‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 4)Chapitre 86 sur 92 · C. On mélange 10 litres acétate aluminique à 8° AB avec · texte numérisé non relu

C. On mélange 10 litres acétate aluminique à 8° AB avec

2^5 pyrolignite ferreux à 6° AB.

On foularde les pièces dans ce mordant , ou on les en imprime quand il a été convenablement épaissi , et après avoir dégorgé le tissu , on obtient > en le teignant avec :

Une partie de garance et une partie de quercitron, une nuance

acajou brunâtre ; Une partie de garance et deux parties de quercitron , une nuance

cachou rougeâtre ; Une partie de garance et trois parties de quercitron , une nuance

cachou jaunâtre ; Une partie de garance et quatre parties de quercitron , une

nuance bois.

D. On mélange 2 litres acétate aluminique à 8° AB avec :

2 lit. pyrolignite aluminique à 6° AB, 4 lit. eau.

On foularde les pièces dans ce mordant, ou on les en imprime

quand il a été convenablement épaissi , et l'on obtient , en les

teignant dans :

Une partie de garance et une partie de quercitron , un rouge clair et jaune ;

kïk ÙE LA IMBRICATION EN PARTICULIER.

Une partie de garance et deux parties de quercitron , un bois rouge -brunâtre;

Une partie de garance et trois parties de quercitron , un cachou foncé rougeâtre;

Une partie de garance et quatre parties de quercitron , un cachou jaunâtre.

2° Préparations qui donnent naissance à des nuances dans lesquelles domine le noir ou le violet.

Ces nuances sont en très grand nombre ; il suffit , pour s'en convaincre , de se représenter toutes les modifications que les diverses dégradations du noir ou du violet éprouvent lorsqu'on les sature de jaune.

A. On mélange 5 litres acétate aluminique à 8°^ïB avec :

1 0 lit. pyrolignite ferreux à 6°, 25 lit. eau.

On plaque les pièces dans ce mordant , ou on les en imprime

quand il a été convenablement épaissi , et après le dégorgeage,

si on les teint , en employant pour chaque pièce 375 gr. de

garance, 250 gr. quercitron, 0',5 décoction de noix de galle

à 5° .4B, on obtient une nuance tourterelle, qu'on peut réaliser

aussi sans mordant d'alumine , en plaquant les pièces dans un

mordant composé de :

2 vol. pyrolignite ferreux à 1 4° ,4B ,

24 vol. eau,

24 vol. eau d'amidon grillé, et en les teignant , après les avoir dégorgées à l'eau , dans un bain composé de 0k,750 quercitron avec une certaine proportion de colle et 1 kil. de garance par pièce.

B. On mélange 1 vol. pyrolignite ferreux à 14° AB avec

18 lit. eau.

On plaque les pièces dans ce mordant, ou on les en imprime

quand il a été convenablement épaissi , et l'on obtient en les

teignant, après les avoir dégorgées, dans un bain formé de :

500 gr. de garance et 750 gr. de quercitron , une nuance tourterelle violacée ;

250 gr. de garance et 750 gr. de quercitron , une nuance tourterelle grisâtre.

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GENRES DÉRIVÉS DfciS COULEURS MIXTES. [\lh

Enfin les mordants violets et lilas teints en garance et en quercitron engendrent de fort jolies nuances.

Pour la réalisation de toutes ces couleurs complexes > on doit toujours fixer la matière colorante la plus faible ou le jaune , dont les nuances sont d'autant plus pures que la teinture s'effectue à une température plus basse , avant de faire intervenir la garance, qui se fixe à une température plus élevée , parce que Ton est toujours maître de retirer les pièces lorsque la couleur jaune a absorbé la quantité de rouge nécessaire à la teinte que l'on désire.

On comprend du reste qu'avec les mêmes mordants , mais en changeant l'espèce de garance , en remplaçant , par exemple, celle d'Avignon par celle d'Alsace , ou la garancine par le garanceux , on arrivera à des nuances différentes , puisque les mordants violets prennent une teinte bleutée avec la garance d'Avignon , et grisâtre avec celle d'Alsace , la garancine et le garanceux.

Enfin , si Ton ajoute à ces divers éléments delà craie et de la colle, le jaune, acquérant une nuance toute pure , surtout quand la teinture s'opère à une basse température , rend les couleurs complexes à la formation desquelles il concourt, plus vives, plus claires et plus nourries ; tandis que , si l'on supprime ces deux agents, ces couleurs prennent toujours des tons plus brunâtres. Par la même raison, la nature des jaunes n'est pas sans influence sur la nature et la pureté des couleurs complexes : ainsi la gaude , toutes circonstances égales d'ailleurs, engendre avec les mordants d'alumine des teintes plus claires que les autres matières colorantes jaunes; mais, plus sensible que toute autre aux mordants de fer, elle développe en leur présence des teintes olivâtres clans lesquelles on peut mentalement se représenter du vert, du jaune ou du bleu : aussi, quand on la fait coricourir conjointement avec la garance à la saturation des mordants de fer et d'alumine, obtient-on des nuances brunes ou tabac toutes différentes de celles que donne le quercitron, et que l'on ne réa-

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lise guère autrement qu'en associant directement du- bleu , du jaune et du rouge.

j^ 701. La nuance brune ou tabac produit un charmant effet sur fond blanc. MM. Hartmann, de Munster, et Haussmann ont imprimé de très beaux articles de ce genre , désignés sous le nom de Ramona. Comme le traitement en est le même en fond uni qu'en impression sur fond blanc, nous ne nous occuperons que du dernier de ces genres.

Mordant brun fonce.

A 10 litres eau on ajoute :

6l,650 mordant rouge C,

3l,3k0 pyrolignite ferreux à I 4° AB , et l'on épaissit le tout

avec 2k,840 amidon.

Mordant brun clair.

A 1 volume mordant brun on ajoute :

4 2 vol. eau d'amidon.

Quand on veut obtenir plusieurs teintes , on imprime le mordant brun foncé , et , un ou deux jours après , le mordant brun clair; après les avoir laissés reposer le temps nécessaire, on procède à leur fixation dans une caisse carrée pleine d'eau de craie tiède , puis on rince et l'on teint en gaude *en portant le bain à l'ébullition , et en employant environ 1 kil. de gaude par pièce calicot ordinaire. Après avoir rincé de nouveau , on dégorge au clapeau , § 442 , et l'on opère la transformation de la nuance dans un bain de garance. A cet effet, on chauffe à la température de 45 à 50° un bain formé de 5 kil. garance d'Alsace, et la quantité d'eau nécessaire pour 10 pièces, qu'on y manœuvre durant 20 à 30 minutes ; après ce premier passage de 10 pièces, on ajoute au bain, pour en passer 10 autres, la moitié du poids de garance primitivement employé, le quart pour une troisième opération , et le huitième pour une quatrième. On nettoie alors l'étoffe , et l'on passe en son pour donner plus de vivacité à la nuance , tout en purifiant les parties blanches du tissu.

Le même traitement, mais avec une légère modification dans !e mordant et une plus grande quantité de gaudo et de garance, donne la nuance tabac.

Mordant tabac.

A 10 litres eau on ajoute :

0^575 décoction de campêche ,

5 lit. acétate aluminique ,

2^5 pyrolignite ferreux à I 4° Â$, et l'on épaissit le tout avec

2k,20 amidon.

Quand ce mordant est imprimé et fixé , on dégorge à l'eau de craie tiède, on teint en gaude durant trois quarts d'heure à raison de 26 kil. pour 10 pièces , on dégorge, et l'on procède à la transformation de la couleur en employant une quantité de garance d'Alsace calculée à raison de 7k,5 pour 10 pièces.

C'est par un traitement de cette espèce qu'on a obtenu la couleur de l'éch. 204 .

*$Of • Fond blane avec împress. brun ou ramona (Munster).

D'autres matières jaunes, au contraire, engendrent des nuances plus foncées ; telle est celle de la racine de grenadier, dont nous avons parlé § 673 , et qui supporte jusqu'à un certain point la comparaison avec le jaune de quercitron. Associée à la garance, elle donne directement avec les mordants d'alumine

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une belle teinte bois , que les autres principes tinctoriaux de cette espèce ne fournissent que par l'intervention des mordants ferrugineux, éch. 202.

£0£. mordants d'alumine et de fer teints dans un mélange de garance et de racine de grenadier.

Il est peu de substances colorantes qu'on associe aussi fréquemment que celles de la garance et du quercitron. Elles offrent un moyen d'imprimer une multitude de nuances toutes plus ou moins agréables à l'œil ; mais, dans ces couleurs complexes ; la garance est très souvent remplacée par d'autres couleurs rouges ; elle l'est, par exemple, d une manière fort avantageuse au point de vue du brillant de la nuance, mais non de l'économie , par \à cochenille ; elle ne l'est encore que trop souvent, au préjudice du1 consommateur , par les bois rouges , le Lima , le Sainte-Marthe , etc., qui ne donnent que des couleurs faux teint.

Le mordant se compose , pour ces dernières sortes de teinture , de :

8 lit. mordant rouge B,

3 lit. pyrolignite ferreux à 1 4" AB.

On plaque les pièces dans ce mordant ou on les en imprime quand il a été convenablement épaissi , puis on les dégorge et l'on teint dans un bain composé , pour 300 mètres d'étoffe , de : G kil. quercitron ,

4k,500 sumac,

12- lit. décoction de bois de Sainte -Marthe à raison de 2k, 500

par litre , 6^4 de colle-forte ,

en élevant peu à peu le bain dans l'espace de deux heures et

demie, de la température de 25°, à laquell ■ en doit commencer

l'opération, à celle de 70°, oùl'on doit la terminer.

On obtient encore un puce de ce genre en remplaçant le boiâ

de Sainte-Marthe par le fernambouc ; on teint en deux heures

et demie, en élevant graduellement la température de 25 à 75°

dans un bain de :

7 kil. quercitron, 0k,500 sumac,

10 kil. décoction de fernambouc à raison de 2k;50 par litre, 2 lit. eau de colle-forte.

C'est dans un bain de ce genre qu'on a teint l'éch. 109.

. L'éch. 203 , article mouchoir , a aussi pour base un rouge

?&4ft«B. Fond puce au bois, impression blanc enlevage-

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m/ 5o?s, et, par conséquent, essentiellement faux teint. Aujourd'hui beaucoup de ces couleurs faux teint proviennent d'une application directe suivie d'un fixage à la vapeur.

§ 702. Que si, au lieu de changer l'une ou l'autre des matières colorantes jaune ou rouge dans ces couleurs complexes , on remplace seulement les mordants d'alumine et de fer par un mordant

d'une autre espèce , j'oxide chromique, par exemple, qui est coloré , on obtient un autre ordre déteintes , ainsi qu'on peut s'en convaincre par l'échantillon 204, qui a été saturé dans un bain

&0-&. Oxide chromique teint en garance et qucr citron.

de quercitron et de garance ( voyez les nuances obtenues avec le même mordant teint en garance, § 615, éch. 104, enfernambouc , § 654, éch. 156, et enfin en quercitron, § 662, éch. 168, où il prend la nuance jaune-olivâtre).

On forme encore des nuances qui rentrent , par leur aspect , dans les couleurs complexes qui viennent de nous occuper , en teignant les mordants dans des substances tinctoriales, telles que le santal et le cachou. Quand il s'agit de la première, on commence par la faire bouillir dans l'eau , pour lui enlever la matière jaune qu'elle contient ; épuisée par ce véhicule, on la traite par l'alcool , qui en extrait la couleur rouge , et c'est dans cette infusion alcoolique , convenablement étendue d'eau , que l'on teint les toiles mordancées en suivant le procédé décrit à l'occasion de l'orcanette. Lorsqu'on emploie le cachou , on l'introduit dans le bain comme les autres matières colorantes , mais on l'associe ordinairement à d'autres substances rouges ou jaunes.

On réalise aussi très souvent ces nuances complexes par la

superposition du rouge sur le jaune, du jaune sur le violet, et vice versa. C'est au fabricant à tirer parti de ces effets dans la composition de ses dessins.

DES COULEURS COMPLEXES QUI RESULTENT DE L'ASSOCIATION DES MATIÈRES COLORANTES ROUGES AVEC LE BLEU.

§ 703. La combinaison d'un bleu d'indigo avec le fin rouge produit un noir, celle du bleu clair une espèce d'acajou ; mais, en associant ces couleurs dans d'autres proportions et à des tons moins élevés, on arrive à des nuances fort délicates qui se rapprochent plus ou moins de celles du lilas et du violet. L'éch. 205

9415. Fond violet évèone avec impression blanc enlevage.

donne une idée de l'espèce de teinte qui résulte de la combinaison du bleu clair. avec le rouge cochenille. La fabrication en a été la même que celle de l'échantillon fond vert blanc enlevage , éch. 187, c'est-à-dire qu'après avoir fait un fond bleu uni , §548, éch. 53, on a foulardé en mordant d'alumine et en chromate potassique , et, l'impression du blanc achevée , lavé et dégorgé. La toile se trouvait alors dans le même état que l'échantillonl86 ; mais, teint en cochenille, le mordant d'alumine s'étant saturé de matière colorante rouge a engendré le violet èvèque ou gorge pigeon. A une certaine époque , on fabriquait dans

/l22 DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.

quelques établissements avec ces deux matières colorantes seules une multitude de nuances extrêmement remarquables, dans lesquelles prédominait tantôt le bleu, tantôt le rose; on opérait sur des fonds, bleus unis de tons différents , et en étendant plus ou moins d'eau le mordant d'alumine.

En associant aussi la couleur bleue du campêche à la couleur rouge des bois ou à celle de la cochenille , on forme des violets d'une richesse extrême, mais qui malheureusement s'altèrent promptement à la lumière ; c'est ainsi qu'on a obtenu l'échantillon 206 , fond violet impression blanc enlevage :

£OG. Fond violet au bois avec impression blanc enlevage sur

mordant.

Après avoir foulardé dans le mordant rouge B , on a procédé immédiatement à l'impression blanc enlevage , dégorgé à l'eau de craie et à l'eau courante , puis teint à une basse température dans un bain de campêche auquel on avait ajouté une certaine quantité de décoction de Lima , pour donner à la couleur une teinte violacée , et de la colle-forte , pour que les parties blanches fussent, autant que possible, respectées à la teinture.

On a beaucoup fabriqué autrefois un genre mouchoir violet amarante, dont l'exécution rentre tout-à-fait dans celle de l'échantillon ci-dessus, si ce n'est que le Lima y est remplacé par la cochenille. Voici en peu de mots la marche que l'on suivait :

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GENRES DÉRIVES DES COI LEl'HS MIXTES. 423

On foulardait les pièces dans un mordant composé de :

4 vol. mordant rouge (7, 6 vol. eau.

On imprimait l'enlevage , on dégorgeait à l'eau, on teignait d'abord en cochenille comme si l'on voulait produire un fond amarante, § 650, et lorsqu'on avait donné aux toiles le pied de rouge qu'elles devaient avoir, on procédait à la transformation de la nuance en les faisant passer dans un autre bain composé d'une décoction de campêche avec addition de colle-forte , pour que le blanc ne s'altérâtpas. En opérant ainsi, on économisait delà cochenille, tout en réalisant plus sûrement une nuance déterminée.

Dans la fabrication de ces articles fonds couverts avec impression blanc , qui exigent que le mordant soit simplement fixé à l'eau , il est toujours préférable d'imprimer le blanc en réserve et de le rendre légèrement mécanique à froid , pour pouvoir nettoyer les pièces sans danger : autrement , pour peu que des parties de mordant se détachent et viennent se déposer sur les points réservés, ou que l'enlevage n'agisse pas d'une manière uniforme, le blanc s'altère toujours.

Les nuances qui résultent de la combinaison du bleu cl indigo ou du bleu de campêche avec la garance, la cochenille, etc. , font pressentir celles qu'il est possible de composer en associant de l'acétate d'indigo avec des rouges imparfaitement saturés. De même que cette matière bleue transforme des jaunes en vert, elle fait passer les rouges au violet; mais ici la transformation ne peut plus avoir lieu en vertu d'un déplacement, elle s'opère au moyen d'un mordant fort qui, incomplètement saturé par le rouge , attire et fixe le bleu.

La matière colorante bleue de l'indigo forme , en s'associant au rose de carthame , une teinte très riche et très recherchée que nous verrons figurer dans quelques genres composés.

Les nuances lilas ou violettes que l'on doit aux matières colorantes ronges et aux mordants de fer sont souvent influencées par le bleu, qui leur donne un reflet particulier. Il n'est pas

*j>uû»f2É

r\:lll DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.

rare, en eftet, de voir des violets modifiés, soit par l'acétate d'indigo , soit par le bleu de Prusse. Pour arriver à ce but, on imprime et on teint incomplètement des mordants lilas foncés, et lorsque le blanc du tissu a été convenablement purifié, on passe dans une eau légèrement acidulée tenant en dissolution une certaine quantité de cyanure ferroso-potassique ; le mordant de fer qui se trouve libre se teint comme celui de l'éch. 91 , et la teinte bleue qui en est la conséquence, s'ajoutant à celle qu'engendre la garance avec le même mordant , donne la nuance de l'échantillon 207.

&07. Fond blanc avec impression violet garance transformé

par le cyanure.

La combinaison des matières colorantes jaunes et rouges avec les mordants de fer et d'alumine donne une foule de nuances brunes qu'on peut considérer comme formées de vert, de jaune et de rouge ; la première provient de l'action du principe jaune sur le mordant de fer; on y arrive aussi avec un niordant d'alumine seul , mais en faisant concourir le bleu. L'échantillon 208 ci-après en fournit la preuve. C'est un fond brun foncé avec enlevage blanc. Cette fabrication est identique avec celle des échantillons 187, 205 ; mais lorsqu'il s'est agi de teindre , au lieu de passer dans an bain de quercitron ou dans

GENEES DERIVES DES COULEURS MIXTES.

#OS. Fond brun avec impression P»lane enlevage au chromate , sur bleu de cuve et mordant d'alumine teint en garance et quereitron.

un bain de cochenille , qui auraient donné , le premier du vert , le second du violet èvêque , on a teint dans un mélange de matières colorantes jaune et rouge qui a donné lieu à la nuance mixte.

La couleur bleue du campêche produit aussi avec le rouge et le jaune des teintes de cette espèce; mais il importe de savoir faire arriver le jaune, le bleu et le rouge dans un rapport convenable , en ayant égard aux affinités respectives de ces matières colorantes pour les mordants.

Si des associations de cette espèce présentent quelques difficultés en teinture , il n'en est plus ainsi quand on ne veut , en les appliquant , que les fixer mécaniquement ou par la vapeur, car alors on peut les manier à son gré , et produire les nuances les plus riches.

§ 704. Si les différentes proportions dans lesquelles deux matières colorantes se combinent à un ou plusieurs mordants donnent naissance à une multitude de nuances , il est clair qu'on développera de nouvelles nuances avec les matières colorantes du bain de teinture , en associant aux mordants des substances tinctoriales qui se fixent aux étoffes dans des conditions plus ou

moins semblables à celles où ils y deviennent eux-mêmes adhérents | et qui d'ailleurs puissent subir toutes les opérations de la teinture. Le cachou se prête merveilleusement à ce genre de transformation ; nous avons vu qu'il se fixe à l'étoffe dans des conditions assez semblables à celles où les mordants d'alumine s y combinent , et , de plus , que les dissolutions salines à base d'étain, de fer, d'alumine, de chrome, auxquelles on l'associe, en favorisent la fixation , au lieu de l'entraver; on prend donc l'une ou l'autre des décoctions de cachou, § 569, et l'on y ajoute :

Soit une certaine quantité de mordant rouge A ,

Soit une certaine quantité de pyrolignite ferreux ,

Soit un mélange des deux ,

Soit une décoction de garance dans l'alun , plus une quantité déterminée d'acétate calcique qui , en neutralisant le mordant aluminique , le rend plus apte à faire corps avec l'étoffe et fa-

. cilite en outre l'oxidation et la combinaison du cachou.

On recouvre le tissu de ce mordant coloré , et après lui avoir fait subir une exposition de quelques jours à laquelle on fait souvent succéder un passage en chromate pour compléter l'oxidation du cachou , on teint :

Tantôt dans la garance seule , et l'on obtient une nuance grenat

ou brun rougeâtre ; Tantôt dans la garance et le fustet ou une autre des matières

colorantes jaunes , et l'on réalise des nuances nouvelles très

diverses et très solides.

La maison Barbet, de Jouy , a fabriqué, en 1831-1832, un

fort joli genre dans lequel le cachou, associé à l'alumine et à

l'étain , jouait le rôle de mordant. Plus tard, MM. Haussmann

ont exécuté , à la machine à deux couleurs , un article grenat et

noir facile à obtenir et d'un très bel effet; ils imprimaient :

\° Le noir à l'amidon, § 633,

2° Le mordant rouge composé de 6 lit. mordant rouge C ,

5 lit. dissolution de cachou ;

ils suspendaient les pièces durant trois à quatre jours, à l'effet de déterminer la fixation du cachou, bousaient à la température de 65°, rinçaient et dégorgeaient aux roues , puis teignaient

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en deux fois en garance, avec addition de lessive caustique , à

raison de h à 5 kil. de poudre par pièce.

La première teinture s'effectuait en 2 h. à la température de 56°, La seconde en 3 h. \ j% à la tempérât, de 65°.

A la suite de ces opérations , on rinçait , on dégorgeait, on passait dans un bain de son bouillant, et si le blanc n'était pas suffisamment pur, on exposait sur le pré durant quelques jours.

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