Fond vert avec i„.p,cSsîon „,a„c cnIevage „„ chromate
388 DE LÀ l'AHMCAÏlON EN PARTICULIER,
on le voit , de celle du fond bleu enlevage blanc , § 552, éch. 62, à laquelle on a combiné celle d'un fond jaune blanc enlevage sur mordant d'alumine, § 620. On reconnaît à cette fabrication un des produits de M. Keittinger, de Rouen.
Peu de genres exigent des soins plus minutieux que celui-ci : les bleus doivent être teints dans des cuves fortement chargées de chaux, et le mordant d'alumine employé le plus saturé possible ; ou, si l'on fait usage de mordant ordinaire, il faut saturer préalablement une partie du chromate , pour empêcher l'acide chromique de se porter sur l'alumine, et de le rendre impropre à fonctionner comme mordant.
Applications . Non seulement cette couleur fournit des genres spéciaux , mais elle entre encore dans quelques genres composés où figurent le bleu et le noir, qui ont une grande vogue.
§ 682. Fonds blancs avec impression rert solide ail jaune
végétal. Ce genre, dont la fabrication consiste à concilier l'impression et la fixation des bleus sur fonds blancs, §§ 557 à 560, avec celles des jaunes, § 669, est d'invention française. Le premier vert solide fut imprimé à Jouy en 1808, et c'est à M. Widmer qu'on en doit la découverte ; il fut désigné sous le nom de vert faïence , parce que son inventeur l'obtenait en introduisant dans le bleu faïence une certaine quantité d'oxide stanneux , qui restait en combinaison intime avec l'étoffe durant toutes les opérations de la fixation de ce bleu, et qu'on teignait ensuite dans une matière colorante jaune pour produire du vert. Un autre vert solide a été découvert en 1810 par la maison Dollfus Mieg ; il est généralement connu sous le nom de vert à Y alumine. On l'obtient en ajoutant au bleu de pinceau , § 555, p. 56, une proportion convenable d'aluminate potassique qui, se fixant à l'étoffe en même temps que l'indigo réduit , n'a plus besoin que de passer dans un bain de matière colorante jaune pour être transformée en vert.
Voici en abrégé les procédés employés.
§ 683 . Vert à ï étain, D'une part , on bassine dans h litres eau
GENRES DÉRIVÉS DES COULEURS MIXTES I VERTS i. 389
lk, 5 indigo; dune autre, on fait dissoudre dans une égale quantité d'eau 3 kil. gomme Sénégal , et après avoir de nouveau bassiné le tout, on y ajoute 2^,250 sulfate stanneux ou une proportion correspondante d'acétate de même base. Quand ces divers ingrédients ont été parfaitement mélangés et broyés , on les imprime à la manière ordinaire, soit au rouleau, soit à la planche. Après avoir subi une exposition suffisante à la suite de l'impression , les pièces reçoivent le même traitement que s'il s'agissait du bleu faïence, § 556, c'est-à-dire qu'on les passe :
1 ° Dans une cuve à la chaux ,
2° Dans une cuve au sulfate ferreux ,
3° Dans une cuve à la potasse ,
4° Pour la seconde fois dans la cuve au sulfate ferreux ,
5° Dans une cuve d'acide sulfurique faible , destinée à enlever
Toxide ferreux ou ferroso-ferrique qui pourrait exister sur
la toile.
On voit qu'il faut que Toxide stanneux ou stannique jouisse à un haut degré de la propriété d'adhérer aux étoffes pour conserver encore après ces passages en alcali et en acide la base nécessaire à la formation du jaune.
M. Daniel Kœchlin est parvenu à donner à ce vert , qui était ordinairement grisâtre , un reflet jaune qui constitue un vert particulier , en faisant passer les toiles qui en sont recouvertes dans une solution d'alun chaude. Cette solution saline, en précipitant l'indigo , en favorise l'oxidation et donne un bleu plus pur.
Voici un procédé de vert faïence qui diffère un peu du précédent par la durée des trempes.
On imprime une couleur composée de :
4 0 lit. bleu faïence B, § 556, 4k,874 chlorure stannique.
Après l'impression , on abandonne les pièces au repos , on les
encadre ensuite et on les plonge
Durant 4 0 minutes dans la cuve à la chaux trouble, que l'on agite continuellement, -,;.- ,
èl<-y
Durant 20 min., sans remuer, dans la cuve au sulfate ferreux à 6° .113,
— 20 min., en remuant, dans la cuve à la chaux,
— 20 min., sans remuer, dans la cuve au sulfate ferreux ,
— 20 min., sans remuer, dans la cuve à la potasse caustique
à6°y!R, et Ton fait passer dans la cuve à l'acide sulfurique à 4° ^B , à l'effet de redissoudre tout l'oxide ferrique ou ferreux qui a pu se précipiter sur la toile. Après chacune de ces trempes , on laisse égoutter le tissu , puis on rince et Ton teint en jaune à la manière ordinaire dans un bain de quercitron.
Le vert faïence a été fabriqué avec un rare succès par MM. Hartmann , de Munster , qui sans doute ont fait subir des modifications importantes au procédé de Widmer. A l'époque où cette couleur était encore en vogue , quelques fabricants y introduisaient du chlorure stannique ; mais probablement les premiers remplaçaient l'élément réducteur à base d'oxide stanneux par une certaine quantité de sulfide hypo-arsénieux y et ajoutaient au tout une proportion déterminée de tannin. La composition d'un vert de cette nature est la suivante :
On fait bouillir 4 kil. noix de galle concassées avec la quantité d'eau nécessaire pour les épuiser ; on passe le liquide au travers d'une chausse , et on l'évaporé jusqu'à ce qu'il soit réduit à 15 litres.
A 10 litres de cette décoction , on ajoute :
4k,875 indigo broyé,
6k,250 chlorure stannique, obtenu de la saturation par le
chlore d'une solution de 1 0 kil. chlorure stanneux
dans 51.5 eau, 4k,875 sulfide hypo-arsénieux (arsenic rouge), et l'on épaissit
le tout avec 3k.750 gomme arabique.
Après l'avoir bassinée avec soin et passée au tamis , on imprime cette couleur à la manière ordinaire, comme s'il s'agissait d'un bleu faïence ; on l'expose à l'air le temps voulu, et l'on fait passer successivement les pièces dans les quatre cuves A, B, C, D, § 556, p. 68-69, savoir :
BBIIH
GENRES DOIVES DES CQIWBS VH\TI-s ( VERTS). . 80i
1° 10 minutes dans la cuve .1.
2° 10 minutes dans la cuve B,
3° 10 minutes dans Ja cûvo .1,
i" 1.0 minutes dans la cuve B,
5° 4 0 minutes dans la cuve /l,
6° I 0 minutes dans la cuve B, 7° 4>™»:?5 dans la cuve Ç,
8° 1 0 minutes dans la cuve B.
On les fait alors séjourner dans la cuve D durant le temps nécessaire pour que î'oxide ferreux disparaisse ; puis on rince, on dégorge, et l'on teint en gaudoou en quereitron, pour former le jaune qui doit engendrer le vert par sa combinaison avec le bleu.
On a obtenu encore un autre vert en réduisant préalablement l'indigo par I'oxide stanneux et la potasse; mais l'indigo, en pareil cas , s'oxide très difficilement „ et le vert qui en résulte4 a presque toujours une teinte grisaillée.
§684. Verê à base cToxide aluminique. La préparation,
l'impression et la fixation de ce vert sont absolument les mêmes
que celles du bleu de pinceau.
. On fait cuire 1 kil. d'indigo parfaitement bassiné , avec :
10 lit. solution de potasse caustique à 25° .4B, 1 kil. sulfide hypo-arsénieux.
Lorsque le bleu est réduit et dissous , on y ajoute peu à peu l'hydrate aluminique provenant de la précipitation par le carbonate sodique , de :
lk,850 alun, et l'on épaissit le tout avec 2k,250 amidon torréfié , auquel on mélange une certaine quantité de chaux pour prévenir la coagulation. On fait cuire cette couleur , on la passe au tamis , et on l'imprime aussi promptement que possible, vu la rapidité avec laquelle s'oxide l'indigo réduit.
Ici se présentent toutes les difficultés que nous avons signalées en parlant du bleu de pinceau : seulement , les défauts d'impression sont moins sensibles par suite de l'adhérence, qui a toujours lieu /d'une certaine quantité de jaune à l'étoffe; il faut des ouvriers habiles pour l'imprimer à In main sans que do grandes
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inégalités apparaissent sur la même pièce , et alors même qu'on se sert du rouleau, on est obligé , après avoir imprimé quelques pièces, de cuire de nouveau la couleur avec une certaine quantité d'alcali pour redissoudre l'indigo. Cependant, moyennant les artifices dont se servent les fabricants anglais pour l'impression du bleu de pinceau , ce vert peut être appliqué avec plus de
succès.
Après l'impression , on est obligé d'exposer les pièces d'abord à l'air durant plusieurs jours , tant pour oxider l'indigo que pour carbonater la base alcalineet mettre l'oxide aluminique en liberté, puis à l'eau courante, pour achever de les dé verdir et pour faire disparaître l'alumine qui pourrait ne s'y être pas fixée. On nettoie ensuite à plusieurs reprises dans les machines à dégorger , on donne un léger passage dans une eau acidulée de vinaigre , et l'on teint dans un bain de quercitron.
VERT FORMÉ DE LA COMBINAISON DU BLEU DE CUVE ET DE l'oXIDE
FERRIQUE (OXIDE FERRIQUE ) .
§ 685 . Ce vert n'a été employé jusqu'à présent que pour fonds dans les genres composés.
La formation en est extrêmement simple ; la seule difficulté qu'elle présente consiste dans la nuance du rouille à réaliser, qui donne du brun ou un olive , s'il tire trop au rouge , et s'il est trop pâle , un vert dans lequel le bleu domine trop. On doit, dans la préparation de ce rouille , ajouter au composé ferrugineux une certaine quantité d'acétate plombique , pour fixer ensuite au chlorure de chaux ; dans ce cas on obtient une nuance plus franche. On emploie aussi dans le même but le chlorure ferreux , qu'on décompose par une lessive concentrée , et dont on oxide le fer par le chlorure de chaux. La réalisation de ces verts se compose de celle d'un fond rouille, § 575, à laquelle on fait succéder celle d'un fond bleu uni, § 548. C'est en traitant des genres particuliers auxquels ils donnent lieu que nous nous étendrons sur cette fabrication , dans laquelle on produit faci-
îêment des dessins couleurs abricot, bleu et blanc , par T application raisonnée d'impressions blanc enlevage et réserve.
VERT PRODUIT PAR LE BLEU DE PRUSSE ET LES MATIERES COLO- RANTES JAUNES.
§ 686. Ces verts s'obtiennent de la combinaison du bleu de Prusse avec le jaune de chrome ou les jaunes végétaux. Comme l'oxide plombique et l'oxide ferrique se fixent aux mêmes conditions , il suffit de passer dans un bain de prussiate et de chromate potassique une étoffe sur laquelle ces oxides ont été déposés simultanément, pour que le fer se sature de cyanoferrure, l'oxide plombique d'acide chromique, et que le vert prenne immédiatement naissance. Il en est jusqu'à un certain point de même des verts à base de jaunes végétaux; mais ce n'est point le moment de nous en occuper , attendu qu'ils rentrent dans les couleurs vapeur et à' application. Nous verrons plus loin qu'on les fixe de toutes pièces sur les étoffes , soit pour fonds unis, soit pour impressions sur fonds blancs.
VERT FORMÉ PARLE SULFATE d' INDIGO ET UN JAUNE VEGETAL.
§ 687. C'est à J.-M. Haussmann que l'on doit ce vert , désigné communément sous les noms de vert -pistache et de vertpomme, à cause du reflet particulier qu'il affecte. Pour le former, on associe le bleu de Saxe au jaune de gaude , de graine de Perse ou de quercitron ( celui que donnent les deux premiers est toujours préférable) , et pour le fixer à l'étoffe, tantôt on teint un mordant d'alumine dans un bain composé d'une dissolution d'acétate d'indigo et de matière jaune , tantôt, et c'était la marche que suivait J. M. Haussmann, après avoir produit un jaune , on le transforme en vert en le passant en acétate d'indigo.
Pour faire le jaune on étend :
1 0 lit. mordant rouge B, de 20 lit, d'eau.
1 il
On plaque les pièces dans ce mordant , et lorsqu'il s'est combiné à l'étoffe , on dégorge à la cuve carrée , remplie d'eau en ébullition, puis on met aux roues, on dessèche et l'on teint en jaune, § 669, p. 362.
Lorsque cette teinture se fait avec la gaude , on prend 3 ou h kil. de cette substance pour chaque pièce , on les fait cuire dans une chaudière contenant la quantité d'eau nécessaire au manœuvrage d'environ 250 mètres d'étoffe, et l'on passe durant dix à douze minutes dans la décoction abaissée au degré convenable. Il va sans dire qu'à mesure qu'on y met de nouvelles pièces on doit entretenir le bain.
Quand , au lieu de gaude , on emploie de la graine d'Avignon ou de Valachie , on commence par faire cuire dans une chaudière , avec la quantité d'eau suffisante , la graine nécessaire pour la teinture des pièces que l'on veut colorer, à raison de 8 à 900 gr. par 100 mètres d'étoffe. On divise le produit de cette décoction en autant de portions qu'on veut teindre de pièces à la fois , et on les étend de la quantité d'eau que réclame l'opération .
Si le jaune a pour base le quercitron, la teinture doit avoir lieu à la température de 35 à 38° durant une heure et demie, et moyennant lk,650 de cette matière tinctoriale par pièce, sans addition de craie.
Dans tous les cas , la teinture opérée , on procède à la transformation de la couleur. A cet effet, dans une cuve surmontée d'un tourniquet et assez spacieuse pour qu'on y puisse manœuvrer deux pièces, on verse, avec l'eau nécessaire, 3 kil. d'acétate d'indigo parfaitement clair, et l'on y fait circuler les pièces jusqu'à ce que le vert ait atteint la nuance désirée. Après la teinture de quatre pièces , on ajoute au bain une nouvelle quantité d'acétate d'indigo.
Le vert que J.-M. Haussmann obtenait en employant la gaude est de toute beauté ; il est impossible d'en composer de plus pur et de plus vif, mais il se servait d'une dissolution
d'indigo toute particulière, dont, à notre connaissance, la composition n'a été indiquée jusqu'ici dans aucun ouvrage.
Il introduisait dans un vase de grès 500 gr. acide sulfurique de Saxe qu'il chauffait durant vingt minutes dans un bain-marie porté à l'ébullition ; il y mélangeait alors 250 gr. d'indigo finement pulvérisé, remuait avec soin durant dix minutes, à l'effet de multiplier les points de contact, ajoutait successivement et avec précaution à la masse A litres d'eau bouillante, en remuant toujours, et enfin saturait ce liquide, renfermant de la phénicine, par lk,50 acétate plombique qui, fixant par sa base l'acide sulfurique libre, formait du sulfate plombique et laissait en dissolution de l'acétate d'indigo.
Tout ce que nous venons de dire s'applique à la formation d'un fond vert uni. Pour un fond de même nuance avec impression blanc réserve ou enlevage , les choses se passent encore de la même manière : seulement, le tissu mordancéen alumine doit avoir reçu , avant la teinture , l'impression d'une réserve , § 618, ou d un enlevage , § 619, et il est essentiel que le blanc ait été parfaitement nettoyé pour ne pas altérer la teinture.
Voici un exemple de cette fabrication , éch. 189.
1SÎ>. Foiifl vert - pistache avec impression blanc enlevage
sur mordant
Après avoir jïmlardé la toile dans le mordant rouge B, on
BM
in
a imprimé le blanc enievagen0 2, § 621, dégorgé en craie , puis à l'eau courante et nettoyé. On a ensuite teint en jaune et procédé à la transformation de cette dernière couleur en vert au moyen de l'acétate d'indigo.
Un mordant d'alumine imprimé sur fond blanc peut être teint tout d abord par un mélange de jaune et d'acétate d'indigo , ou d'abord en jaune, puis transformé en vert par un passage en acétate d'indigo. Ce dernier mode est toujours à préférer, et c'est celui que l'on suit pour le genre fond blanc avec impression vert-pistache.
1 Applications. Le vert-pistache ou pomme s'emploie spécialement comme fond dans la fabrication des genres composés.
DU VERT QUE l'on OBTIENT DE LA COMBINAISON DE LA MATIERE CO- LORANTE BLEUE OU BLEUE-VIOLACÉE PROVENANT DU FRUIT DU SOLaNUM DE GUINÉE AVEC LES MATIERES VÉGÉTALES JAUNES.
§ 688. A une certaine époque, on formait avec le fruit du sola/num et les jaunes végétaux des verts analogues au vertpistache , en procédant de la manière suivante :
On teignait d'abord en gaude ou en graine de Perse l' étoffe imprimée d'un mordant d'alumine fort, puis on la passait en son et on l'exposait au besoin sur le pré pour en purifier le blanc; on procédait alors à la transformation du jaune en vert, et, à cet effet, on introduisait dans un baquet en bois de 2 à 3 kil. de fruits de solanum écrasés, sur lesquels on versait 150 à 200 lit. eau chauffée à 60 ou 70° ; on remuait le tout, et l'on y manœuvrait les pièces deux par deux durant quinze à vingt minutes , jusqu'à ce que le jaune dont elles étaient recouvertes eût attiré assez de bleu pour passer au vert , en ayant soin après chaque passage de deux pièces d'ajouter au bain 5 à 600 gr. de fruits ; on exposait ensuite à l'eau courante durant une demi-heure . et Ton passait en son à la température de 50 à 60° pour purifier le blanc toujours plus ou moins altéré, éch. 190.
Ce serait en vain , du moins dans les conditions où l'on a été
P^^HH^^HVi
GENRES DÉRIVÉS V>m COfLËLHS MIXTES (VËRTsj. 397
I OO. l'oml veut au *o1uduiiii de Guinée.
L'éditeur n'a pu se procurer du Solarium de Guinée pour faire exécuter cet échantillon.