‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 4)Chapitre 6 sur 92 · Fond folçu cuvé moyen · texte numérisé non relu

Fond folçu cuvé moyen

S 5Zl9. CJenre gros osi petit bleu, impression blanc réserve.

Dans ce genre , ainsi que l'indique le nom que nous lui donnons, il s'agit de prévenir la fixation de l'indigo sur certains points , par l'impression de substances qui garantissent de toute altération la fibre du tissu et conservent au blanc toute sa pureté , sans gêner en rien la fixation de l'indigo sur les parties qui doivent recevoir la teinture.

Les substances le plus communément employées pour arriver à ce résultat sont :

1° Les corps appartenant à la première classe des réserves qui agissent mécaniquement , tels que la cire , le galipot , la térébenthine, la poix blanche, l'axonge, en un mot les corps gras ou résineux ;

2° Les corps qui jouent le rôle d'acides et qui, s'emparant de la base, rendent l'indigo insoluble au moment où il touche l'étoffe. Parmi ces corps qui appartiennent à la classe des composés binaires du premier ou du second ordre , nous trouvons l'acide phosphorique et le biphosphate calcique , l'acide arsénique et le bi-arséniate potassique, l'acide nitrique, le bisulfate potassique \ le sulfate aluminique , l'alun, le sulfate zincique. Ces deux derniers , outre qu'ils sont décomposés par la chaux de la cuve , donnent encore lieu à des précipités gélatineux qui préservent physiquement le tissu sur lequel ils se forment de l'action de l'indigo dissous ;

3° Les corps qui , outre le pouvoir de fonctionner comme acides , possèdent celui de fournir de l'oxigène à l'indigo blanc qui est déplacé en leur présence , et , en l'oxidant ainsi avant qu'il ait pénétré dans les pores du tissu , de le rendre incapable d'y adhérer ; telles sont toutes les préparations à base d'oxide cuivrique-, le sulfate , le nitrate , l'arséniate, le chlorure cuivriques, les composés à base d'oxide mercurique, mais particulièrement le chlorure , § 391, p. 457;

li° Enfin des corps qui n'agissent que physiquement, comme

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DE LA IAiJRlcATioN m f-AMlCUUÉft.

la terre de pipe et le sulfate plombique, qui n'ont souvent d'autre effet que de faciliter le nettoyage des parties sur lesquelles les réserves ont été imprimées et de favoriser ou de permettre l'impression de couleurs plus claires, en maintenant sur les points où elles ont été déposées les parties liquides qu'ils attirent à eux et empêchent de s'étendre sur l'étoffe.

Tout en tenant compte des considérations que nous avons présentées touchant le choix des réserves en général , le fabricant doit , dans le cas particulier, avoir égard aux nuances qu'il veut produire et à l'intensité de la cuve qu'il a à sa disposition.

S'il n'a qu'une nuance assez faible à réaliser ou une cuve assez forte pour qu'une seule et courte immersion suffise , clans le premier cas il a recours au sulfate zincique et à l'alun , qui, après avoir accompli leur fonction, s'enlèvent très facilement; dans le second, il fait intervenir ou les préparations de cuivre , qui possèdent une action réservante plus énergique, puisqu'à l'action déplaçante qu'ils exercent comme acides , s'ajoute une action oxidante qui rend immédiatement insoluble l'indigo en contact avec eux , ou les corps gras ou résineux , toutes les fois que la réserve doit être assez forte pour résister pendant longtemps à l'action du bain de teinture.

Les arséniates et les phosphates ne sont pas sans utilité dans certains cas , par exemple lorsqu'on fait usage des sels cuivriques. 11 n'est pas rare , en effet , de voir ce métal réduit se fixer à l'étoffe au point cle n'en pouvoir être enlevé , et altérer fortement le blanc des parties réservées ; la présence des phosphates et des arséniates qui forment des sels basiques indécomposables par les alcalis , en prévenant cette réduction totale , permet toujours d'enlever par un acide le sous-sel cuivrique ou cuivreux qui s'est formé.

Nous donnons ci-après la composition de quelques réserves complexes ; quant aux autres , il suffit d'épaissir le sel au degré convenable.

Nous ne disons rien des réserves tout- à- fait grasses ou résineuses auxquelles on a substitué les préparations que nous venons d'indiquer, et qui, ne s'appliquant qu'à chaud, réclamaient l'emploi de planches métalliques (1

blanc réserve sous gros bleu.

Dans 10 litres d'eau on fait dissoudre :

6 kil. sulfate cuivrique, 2k,5 acétate cuivrique,

3 kil. nitrate cuivrique a 15° AB, et l'on épaissit le tout avec : 2k,5 gomme arabique,

4" kil. terre de pipe.

Dans 10 litres d'eau on fait dissoudre :

4 kil. sulfate cuivrique, 21 kil. acétate cuivrique.

('1 ) D'une communication qui nous a été faite par M. Huguenin Cornetz, depuis l'impression de notre article sur les clichés, il résulte qu'on cl i chait déjà , vers le milieu du dix-huitième siècle , à la fabrique du Bied ( Neuchâtel en Suisse). Les renseignements que nous nous sommes procurés ne nous permettent plus d'en douter aujourd'hui, et se trouvent d'ailleurs confirmés par le passage suivant d'un traité pour les toiles peintes publié à Amsterdam en 4 760 :

« On se sert pour les faire (les toiles bleu blanc réserve) de planches » d'étain , ou plutôt de planches d'un métal composé d'une partie d'étain » et de deux parties de plomb , afin qu'il soit plus dur et que les planches » soient plus longtemps en état de servir. On commence par graver en » bois le modèle de la planche , qui doit être en plomb , on imprime dans » du sable cette planche de bois , et on jette sur ce sable le métal fondu. » Les planches étant fondues , on les sépare avec un ciseau, parce qu'il » est rare qu'il ne se passe pas quelque faute dans la fonte. » G***, p. 106, ouvrage déjà cité , § 542 , p. 521 .

liil!

3k, 380 nitrate cuivrique à 55° AV, et l'on épaissit le tout avec : % kil. gomme arabique, 4 kil. terre de pipe.

N° 3 pour cravates.

Dans 10 litres d'eau on fait dissoudre :

4 kil. sulfate cuivrique, 2 kil. acétate cuivrique,

2 kil. nitrate cuivrique à 55MB, et l'on épaissit le tout avec : 2 kil. gomme arabique, 4 kil. terre de pipe.

Dans 10 litres d'eau on fait dissoudre : 2k,5 sulfate cuivrique, 0k, 250 acétate cuivrique,

3k 500 nitrate cuivrique à 55MB, onépaissitle tout avec-

3 kil. gomme arabique,

4 kil. terre de pipe.

Dans 10 litres d'eau on fait dissoudre :

2k,500 acétate cuivrique,

4k,890 sulfate cuivrique,

0k,625 alun ; on épaissit avec :

5k,6 terre de pipe,

1 k 8 9 0 gomme Sénégal ; on ajoute au tout :

0k, 300 nitrate cuivrique,

0k,300 acide sulfurique.

Dans 3 litres de vinaigre on fait dissoudre à chaud :

0k,384 acétate cuivrique, et l'on y délaie : 3k,750 terre de pipe.

D'autre part, dans 3 litres d'eau on fait dissoudre : 0^92 alun,

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1k,3.50 sulfate cuivrique; on épaissit le tout avec : 1k,225 gomme Sénégal, et l'on ajoute :

0k,048 nitrate cuivrique; puis on réunit ces deux liquides, que l'on colore avec un peu d'indigo.

Dans 10 litres d'eau on fait dissoudre :

4k,750 acétate cuivrique,

1k,750 sulfate cuivrique,

0k, 625 bi-tartrate potassique (crèmede tartre); on épaissit avec :

5k,625 terre de pipe,

4k,750 gomme Sénégal, et l'on ajoute après :

0k,315 nitrate cuivrique cristallisé,

0k,125 acide sulfurique concentré.

On se sert encore de cette préparation pour gros bleu impression blanc réserve en y ajoutant :

0k,625 alun,

0k,34 5 acide sulfurique, au lieu de 0k,1 25, 2k,300 acétate cuivrique, au lieu de 1k,750.

Dans 10 litres de vinaigre à 2# ^4B on fait dissoudre :

2k,500 acétate cuivrique ,

5k,000 sulfate cuivrique,

0k,350 alun; on épaissit avec :

7k,500 terre de pipe,

5 litres eau de gomme contenant 680 gr. de gomme par litre.

N° 9 pour mouchoirs doubles faces.

Dans 10 litres d'eau on fait dissoudre :

4k,660 sulfate cuivrique,

0k,220 acétate cuivrique; on épaissit à chaud avec :

0k,175 amidon,

3k,320 gomme,

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3k,320 terre de pipe ; puis on colore le tout avec ■ 0k,400 acétate d'indigo.

Dans 10 litres d'eau on fait dissoudre :

2 kil. sulfate cuivrique : on épaissit avec : 7 kil. terre de pipe,

7 lit. d'eau de gomme à 700 gr. par litre; et l'on colore le tout avec de l'acétate d'indigo.

N° 11. pour le rouleau.

Dans 10 litres d'eau on fait dissoudre :

6k,650 acétate cuivrique,

3k,350 crème de tartre, et l'on épaissit le tout avec :

8k,750 gomme arabique.

Dans Ant ,5 d'eau on fait dissoudre :

1 0k, sulfate zincique ; d'autre part on incorpore à : 2k,300 terre de pipe, 2k,600 savon vert , 0k,770 saindoux, 0k,770 huile d'olive, 0'\260 essence de térébenthine, 7lit,,500 eau de gomme à \ kil. par litre.

On doit bassiner avec soin toutes ces réserves , afin qu'elles ne renferment pas de grumeaux ni de corps cristallisables , qui pourraient , en se détachant en masse durant le cuvage, laisser pénétrer l'indigo dans les pores du tissu. De plus , elles doivent être, en général, aussi peu épaisses que possible, tout en satisfaisant au besoin de l'impression ; et , à cet effet , il importe que le contre-maître ait toujours sous la main une certaine quantité de réserve peu consistante , pour amincir au besoin

GENRES DÉRIVÉS DE L'iNDIGO. 37

celle qu'il imprime et dont la viscosité doit varier selon l'état hygrom étriqué de l'air.

Les toiles destinées à. ce genre d'impression réclament un cviindrage très fort. Les imprimeurs doivent , en appliquant les réserves , si l'impression a lieu à la planche , se -contenter de frapper leur planche avec la main , et ne se servir dans aucun cas de maillet. En sortant les pièces de la salle d'impression , on les place dans un lieu sec ; mais pendant qu'on les manie , il faut avoir le plus grand soin d'éviter les rapplicages , car la plus petite quantité de réserve qui s'attache aux parties blanches peut y produire une tache ; et comme peu de genres réclament plus de propreté que celui qui nous occupe, avant de commencer l'impression d'une partie de pièces, il convient de s'assurer, non seulement qu'elles sont blanches , mais encore qu'elles se mouillent également ; s'il y avait des parties plus lentes les unes que les autres à se mouiller, ce serait une preuve qu'elles renfermeraient des corps gras qu'il importe de faire disparaître.

L'échant. 55 représente une toile sur laquelle on a imprimé le blanc réserve n° 5.

5â. Impression blanc réserve pour passer en cuve*

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Dans cet état , la pièce encadrée sur le Champagne , fig. 147, est plongée à cinq reprises différente* dans la cuve d'indigo,

— tm wm m a^HMdHLaab.

et après chaque trempe ou immersion d'une durée d'environ quatre minutes , on l'expose à l'air autant de temps pour la déverdir, oxider l'indigo qui s'y est déposé et le faire arriver au bleu. Avant dépasser en cuve des pièces ainsi recouvertes de réserves , il est prudent de plonger le cadre clans un bassin rempli d'un lait de chaux , qui se place ordinairement en avant de cette cuve ; cette manœuvre offre les avantages : 1° de ne point fatiguer et salir inutilement la cuve bleue par les sels cuivriques de la réserve , qui n'étant pas assez bien fixés sur l'étoffe peuvent s'en détacher ; 2° d'humecter les toiles , d'attaquer les parties de réserve qui auraient pu se porter accidentellement sur le blanc , et de rendre ainsi les immersions plus uniformes ; 3° enfin , de faire enlever par la chaux qui se trouve en suspension les parties de réserve qui se détachent, et de les empêcher ainsi de produire des traînées le long des bords du dessin.

Au premier passage en cuve , il convient toujours d'imprimer une légère secousse au cadre , afin que le mouvement du liquide contre la surface du tissu empêche les parties fluentes de la réserve de s'y répandre et de s'y fixer. Cette précaution est surtout nécessaire pour les genres où il y a de grandes masses blanches réservées. En outre, comme toutes les fois qu'on sort le cadre de la cuve pour déverdir les pièces , le tissu qu'il porte s'égoutte et que le liquide , obéissant à son propre poids , arrive naturellement en plus grande quantité sur la lisière inférieure, si Ton n'avait soin de renverser le cadre avant de procéder à une nouvelle trempe , tout le côté de la pièce correspondant à la lisière inférieure présenterait une teinte inégale et différente de celle du côté opposé , plus foncée quand l'exposition à l'air aurait été assez prolongée pour oxider tout l'indigo , moins intense, au contraire, quand l'oxidation n'aurait eu lieu qu'à la surface de l'étoffe , attendu que cette couche d'indigo oxidé,.se détachant au passage suivant dans la cuve , n'ajouterait presque rien à la teinte précédente. Enfin il est bon de maintenir la cuve trouble et d'y avoir un excès de chaux pour que

la teinture soit plus uniforme et la réserve irroins sujette à couler et à produire des piqûres .

Après toutes ces opérations , les pièces sont traitées de deux manières, suivant que l'on tient à conserver au fond bleu une nuance plus ou moins intense et son reflet cuivreux. Dans le premier cas , après avoir suffisamment laissé déverdir l'étoffe , on l'expose pendant quelques heures à l'eau courante , on la rince à la main pour en enlever toute réserve , et finalement on l'étend dans le séchoir ; mais il est rare qu'alors le blanc d'impression soit pur , il y adhère ordinairement des portions de cuivre. Dans le deuxième , lorsqu'il s'agit de couleurs plus claires , on est dans l'habitude de faire passer les pièces dans un bain formé de :

3 à 400 lit. d'eau acidulée par 6 lit. d'acide sulfurique du commerce.

On donne quatre à six tours à chaque pièce , et quand douze pièces ont passé dans le bain, on y ajoute 0',5 d'acide sulfurique , puis on dégorge et lave avec soin aux roues -à laver , § Zi/i5 , pour enlever tout l'acide. La toile sur laquelle a été imprimée la réserve est alors dans l'état ci-après , échant. 56 :

5 G. Bleu cuvé foncé, impression blanc réserve.

On voit dans cet échantillon que des parties blanches correspondent aux parties précédemment imprimées en réserve.

^0 m LA FABRICATION EN PARTICULIER.

L'échant. 57, qui a été fait de la même manière , ne diffPre du précédent que par le ton de la nuance.

5 V . Bleu clair, impression blanc réserve.

On a imprimé le blanc réserve h° 4, puis trempé dans la cuve, déverdi, passé à l'acide sulfurique. lavé , dégorgé aux roues et séché.

L'échant. 58 (de la maison Vaucher Dupasquier, où ce genre s'exécute depuis près d'un siècle ) est de la même fabrication ; mais l'a réserve y a été imprimée de deux. cotés au lieu

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