon, et Ton colore le tout par 0^200 acétate d'indigo.

Rouge N° 7.

On fait cuire 10 litres mordant rouge B avec :

2k,560 amidon, et l'on ajoute, en retirant du feu, 4*,60 nitrate zincique à 15°^B, 0^200 acétate d'indigo.

rose a l'aluminate N° 8.

Dans 10 litres potasse caustique à 12° AB on fait dissoudre à chaud :

4k,25 alun ; quand le tout est refroidi, on épaissit avec 4k, 260 amidon grillé.

AUTRE ROSE A l'aLUMINATE N° 9.

. Dans 10 litres potasse caustique à 22° AB, on fait dissoudre à chaud un excès d'hydrate aluminique ] on concentre la liqueur jusqu'à ce qu'elle marque 20° AB, et l'on épaissit à froid :

\ 0 lit. de cet aluminate, avec 5 kil. amidon grillé.

On voit qu'on introduit généralement dans le mordant à

l'acétate aluminique un sel zincique. Ce sel, selon les uns, ne

ferait qu'agir physiquement sur la couleur, qu'il rendrait plus

hygrométrique et moins sujette à se durcir; mais évidemment

là ne se borne pas son action , car l'oxide zincique se retrouve en

wm m

grande partie avec l'oxicle aluminique à la suite des opérations de la fixation du mordant , et une base salifiable de cette nature ne peut rester indifférente en présence d'un corps qui, comme la matière colorante de la garance, fait fonction d'acide; il y a donc à découvrir la part qu'il prend à la teinture ; nous examinerons cette question après avoir passé en revue les opérations par lesquelles on arrive à développer ces couleurs dans tout leur éclat.

Le point important dans cette fabrication est de savoir trouver les mordants et les épaississants dont la nature et la force conviennent le mieux à la profondeur de la gravure. Toutes circonstances égales d'ailleurs , un mordant à l'acétate doit toujours être plus fort que le mordant à l'aluminate , attendu (pi'à même proportion d'alumine, ce dernier donne des teintes qui sont à celles que produit le premier . : 9 : 7. De plus, en employant la même gravure et le même mordant, on doit faire attention que la couleur épaissie à l'amidon donne toujours une nuance beaucoup plus intense que celle qui l'est à l'amidon grillé ou à la gomme. ( Voyez ce qui a été dit § 524.)

Impression. Quand les pièces sont convenablement préparées , on les imprime de ces mordants en s' attachant à faire pénétrer ceux-ci dans l'étoffe , ce à quoi l'on parvient en leur donnant le degré de viscosité convenable , et en imprimant à une haute pression ; on expose alors les pièces dans un séchoir humide chauffé à 20 ou 25°, durant un temps qui varie d'après la nature du mordant et la température à laquelle on a séché le tissu au sortir de la machine. Celles qui ont été mordancées à l'aluminate doivent rester exposées plus longtemps et dans un lieu plus humide, afin que l'acide carbonique de l'air, en se combinant à la potasse, déplace l'oxide aluminique.

C'est encore là une des opérations délicates de la fabrication des roses; dans celle des violets, la température du séchoir peut être fortement élevée sans préjudice pour cette couleur , par la raison que le composé salin qui recouvre le tissu n'y étant point

fixe d'une manière définitive, s'oxide ultérieurement et passe insensiblement à un degré supérieur d'oxidation ; pour les mordants aluminiques , au contraire , si la chaleur est trop intense, l'oxide est mis en liberté dans cet état isomérique, où il devient terne au lieu d'être vitreux , et alors la teinture qui succède présente le même phénomène que si l'on étendait une couche de couleur sur une surface opaque et absorbante au lieu d'une surface translucide et polie. La couleur, dans le premier cas, est toujours privée de la vivacité et de l'éclat qu'elle a dans la seconde.

L'essentiel pour l'impression des roses est de trouver le degré de chaleur qui doit prévenir tout mouvement de la couleur sur la toile au moment où elle y est déposée , tout en n'atteignant pas celui où l'oxide se précipite dans la modification terne où il perd la plupart de ses tendances chimiques , au lieu de se fixer sous forme de sulfate six oupoly-basique, dont l'éclat plus ou moins soyeux se transmet à la laque colorée et lui donne un éclat auquel, toutes circonstances égales d'ailleurs, aucune qualité ni aucune dose de garance ne pourraient conduire. Dans ce dépôt de l'oxide aluminique sur la toile, il se passe un phénomène assez semblable à celui que présente le nitrate mercurique soumis à l'action de la chaleur. Quand on calcine ce sel en cristaux volumineux , on obtient pour résidu de l'oxide mercurique amorphe d'une couleur brique terne ; que si , au. contraire, on fait évaporer brusquement une dissolution de ce sel, il se dépose par l'évaporation une foule de petits cristaux très brillants qui , calcinés aussi , donnent encore de l'oxide mercurique, mais avec toutes les qualités physiques du nitrate, et de plus une couleur jaune orangé. C'est ainsi que nous produisons de l'acide tungstique cristallisé , en calcinant le tungstate ammonique cristallisé au lieu de le calciner amorphe.

La conséquence à tirer de ces faits, c'est que, dans la dessiccation des tissus imprimés , il ne faut pas seulement chercher à saisir la couleur , à expulser l'acide acétique et à fixer l'oxide

GENEES DERIVES DE LA GARANCE. 273

aluminique , mais encore prendre en sérieuse considération la texture du sous-sel qui se forme et qui peut augmenter ou diminuer le reflet de la laque ; c'est au fabricant à choisir le mordant le plus convenable et à trouver la température qu'il réclame. Une dessiccation brusque a pour résultat de fixer plus également la totalité du mordant déposé sur le tissu, mais c'est toujours au préjudice de la couleur ; il est donc préférable de moins Chauffer les pièces durant l'impression et de les exposer un certain temps à l'air. Cette exposition doit être plus longue pour les rouges que pour les roses, qui ne la supportent pas plus d'un jour sans que la nuance perde de sa délicatesse.

A l'impression succède le bousage. On fixe presque tous les mordants à l'acétate aluminique à la bouse de vache, § 533, en ayant soin d'entretenir le bain. Les roses imprimés en dessins très légers se bousent quelquefois d'un seul coup dans la cuve à roulettes à la température de 50 à 55° ; les roses vifs et ronges campagne , au contraire , en deux fois : la première , dans la cuve à roulettes, toujours à 56°, et la seconde, dans la cuve en rond durant une heure. On doit même répéter cette opération, quand les dessins sont chargés, pour que le mordant soit parfaitement dégorgé, ce qui est un point capital. Ce bousage peut s'effectuer aussi dans le bicarbonate, § 537. Si le mordant imprimé est à base d'aluminate , il faut faire intervenir une certaine quantité de chlorure ammonique. Dans l'un et l'autre cas , l'opération est toujours suivie de deux dégorgeages au moins , qu'on effectue dans les roues, § 445, si l'on opère sur des étoffes délicates , jaconas, mousselines , etc., et au clapeau , § 442 , pour les toiles ordinaires. Le tissu se trouve alors dans l'état ci-après, échant. 123.

Teinture. La teinture est encore une des opérations délicates de cette fabrication. On doit renoncer à obtenir des roses vifs si elle s'effectue a une chaleur trop élevée; en voici du reste le détail :

Après avoir élevé l'eau de la cuve à teindre à la température in. 18

1555$. mordant rose imprime et bousé.

de 28 à 30°, on y délaie une quantité de garance (belle qualité Paluds) d'Avignon , qui varie, suivant les dessins, depuis lkil. pour les plus légers jusqu'à 3 kil. pour les roses nourris. On y ajoute toujours , pour les roses tendres , une certaine proportion de carbonate potassique d'après les uns , de potasse caustique d'après les autres. Cette proportion est de 75 à 100 gr. dépotasse caustique à 15MB par kil. de garance, ou environ 0^025 solution de carbonate potassique à 8° AQ.

Le garançage a lieu en une seule fois ou en deux, selon les conditions dans lesquelles on opère. On le commence à 30°, après avoir maintenu la température à ce terme durant une heure, on la porte peu à peu jusqu'à 40", ou bien on élève le bain graduellement

De 30 à 35° durant l'espace de 2 heures, De 35 à 40° durant l'espace de \ h. 1/2.

Lorsque l'opération a lieu en deux fois , elle se fait toujours

en trois heures , à la température

De 38 à 40° pour les roses tendres, De 45 à 50° pour les roses plus foncés.

Il est cependant des fabricants qui teignent des roses vifs à une température plus élevée, dans la vue d'économiser une certaine quantité de garance , et effectuent :

Le premier garançage durant 2 h. 1/2, à la température de 30 à45°.

Le second durant 3 h., à la température de 35 à 55°: On doit dégorger les pièces au sortir du bain de teinture avec un soin extrême , afin de détacher toutes les parties de la laque qui ne sont pas intimement fixées ; l'eau qu'on en exprime doit être parfaitement pure. Si la teinture a été bien conduite, la nuance du tissu paraît orange foncé tant que les pièces restent humides ; sèches , elles sont dans l'état de l'échant. 12â.

JLS4. Mordant rose teint en garance.

C'est Tavivage qui fait disparaître cette couleur orangée ; cet avivage se compose :

\ ° D'un ou de deux passages en savon destinés à nettoyer le fond et à donner à la couleur le degré de fixité dont elle a besoin pour supporter l'action des solutions acides ;

2° D'un passage en acide (la composition d'étain , l'acide nitrique ou l'acide sulfurique) ;

3° D'un passage en savon à une haute température qui donne le dernier degré de fixité à la nuance.

Passages en savon.

Le premier passage se donne durant 45 minutes, à la température de 56°, avec 'lk,5, savon pour 600 mètres ,

Et le second à celle de 65°, toujours avec 1k,5 savon pour 600 mètres.

Si l'on traite des doubles rouges , il faut élever la tempéra-

it-*

ture du bain de savon jusqu'à 80°, pour mieux fixer la couleur.

Quand l'eau est calcaire, il convient de la corriger par laddition dune certaine quantité d'oxide potassique.

Après chacun de ces savonnages , on lave les pièces à l'eau courante , d'où elles sortent dans l'état ci-après, échant. 125.

i£5. Rose teint c|ui a reçu deux passages en savon.

Passage en acide.

On ajoute à froid à la quantité d'eau nécessaire pour remplir ia cuve où l'on opère 0k,750 composition d'étain f, § 480, et

0k,750 acide nitrique.

On fait entrer les pièces dans ce bain , on les y fait circuler

rapidement en élevant progressivement la température jusqu'à

ce que la couleur ait contracté une belle teinte orangé pur (non

mélangée de brun), qui indique que l'acide a accompli st)n effet;

on les retire alors promptement pour les rincer avec soin , et

elles se trouvent dans l'état ci-après, échant. 126.

Quand on opère dans la cuve à teindre, § 539, fig. 140, il vaut

mieux forcer la dose de l'acide que d'élever trop la température,

attendu que, dans ce cas, le tube de vapeur peut attaquer les

points du tissu qui sont en contact avec lui , et donner lieu à des

inégalités. Ce danger n'existe plus quand on fait usage d'une

cuve spéciale qui permet d'élever directement la température à

60 ou 70°, et partant d'employer un acide plus faible.

1£G. Rose savonné et passé à ravivage*

Comme l'acide nitrique associé à la composition d'étain donne généralement des teintes qui virent à l'orangé, on y substitue quelquefois l'acide sulfurique qui fait virer le rose au violet ; on délaie dans 1,200 litres d'eau 1\750 acide sulfurique du commerce, et l'on opère comme avec l'acide nitrique. Enfin on emploie encore avec beaucoup de succès une dissolution d'oxide stannique clans le bitartrate potassique.

Après ces avivages , on fait circuler les pièces dans un bain de savon qui contient, pour lk,500 savon, 0k,500 cristaux de soude, et dont on élève progressivement la température de 15° à l'ébullition clans l'espace d'une heure. On les dégorge aux roues, § /j/l5 , on les rince pour les faire entrer dans un autre bain de savon de même force , mais porté immédiatement à une température de 100° ; et au bout de quinze à vingt minutes , dégorgées encore une fois aux roues, elles se trouvent dans l'état de l'échant. 127.

Après ces divers traitements, la couleur n'a encore ni la vivacité ni la solidité qu'elle peut atteindre ; car l'effet de l'acide n'étant pas neutralisé, elle a conservé un reflet orangé que font disparaître deux bains de savon donnés durant deux heures cha-

WM

uni u ii "

1 g ?. Rose teint savonné, avivé et passé de nouveau en savon

cun , dans la chaudière close sous l'influence d'une certaine pression. Ces bains sont formés

de lk,50 savon et

0k,500 carbonate potassique.

Les pièces en sortent dans l'état de léchant. 128.

f £g. Rose teint savonné , avivé et passé à la chaudière close.

Quand la nuance n'a pas le ton désiré , on donne un dernier passage en savon pur.

L'échant. 129 aété exécuté dans l'établissement de MM. Hartmann; c'est un de leurs dessins classiques ; car, dès l'époque où

ÙÀA*

ils ont commencé à faire cette espèce de rose (1819), ils imprimaient des dessins carreaux espacés , des pois , des losanges , des anneaux, en un mot, des sujets massifs détachés sur fond blanc. Le caractère distinctif de ce rose , c'est qu'il est , de tous , celui qui résiste le mieux aux acides et qui vire le plus difficilement au violet par leur action combinée à celle de la chaux.

1 £B. Rose de MM. Hartmann de Munster.

Voici un rose de la maison Dollfus Mieg qui a beaucoup d'analogie avec le précédent. Échant. 130.

ISO. Ros» tendre au rouleau île MM. Dollfus Mieg

« tf

a m i 1 Si

m ï* 48 U$ $8 If i§£ || g

« m m n m m m mm m m m m m §1 s

m fi m m m m m m m m m §§ m n » » tf s ##*i it tt ti ai n §t tt tt m m m m m i u ii n m ii t§ m m mm m m m m m m m m m m m m m m «« m m -i » §f g* At ti fj

ti mm m m m it & m m êm u tt m m m m t; m if ti i ii iî ii ti ti tf m §i tf ig §g n

li il Ki Él il Si il i* ti is *» «« '»-« »

11 if II fi li: ii

' fi ti ii ii ti ii ||

si

si

m ff il If Ip:

Il il ii

11 ff

Mi|ti|^HH|M

«JftStié

kk;^"t^-3 ITiWd'v.'»'!

mm

Il nous sera facile de rapporter à ces généralités les différents procédés employés à la fabrication des rouges et des roses avivés, que nous allons faire connaître brièvement.

Procédé A.

Après avoir imprimé et laissé reposer deux jours le mordant

rouge n° 6 , § 640 ,

<\° On fixe à la bouse de vache à la température de 50° et l'on

dégorge à trois reprises ; 2° On bouse de nouveau à la température de 50° et l'on dégorge

à trois reprises ; 3° On teint moyennant 3 kil. de garance, avec addition de 4,5 lessive caustique à 8° durant \ h. à la tempér. de 30" AB,

Id. \ h. ici. de 30 à 50°, Ici. \ h. id. de 50°, et l'on dégorge ;

4° On fait circuler le tissu durant 1 h. dans un bain de savon formé de 3 kil. de savon pour 1 0 pièces et chauffé à 73°, on dégorge ensuite et on rince ;

5° On fait passer dans un bain acide chauffé à 62° et composé cle 3 kil. savon et 1 k,670 dissolution d'étain/V § 480 , soigneusement mêlés durant le temps nécessaire pour donner à la couleur une teinte orangée ; on rince alors et l'on foule.

6° On fait de nouveau circuler les pièces durant I h. dans un bain composé seulement de 3 kil.^savon et chauffé à 75°.

Ce procédé est un des premiers qu'on ait employés; il est

défectueux en ce que les premiers bains de savon sont trop

forts et donnés à une température trop élevée ; en outre , en ce

qu'on ne termine pas les avivages* dans la chaudière close.

Mieux vaudrait employer le savon en deux fois et réduire la

durée de chaque passage à A 5 minutes ; on fatiguerait moins les

toiles.

Procédé B (rose, ci l ' aluminate) .

Après avoir imprimé le mordant rose à l'aluminate n° 8,

§ 640, on laisse les pièces exposées à l'air durant huit jours ,

puis on les soumet aux traitements ci- après :

1 ° On fixe le mordant en faisant passer le tissu dans un bain de bouse chauffé à 30° et composé ainsi qu'il suit :

4,000 lit. eau ,

32 lit. bouse de vache ,

4 kil. craie,

2 kil. chlorure ammonique.

Au sortir du bain , on passe à l'eau et l'on dégorge parfaitement.

2° On teint avec 29 kil. de garance 1 re qualité d'Avignon pour 500 mètres de toile 3/4, en élevant progressivement la température du bain durant 3 h. de 28à 56°; on rince

et l'on dégorge.

3° On passe durant 1 h. dans un bain de savon formé de 4 *, 600 eau et de 2 kil. desavon qu'on porte à la température où le garançageaété terminé, c'est-à-dire à 56°, et l'on dégorge aux roues pour détacher les parcelles de savon ou de corps gras qui, en restant adhérentes à l'étoffe, y feraient réserve et occasionneraient des taches.

4° On donne un premier avivage à l'acide , à la température de 1 8°, dans un bain extrêmement faible composé de 5 parties d'acide nitrique et de 1 partie dissolution d'étain.

Quand les pièces ont déjà été un peu éprouvées par cette dissolution faible, on les retire, on élève la température du bain , auquel on donne plus de force , en y ajoutant une nouvelle portion d'acide , et Ton y remet le tissu pour le faire virer à la nuance voulue. Cet avivage , commencé dans un acide faible à une basse température, présente ce côté avantageux que, les pièces pouvant y séjourner plus longtemps, l'acide finit par les pénétrer également, tandis que l'emploi immédiat d'un acide fort y fait ordinairement apparaître des inégalités dues à ce que certaines parties du tissu sont plus chargées que d'autres de matière colorante , ou réservées par suite d'un dégorgeage imparfait.

Au sortir de l'acide on foule et on dégorge.

5° On fait passer dans un bain de savon formé de 4,600 lit. d'eau et de 2 kil. savon, en ajoutant à l'eau, si elle est calcaire, 500 gr. cristaux de soude (carbonate sodique cristallisé) ; puis, après une ébullition d'une heure, on rince et l'on introduit les pièces dans la chaudière close avec 2 kil. savon et I kil. carbonate sodique.

-jm'" tJM\

mÊ HHH

Procède B'.

Ce procédé ne diffère du précédent que par la manière dont on prépare le mordant d'alumine et par l'opération du fixage.

Quand le mordant rose à l'aluminate n° 9, § 6!\0 , est imprimé, on plaque les pièces au foulard dans une dissolution de chlorure ammonique marquant 5° AB et composé de

1 0 lit. eau et de \ kil. chlorure ammonique ;

mais alors , si l'étoffe est imprégnée d'une grande quantité de mordant d'alumine, il importe de saturer de temps en temps, à l'aide de l'acide acétique ou du chloride hydrique seulement, l'ammoniaque qui se dégage et qui, si. elle s'accumulait dans le bain , ferait passer l'alumine à cette modification où elle a presque complètement perdu la propriété de se combiner aux bases; toutefois faut-il bien se garder d'ajouter un trop grand excès d'acide qui dissoudrait le mordant. Quand on sort les pièces du bain, l'oxide aluminique est mis en liberté; on bouse , on dégorge, on teint, on nettoie et l'on avive à la manière ordinaire pour garancer en deux fois lorsque , par la nature du dessin et la force du mordant , le tissu réclame une trop forte quantité de garance.

On emploie surtout pour les dessins délicats ces mordants à l'aluminate, qui ont l'avantage de se saturer plus promptement de garance, comme il a été vérifié par J. -M. Haussmann, dont nous rapportons les propres paroles : « L'alumine , fixée en abondance sur une étoffe de coton ou de laine au moyen d'une dissolution alcaline des plus concentrées , attire très facilement les parties colorantes de la garance. Il n'en est pas de même en transmettant cette même terre au moyen d'une dissolution acétique d'alumine des plus concentrées ; il est absolument impossible d'achever le garançage en une seule fois quand même on prodiguerait la garance jusqu'à en prendre infiniment plus qu'il n'en faut pour obtenir un résultat satisfaisant en teignant en deux reprises. » Il est donc clair que l'alumine dans cet état

fixe plus rapidement la matière colorante ; du reste les fabricants qui ont fait usage de ce procédé savent parfaitement qu'ils obtiennent de la même gravure avec l'aluminate des teintes plus nourries qu'avec l'acétate aluminique ; tous cependant ne sont pas également convaincus de la supériorité de l'aluminate potassique comme base des mordants roses ; il en est même qui nient la possibilité de faire des roses d'une manière régulière avec cet auxiliaire , sans doute parce qu'ils ne sont pas parfaitement éclairés sur toutes les circonstances qui peuvent assurer le succès d'une semblable opération. Nous savons en effet que des chimistes , après avoir réussi à produire ce rose dans une fabrique , ont échoué complètement dans une autre, probablement parce qu'ils ont négligé quelques précautions en apparence insignifiantes , car les plus légers changements, tels que le nettoyage du rouleau fournisseur et le remplacement d'un drap vieux par un drap neuf, ont suffi pour faire manquer l'opération et pour faire croire pendant quelque temps que le procédé n'était pas applicable. Voici un rose de cette espèce , échant 131.

Page 1