CHAPITRE PREMIER
§ 781 . On peut envisager sous plusieurs faces le genre fond blanc ; au point de vue des dessins , il renferme deux extrêmes : le genre fond blanc perse , composé de sujets détachés, dans lesquels le blanc est en grande partie conservé , et le genre cachemire , où le blanc est en très faible proportion comparativement aux couleurs. Nous croyons pouvoir nous dispenser d’énumérer les genres intermédiaires entre ces deux extrêmes. Au point de vue de la fabrication , ils se divisent , ainsi que
nous l’avons établi § Zi88-Zj 89 , d’après la nature des couleurs et la manière dont elles sont rendues adhérentes aux étoffes.
Nous avons déjà examiné , en traitant de la fixation de chacune des substances, tinctoriales en particulier, les modes d’exécution des fonds blancs simples auxquels elles donnent naissance : il n? nous reste donc plus qu’à étudier les particularités qui peuvent se présenter lorsqu’on combine la fabrication de ces divers genres élémentaires pour- en créer de composés.
Toutes les fois que des couleurs se fixent dans des conditions analogues , sinon identiques , ou que des mordants divers doivent être teints dans la même matière tinctoriale , l’exécution du genre fond blanc est facile ; mais il n’en est plus ainsi lorsqu’on fait concourir, pour former un genre, des matières colorantes qui ne deviennent adhérentes qu’à des conditions toutà-fait différentes , ou des mordants qu’on doit teindre dans des bains de natures diverses. Ainsi , un fabricant peut employer pour l’exécution d’un dessin :
1° Seulement des couleurs d'application, p. 16/i ; alors cellesc.' se fixant toutes à l’étoffe aux mêmes conditions, les seules difficultés à surmonter dépendent de la nature du dessin. Tantôt on devra juxtaposer régulièrement ces couleurs, et dans ce cas , pour prévenir , aux points de contact , un mélange qui y formerait une nuance mixte , introduire dans chacune d’elles des corps qui , sans diminuer en rien l’adhérence de la laque à 1 étoffe, s’opposent , par une décomposition réciproque, à tout mélange, ou en rendre une grasse par l’addition d’une huile siccative qui lui fasse perdre toute tendance à se confondre avec les autres. Tantôt , par raison d’économie et pour faciliter F impression , il faudra superposer deux couleurs , du bleu sur du jaune, du jaune sur du rouge, du rouge sur du violet , etc., pour arriver à produire des nuances complexes ; et agissant alors dans des vues diamétralement opposées aux précédentes , le fabricant sera tenu de composer ses couleurs de telle manière qu au moment de la superposition il y ait fusion parfaite , et
188 DE 1a fabrication en particulier.
par conséquent de bien choisir les épaississants. Tantôt, enfin, on pourra être obligé de réaliser des impressions blanc réserve sous telle ou telle nuance , parce que la gravure , si l’impression se faisait à la main , ne donnerait pas des dessins blancs d’une assez grande délicatesse.
2° Seulement des couleurs vapeur, et celles-ci se fixant toutes de la même manière , par des procédés et dans des conditions identiques, les difficultés à vaincre seront les mêmes que pour les couleurs d’application, augmentées de celles qui naissent de l’obligation où l’on est de préparer les tissus pour certaines couleurs vapeur , et de la réaction qu’exercent quelques autres durant l’opération du vaporisage , par la nature même des émanations qui se produisent , soit sur celles qui les accompagnent, soit sur le tissu même.
3° Des mordants diversement teints avec la même matière colorante, et ici les difficultés deviennent plus nombreuses sans être plus fortes.
L’impression des mordants n’est autre que celle des couleurs d’application. On doit donc y appliquer tout ce que nous avons dit de ces dernières; mais , de plus , comme il faut teindre les mordants , après les avoir fixés il importe de prendre certaines précautions , ou pour empêcher que les parties blanches ne se salissent , ou pour les ramener à leur pureté primitive par les opérations mêmes auxquelles on est dans le cas de soumettre le tissu , dans le but d’aviver les laques qu’on y a formées.
li° Des couleurs qui se fixent à l’étoffe à des conditions diverses, ou des mordants qui doivent être teints dans des matières colorantes distinctes , et alors les difficultés se compliquent. Qu’on veuille, par exemple, combiner le genre fond blanc impression rose ou lilas, §§ 626-638, avec le fond blanc impression bleu solide, § 557, il faudra nécessairement aviser au moyen ou d’opérer d’abord la fabrication du fond blanc impression rose , pour y faire succéder celle du fond blanc impression bleu , ou l’inverse , ou enfin , en vue d’une exécution
FONDS BLANCS COMPOSAS.
plus belle et plus régulière , de fixer simultanément le bleu et le mordant pour rose qu’on teindra ensuite. Si, au lieu de faire concourir à la formation d’un genre le rouge de garance avec le bleu , on associe à ce dernier le rose de carthame , la nature de cette dernière matière colorante rendra l’exécution plus difficile encore , puisque, ainsi que nous l’avons vu , les alcalis indispensables à la fixation du bleu , § 5/|8 , attaquent énergiquement l’acide carthamique , § /j03. S’il s’agit d’associer la fabrication du genre fond blanc impression rouge de garance à celle du fond blanc impression jaune quercitron ou autre, §§ 662- 672, il faudra exécuter d’abord la fabrication du fond blanc impression rouge , et ensuite celle de l’impression jaune. L’inverse ne peut avoir lieu par les raisons exposées § 69 h.
Ainsi donc toutes les fois qu’on associe la fabrication de plusieurs genres simples pour en former de composés, aux difficultés inhérentes à l’exécution de chacun de ces genres s’en joignent une foule d’autres qui proviennent des conditions diverses que réclame leur association ; c’est , au reste , un fait que fera ressortir l’examen auquel nous allons nous livrer de quelques genres fonds blancs composés. Nous traiterons d’abord de ceux qui sont indépendants des couleurs garancées , puis de ceux dans lesquels rentrent ces couleurs , en y rattachant successivement les imitations qu’on en fait en couleurs vapeur ou d’ application.
DE LA COMBINAISON DES GENRES FONDS BLANCS COULEURS D’APPLICATION SOLIDES.
De la combinaison du genre fond blanc impression bleu solide, § 557, avec le genre fond blanc impression cachou , §573.
§ 782. La réunion de ces deux genres simples a donné naissance à un genre composé d’une grande distinction , qui s’imprime au double rouleau , et que plusieurs fabricants d’Alsace, entre autres MM. Kœchlin frères, Gros, Haussmann , Eck
Dollfus, ont exécuté avec beaucoup de succès. C’est de l’impression et de la fixation du bleu solide qu’on doit d’abord se préoccuper ; il faut ensuite choisir les préparations de cachou qui se fixent le mieux dans les conditions mêmes où le bleu devient adhérent à l’étoffe. Celle au moyen de laquelle MM. Haussmann ont réalisé les impressions si belles et si délicates en cachou foncé et bleu dans le genre de l’éch. 253 , appartenait au cachou C. D. § 570, p. 106.
Dans 10 lit. eau, à laquelle on avait préalablement mélangé :
5 kil. acide acétique, à 8° dB , on faisait dissoudre , par une ébullition de \ 0 minutes,
7k,50 cachou, et l’on ajoutait ensuite 1k,25 sulfate ferreux cristallisé ,
0k,480 acide sulfurique concentré.
On abandonnait au repos , durant douze à quinze heures , le produit de cette décoction , afin de laisser à la substance poisseuse le temps de se déposer, puis, dans 10 kil. de cette décoction claire, on introduisait :
5K, 200 composition physique , et l’on épaississait avec la quantité d’amidon grillé nécessaire à la viscosité de la couleur que l’on voulait imprimer (3 ou 4 kil. environ ).
Le bleu imprimé était de l’ordre de ceux du § 559
Dans 10 lit. solution de soude caustique , à 20° . IB , on faisait bouillir durant dix minutes :
1 k , 1 00 indigo belle qualité et finement pulvérisé, t k , 6 7 0 précipité d’oxide stanneux en pâte, que l’on obtenait en faisant réagir sur une solution de chlorure stanneux la quantité de carbonate sodique nécessaire. On lavait le précipité par décantation et on le recueillait ensuite sur une chausse.
Lorsque le liquide était refroidi, on y ajoutait , pour le neutraliser et mettre en liberté l’indigo réduit :
3f890 acide nitrique, à 40° AB, mélangé à 3 lit. eau , et I on épaississait le tout avec 3 lit. eau, dans laquelle on avait préalablement fait disso'udre 5 kil. gomme Sénégal.
On étendait ce bleu d’eau de gomme pour les teintes plus claires.
Quand l’impression du cachou et du bleu a eu lieu simultanément ( àlamachine à deux rouleaux , § 516), on passe les pièces le jour même dans la cuve à la chaux , § 558, p. 77, à l’effet de fixer le bleu qui s’oxiderait , si l’on attendait plus longtemps, avant d’avoir pu passer à l’état soluble sur la fibre , et par conséquent avant d’être arrivé dans les seules conditions où il peut devenir adhérent à l’étoffe , puis on les rince dans une cuve pleine d’eau, au sortir de laquelle on les suspend au crochet à la rivière , afin de dèverdir l’indigo réduit. Après une exposition de vingt à trente minutes, on les agite durant quinze autres minutes dans un baquet surmonté d’un tourniquet et plein d’un bain à la température de 75°, composé d’une solution faible de bichromate potassique , acidulée cl’une certaine quantité d’acide acétique , dans le but de compléter la fixation du cachou , qui ne serait autrement qu’imparfaite. Pour dernière opération , on les nettoie avec soin aux roues à laver. C’est en suivant une semblable marche qu’on a obtenu l’éch. 253.
*153. Fond blanc, inipr. cachou, et bleu d’application solide.
Quant aux dessins employés dans cette fabrication , ce sont tantôt de petites rayures dans lesquelles s’encadrent des sujets
192 de la fabrication en particulier.
détachés, tantôt des carreaux ondulés , § Zi90, fig. 59, imprimés en bleu , dans lesquels on a rentré des sujets divers et plus ou moins massifs de couleur cachou.
On a exécuté à la planche, de 1833 à 1836, de très beaux articles de ce genre; mais, pour éviter toute inégalité dans les nuances d’une même pièce , il faut que les deux couleurs soient toujours imprimées et fixées dans la même journée.
Dans le mariage du bleu et du cachou , on a toujours soin de faire occuper plus d’espace au premier qu’au second.
De la combinaison du genre fond blanc impression cachou ,
§ 573, avec le genre fond blanc impression Vert di application solide , § 678.
§ 783. L’exécution de ce genre est absolument celle que nous venons d’exposer : seulement , la couleur bleue y est remplacée par une préparation de l’ordre de celles qui ont été décrites §678, p. 380
Le vert qui se lie au cachou du paragraphe précédent s’obtient ainsi qu’il suit :
A 10 kil. bleu foncé, § 782, on ajoute :
5 kil. eau de gomme, à 1 ou4k,25 par litre, selon la gravure, dans laquelle on fait dissoudre lk,25 nitrate plombique.
Le passage en bichromate produit ici le double effet de compléter la fixation du cachou et de transformer l’oxide plombique en chromate plombique , qui donne naissance au vert par son mélange avec le bleu.
Dans l’ association du cachou et du vert , c’est le premier qui doit prédominer, sans cependant trop charger le fond blanc; il ne doit intervenir que peu de vert : ainsi, en supposant qu’on fit usage du dessin de l’éch. 253 , la partie bleue devrait être en cachou , et celle du cachou en vert.
De la combinaison du genre fond blanc impression bleu ,
§ 557 à 560, avec celle du genre fond blanc impression ■ rouille, §578.
§ 78à. Ces deux couleurs s’associent avec beaucoup d’avantage et sans plus de difficultés que les précédentes.
On imprime à la machine à plusieurs couleurs , conjointement avec le bleu , un des rouilles H, § 578, épaissi à l’amidon ou à l’amidon grillé. On fixe à la chaux à la manière ordinaire, on expose à l’eau courante , et l’on passe ensuite en bichromate potassique, pour favoriser l’oxidation de l’oxide ferreux. Quelques fabricants remplacent ce passage en bichromate par un passage dans un bain très faible de chlorure de chaux , qui présente le double avantage d’oxider le fer et l’indigo ; mais il faut beaucoup de circonspection pour ne pas dégrader la nuance de ce dernier. En oxidant ainsi l’indigo , si l’on introduit un léger excès d’acétate plombique dans le rouille , on obtient une nuance plus veloutée en raison du suroxide plombique qui prend naissance par la double décomposition du chlorate.
On associe quelquefois les couleurs bleu , vert , cachou et rouille d’application solide pour exécuter des fonds blancs. Il y a six ou sept ans que la maison Haussmann imprimait à la machine à quatre couleurs des dessins composés tantôt d’une impression cachou foncé avec bleu et vert , tantôt d’une impression cachou foncé avec bleu , vert et rouille ; et au moyen d’une gravure légère et d’une gravure profonde , elle produisait du rouille clair et du rouille foncé , réalisant ainsi , par l’encadrement exact des quatre couleurs ci-dessus , six nuances bien distinctes.
De la combinaison des genres fonds blancs couleurs d' application ordinaires.
§ 785. Ce genre ne mérite pas de nous arrêter. Pour le former, le fabricant est libre de déposer sur la toile autant de couleurs que ses moyens d’impression le lui permettent , sans
19 h DE LA FABRICATION EN PARTICULIER,
s’inquiéter de leur fixation , sans se préoccuper d’autre chose que des rapplicages ou de la disparition des laques que pourrait occasionner un simple lavage à l’eau. Il en est même, heu- • reusement en petit nombre , qui comprennent assez peu les intérêts de leur industrie pour imprimer des couleurs que cette opération fait disparaître en totalité ou en partie. Dans ce cas , afin de ne pas délayer l’espèce d’encre qu’ils déposent sur la surface de l’étoffe, ils sont contraints d’apprêter celle-ci à l’envers.
De la combinaison des genres fonds blancs couleurs vapeur , § 72/i et suivants.
§ 786. Les neuf dixièmes des genres de cette espèce rentrent dans le groupe des fonds blancs ordinaires, qui ont pris la plus grande extension de nos jours, depuis qu’on imite, au moyen des couleurs vapeur, toutes les impressions bon teint.
Il y a longtemps que les fabricants anglais, et à leur tête la maison Thompson de Primerose , exécutent avec une rare perfection sur calicot les impressions vapeur. Nous allons mettre sous les yeux du lecteur des échantillons qui donneront une juste idée de l’état de ce genre de fabrication dans un pays où les moyens mécaniques sont en si grande faveur. C’était déjà beaucoup , sans doute , de pouvoir rendre les couleurs adhérentes aux toiles à l’aide de la vapeur, et de n’avoir plus qu’à laver et à apprêter le tissu pour le livrer à la consommation , mais ce n’était point assez pour le fabricant anglais , dont l’industrie soutient une lutte incessante avec tous les peuples du monde , il devait chercher à réduire autant que possible le prix de la main-d’œuvre, en empruntant à la mécanique toutes les ressources qu’elle peut fournir , et c’est par ses efforts persévérants dans ce but qu’il est parvenu à imprimer mécaniquement au rouleau sept ou huit couleurs* à la fois.
L’influence que cette découverte a produite chez nos voisins se fait en ce moment sentir chez nous, où, à l’heure qu’il est,
la plupart des établissements de toiles peintes possèdent au moins une machine à imprimer à trois ou quatre couleurs.
En supposant dans une telle machine toutes les qualités qu’elle doit avoir, une partie importante pour le succès de l’impression, puisqu’avec l’opération du vaporisage elle domine tout, c’est le mordançage proprement dit , qui consiste à déposer sur la toile la préparation qui , en y fixant le mieux les couleurs et en leur donnant le plus de vivacité , conserve aux parties qui doivent rester blanches leur pureté primitive. La supériorité des produits de quelques établissements ne dépend souvent que de ce mordançage.
Dans les uns, on imprègne les toiles de préparations d’étain, et l’on y imprime les diverses couleurs vapeur sans en altérer les parties blanches.
Dans d’autres , où l’on ne parvient pas à employer ces préparations métalliques avec le même succès , on les imbibe d’acétate aluminique ; et comme les couleurs vapeur n’acquièrent, pour la plupart, d’éclat et de solidité que par l’intervention des composés stannifères , en ajoutant à des bains de matière colorante épaissis des proportions convenables d’oxalate stanneux ou stannique , ou un mélange de ces deux sels , et même des tartrates doubles de ces bases , on donne aux laques , avec le degré de fixité qui leur est nécessaire , l’intensité et la vivacité que chacune d’elles doit posséder individuellement dans la composition du dessin. Il en est enfin dans lesquels, pour se dispenser de préparer les toiles , on introduit dans les couleurs des laques stannifères dissoutes au moyen d’acides végétaux.
Lorsqu’on prépare les toiles avec l’étain , on s’applique à y fixer l’hydrate stannique de manière à ne pas trop dénaturer le blanc , et à l’obtenir à peu près dans l’état de l’éch. 254. Alors on y imprime les couleurs dont se compose le dessin.
L’éch. 255 , qui vient de la maison Simpson , Langton et Young, de Manchester, a été imprimé à la machine à cinq couleurs , § 516. Les oranges au rocou le bleu (ss) et
Toile préparée à rétain.
suffi de faire varier la profondeur de cette gravure en creux pour obtenir les teintes faibles et fortes de toutes ces couleurs. 11 est à remarquer que sous le rouleau mille-points rouge on a réservé en blanc toutes les parties destinées à recevoir le bleu , le vert, l’orange foncé et l’orange clair.
vapeur imprimé à la machine à cinq couleurs pua* «les rouleaux gravés en creux.
L’éch. 256, qui provient de la même maison , a été imprimé
Genre vapeur imprimé à la macl&ine à sis couleurs, dont trois avec des rouleaux gravés en creux, et trois avec des rouleaux gravés en relief (métier à surface).
à la machine à six rouleaux , dont trois gravés en creux et trois en relief. On a appliqué avec les trois premiers le noir, le violet et le rouge foncé, avec les trois autres le rose, le vert et
Genre vapeur imprimé à la maeSiine à six couleurs, dont trois avec des rouleaux gravés en creux , et trois avec des rouleaux gravés en relief.
le jaune. Le vert, le rouge et le rose ne laissent rien à désirer. Les deux derniers imitent assez bien les rouges et roses qu’on obtient de la garance; ils paraîtraient encore avec plus d’avantage si le blanc de la toile n’avait un aspect sale qui réagit sur l’éclat des couleurs qui l’avoisinent.
Nous devons au même établissement l’éch. 257, imprimé , comme le précédent , en partie avec des rouleaux gravés en creux , en partie avec des rouleaux gravés en relief. Avec les premiers on a imprimé le noir ( 7®;) , le violet et le fin
rouge; avec les seconds , le vert, le rose et l’olive. Pour diminuer un peu le fâcheux effet que produit le blanc sale du fond , on l’a recouvert d’un sablé olive.
Dans l’éch. 258, qui provient de la maison Vilson et Barton,
Genre vapeur imprimé à Isa machine à cinq couleurs ,
dont trois avec des rouleaux gravés eu creux , et deux avec des roaaleaux gravés en relief.
de Manchester, le blanc de la toile est resté plus pur, sans doute parce que le tissu n’a pas subi le même mode de mordançage. On y a imprimé le noir (7»), le rouge (S) et le lilas (%$), avec des rouleaux gravés en creux , le jaune et le vert avec de s rouleaux gravés en relief. La fabrication de cet échantillon présente quelques difficultés qu’on n’a pas parfaitement sur-
montées : il aurait fallu donner au rouge , qui est recouvert de lilas , une consistance et une composition telles qu’il n’en pût être influencé : or, c’est ce qui n’a pas eu lieu d’une manière complète, car, sur plusieurs points de la pièce, le rouge laminé par le rouleau violet a donné lieu à des traînées de couleurs qui , en réagissant sur le lilas , ont produit une teinte bois.
La même maison a exécuté l’éch. 259. Des six couleurs qui
Cicmrc vapeur imprimé sa Isa machine à six couleurs ,
dont quatre par des rouleaux gravés eu creux , et deux par des rouleaux gravés en relief.
s’y trouvent, quatre, le noir (79) , le violet (9&) , le rouge (&) et l’orange (£&).., ont été imprimés avec des rouleaux gravés en creux ; et l’orange, qui forme mi-fond , a été appliqué sans rapport , car il couvre le noir, le violet et le rouge , qu’il ne modifie pas. Le vert et le jaune ont été imprimés au moyen de cylindres gravés en relief.
Durant l’année qui vient de s’écouler, on a exécuté en Angleterre et en France , aux machines à trois, quatre et un plus grand nombre de couleurs , §§ 511 et 516 , une foule de genres vapeur d’une grande beauté , en combinant d’une manière extrêmement heureuse :
Le puce , l’orange et le bleu ;
L’orange , le bleu, le puce et le lilas ;
L’orange, le vert, le rouge et le lilas ;
Le rouge grenat et le noir. Dans cet article , tantôt le rouge borde le noir, tantôt le noir borde le rouge dans des sujets que contournent des impressions fondu lilas ou vert.
Le rouge grenat qui figure dans ces deux derniers genres imite si bien celui qu’on réalise avec la garance , que , pour être fixé à cet égard , on est dans le cas d’en faire l’essai chimique.
L’article orange , puce et bleu de France a eu un immense succès ; il a été exécuté avec une grande perfection par la maison Bleck Steinbach , qui s’est surtout signalée par le choix des dessins et la vivacité des couleurs. M. J. Fries, auquel nous devons l’éch. 260, s’est aussi distingué dans cette fabrication par la beauté de son bleu. Pour que l’orange borde exactement le puce, on a soin de faire jouer le rôle de réserve à cette première couleur, en y faisant prédominer le chlorure stanneux ; mais comme en augmentant la dose de cet agent on s’expose à brûler la fibre de l’étoffe, on introduit dans la couleur une certaine quantité d’acétate plombique , ou bien, avant l’impression , on plaque les pièces dans l’acétate sodique.
et ptïee vapeur (genre «lit cochenille )
On imprime aussi à la main les genres vapeur;
Soit pour imiter les genres garancés correspondants : c’est . ainsi qu’on a exécuté les deux éch. 261, 262, qui ne sont
’ Fond blanc , Impression couleurs sapeur (rose skia cochenille ).
Fond hlanc. impression conteurs vapeur (rose an hois )
qu’une reproduction des genres enluminés Ion teint . Le rouge , dans l’éch. 261, est dû à la cochenille , § 725, dans l’éch. 262, au bois, § 72â ;
Soit parce que la nature du tissu , celle du dessin , le nombre et la quantité des couleurs à fixer, en font en quelque sorte une obligation , vu le rapplicage indispensable pour que la fibre soit imprégnée dans toutes ses parties. Ainsi c’est toujours à la main qu’on recouvre le velours de couleur , à moins qu’on n’ait
à sa disposition des presses d’une nature spéciale pour l’imprimer à la planche plate.
Après avoir étendu les pièces , on y applique un premier coup dé planche, qu’on doit presser légèrement , pour mouiller la fibre sans que la couleur bave sur les bords , et le second coup ; au contraire, doit être donné fortement , pour que deux ou trois rapplicages suffisent à faire pénétrer la couleur de part en part.
Dans l’éch. 263, on a imprimé un rouge au bois, § 724, et rentré le puce («8), et le bleu (S s).
^@3, Velours avec impression rouge, puce et bleu vapeur.
^$4, Velours avec impression noir, rouge et jaune vapeur.
Dans Tech. 264, on a imprimé le noir (99) , puis rentré le puce , le rouge (1) et le jaune- (Æ©),
Dans l’éch. 265, on a imprimé d’abord le noir , puis rentré le rouge , le puce, le jaune et le bleu.
Velours avec impression moir, rouge, puce, jaune e4 bleu vapeur.
Malgré l’épaisseur du velours , les couleurs le transpercent et paraissent à l’envers , ce qui n’a pu être obtenu pour les parties massives puces de l’éch. 263, que par un nombre suffisant de rapplicages , et surtout par une pression convenable employée à propos. Pour que l’impression des parties massives en général ne paraisse pas trop maigre, on ne peut être assez prodigue de couleur; on ne doit donc pas hésiter à donner le nombre de rapplicages nécessaire , et , à cet égard , l’habileté et l’expérience de l’ouvrier sont pour beaucoup dans le succès de çes opérations.
§ 787. Les impressions vapeur sur chaîne coton et laine pure se font au rouleau ou à la planche , mais plus généralement par cette dernière voie, surtout quand il s’agit d’imprimer successivement plusieurs nuances , parce qu’ alors on peut maintenir l’étoffe tendue sur une grande table, § 508 , p. 321 , jusqu’à ce quelle ait reçu toutes les couleurs dont se compose le dessin. Si l’on opérait autrement , le mouvement produit dans la fibre
par les variations de température et d’humidité ne tarderait pas à rendre l’impression incorrecte et les rapports impossibles.
On a imprimé en fondu au rouleau, par la méthode § 520, l’éch 266. Après avoir mordancé le tissu dans une solution de
Noir et lilas fondu au rouleau-
stannate sodique et l’avoir immédiatement fait passer dans un bain d’acide sulfurique , on l’a parfaitement cylindré à chaud , puis soumis à la machine à imprimer ; après l’impression , on a vaporisé , rincé , lavé et apprêté.
On a imprimé à la planche les deux éch. 267, 268.
/SS'f. Chaîne coton, impression orange et -violet fondus.
Dans l’éch. 267, on a appliqué d’abord la bande fondu violet avec blanc réservé par la gravure , puis on y a rentré immédiatement le ponceau et l’orange fondu.
Dans l’éch. 268, on a imprimé la bande vert fondu , chaîne
Chaîne coton , impression vert et violet fondus.
peut être considéré comme un modèle d’exécution.
coton , avec blanc réservé par la gravure, et l’on a rentré le violet foncé fondu lilas. Ces impressions se font également bien ii la perrotine.
L’éch. 269 est une impression laine, genre cachemire, et
Laine . impression genre cachemire.
Après avoir bien tendu l’étoffe sur une table, § 502, on y successivement imprimé les diverses couleurs dont se compose le dessin ; mais les traits de celui-ci sont tellement déliés dans quelques parties , que l’on a dû se servir de clichés pour les produire. Il est digne de remarque que, malgré l’application des nombreuses couleurs qui recouvrent cet échantillon , le vaporisage n’en ait pas provoqué la fusion , et que les filets blancs qui forment les contours de plusieurs sujets soient si parfaitement respectés.
Ce dessin, exécuté dans l’établissement de M. D. Kœchlin Schouc , figurait à l’exposition des produits de l’industrie en 18M , et ce n’est pas sans raison qu’il a été signalé comme un modèle de la perfection de l’impression à la main en France.
Nous avons dit, § 738, que l’affinité de la laine pour les matières colorantes dispense le fabricant de faire subir aux étoffes formées de cette fibre une préparation préalable ( mordançage) ; néanmoins, comme une telle opération , à laquelle il est indispensable de soumettre les tissus chaîne coton , donne à certaines couleurs plus de vivacité et d’adhérence , quelques fabricants n’hésitent pas à mordanoer préalablement les laines pures dans un bain de stannate alcalin , qui , en donnant à la fibre plus d’aptitude à s’unir aux principes colorants , lui communique une souplesse que l’action des acides lui enlève en grande partie.
§ 788. On imprime particulièrement sur les étoffes de soie , vu leur légèreté , des dessins genres fonds blancs de l’espèce de ceux qu’on retrouve sur les étoffes de printemps, mousseline, jaconas, calicot fin, etc. Cette impression se fait à la planche ou au rouleau; dans l’un et l’autre cas, il importe que le tissu soit maintenu en parfaite tension , de manière à ne former ni plis ni poches ; que les couleurs soient plus épaisses que celles qu’on imprime sur calicot, et , en outre , quand on emploie une gravure en creux , que celle-ci soit plus profonde.
On a obtenu l’échantillon 270 en imprimant au rouleau
d’abord le violet rayure , ensuite le ponceau , dessin petit pois.
Soie . impression violet et ponceau vapeur.
Dans l’échantillon 271 , on a imprimé en premier lieu le fond bois , puis le dessin ramage puce ou violet foncé.
Soie 9 impression bols et violet vapeur.
Dans l’échantillon 27*2, après avoir imprimé à la planche le fond vert, blanc réservé pour la gravure , on y a rentré le dessin amarante.
Nous regrettons de ne pouvoir mettre sous les yeux du lec-