GENRES DÉRIVÉS DES MATIERES ASTRINGENTES
1§9. Mélange de mordants d'alumine et de fer teint en fustet.
Cette matière tinctoriale, qui ne s'emploie que rarement dans les impressions sur fonds blancs , est au contraire fréquemment utilisée pour la teinture des fonds unis avec impression blanc enlevage ou pour celle des mi- fonds [soubassements). Nous nous contentons d'indiquer la composition et la teinture des mordants dont on se sert pour les produire ; on pourra toujours se faire une idée de l' enlevage , § 621 , en ayant égard
à la force du mordant.
8 673. Fonds obtenus du fustet. On réalise ces fonds en teignant des mordants de fer seuls ou mélangés à une certaine quantité d'alumine.
Les mordants de fer dont on se sert sont à base de pyrolignite ferreux à 14vlB, avec addition d'une certaine proportion d'eau d'amidon grillé qui permet un placage plus uniforme. On obtient une grande variété de nuances en mélangeant à un volume de pyroligmte 5 , 10 , 15 , 20 , 20, 60, 80 ou 90 fois son volume d'eau d'amidon grillé. Le placage opéré , on dégorge à l'eau et l'on teint les pièces quatre par quatre dans une chaudière, § 539, p. 482, en pleine ébullition, contenant, avec le volume d'eau nécessaire pour bien submerger le tissu, 5 kil. de fustet renfermés dans un sac et une certaine quantité de
craie. La présence de cette substance saturante a pour effet de donner aux teintures un reflet plus jaunâtre et plus pur.
Les mordants d'alumine et de fer, dont le mélange fournit des nuances foncées désignées mal à propos par quelques fabricants sous le nom de nankin , ne diffèrent pas seulement par leur densité, mais encore par les proportions relatives d'alumine et de fer qu'on y fait entrer. Les mordants forts contiennent plus de fer, les mordants faibles plus d'alumine. Voici la composition des mordants de cette espèce les plus usités :
Mordant fustet fort .
4 lit. mordant rouge B, § 616,
4 lit. pyrolignite ferreux à I 4° AB ,
8 lit. eau d'amidon grillé à 560 gr. par litre.
Mordant fustet moyen .
3 lit. pyrolignite ferreux à l 4" A\$ ,
5 lit. mordant rouge B .
8 lit. eau,
12 lit. eau d'amidon grillé.
Mordant fustet faible .
2 lit. pyrolignite ferreux à 4 4° AB ,
5 lit. mordant rouge B ,
6 lit. eau ,
\ 4 lit. eau d'amidon grillé.
Quant à la teinture, elle s'effectue en trente minutes, dans les mêmes conditions que pour les mordants ferrugineux , mais ne fait passer à la fois que deux pièces dans le bain, qui doit être composé de 7k,5 fustet, 3 kil. craie et 6 lit. solution de colleforte.
En associant la matière colorante jaune du fustet à celle d'un des jaunes précédents , de la graine de Perse, par exemple, on obtient un jaune d'un ton spécial auquel on a donné le nom de jaune turc. Voici comment on opère :
On plaque les pièces dans le mordant rouge A ; après un repos suffisant, on dégorge et l'on teint durant une heure clans un bain contenant, avec la quantité d'eau nécessaire pour sub-
merger le tissu, 1 kil. graine de Perse et le produit d'une décoction de 0k,125 fustet.
L'écorce de grenade , qui sert à la teinture des fonds gris dont il sera fait mention plus tard , donne des nuances qui ont beaucoup de rapport avec celles que produit le sumac. La racine de grenadier fournit des teintes plus jaunes', ainsi qu'on en peut juger par l'éch. 183 : aussi l'emploie-t-on souvent comme matière colorante jaune.
A83. Mordants de fer et d'alumine teints avec la racine
de grenadier.
Applications . Si, dans leur état d'isolement, ces substances astringentes reçoivent peu d'applications, il n'en est plus ainsi quand on les associe ; elles donnent alors naissance à une foule de nuances toutes plus délicates l'une que l'autre , et dont nous parlerons en étudiant les couleurs mixtes.
^ 674. Nous avons donné la définition et la composition des couleurs mixtes , § 489, p. 227, et constaté qu'elles résultent de l'assemblage de 2, 3 ou 4 couleurs primitives donnant naissance àunenuance spéciale que le fabricant doit appliquer à la manière des couleurs simples, sans perdre de vue, ni sa nature complexe,
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ni surtout les propriétés des couleurs élémentaires qui la constituent. Ainsi , pour produire du vert sur une étoffe , il faut nécessairement imprimer ou successivement le bleu et le jaune qui le composent ( c'est la marche que l'on suit ordinairement ) , ou directement le vert , et dans ce cas on est forcé de rapprocher, pour rendre adhérents les deux éléments qui l'engendrent, des modes de fixation souvent incompatibles. Supposons , par exemple , un vert formé de bleu , d'indigo et de jaune de gaude ou de tout autre jaune à base d'alumine , il est évident que la fixation des éléments qui le composent ne peut avoir lieu simultanément , puisque l'indigo , qui n'est rendu soluble et ne se fixe que par l'intermédiaire de la chaux , attaque l'alumine , base des couleurs jaunes , et la fait disparaître ; ici donc le jaune doit se fixer après le bleu.
Les couleurs mixtes que nous allons examiner sont :
1° Le vert, qu'on obtient
a De la combinaison du bleu d'indigo :
\ ° Avec le jaune de chrome, pour former un vert de chrome ;
2° Avec le jaune-rouille,
3° Avec le jaune à base d'alumine , teint en gaude , quercitron ou graine de Perse ;
4" Avec le jaune à base d'oxide stanneux teint en gaude ou quercitron ; b De la combinaison du bleu de Prusse avec :
1 ° Le jaune de chrome ,
2° Les jaunes végétaux à base d'alumine ou d'étain ; c De la combinaison du bleu de campêche avec les jaunes végétaux (vert-myrte , vert américain) ; d De la combinaison du bleu d'indigo sol uble (sulfate ou acétate
d'indigo) avec les jaunes végétaux;
2° L' orange . qui résulte
De la combinaison des rouges de garance , de cochenille , de bois avec les jaunes végétaux et quelquefois , mais rarement, avec les jaunes de chrome;
3° Les bruns, qui résultent de l'assemblage des matières colorantes jaunes et astringentes , § 663 - 672 , avec ou sans les rouges et violets garances ou autres ;
4° Les noirs qui résultent de l'assemblage de toutes les matières colorantes.