‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 4)Chapitre 87 sur 92 · PRIMITIVES · texte numérisé non relu

PRIMITIVES

§ 705. En examinant les procédés à l'aide desquels on fixe les matières colorantes rouges et particulièrement celle de la garance , nous avons fait connaître les noirs que Ton obtient des unes et des autres ; notre intention ne peut donc être de traiter de nouveau ce sujet ; mais nous croyons utile de réunir ici, en quelque sorte sous forme de tableau, les différents pro cédés que l'on emploie pour former les noirs , et les gris qui en sont la dégradation.

On forme du noir :

1 o Par la combinaison du bleu de cuve , § 548, avec le fin rouge.

Cette combinaison est souvent mise à profit dans la fa

brication des genres composés ; 2° Par celle du même bleu avec la couleur brune du cachou

( noir des Indiens ) ; 3° Par celle de la même couleur avec le bistre, § 585 ; mais ce

noir, qui n'est jamais franc , présente un reflet olivâtre particulier ; 4° Par la combinaison de l'acétate d'indigo avec les matières

colorantes rouges ; 5° Par la combinaison du bleu de Prusse avec le rouge turc.

C'est ainsi qu'on réalise des impressions noires sur fond

rouge turc ; 6° Par la réaction de l'oxide ferrique sur les matières colorantes

rouges (garance, cochenille, etc.), et même sur l'hématine ;

mais ce noir au campêche , qui a pour base le fer, s'altère

promptement et devient rougeâtre ; 7° Par la réaction de ce même oxide sur les matières jaunes ,

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§ 672, et astringentes, telles que noix de galle, sumac, bablah , tannin , etc. ;

8° Par la combinaison de l'oxide aluminique très légèrement ferrure , avec l'hématine convenablement oxidée ;

9° Par la réaction de l'oxide chromique sur l'hématine , en présence d'une faible proportion d'alumine qui sert de base à la couleur ;

I 0° Par l'action combinée de l'oxide ferrique et de la chaux sur

l'hématine;

I I ° Par l'action combinée des oxides ferrique et aluminique sur

les matières colorantes réunies.

Ces noirs formés à des conditions si diverses ne jouissent pas des mêmes propriétés : ils affectent des teintes qui virent , les unes au rouge , les autres au bleu , d'autres à l'olivâtre. Le grand art du fabricant est d'en composer dans lesquels tous les rayons scient absorbés, et surtout de savoir prévenir ces changements qui n'y sont que trop ordinaires quand le fer domine dans la base de la couleur , attendu que , réduit en partie au moment de la formation du noir, il s'oxide insensiblement, passe au rouille , brunit et souvent même brûle le tissu sur lequel il est déposé. C'est pour cette raison que les noirs à l'alumine sont préférables, quand on a convenablement oxidé la matière tinctoriale.

Des gris.

§ 706. Théoriquement parlant, les gris n'étant que la dégradation des noirs, les substances que l'on emploie à la formation de ces dernières nuances doivent servir également à celle des gris. Non seulement cette proposition est vraie ; mais , en général , une substance colorante qui ne donne qu'un noir plus ou moins olivâtre, produit souvent un gris recherché. Les gris le plus généralement employés sont : § 707. Le gris à la cochenille, qu'on obtient en imprimant un mordant composé de :

10 litres d'eau,

1 lit. pyrolignite ferreux , le tout épaissi avec

3 kil. amidon grillé.

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