Soie, ÎBSipft’esstofia vert et amarante vapeisr
teur des échantillons, de tous les beaux et riches dessins qu’on exécute sur soie.
FONDS BLANCS COMPOSES FORMES DE COULEURS FIXEES A DES CON¬ DITIONS DIVERSES (OU FONDS BLANCS GARANCES ENLUMINES ] .
§ 789. Ce genre, le plus varié de tous, est, avec le genre fond bleu, le plus anciennement connu en Europe. Il fut créé en imitation des étoffes genre perse qu’on retire de l’Inde.
Dans le principe , on imprimait des dessins ordinairement fleurs de fantaisie , en mordants noir , puce , violet , rouge et rose , on teignait en garance , et l’on exposait sur le pré , tant pour aviver les couleurs que pour blanchir le fond sali par la teinture. Ce double résultat obtenu , on procédait à Xenluminage des dessins par les moyens usités pour colorer les cartes, gravures, etc., c’est-à-dire qu’on livrait les tissus garancés aux pinceauteuses , qui y déposaient le bleu de pinceau, § 555, la première et la seule couleur dont on se soit servi pendant longtemps. Plus tard, on associa à ce bleu le jaune rouille qu’on obtient d’une dissolution de fer dans le vinaigre. La superposition du bleu et du rouille sur le rose et le vert permettait déjà
au fabricant d’exécuter des genres à effet ; la découverte d’un jaune d’application à la graine de Perse vint augmenter ses ressources, et en mettant à sa disposition les trois couleurs primitives , lui fournit le moyen de mettre plus d’harmonie dans ses dessins. L’introduction delà gaude, puis du quercitron, dans les ateliers de toiles peintes lui offrit bientôt de nouvelles couleurs d’enluminage.
Après avoir constaté que les nuances garancées ne sont que faiblement attaquées par la teinture en bain jaune lorsqu’elles ont été convenablement avivées , on rentra dans les dessins qu’on en formait en couvrant ou non le rouge et le violet, des mordants , qu’on passait alors dans un bain de gaude ou de quercitron , et l’on vit paraître ces dessins meubles dans lesquels toutes les couleurs sont mises à profit, le rouge , le rose , le violet , le puce garancés, le jaune , l’olive, la feuille morte , l’orange et le bois, ces nuances enfin qu’engendre la teinture dans un bain jaune , d’un mordant simple ou composé, déposé sur des parties blanches ou déjà teintes en violet ou en rouge garancé. L’application du bleu de pinceau sur ces diverses couleurs complétait l’ensemble en produisant du bleu sur le blanc, du vert sur le jaune, du violet évêque sur le rouge , etc.
Si , pendant près de trente ans , cette fabrication resta stationnaire au point de vue de la composition chimique des couleurs, du moins en perfectionna-t-on l’exécution : la rentrure de toutes les teintes d’enluminage , qui se faisait d’abord presque exclusivement au pinceau, finit par avoir lieu à la planche ; l’impression des mordants, qui , dans le principe, ne s’opérait qu’à la planche, s’effectua bientôt à la planche plate et au rouleau, à mesure que ces machines furent introduites dans les ateliers. Mais la découverte de couleurs d ' enluminage , d’une application et d’une fixation faciles , celle du. jaune de chrome , du bleu et du vert d application solides , du cachou , des couleurs vapeur , enfin celle des machines à imprimer plusieurs couleurs à la fois, donnèrent une nouvelle vogue à ce genre , qui n’était plus gé-
néralement fabriqué que pour des étoffes de tentures (meubles).
Dès 1765, époque où l’on commença à utiliser la gaude dans les fabriques d’indienne , on imprimait des mordants d’alumine de fer en dessins fonds blancs. Sur les échantillons fabriqués alors , on retrouve des sujets chinois et des marines enluminés au bleu de pinceau , qui recouvre toutes les parties jaunes qu’on a voulu transformer en vert.
D’après l’exposé des phases de cette fabrication , on voit quelle se compose de couleurs obtenues de la garance dans lesquelles on rentre tantôt des couleurs d ’enluminage plus ou moins solides, telles que le bleu d’application solide, le bleu de Prusse, le rouille, le jaune de chrome, le jaune d’application ou lej aune vapeur, le vert de chrome, d’application ou vapeur, le cachou ou une couleur bois d’application ou vapeur, etc., tantôt des couleurs obtenues également par teinture, mais de matières colorantes plus faibles que celle de la garance , et par conséquent incapables de la déplacer.
DES GENRES FONDS BLANCS GARANCES AVEC ENLUMINAGE COULEURS D’APPLICATION OU AUTRES.
§ 790. On exécute cette fabrication au rouleau , à la perrotine et à la planche ; mais selon que les couleurs d’enluminage peuvent ou non subir les opérations du fixage des mordants , de la teinture en garance et de l’avivage , l’impression s’en fait ou en même tem|! s que celle des mordants des couleurs garancées, et alors l’exécution est beaucoup plus correcte , ou après que ces mordants ont subi les opérations du garançage et de l’avivage, et, dans ce cas, leur application présente, au point de vue de la netteté , de grandes difficultés provenant de ce que la fibre de l’étoffe, qui est plus ou moins contractée ou étendue dans un sens que dans un autre, rend pour ainsi dire impossible la régularité des rapports.
Le moyen d imprimer immédiatement les diverses couleurs d’enluminage solides avec celles qui supportent l’opération du
garançage et de l’avivage, est une découverte de ces dernières années, et qui n’est encore appliquée avec succès que par un petit nombre de fabricants ; nous le ferons connaître après avoir exposé les anciens procédés.
Des genres fonds blancs garances dans lesquels on fait succéder T application des couleurs d' enluminage à celle des couleurs garancées.
§ 791. La fabrication de ces genres se compose : 1° de celle du gqnre fond blanc , impression noir, violet et rouge garancés ,
éch. 119,122, 131,134, 13j8, 137, 138,141, 142, §§ 626 à 643 ; 2° .de celle du vert d’application solide , échantillon 185 , § 678.
On imprime à la machine à deux ou quatre couleurs, ou à la perrotine ou à la planche, ou même à la planche plate, des mordants pour fin rouge, second rouge , rose , noir , violet , lilas et puce, que l’on teint ensuite et que l’on avive avec toutes les > précautions indiquées § 643 ; alors , quand le tissu, parfaitement blanchi, se trouve dans l’état de l’échantillon 141, on passe à la seconde partie de la fabrication , c’est-à-dire à l’impression, puis à la fixation des couleurs d'enluminage dites solides, qui sont le bleu, § 557, le vert de chrome, § 582, le cachou, § 573, le rouille, § 578, et le jaune de chrome , § 600 , toutes celles enfin qui figurent dans l’échantillon 276 (voyez ce cas de fabrication , et dans cette opération, selon le mode de fixage adopté pour le bleu , et selon la composition du cachou que l’on emploie, ou l’on imprime toutes ces couleurs simultanément, ou on les fait arriver successivement dans un certain ordre sur l’étoffe. Pour comprendre ces différences d’exécution, il suffit de se rappeler :
1 0 Que les bleus d’application solides ne se fixent au tissu que moyennant des passages dans un bain de carbonate sodique ou de chaux hydratée , et que cette dernière base ternit toujours plus ou moins les rouges et les violets garancés;
2° Que ces bleus , qui doivent se fixer promptement , pour que
l'indigo réduit ne s’oxide pas avant d’avoir été rendu soluble et apte à se combiner à la fibre , réclament un traitement tout différent de celui auquel on soumet le cachou pur, qui , comme nous l’avons vu , se fixe d’autant mieux au tissu qu’on l’y abandonne plus longtemps à lui-même;
3° Que l’oxide plombique , base d’un jaune de chrome, est toujours plus ou moins attaqué par les alcalis, et qu’il est dès lors indispensable de savoir concilier les moyens de le fixer avec ceux qu’on emploie pour combiner à l’étoffe les autres couleurs, ou de ne l’appliquer qu’isolément.
Pour prévenir lés fâcheux effets de la chaux dans le fixage, on se sert quelquefois , pour réserver les parties garancées , d’une certaine quantité de colle de farine. On s’affranchit de cette dépense , soit en remplaçant , quand la chose est possible , la chaux par le carbonate sodique , qui exerce une action moins funeste sur l’étoffe , soit en sursaturant de savon les couleurs garancées , pour les rendre moins sensibles à l’action de cette base, et pouvoir, quand elles en ont été attaquées , les raviver par un léger passage en acide.
L’échantillon 273 nous présente un premier exemple de cette
£9 3. Fond blanc garance avec enluminage vert solide.
fabrication. On y a
1° Imprimé à la planche le dessin picotage en mordant violet foncé;
2° Rentré le fin rouge n° 1 1 , § 639 ;
3° Rentré le troisième rouge ou petit rouge n° 4.
Après une exposition de deux ou trois jours, on a procédé au bousage ou fixage des mordants dans la cuve à roulettes, fig. 1/tO , à la température de 55° , dégorgé et nettoyé aux roues à laver, et teint.
On a effectué le garançage dans la cuve, fig. 1/rl, avec 15 kil. de garance pour 10 pièces, et la quantité d’eau nécessaire , à laquelle on a ajouté 150 gr. carbonate potassique, en opérant en une seule fois , dans l’espace de trois heures , et en élevant progressivement la température :
Durant la première heure , de 35 à 40°,
Durant la deuxième, de 45 à 55°,
Durant la troisième, de 55 à 65°.
On a ensuite rincé et dégorgé les pièces avec soin dans les roues à laver, § M5, et on leur a fait subir :
1° Un premier passage, à la température de 50°, dans un bain de savon formé à raison de 4 25 gr. de savon par pièce;
2° Un deuxième passage dans un bain de chlorure de soude faible, à la température de 42°;
3° Un troisième passage dans un bain de savon semblable au premier, mais porté cette fois à la température de 75°;
4° Un quatrième bain d’avivage au mtro-muriate d’éta'n ;
5° Un cinquième bain de savon semblable aux précédents, chauffé à 75°;
6° Enfin une exposition d’un ou deux jours sur le pré , pour compléter l’avivage des couleurs et purifier parfaitement le blanc.
A la suite de tous ces traitements , après avoir convenablement .étiré l’étoffe, à l’effet d’assurer autant que possible la régularité des rapports , on y a imprimé un vert qui a beaucoup d’analogie avec ceux que nous avons décrits § 678, p. 380, et qui se compose ainsi qu’il suit :
Dans 10 lit. d’eau de gomme, à !k,350 par litre, on fait dissoudre:
4k,250 acétate plombique; on y délaie ensuite 4k,250 mélasse ,
21/i DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.
5 kil. précipité d’indigo en pâte , et l’on ajoute au tout 0k,885 chlorure stanneux,
0k,885 chloride hydrique.
La réaction du chlorure stanneux et du chloride hydrique sur l’acétate donne naissance au chlorure plombique , qui, étant peu soluble , forme une espèce de mastic et rend ainsi la couleur moins sujette à couler.
On compose encore des verts pour l’enluminage des garancés, au moyen du sulfate plombique : ain^i :
Dans 10 lit. eau de gomme on délaie:
1k,250 chlorure stanneux ,
5 kil. précipité d'indigo en pâte,
5 kil. sulfate plombique obtenu par double décomposition.
Le vert ci-après est beaucoup plus économique :
Dans 10 kil. empois d’amidon, à raison de 185 gr. amidon par litre d’eau, on incorpore :
1k,25 précipité d’indigo en pâte ,
4k, 950 chlorure stanneux ,
1k,250 sulfate plombique.
Un quart d’heure après l’impression de ce dernier vert, on le fixe en faisant passer les pièces dans la cuve à roulettes remplie d’eau de chaux portée à la température de 25 à 30° , et en en réglant le mouvement de manière qu’elles séjournent deux minutes environ dans ce bain alcalin. Lorsqu’elles en sortent , on les fait entrer dans un autre bain , composé d’une solution de sulfate sodique , et de là dans une autre cuve à roulettes plus petite et contenant une solution légère de cbromate potassique , qui a pour effet de fixer le plomb et de prévenir le coulage. On expose alors à la rivière pour oxider l’indigo réduit, et l’on teint dans une dissolution de bichromate potassique, pour obtenir le vert. On est quelquefois obligé de passer le tissu , lorsqu’il sort du dernier bain, dans une solution très faible de chloride hydrique, pour nettoyer le blanc et aviver le vert ; mais il faut procéder à cette opération avec la plus grande prudence , car si le chloride hydrique se trouvait en trop forte proportion , il
réagirait sur le chromate plombique , et , en détruisant l’acide chromique, donnerait naissance au chlore , qui décolore l’indigo. L’échantillon 274 est de même fabrication que le précédent,
994. Fond blanc garancé avec enlumina ge bleu et vert solide.
avec cette différence que le vertd’enluminage y est accompagné de bleu. Dans l’un comme dans l’autre on a imprimé le mordant violet, puis les mordants fin rouge , troisième ou petit rouge et lilas, bousé , dégorgé , rincé, teint en garance, avivé (il est facile de voir que les couleurs garancées ont reçu un avivage trop brusque et en sont fatiguées), et le blanc revenu à sa pureté primitive, procédé à l’impression des couleurs d’enluminage , en y rentrant :
\ ° Le vert ci-dessus au sulfate plombique ,
2° Un bleu formé de \ 0 lit. eau de gomme dans laquelle on a délayé
5 kil. précipité d’indigo,
4k,760 chlorure stanneux ,
2k,500 mélasse.
Le jour même de l’impression, on a passé les pièces d’abord dans un baquet plein de chaux en bouillie , puis dans une cuve d’eau de chaux claire. On les a pendues ensuite à l’eau courante durant vingt à vingt-cinq minutes , à l’effet d’oxider l’indigo (déverdir), puis, teintes dans un bain de bichromate potas-
sique , pour transformer l’oxide plombique en chromate plombique et former le vert. On remplace très souvent dans ce genre, par des raisons d’économie , les couleurs d’enluminage solides par des couleurs vapeur, ainsi que nous allons le voir.
Même genre que le précédent, mais avec couleurs d’ enluminage fixées à la vapeur.
§ 792 Pour imprimer l’échantillon 275 , on s’est servi des
& 9 5 . Fond blanc garancé avec enluminage bleu et vert vapeur.
mêmes planches que pour le précédent ; les couleurs garancées sont les mêmes, mais le vert et le bleu sont des couleurs vapeur ; on a imprimé le vert vapeur (4-Æ) et le bleu vapeur [(90) vaporisé à la colonne durant trente minutes , puis exposé à l’eau courante.
Un des inconvénients qui peut se présenter dans cette fabrication est le rapplicage des figures garancées sur les parties blanches du fond, qui, si l’on ne sait prendre certaines précautions , y occasionne des taches qu’aucun agent ne peut faire disparaître. Une expérience qu’a faite M. D. Kœchlin pour découvrir la cause de ce rapplicage est concluante et fait en même temps connaître le seul moyen de les éviter. Ce célèbre fabricant , ayant recouvert un tissu imprimé genre fond blanc
garancë d’une toile blanche et soumis ces toiles au vaporisage, une première fois en faisant agir sur eux seulement la vapeur d’eau, une seconde fois en associant à cette même vapeur un acide libre, constata que, dans le premier cas, les couleurs garancées et le blanc étaient restés intacts, tandis que, dans le second, la matière colorante, déplacée par l’acide, s’était volatilisée pour se rappliquer sur la surface blanche qui lui était opposée, au point d’y donner une épreuve exacte du dessin. La conséquence à tirer de cette importante observation , c’est que toutes les fois qu’on imprime des couleurs d’enluminage pour les fixer à la vapeur sur dés étoffes où se trouvent déjà fixées des couleurs garancées , il faut avoir soin de composer les premières de manière à prévenir toute émanation acide, ou d’employer les doubliers , pour intercepter tout contact direct des surfaces de la toile.
§ 793. L’échantillon 276 ne diffère de ceux qui précèdent
Sîft. Fond blanc garance avec cnliiminage cachou, bleu, jaune et vert solides.
que par le cachou et le jaune qui y figurent en plus. On a imprimé à la perrotine :
4° Le noir,
2° Le violet ,
3° Le fin rouge ,
et l’on a rentré ensuite à la planche le rose et le lilas.
Après le fixage des mordants on a bousé , rincé , dégorgé, teint , avivé , comme il a été dit page 213, puis procédé à l’application des couleurs d’enluminage solides, cachou, bleu, jaune et vert.
Il y a pour cette fabrication deux marches à suivre : l’une , la plus longue et la moins correcte , consiste à imprimer d’abord un cachou, § 569, et à le fixer ensuite par un ou deux vaporisages de 29 à 30 minutes, pour y rentrer le bleu et le vert solides, et enfin le jaune, qu’on passe immédiatement à la chaux , en observant tout ce que nous avons dit à l’occasion de l’application du bleu et du vert solides pris isolément.
Par l’autre, que ne suit qu’un petit nombre de fabricants , on imprime d’abord une préparation de cachou qui , n’exigeant ni repos ni vaporisage pour se combiner au tissu, peut y être fixée en même temps que le jaune, le vert et le bleu , par un simple passage des pièces dans un. lait de chaux, qui détermine l’adhérence de toutes ces couleurs , même du jaune , puisque, dans cette circonstance , le sulfate plombique décomposé s’unit à l’étoffe. A leur sortie de ce bain, on expose les pièces à l’eau courante , afin d’oxider l’indigo réduit ; on teint en chromate potassique , qui développe du jaune où il n’y a que de l’oxide plombique, du vert où ce même oxide se trouve mélangé au bleu, et enfin on achève l’oxidation du bleu et du cachou.
L’échantillon 276, outre qu’il nous donne un beau spécimen des produits de la maison Dollfus Mieg , nous fait voir à quel point ces fabricants ont poussé l’art de graver au cliché et d’imprimer à la perrotine. On a peine à croire que ces impressions aient été exécutées à l’aide d’une gravure en relief, § 493, p. 258.
Même genre que le précèdent , mais avec couleurs d' enluminage fixées à la vapeur.
§ 794. Nous mettons ici en opposition un échantillon 277 du même dessin, mais où les couleurs d’enluminage solides cachou, § 573, bleu , § 559, vert , § 678, et jaune, § 599, sont remplacées par les mêmes nuances vapeur.
999. Fond blanc garance avec cnlnminage cachou , jaune , bleu et vert vapeur.
Après avoir avivé les couleurs garancées, on a successivement rentré à la main un cachou vapeur, § 735, un jaune, § 727, un bleu , § 730, et un vert, § 732. On a vaporisé à deux reprises durant 20 minutes, puis exposé à l’eau courante, pour oxiderles couleurs. jOn peut aussi, à cet effet, surtout pour le cachou, passer dans un bain de chromate potassique ; mais alors le blanc est rarement aussi pur.
La fabrication de l’échantillon 278 rentre dans celle qui nous occupe, bien qu’elle en paraisse asse^ éloignée. On a imprimé d’abord en mordant de fer le filet noir qui borde la colonne dentelle; en second lieu, le mordant fin rouge et le mordant rose, puis, après avoir bousé, teint en garance et avivé, on a rentré la colonne fondu bois et gris américain, le vert vapeur (53), le jaune (20), et la colonne fondu violet vapeur , avec dessin blanc réservé par la gravure. On a vaporisé alors durant 25 à 30 minutes, exposé à l’eau courante, rincé et apprêté.
En multipliant les exemples, nous n’aurions jamais que la même marche à exposer ; le nombre seul des couleurs pourrait changer : ainsi , parmi celles qui sont solides , on pourrait rencontrer deux bleus , un bleu foncé et un bleu tendre , un vert solide , le cachou à deux nuances , le rouille à deux nuances ,
Fond blane garance avec cnluminage couleurs vapeur.
le rouille foncé et le rouille clair ou chamois. Quant aux couleurs d’application ou vapeur, le fabricant est libre de les accumuler en aussi grand nombre qu’il lui plaît.
Des fabrications de cette espèce, la plus difficile est sans contredit celle du genre meuble riche , dont nous donnons ici un échantillon , 279, que nous devons à l’obligeance de M. Gustave Schwartz , de la maison Schlumberger Kœchlin. Pour cet article, dans lequel l’impression et la fixation des couleurs garancées, qui doivent toujours être vives et nourries, appellent avant tout son attention, le fabricant a le plus grand intérêt à ne pas annuler, par des opérations d’enluminage mal coordonnées , les résultats qu’il a d’abord obtenus.
Nous trouvons dans cet échantillon un puce foncé faisant office de noir, trois rouges , deux violets , un bleu , un vert, un jaune, un orange, un bois ou olive. De ces diverses couleurs, quatre sont le produit de la superposition de couleurs élémentaires : le vert de celle du jaune sur le bleu, l’orange de celle du jaune sur le rose, le bois ou olive de celle du jaune sur le violet et le lilas, l’évêque de celle du bleu sur le rouge.
Fond blanc garance enluminé (meuble riche).
Pour exécuter cet article, on a imprimé :
1° Un mordant puce foncé , qu’on préfère toujours dans ces articles au mordant de fer pur, attendu que le noir conserve difficilement son intensité et sa force durant les opérations par lesquelles on est obligé de faire passer l’étoffe pour aviver les autres couleurs garancées ,
2° Le fin rouge n° 1 , épaissi à l’amidon , § 639 ;
3° Le deuxième rouge n° 3, épaissi aussi à l’amidon ;
4° Le troisième rouge n° 4 , ou rose , épaissi à l’amidon grillé ;
5° Un violet foncé n° 1 , épaissi à l’amidon ;
6° Un lilas épaissi à la gomme.
C’est ici surtout le cas de prendre en considération ce qui a été dit, §643, p , 300, sur l’intervalle à mettre entre l’impression de chaque mordant, pour qu’il s’oxide et se fixe à l’étoffe. De plus , pour prévenir la fusion des couleurs , on ne doit appliquer que légèrement les plus tendres , dont on recouvre toujours plus ou moins les plus foncées : autrement , si l’acétate du mordant foncé n’est pas bien décomposé, le choc le fera pénétrer dans la fibre , et il en résulter aun mélange de deux mordants. Cependant, comme il est indispensable que le mordant faible pénètre l’étoffe pour que les nuances tendres conservent encore assez de force après l’avivage , on le fait ordinairement rappliquer par un second coup de planche qui force la première couche à imbiber la fibre (voyez Couleurs conversion).
Après l’impression de tous les mordants, on a bousé une première fois dans la cuve à roulettes, à la température de 65°, rincé et parfaitement dégorgé , puis procédé à un second bousagedans la cuve à teindre, à la même température, rincé et dégorgé avec le plus grand soin aux roues, § 445, en y laissant les pièces moins longtemps renfermées qu’à l’ordinaire , quitte à les y remettre à plusieurs reprises après les avoir rincées chaque fois qu’on les en retire.
Le garançage se fait en une ou deux fois, selon la quantité de mordant qui se trouve sur l’étoffe, § 5Zil, p. 514. On emploie de la garance d’Avignon, belle qualité, dans la proportion de 4 à 8 kil. par pièce de 60 à 65 mètr., selon le dessin. On ajoute à cha-
que garançage environ O1, 6 de solution alcaline, à 150^dB. Cette solution est une lessive de potasse caustique , quand on teint avec des eaux calcaires , comme celles du Jura , de Rouen , et simplement de carbonate potassique, lorsqu’on opère avec des eaux semblables à celles de nos contrées. Quand on garance en deux fois, on donne le premier garançage en deux heures et demie avec la moitié de la garance et la quantité de lessive indiquée ci-dessus, en élevant progressivement la température dans l’espace de deux heures, de 3 h à 65°, et en maintenant le bain à ce degré pendant une demi-heure. On effectue le second garançage de la même manière que le premier et avec addition d’alcali ; mais le fabricant intelligent doit apprécier à l’œil , d’après le premier garançage, si, pour cette seconde teinture, il doit employer la seconde moitié de garance qu'il avait réservée ou une plus petite partie seulement. L’opération doit durer environ deux heures et demie ; on la commence à la température de 35°, pour monter progressivement , dans l’espace de deux heures, jusqu’à 75° , où l’on doit rester une demi-heure.
Quand le garançage se fait en une seule fois , la teinture , a lieu en trois heures et se termine à la température de 75°.
Après la teinture , on rince et l’on dégorge jusqu’à ce que l’eau s’écoule parfaitement limpide des pièces exprimées , auxquelles on fait subir alors :
\° Un premier passage en savon, à la température de 55 à 60°, durant trois quarts d’heure, dans un bain contenant, avec la quantité d'eau nécessaire , des proportions de savon qui varient selon la quantité et l’intensité des couleurs qu’il s’agit d’aviver, et aussi selon les habitudes du fabricant. Celte quantité est d’environ 4 kil. pour dix pièces; mais nous connaissons des fabricants qui vont beaucoup plus loin , dans le seul but de bien saturer de corps gras les couleurs garancées.
21° Une exposition de trois jours sur le pré, durant laquelle le corps gras, en s’oxidant, développe un acide qui fait virer le rouge au jaune et le violet au gris. Il est essentiel de suivre ces modifications , afin d’enlever les toiles aussitôt
que le violet commence à être attaqué , c’est-à-dire à virer au gris, et le rose à l’orange.
3° Un deuxième passage en savon semblable au premier et suivi d’une exposition de deux jours sdr le pré.
4° Un troisième passage en savon comme les précédents , mais d’une demi-heure seulement.
Quand on opère avec des eaux calcaires , il faut de toute nécessité corriger l’eau par une addition de lessive ou augmenter considérablement la proportion du savon.
Au lieu de ce procédé d’avivage, qui est long, mais qui fournit d’excellents résultats quand il est appliqué avec intelligence, on peut suivre celui que nous avons décrit § 643, p. 306, et que le concours des acides rend beaucoup plus expéditif. On ne doit pas perdre de vue que l’empoi du savon dans cette fabrication a moins encore pour objet de blanchir le fond que de fournir à la laque de garance la quantité de corps gras qui lui est indispensable pour constituer des rouges , des roses , des violets vifs , corsés , comme ceux des échantillons 129, 132, 141, 120. 121, 122, et capables de résister aux opérations subséquentes.
Après avoir avivé les couleurs garancées et ramené les parties blanches du tissu à leur pureté primitive, on a procédé à l’application des couleurs d’enluminage, en commençant parcelle d’un des bleus solides, §§ 557 à 560, dont la fixation s’effectue par un simple passage en carbonate potassique ou sodique , composés alcalins qui n’attaquent pas les couleurs avec autant d’énergie que la chaux.
On peut employer dans ce cas une espèce de bleu de pinceau qu’on prépara d’abord en Angleterre et qu’on obtient en faisant chauffer, à la température de 80 à 85° :
1 0 lit. de dissolution de soude caustique, § ] 1 4, à 1 2° À B, 0k,550 sulfide hypo -arsénieux (arsenic rouge),
2i, 5 indigo broyé , à raison de 250 gr. indigo par litre d’eau.
Lorsque la réduction de l’indigo est opérée , on laisse refroidir et déposer la liqueur, pour la décanter ensuite.
A 10 litres de cette décoction on ajoute:
2k,240 acide tartrique,
0k,640 chlorure stanneux , et l’on épaissit avec 3k,125 amidon grillé.
On ne nuit point à la couleur en remplaçant une partie de l’acide tartrique par une proportion équivalente d’acide acétique.
Aussitôt après l’impression , on passe les pièces dans une petite cuve à roulettes qui contient une solution de carbonate potassique ou sodique d’au moins 10° AB , et plus forte , si l’on peut, d’après les raisons exposées § 556, p. 71, en réglant la vitesse de leur mouvement et la température du bain de manière à obtenir une prompte désoxidation de l’indigo sans coulage ; puis , lorsqu’elles sortent de cette cuve , dans un baquet où l’on procède à leur lavage , en conservant l’eau qui en provient, pour remonter, avec l’addition d’une proportion convenable d’alcali, la cuve au fixage , et enfin , après les avoir exposées à l’eau courante , dans un bain très faible de chlorure de soude , pour oxider l’indigo , puis dans un bain de son , pour les dégorger.
Pour imprimer le bleu de l’échantillon 279, on a employé une planche d’une dimension telle qu’on a pu déposer cette couleur , non seulement sur toutes les parties qui devaient rester bleues, mais encore
\ 0 àur certaines parties rouges avec lesquelles le bleu a formé une nuance évêque ,
2° Sur toutes les parties destinées à devenir vertes par la superposition du jaune.
Quant au puce, ce bleu ne l’a point altéré, quoiqu’il l’ait touché sur une infinité de points.
Une fois le bleu solide fixé et les pièces convenablement étirées , pour qu’on puisse rentrer sans ces irrégularités que l’on remarque dans l’échantillon 279, on procède à l’impression d’un jaune à la graine , vapeur ou d’application, mais , dans tous les cas , d’une composition telle qu’il attaque le violet et le rouge qu’il recouvre, pour les transformer, le premier en une nuance bois olivâtre , le second en une nuance orangée. Il n’y a rien à
dire du vert, quon obtient toujours sans difficulté par la superposition d’un jaune quelconque sur le bleu; ces divers traitements étant achevés , on lave , on dessèche , on apprête et on lustre [voyez cette opération ).
Pour les genres meubles à grands effets, on imprime des mordants jaune et olive , que l’on teint ensuite en quercitron à une basse température, en ajoutant au bain une assez forte proportion de colle, pour prévenir l’altération du blanc. Lorsque les couleurs garancées sont parfaitement saturées de garance et de corps gras, elles subissent parfaitement cette teinture; mais comme , dans le cas contraire , les violets , en se ternissant , et les roses , en prenant une teinte orangée , font disparaître en grande partie l’harmonie du dessin , on comprend l’importance d’apporter à l’opération du garançage qui précède et de l’avivage les plus grands soins. Du reste , nous aurons occasion de revenir à cette fabrication, qui rentre dans les genres soubassement.
Lorsque le puce ou le noir doit dominer dans le dessin , on l’imprime et on le teint préalablement , pour y rentrer ensuite les mordants rouge, rose et rouille ; cette fabrication se confond alors avec celle des .genres fonds noirs enluminés riches dont nous nous occuperons plus loin ; les irrégularités que l’on remarque dans les rentrures rouge, rose et lilas des bandes puce de l’éch. 279, nous portent à penser que c’est ce dernier mode de fabrication qu’on a suivi pour l'obtenir.
Des genres fonds blancs enlumines avec couleurs d' enluminage déposées et fixées cuvant le garançage.
§ 795. Des couleurs d enluminage solides, le rouille et l’oxide chromique ne peuvent s’employer dans le cas particulier d’exécution qui nous occupe, par la raison que ces couleurs métalliques , faisant fonction de mordants , ne peuvent être déposées sur une étoffe en même temps que les autres oxides qui doivent être teints en garance , sans attirer comme eux cette matière colorante et passer au lilas, au violet ou au noir, à moins
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qu’on ne leur donne des qualités réservantes capables de les. faire résistera toutes les opérations de la teinture et de l’avivage.. Des autres , le cachou peut sans difficulté être imprimé comme les mordants destinés à fixer la matière colorante d’uri bain degarance ; car, pouvant devenir adhérent à l’étoffe dans des conditions sensiblement analogues à celles où ces mordants mêmes s’y unissent , et n’attirant d’ailleurs que peu ou faiblement a lateinture , on conçoit son association à toutes les nuances qu’engendre cette rubiacée. Toutefois, comme ü se dégrade ou du moins perd de sa vivacité par les opérations de l’aviyage , on le fait plus volontiers intervenir dans les teintures en garancine que dans celles en garance..
L’échantillon 280 nous fournit un spécimen de cette espèce
^§0. Fond blanc, impression rouge , pncc et cachou*
de fabrication, qu’on exécute ordinairement à la machine trois à ou à quatre couleurs, pour obtenir plus de netteté et de régularité dans les rapports. Le rouge, le puce et leçachpu qui s’y trou? vent constituent un genre composé , formé de la réunion des trois genres simples, fond blanc, impression cachou (éch. 71), fond blanc , impression rouge , éch. 128, et fond blanc, impression puce, éch. 188. Après avoir donné à ces couleurs le degré, de viscosité que réclamait la gravure et fait choix d’un cachou
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qu’on ne leur donne des qualités réservantes capables de les. faire résistera toutes les opérations delà teinture etde l’avivage,. Des antres , le cachou peut sans difficulté être imprimé comme les mordants destinés à fixer la matière colorante d’un bain degarance; car, pouvant devenir adhérent à l’étoffe dans des conditions sensiblement analogues à celles où ces mordants mêmes s’y unissent , et n’attirant d’ailleurs que peu ou faiblement à la teinture , on conçoit son association à toutes les nuances qu'engendre cette rubiacée, Toutefois} comme ü se dégrade ou du moins perd de sa vivacité par les opérations de l’avivage , on le fait plus volontiers intervenir dans les teintures en garancine que dans celles en garance,
D’échantillon 280 nous fournit un spécimen de cette espèce
S 80. Fond blanc, impression rouge , pucc et cachou.
de fabrication, qu’on exécute ordinairement à la machine trois à ou à quatre couleurs, pourpbtepir plus de netteté et de régularité dans les rapports. Le rouge, Je puce et le 'cachou qui s’y trop.* vent constituent un genre composé , formé de la réunion des trois genres simples, fond blanc, impression cachou (écfi. 71), fond blanc , impression rouge , éch. 128, et fond blanc, impression puce, éch. 138. Après avoir donné à ces couleurs le degré de viscosité que réclamait la gravure et fait chois d’un cachou
convenable , on a procédé à l’impression du rouge parle premier cylindre, du cachou par le second, du puce par le troisième. Cette opération achevée , on a abandonné le tissu au repos , tant pour favoriser la combinaison des mordants d’alumine à l’étoffe que pour donner au cachou le temps de s’ôxider et d’y devenir lui-même adhérent, § 569, p. 109. On aide à cette oxidation en introduisant dans la préparation de cachou une certaine quatité d’acétate calcique, ou bien en vaporisant. Quel que soit celui de ces deux moyens que l’on préfère, on doit toujours procéder à l’opération du bousage , qui a lieu comme d’ordinaire, § 532 , si ce n’est qu’on ajoute au bain de bouse du bichromate potassique, afin de compléter Y oxidation du cachou, en le rendant tout-à-fait insoluble, et d’éviter par là que les parties surabondantes ne viennent salir le blanc du fond La quantité de bichromate qu’on introduit dans une cuve à roulettes, fig. 139 ou 1/sO , est d’environ 2 à 2k,5, mais elle varie nécessairement avec celle du cachou qui recouvre le tissu. Il va sans dire qu’à fur et mesure qu’on fait passer des pièces dans un bain , il faut y ajouter du bichromate en dissolution, 2 litres , par exemple, à 200 gr. de bichromate par litre, après le passage de 10 pièces. Lorsqu’on les sort du bain , on les expose à l’eau courante durant deux à trois heures, si la localité le permet, pour compléter l’ oxidation du cachou ; et, comme il suffit alors pour dégorger le tissu de le faire passer une seule fois aux roues , la couleur est moins sujette à se racler. Une fois que, par ces diverses opérations, on a fixé le cachou à l’étoffe conjointement avec les mordants rouge et puce , on n’a plus qu’à teindre en garancine, en observant à cette occasion tout ce qui a été exposé pages 6/i5, 317 ; on dégorge ensuite, on donne un passage en son , puis tout au plus un léger bain de savon, on rince et l’on apprête.
La fabrication de l’échantillon 281 rentre absolument dans celle de l’échantillon 280. Cependant, comme dans le premier le rouge, au lieu d’être isolé, est juxtaposé au puce, on a dû , pour éviter toute confusion , rendre le premier légèrement
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t§l. Fond blanc . impression rouge, gmce et cachou.
réserve par l’introduction dun corps gras ou d’un agent chimique capable de masquer le fer qui pouvait le recouvrir.
L’association du bleu , du vert et du jaune aux mordants qui doivent passer dans un bain de garance , présente des difficultés que n’offre pas celle du cachou , et qu’on rencontre :
1° Dans l’opération du fixage du bleu et du vert , qui, n’adhérant au tissu que par l’intervention des alcalis , imposent au fabricant les précautions les plus minutieuses pour prévenir la dissolution des mordants , celle du mordant rouge surtout , durant leur passage dans la cuve à chaux ;
2° Dans celle de la teinture , vu la facilité avec laquelle le bleu et le vert se ternissent durant le garançage, et la peine qu’on éprouve à leur rendre leur éclat normal ;
3° Dans celle de l’avivage , attendu que si l’on peut sans inconvénient passer le bleu en acide , il n’en est pas de meme du vert, que l’acide chromique , mis en liberté , détruit complètement ou dégrade plus ou moins, en oxidant un de ses éléments , le bleu ;
h° Enfin dans celle de la purification complète des parties blanches salies par la teinture.
Malgré toutes ces difficultés , plusieurs fabricants n’ont point
reculé devant ce genre de fabrication , et des établissements de Bohême, d’Angleterre et d’Alsace, spécialement la maison Haussmann , dans cette dernière province , ont livré au commerce des produits de cette espèce , dont le violet , le bleu et le vert ne laissaient rien à désirer ; le rouge seulement conservait une teinte brique due à l’impossibilité de l’aviver convenablement en présence de couleurs qui en auraient été plus ou moins dégradées.
M. J. Gros a importé d’Angleterre un procédé d’exécution de cette fabrication , dont nous devons la communication à l’obligeance de M. J. Schlumberger jeune, de Thann, et dans lequel on rend les mordants inattaquables , par des corps qui îëtir font joiier le rôle de réserves mécaniques. Voici la composition de ces préparations ;
Séo. Noir.
On épaissit 10k,250 pyrolignite ferreux , à 7° AB, avec :
4k,17 âînidon; lorsque la couleur est cuite, on y ajoute, à chaud ,
0k,88 terré de pipe,
0k, 4 5 sulfate cuivrique ,
0k,120 térébenthine.
On colore pat un peu de campêche.
41 &. Fin rongé.
On épaissit iO kil. mordant rouge coloré au fernambouc, avec :
\ kil. gommé Sénégal , et l’on y incorpore 4 kil. terre de pipé j 0k,22 térébenthine,
0k,22 saindoux.
Pour obtenir le deuxième , le troisième et le quatrième rouge, on étend ce mordant de deux à quatre fois son poids de la composition ci -après ;
On épaissit 1 2^000 eau avec :
4k,1 00 gomme , et l’on y incorpore
4k,670 terre de pipe,
2k,900 vernis à l’huile de lin ,
0k,022 térébenthine.
Ai%. Violet .
On épaissit 10L,25 pyrolignite ferreux , à 14° AB, avec :
30 kiL gomme dissoute dans
1 00 lit. eau ; on fait cuire le tout , on y incorpore , à chaud , 40 kil. terre de pipe,
2k,70 vernis gras à l’huile de lin.
SlSè. Cachou.
Dans 15 litres d’eau on fait cuire :
2k,500 cachou, en tablettes, finement pulvérisées; on réduit à
10 lit , qu’on épaissit , à chaud , avec 2k,500 gomme Sénégal , puis on ajoute au tout 0k,450 sulfate ferreux ,
1 k,250 chlorure ammonique.
■AÏS. Jaune
Dans 10 litres eau de gomme on fait dissoudre .
1k,850 nitrate plombique , et l'on colore le tout par une petite quantité de chromate potassique.
AM&. Bleu.
On mélange exactement dans une bassine :
3k,50 eau de gomme , à 1 kil. par litre,
2k,33 mélasse,
5k,25 précipité d’indigo , qu’on obtient en faisant bouillir 1 0 lit. potasse caustique , à 1 2° AB ,
3k,50 hydrate stanneux , § 214,
1k, 6 6 indigo finement pulvérisé.
Après une ébullition de quelques minutes , on étend le tout de A0 litres eau , et l’on mêle une solution de chlorure stanneux acide à la liqueur, jusqu’à ce quelle cesse de précipiter ; on abandonne alors au repos , on décante , on lave le précipité par décantation, et on le recueille ensuite sur une chausse.
££&. Vert.
On bassine avec soin :
0k,408 précipité d’indigo ci-dessus avec 0k,250 mélasse ,
O1, 408 solution plombique , qu’on obtient ainsi qu’il suit :
En mélangeant
1 2', 50 eau , à
3l,250 eau de gomme ; en y faisant dissoudre ; à chaud ,
\ 7k,500 nitrate plombique, et en y ajoutant, à tiède,
6k,250 mélasse.
Après avoir achevé l’impression de ces sept couleurs , on fait circuler les pièces, à froid, durant quatre minutes , dans une cuve à roulettes remplie de chaux , à l’effet de fixer le bleu , le vert et l’oxide plombique, base du jaune de chrome. Comme les mordants d’alumine et de fer qui sont chargés de corps résineux et gras (térébenthine et saindoux), se mouillent difficilement , ils ne sont pas sensiblement attaqués par la chaux ; mais le contraire a lieu pour le bleu , le jaune et le vert , dont la fixation est immédiate si, au sortir de la chaux , on expose les toiles à la rivière durant le temps nécessaire pour déverdir ou oxider le bleu réduit. Cette première phase achevée, on passe aux roues, § M5, durant trois minutes ; puis , pour fixer les mordants , durant trente à trente-cinq minutes dans une décoction de son , ramenée à la température de 50 à 55°, § 5Sâ : alors on procède à la formation du jaune , et par suite à celle du vert , c’est-à-dire qu’on teint dans un bain de chromate potassique qui donne du jaune partout où l’on a imprimé de l’oxide plombique , et du vert sur tous les points ou se trouvait un mélange de précipité d’indigo et d’oxide plombique ; on rince , on dégorge , on teint en garance dans l’espace de deux heures , en commençant à la température de 25° pour finir à celle de 30°, et l’on procède à l’avivage, en donnant au tissu-:
1'’ Un passage en savon à l’ébullition durant trente à trentecinq minutes ;
FONDS BLANCS ENLUMINES. 233
2° Un passage , en savon à la température de 75° durant quarante minutes ;
3° Un passage en chlorure de soude faible durant le temps nécessaire pour purifier les laques et les parties blanches du tissu.
Si, comme il n’arrive que trop souvent, le vert et le jaune sont altérés par les opérations du garançage , on plonge de nouveau les pièces dans un bain de chromate potassique pour rétablir le jaune , et par conséquent le vert , si toutefois le bleu qui concourt à le former n’a pas été détruit.
11 ressort de la nature résineuse des mordants rouge et violet employés dans cette fabrication , qu’fis doivent se fixer au tissu d’une manière très inégale , car la matière résineuse qui les préserve de l’action de la chaux les rend aussi moins sensibles à l’influence de la vapeur d’eau durant l’exposition des pièces , § 530, p. 452, à celle de l’eau , ainsi que des matières qu’elle tient en dissolution ou en suspension durant l’opération du fixage (bousage ou passage au son ) , §§ 532, 53A et 535, enfin à celle de ce même liquide durant l’opération mécanique du dégorgeage , § A 38.
Le problème de l’impression simultanée des couleurs d’enluminage avec celle des mordants teints en garance a été abordé et traité sous un tout autre point de vue au Logelbach. Un des chimistes attachés à cet établissement, M. Hirn fils, a cherché : .
1° Un mordant , pour rouge surtout, qui se combinât à l’étoffe par l’opération même des passages en chaux, indispensables à la fixation du bleu , du vert et du jaune , qui se dégorgeât sans peine et se teignît à une basse température sans trop salir le blanc ;
2° Un moyen d’aviver les couleurs garancées qui , tout en les purifiant ainsi que le blanc de l’étoffe , altérât le moins possible le bleu , le vert et le jaune.
Il est parvenu à résoudre le premier point de la question
d’une manière très heureuse. Yauquelin avait fait voir que l’alumine , qui est toujours précipitée de ses sels et redissoute ensuite complètement au moyen d’un excès d’hydrate potassique, ne se redissout plus lorsqu’on la précipite en présence de la magnésie. Mettant à profit cette observation, M. Hirn introduisit dans les mordants aluminiques ordinaires une certaine quantité de sels magnésiques , pour combattre l’effet de la chaux et prévenir l’action dissolvante qu’elle exerce sur ce mordant. En mélangeant à l’acétate alum inique , à 12° AB , un huitième de son poids de sulfate magnésique, il obtint un mordant qui, épaissi à la farine ou à la gomme , non seulement résiste aux passages les plus prolongés dans l’eau de chaux, mais encore se trouve immédiatement fixé par elle. Nous donnons ci-après la composition des couleurs qu’on employait dans l’établissement du Logelbach ; nous entrerons ensuite dans les détails de la teinture et des avivages.
Le mordant rouge était composé de :
1 0 lit. mordant rouge À, coloré par
0l, 72 bain de fernambouc, à 500 gr. par litre, dans lesquels on faisait préalablement dissoudre 1k, 3 4 sulfate magnésique, et l’on épaississait le tout avec 3k,600 gomme Sénégal.
Le mordant noir de :
1 3 lit. eau,
2 lit. bain de campêche, à 500 gr. par litre ,
15 kil. pyrolignite ferreux, à 1 4° AB, et l’on épaississait le tout avec 4 kil. farine.
Quant aux préparations pour cachou , bleu et le vert , elles étaient précisément celles que nous avons données §§ 782, 783 ; mais on pourrait encore employer pour les deux derniers l’une ou l’autre de celles qui sont décrites §§ 557 à 560.
Traitement. Aussitôt après l’impression , il fallait, pour les raisons exposées § 558, p. 77, passer les pièces en chaux. A cet effet, on les dirigeait dans une cuve à roulettes remplie dun lait
Î'ONDS BLANCS ENLÜMINES.
de chaux assez épais pour prévenir les coulages. La durée de ce passage était d’environ trois à cinq minutes, c’est-à-dire que le mouvement imprimé à la toile devait être tel que chacune de Ses parties séjournât durant ce temps dans le bain. On exposait ensuite à Veau courante au crochet , durant le temps nécessaire pour bien déverdir l’indigo. On passait alors , à la température de 75°, durant vingt-cinq minutes , dans un bain de bichromate potassique légèrement acidulé d’acide acétique et composé de :
1^,0 00 eau, auxquels on ajoutait 0k,005 bichromate potassique, et 0kj00(25 arséniate neutre.
L’introduction de l’arséniate dans ce bain a paru indispensable à M. Hirn , pour prévenir la fâcheuse influence qu’exerce toujours le bichromate sur les mordants violets. On sait, en effet, qu’en passant un mordant violet dans une solution de bichromate et en le teignant ensuite en garance , on n’obtient que des nuances rousses et raclées , et que l’addition de l’arséniate, par une cause qui n’est pas exactement connue , prévient les accidents de ce genre.
Quand les pièces ont subi ce passage en bichromate potassique , on les rince et on les nettoie avec soin , puis on procède au garançage , à une basse température , afin de ne pas salir les parties blanches , et avec une proportion de garance assez forte pour saturer complètement les mandants de matière colorante.
La quantité de garance employée est de :
1k,5 à 2k,5 par pièce, avec addition de craie et surtout de colle-forte , pour préserver les parties blanches , ainsi que le bleu et le vert.
On donne cette teinture dans l’espace de deux et demie à trois heures, en élevant progressivement la température de 25 à 60° ; puis on rince et l’on nettoie les pièces pour les faire passer dans un bain extrêmement faible de chlorure de chaux ou de soude , chauffé à la température de 40°. C’est à rexpérimen-
tateur d’établir les proportions de chlorure à employer pour rendre aux parties blanches du tissu leur pureté primitive ; lorsqu’il est en excès , il endommage et même détruit quelquefois le bleu et le vert.
Après cette opération , qu’on doit faire suivre d’un lavage et d’un dégorgeage , on passe les pièces dix par dix dans la caisse à teinture, fig. 143 , remplie d’un bain composé de 2 kil. savon et de la quantité d’eau 'nécessaire , en les y introduisant à la température de 20°, qu’on élève peu à peu jusqu’à 50 dans l’espace de quarante-cinq minutes , et enfin on les avive durant trente minutes , à la température de 45 à 55°, dans un autre bain composé de :
4k,5 savon ,
0k,4 25 chlorure stanneux ,
0k,250 carbonate sodique.
Ce procédé de fabrication , qui offre les moyens d’exécuter le genre fond blanc enluminé avec une précision dans les rapports, qu’on ne réalise jamais quand on fait succéder les couleurs d’enluminage à la teinture des couleurs garancées , est cependant peu en usage , parce que les rouges qu’on obtient ainsi n’ont jamais la vivacité et l’éclat de ceux qu’on forme isolément et qu’on peut aviver au moyen d’agents chimiques sans se préoccuper de l’action qu’exerceront ces agents sur les bleus, les verts et les jaunes.^
Par motif d’économie, on préfère enluminer ces genres garancés par des couleurs vapeur ; on tourne ainsi la difficulté au lieu de l’aborder de front. Nous estimons qu’en persévérant dans les essais déjà commencés avec tant de succès pour l’impression des couleurs solides , on parviendra à un bon résultat. Nous ne doutons pas qu’on n’arrive un jour à imprimer directement du bleu foncé en dissolvant de l’indigo dans un mélange d’alcool, ou d’acétone , ou d’esprit de bois et d’ acide sulfurique. C’est par un procédé de cette espèce que nous avons dans le temps imprimé un gros bleu solide. On arrivera aussi certainement à fixer les
FONDS BLANCS ENLUMINES. 237
divers mordants d’alumine et de fer après leur impression, en faisant passer le tissu dans une dissolution de carbonate sodique à un degré de concentration convenable et à une température déterminée. On pourra aussi, dès qu’on le voudra bien, éviter tous les inconvénients 'inhérents à la teinture , entre autres à l’altération du blanc , qui oblige toujours le fabricant à sacrifier plus ou moins les laques déposées sur l’étoffe qu’il veut purifier, en teignant les toiles mordancées etrecouvertes dejaune, de bleu et de vert solides dans un bain additionné de savon , § 5/il, p. 508. Enfin, en choisissant d’autres conditions pour la fixation du bleu , du vert et du jaune , on fixerait les mordants aluminique et ferrique en même temps que le bleu , sans aucun passage dans les liqueurs alcalines ; il suffirait d’imprimer ces mordants avec une certaine quantité d’arséniate et l’indigo broyé avec Une proportion déterminée de sel stanneux. En vaporisant sous l’influence d’une certaine quantité d’ammoniaque, on fixerait les mordants et l’on réduirait l’indigo, qui, devenu soluble, imprégnerait les pièces et n’aurait plus besoin , pour y adhérer définitivement, que d’être déverdi à l’eau courante. Pour le vert, il suffirait d’ajouter à l’indigo une certaine quantité de plomb, et pour le jaune d’imprimer un sel de plomb pur et de passer ensuite en chromate. Quant aux mordants, ils se trouveraient fixés, car nous avons vu , § 536, que les mordants de fer se combinent parfaitement au tissu sous l’influence de l’ammoniaque ; et ceux d’alumine, qui perdraient de leur affinité pour les matières colorantes , si cettfe base venait à passer à l’état isomère où elle est impropre à se combiner à ces substances , seraient garantis d’une pareille métamorphose par l’acide arsénique ou par l’arséniate, qui prévient la décomposition du sel aluminique par l’ammoniaque, et laisse en définitive un sel basique pour résidu.
En fixant ainsi le bleu et le vert solides à la vapeur, on pourrait appliquer le rouge et le rose Gastard , § 736 , et l’on formerait alors avec une rare perfection et sans difficulté tous les genres composés.
Il varans dire qu’après avoir fixé le bleu et le yert en même temps que les mordants, il n’y aurait aucun inconvénient à teindre ces derniers dans un bain colorant quelconque.
Après avoir fait connaître les deux marches suivies pour la fabrication des fonds blancs enluminés et exposé brièvement les améliorations dont ils sont susceptibles , nous avons à indiquer les principaux articles de cette' espèce , qui ne diffèrent entre eux que par la diversité des formes et des nuances qu’on y fait entrer.
Les premiers articles fonds blancs avec enluminage , bleu et vert solides au chrome , remarquables par la pureté de leurs nuances, ont été exécutés en Alsace par les maisons Gros- Jean, N. Kœchl in frères et Hartmann fils. Ces derniers livrèrent à la consommation , en 1827-1828, des impressions de cette espèce , à la planche , sur jaconas et mousseline d’une grande beauté ( des arabesques puce et vert, des anneaux détachés et de deux couleurs ,jin rouge et bleu , puce et vert, violet et vert , etc.) . En 1829-1830, mais surtout en 1832-1834, on a exécuté sur les mêmes étoffes des dessins de très bon goût, dans lesquels les couleurs garancées étaient accompagnées de couleurs d’enluminage solides bleu, vert, jaune de chrome , oxide ferrique et cachou. MM. Kœchl in frères ont imprimé alors des genres extrêmement chargés , d’une grande richesse.
On a aussi réalisé à la même époque de très beaux dessins en associant du vert au violet ou au lilas , et en disposant la gravure de telle sorte que le vert se trouvât engagé dans le lilas, ou , le contraire , le lilas engagé dans le vert. On mettait ainsi à profit l’effet, du contraste des couleurs , § 484. La première de ces dispositions est la plus avantageuse.
Souvent , enfin, on a associé le cachou au rouge, au rose et au lilas ; mais comme le cachou prédominait dans les dessins et que les figures étaient fout-à-fait détachées, on suivait une marche inverse de celle que nous venons de décrire : on rentrait dans la fabrication des fonds cachou dont il sera fait mention plus tard, c’est-à-dire qu’on imprimait le cachou et qu’on le
. FONDS BLANCS TRANSF. EN FONDS OU MI-FONDS COUVERTS. 239 fixait par l’un ou l’autre des moyens décrits § 569, p. 109, pour appliquer ensuite les mordants rouge , rose ou lilas , qu’on teignait alors en cochenille. On a ajouté de nos jours , à toutes ces fabrications , celle d’une foule de genres fonds blancs impression garancine ou garanceux , avec enluminage couleurs vapeur ou d’application.