A UN FOND OU MI-FOND DE COULEUR CAPABLE DE LES MODIFIER
§ 800. Au point de vue de l’exécution, cette fabrication est identique avec la précédente : seulement doit-on tenir compte des effets de la superposition des mordants ou des couleurs : ainsi, le violet et le bleu , en recouvrant du rouge ou du rose , donnent toujours lieu, le premier à du puce , le second à du violet évêque ; le rouille qui recouvre du rouge et du lilas fait passer le premier au brun, le second au fauve ; recouvert de vert de Schéele , le rouge passe au puce et le violet au noir ; enfin , recouvert de jaune , le rouge vire à l’orangé.
Les divers échantillons ci-après donneront , nous l’espérons , une idée exacte de ces modifications. Dans l’éch. 284, le fond ou mi-fond violet a été teint avec la même matière colorante que le rose , le rouge et le noir du sujet. On y a imprimé à la planche ou à la perrotine :
1° Le dessin picot ramage en mordant noir, 2° le mordant fin rouge, 3° le mordant troisième rouge , h° le mordant violet, §§ 626 et 639, puis , par-dessus le tout , au rouleau , le mordant lilas qui forme mi- fond. On a bousé alors , dégorgé, teint en garance et avivé convenablement, pour purifier le blanc, comme s’il s’agissait du genre § 6/f2. Le rouge, recouvert en partie par le violet , et en partie par le lilas , a passé
£84. Fond blanc garancé enluminé avec soubassement lilas.
au puce en présence du premier, et pris , sous l’influence du second, une teinte légèrement brunâtre. On a dû rentrer le vert solide, § 678, et le jaune de chrome , § 599, après les opérations du garançage et de l’avivage.
Les procédés de ce genre de fabrication varient d’après les exigences du dessin. Comme dans celui-ci le rouge disparaît en grande partie , rien n’empêcherait d’imprimer sur table le noir, le rouge , le rose , le vert et le jaune solides , puis , après avoir fixé les couleurs d’enluminage et les mordants , de teindre en garance , ou bien de préparer un fond blanc garancé , échantillon 138, sans l’aviver, d’y imprimer un soubassement rouleau lilas , et de teindre dans un résidu de garance avec une certaine quantité de savon. Les couleurs précédemment garancées se fixeraient et s’aviveraient, le fond se blanchirait, et l’on aurait ainsi directement , sans grands frais, un mi-fond lilas.
Ce genre est peu varié ; il n’offre jamais que des fonds ou mi-fonds lilas avec impression rouge, rose, etc., modifiés.
L’éch. 285 , ainsi que les suivants, appartient aux genres de la seconde subdivision que nous avons établie ; ils nous présentent aussi des effets de superposition. On y reconnaît sans peine la fabrication d’un fond blanc avec impression noir,
fond blanc garancé enluminé avec soubassement bleu d’application solide.
rouge, rose, violet garances et vert solide. Ce genre achevé, on a imprimé un rouleau bleu d’application solide, § 557, avec dessin mi-fond soubassement. Comme aucune partie de l’étoffe n’avait été réservée , le bleu a modifié toutes les couleurs claires qu’il a recouvertes : le fin rouge a passé au puce , le rose au gorge pigeon , le violet à une teinte bleutée qui n’est pas celle du lilas garancé; le vert solide et le noir sont restés intacts.
Si l’on remplaçait le bleu par une couleur quelconque qui se fixât de la même manière , l’effet serait toujours le même ; les nuances composées seules varieraient selon la nature de l’impression du fond ou mi-fond. Ainsi , un rouille , ou cachou foncé , absorbe presque entièrement les couleurs garancées , tandis qu’un rouille ou chamois clair conserve à l’impression tout son caractère.
Dans l’éch. 28 â, on retrouve la fabrication d’un fond blanc garancé , § 638; nous n’avons pas à revenir sur les moyens d’exécution de ce genre, qui nous sont déjà connus. L’impression rayures transversales fin rouge achevée , et la toile ramenée à sa pureté primitive, on a imprimé un mordant d’alumine et de fer composé de :
10 lit. mordant rouge B,
3 lit. pyroiignite ferreux , à \ 6° AB ,
2 lit*, eau ; le tout épaissi avec 7 kil. amidon grillé.
On a exposé durant deux jours à l’étendage , passé à l’eau
S§6. Fond blanc garance avec mi-fond couleur mixte,
de craie , à la température de Zi 5°, pour fixer le mordant , lavé et dégorgé aux roues, puis teint dans un bain renfermant, avec la quantité d’eau nécessaire , 1 kil. quercitron et 375 gr. de lima par pièce , ou , quand on le peut , une quantité équivalente de cochenille. On a dû effectuer la teinture en une heure et en élevant progressivement la température de 50 à 55°. Lorsqu’on désire une teinte plus foncée , on introduit dans le bain une très faible quantité de campêche. On remarque que le rouge est devenu brun et même a passé au puce partout où le mordant ferrugineux l’a touché. Sur le fond blanc impression fin rouge au rouleau , § 639 (éch. 133 ) , on a imprimé de la même manière un mordant pour mi-fond , composé de pyrolignite ferreux , et après avoir teint en sumac , on a obtenu l’éch. 287. Ici encore toutes les parties rouges qu’a recouvertes le mordant de fer ont passé au puce.
Dans ce genre , on ne se contente pas d’imprimer une seule couleur , on en fait souvent concourir plusieurs à la fois. A
'fonds blancs transf. en fonds ou mi- fonds couverts. 253
Fond blanc garancé avec mi«fond gris.
une certaine époque, on exécutait un genre ( panama ) qui se composait de larges colonnes fin rouge, fondu au rouleau, et qui , très intense sur les bords , allait en expirant vers le centre. On appliquait sur ces colonnes deux autres bandes perpendiculaires bleues , qui faisaient violet évêque au point d’intersection ; on rentrait dans l’intérieur du jaune d'application ou bon teint , qui , en passant sur le bleu , produisait du vert , et enfin au centre des carreaux que forment les bandes en se coupant , on imprimait un dessin mignonnette noir d' application.
On a aussi exploité un genre fond blanc, impression violet ou violet et lilas garancés, que l’on recouvrait sur certains points d’un mi-fond rouille , chamois , jaune et cachou. C’étaient , par exemple , des bandes violet et lilas garancés , coupées perpendiculairement ou obliquement , de bandes jaune , rouille, jaune de chrome, cachdu alcalin clair, qui donnaient ainsi ou des carreaux réguliers ou des carreaux-losanges , et qui, à leurs points d’intersection, développaient des nuances complexes , résultant soit du jaune sur le violet foncé et sur le lilas, soit du jaune sur le rouille, soit du cachou clair sur le violet .
25à DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.
Nous ne croyons pas devoir passer en revue la multitude de genres que l’on a formés de l’association des couleurs tant ordinaires que vapeur et d’ application ; nous pensons en avoir dit assez pour que le lecteur puisse s’en faire une idée exacte.
DES GENRES QUI RESULTENT DE LA COMBINAISON ü’uN GENRE FOND BLANC GARANCE PLUS OU MOINS COMPOSE A UN FOND OU MI-FOND AVEC BLANC ENLEVAGE OU BLANC RESERVE , OBTENU DE i/lM- PRESSION OU DE LA GRAVURE.
§ 801. Le principe de cette fabrication appartient aux Indiens,
§ 554 ; mais , dès 1760, on en fit l’application en Europe. On imprimait des mordants de fer et d’alumine , on les teignait en garance, et après avoir purifié les couleurs garancées et le blanc du tissu , on recouvrait de réserves à la cire toutes les parties colorées ou non qu’on désirait conserver , puis , passant en cuve d’indigo , on transformait le fond blanc en fond bleu clair enluminé. Abstraction faite des dessins, de la nuance des rouges et des violets , qu’on ne savait point encore aviver, les produits de ce temps pourraient soutenir la comparaison avec ceux de nos jours , surtout pour le bleu clair.
Plus tard , quoique les toiles , moins régulièrement tissées qu’ aujourd’hui , présentassent de grandes inégalités par suite des retraits qu’elles éprouvaient durant les opérations du blanchiment , de la teinture et les passages en son, on rentra dans les couleurs garancées des mordants d’alumine ou de fer pour fonds ou mi-fonds, qu’on teignait en jaune de gaude d’abord, puis en quercitron.
De ces deux moyens de transformer des fonds blancs en fonds couverts , pendant longtemps le premier ne fut appliqué qu’à la fabrication de quelques genres déterminés. Le second, au contraire , prit tout d’ abord un très grand essor , et a été exploité durant cinquante ans sous une infinité de formes. On rentrait à la planche des fonds unis ou ombrés , des sujets mille-points ( gravure picotage ) , et grâce à la disposition don-
FONDS BLANCS ÏRANSF. EN FONDS OU MT -FONDS ÔOÜVERTS 255 née aux dessins et aux précautions que savait prendre le fabricant intelligent pour prévenir ou compenser le mouvement qu’éprouve toujours la fibre de l’étoffe durant les opérations du garançage , l’encadrement se faisait assez exactement pour qu’il fût souvent difficile de constater des effets de déplacement. Aujourd’hui, on a délaissé ce genre de fabrication pour donner la préférence au premier , surtout depuis que le prix de la gravure au rouleau a subi une si importante réduction , § Zl9Zi. C’est à partir de 1831 -1832 qu’on en a étendu l’application à toute espèce de couleurs. A l’heure qu’il est, qu’un fond blanc enluminé ou non soit donné , pour le transformer en un mi-fond ou fond couvert , il suffit de recouvrir les parties que l’on veut conserver d’une réserve qui prévienne la fixation des couleurs ou des mordants qu’on imprime uniformément sur la surface de l'étoffe.
La nature des réserves que l’on emploie varie nécessairement avec celle des mordants dont on recouvre le fond blanc , et aussi avec celle des couleurs qu’elles sont destinées à abriter. Il ne faut pas perdre de vue qu’ici on associe deux fabrications , celle d’un fond blanc impression en telle ou telle couleur, et celle d’un fond uni, impression blanc réserve ou enlevage. Or, dans cette dernière , prise isolément , le fabricant n’a qu’à rechercher une réserve qui n’altère pas le tissu et puisse toujours être facilement enlevée , tandis que dans la fabrication complexe que nous traitons , il faut , en outre , qu’elle ne détruise ni ne modifie les nuances quelle doit préserver.
Les sels cuivriques , le nitrate surtout, que l’on emploie avec succès à la réserve des parties blanches au milieu d’un fond bleu uni, § 5A9, ne peuvent plus être que difficilement appliqués à celle des figures rouges garancées que ce fond doit recouvrir, attendu qu’en réagissant sur les laques ils les terniraient toujours. Les corps réservants dont on fait spécialement usage dans ces genres sont :
L e tarlrate chromique b, § 571, qui tire de l'acide tartrique
qu’il renferme la qualité de réserve chimique , et de la difficulté avec laquelle il est mouillé par l’eau froide , celle de réserve mécanique ;
lu' acide citrique ou 1 ejus de citron ;
Le citrate potassique ou sodique ;
Uarsèniate potassique, Xarsèniate calcique , 1 ' arsèniate plomhique , X acétate calcique , la craie et la terre de pipe , le savon , qui font réserve chimique , physique ou mécanique ;
L’eau de gomme et quelque peu de corps gras , qui font réserve mécanique.
Ce genre de fabrication présente une difficulté qu’il n’est pas donné à tous les fabricants de surmonter. Durant le bousage, la teinture, l’avivage et les opérations mécaniques du dégorgeage, les pièces se contractent, et le mouvement plus ou moins irrégulier de leurs fibres s’oppose à l’exactitude des rapports des diverses planches d’un dessin. La conséquence de cet état de choses est que la réserve, qui doit être imprimée sur les parties claires pour les préserver de l’action de la couleur du fond ou du mi-fond appliquée après coup , ne les protège souvent qu’ imparfaitement, et abritant au contraire des parties que devrait colorer le fond , donne lieu à des solutions de continuité. On diminue de beaucoup cet inconvénient en suivant, durant le blanchiment , un certain système de dégorgeage. On a remarqué que les toiles dégorgées au foulon , aux roues , qui enfin n’ont point été plus tiraillées dans un sens que dans un autre, comme celles qui ont passé au clapeau, § ZjZ|2 , ou à tout autre système du même genre, n’étant pas sujettes à s’allonger, ne présentent pas un retrait aussi considérable. L’exécution de cet article réclame donc de la part du fabricant des soins qui remontent jusqu’aux opérations purement mécaniques du blanchiment.
Lorsque les couleurs garancées sont teintes et avivées , on examine si les rapports sont réguliers ; s’ils ne le sont pas , on étire le tissu en long et en large pour ramener autant que
FONDS BLANC j ilUNSF. EN FONDS OU Mt -FONDS COUVERTS. 257 possible la libre dans l’état où elle se trouvait avant la teinture. Comme , malgré toutes ces précautions , on ne peut entièrement faire disparaître la cause de cette imperfection , on la combat par le choix des dessins et la disposition de leur forme , ainsi qu’ont fait les fabricants qui se sont le plus distingués dans l’exécution de ces genres. Les dessins qu’on préfère ordinairement sont des sujets régulièrement espacés, tantôt très massifs et contournés, d’une couleur foncée , inattaquable par celle du fond (noir et puce) , qui rend moins sensibles les effets du déplacement de la réserve sur la couleur claire qui forme le centre des figures; tantôt très déliés [bouquets, assemblage de petites fleurs ) , auxquels viennent aboutir des dessins soubassement au rouleau, tels que ramage vermicelle , etc., qui, parf irrégularité de leurs traits, dissimulent les contours de la forme avec laquelle on a recouvert de réserve les couleurs garancées. On conçoit que cette forme serait toujours circonscrite d’une manière peu agréable a l’œil si , au lieu de dessins, à traits irréguliers , on imprimait pour soubassement un fond uni , une rayure droite ou oblique , un mille-raies , enfin une figure régulière quelconque.
Dans quelques cas rares, le fabricant va jusqu’à ne graver ses planches rentrures qu’ après la fabrication des couleurs garancées , pour pouvoir tenir compte des changements survenus dans la position respective des sujets teints en cette matière colorante.
Maintenant, entrons dans les détails de cette fabrication.
Combinaison du genre fond blanc garance arec le genre fond blanc impression bleu d’application solide , § 557.
§ 802. Dans l’éch. 288, on a commencé par exécuter la fabrication d’un fond blanc impressions noir, rouge et rose garancés , en suivant tout ce qui a été dit § 6Zf3 , concernant l’épaississement des mordants , leur application , leur fixation , 1a. teinture et l’avivage des couleurs ; nous n’y reviendrons pas , nous ajouterons seulement que la dépense en garance a été
'|§§, Fond blanc garance transformé en mi-fond bleu d'application solide (soubassement).
d’environ lk,5 à 2 kil. par pièce de 50 mètres , et qu’on a opéré la teinture en une seule fois. Lorsqu’on a jugé les couleurs suffisamment avivées et le blanc de l’étoffe revenu à sa pureté primitive , on a rentré à la main une réserve au citrate cuivrique j ou un mastic composé de :
6 lit. eau de gomme, à 750 gr. par litre ,
3 lit. eau, auxquels on a incorporé 2k,250 farine,
0k,280 savon vert,
2k,250 terre de pipe,
pour préserver toutes les parties rose et rouge dont on voulait conserver la nuance , ensuite un vert d’application solide et un jaune au sel de plomb , et enfin imprimé à la machine à deux rouleaux le mi-fond [soubassement ) bleu d’application solide. Le premier rouleau portait pour sujet un anneau circonscrit entre quatre points , et lé second des rayures obliques ou diagonales qui , en s’ajoutant au dessin du premier, en ont fait une espèce de fouillis , qu’on pourrait , jusqu’à un certain point , confondre avec la gravure de l’éch. 38, fig. 95. Le fabricant réalise ainsi par l’impression les mêmes effets que le graveur avec ses molettes, c’est-à-dire qu’avec les dessins les plus simples ( ca-
FONDS BLANCS TRANSF. EN FONDS OU MI-FONDS COUVERTS, 259 nevas), rayures droites et obliques, dentelle 'picotage , etc.), qu’il accouple à la machine à plusieurs couleurs, il crée des dessins plus composés (voyez § 530, p. 451 ). L’impression du bleu achevée, on a passé en chaux , pour le fixer, en employant, pour fatiguer le moins possible le rouge et le rose, une réserve essentiellement mécanique , ayant pour base le savon vert et la farine. Au moment où la couleur a été saisie par la chaux, la farine , en se gonflant, a préservé le tissu de toute atteinte. On a ensuite exposé les pièces à l’eau courante, pour oxider le bleu, et passé en chromate , pour compléter cette oxidation et former le vert et le jaune en transformant l’oxide plombique en chromate de la même base.
Très souvent on imprime une réserve non seulement sur les sujets garancés , mais encore sur le fond ou mi-fond ; on se sert , pour l’appliquer, de la planche ou du rouleau , selon la délicatesse du sujet. Souvent aussi on réserve un dessin dans la gravure du rouleau bleu , § 500, p. 296.
Ces soubassements bleus s’impriment aussi en bleu de pinceau,, surtout en Angleterre , où l’on a disposé des cylindres remplis de gaz dans lesquels on fait passer les pièces à leur sortie de la machine à imprimer, pour prévenir une oxidation trop brusque du bleu , et donner ainsi à cette couleur le temps de pénétrer l’étoffe et de s’y fixer.
Bleu de pinceau pour soubassement au rouleau.
Bleu N° 1.
Dans 10 litres potasse caustique , à 20° AB , on fait dissoudre par une ébullition de quelques minutes :
1k,870 indigo broyé,
0k,900 sulfide hypo-arsénieux (arsenic rouge),
0k,900 sulfide arsénieux ( arsenic jaune), et l’on épaissit le tout avec
3k,800 amidon grillé.
Bleu N° 2.
D’une part, on bassine :
3 kil. indigo finement pulvérisé avec
6 lit. solution de soude caustique, à 20°/lB;
âôO i*E LA t’ABfilC'ATlON -EK PÀRÏlCt'LÎËÎÎ.
d’une autre , on fait dissoudre , à chaud ,
4 kil. sulfide hypo-arsénieux (arsenic rouge) dans 42 lit. soude caustique, à 20°UB; on ajoute peu à peu à cette solution l'indigo broyé , on porte progressivement le liquide à l’ébullition dans l’espace d’une heure, et l'on épaissit avec
24 kil. gomme arabique, puis on incorpore au tout 0k,750 térébenthine de Venise.
Si , au lieu d’imprimer un bleu d’application solide , on avait applique une réserve à l’alun , à l’arséniate potassique, au sulfate zincique , etc., et passé en cuve, § 5Z|0, on aurait obtenu les petits boutons de rose de l’éçh. 288 au milieu d’un fond bleu uni , dont la nuance aurait été d’autant plus intense qu’on aurait donné un plus grand nombre de trempes , en supposant que la réserve fût assez puissante pour résister. C’est de cette manière qu’on obtenait autrefois des genres meubles et mouchoirs d’une très belle exécution. Pour éviter le fâcheux effet du déplacement de la réserve, et , par suite , de la superposition du bleu sur des points qu’il ne devait pas toucher, on choisissait autant que possible des dessins en sujets détachés et contournés de traits d’une couleur foncée (puce ou noir) peu impressionnable au bleu. La réserve déplacée par le mouvement du tissu, ne portant alors que sur les parties foncées , ne laissait jamais apercevoir de solution de continuité.
En 1835 , la maison Kœchlin frères exécuta de très belles impressions sur mousseline et'jaconas , en combinant la fabrication d’un genre fond blanc enluminé couleurs solides, avec celle d’un fond bleu impression blanc réserve. Le fond blanc était recouvert d’un dessin puce foncé, lilas , rouge et rose garances, bleu, vert et jaune d’application solides. Le sujet , formé de bouquets de fleurs de fantaisie régulièrement espacés , était recouvert d’une réserve qui le débordait pour qu’il n’apparût pas de solution de continuité , et s’étendait en outre sur le fond en ray ures qui formaient des carreaux , en se coupant perpendiculairement les unes les autres. Passées alors dans une cuve très faible, les pièces présentaient un fond bleu tendre parsemé
TONDS BLANCS TR A N8F. EN FONDS Of MI-FOND'S COUVERTS. 26 1 de blanc | dessins carreaux rayures ) et de bouquets garances contournés aussi de blanc.
Combinaison du genre fond blanc impression noir au camj)èche , § 660, avec le genre fond bleu impression blanc réserve , éch. 57.
§ 803. Les fonds blancs teints aucampêche peuvent , comme les fonds blancs garances, s’associer aux fonds ou mi-fonds bleus, avec impression blanc réserve. Ainsi la maison Eck, de Cernay, a fait, il y a une dizaine d’années, un article extrêmement simple , mais d’un fort bel effet, qui se composait d’un sujet noir ( carreaux simples , carreaux croisés , ovales , dont les dimensions variaient de 1 à h centimètres) fortement tracé, au centre duquel on retrouvait tantôt une impression orange fondu, tantôt une impression cachou avec une impression orange, tantôt enfin des parties blanches parsemées de petits sujets orange. Ce genre rentrait dans la fabrication que nous traitons. On imprimait un noir composé de :
\ 0 lit. pyrolignite ferreux , à 6° ytB , qu'on épaississait avec 1 k , 4 5 0 amidon, et dans lequel on faisait dissoudre 0k,350 acétate cuivrique.
Après avoir abandonné ce mordant au repos , on fixait en bouse et quercitron , § 659 ; on dégorgeait , et on teignait dans un bain gallo-campêche , composé , pour six pièces, de :
4k, 500 campêche,
0k,500 noix de galle ,
8 lit. son ,
8 lit. bouse de vache.
On passait alors en son , à l’effet de purifier les parties blanches qui auraient pu être altérées par la. teinture ; on rinçait pour procéder ensuite à la rentrure de la réserve n° 10, § 5/t9 , afin d’abriter toutes les parties blanches du centre de la figure ; on teignait en cuve, on nettoyait à l’acide acétique, puis on rentrait le cachou , et quand celui-ci était fixé, l’orange va-
peur. Comme le sujet était bordé de traits noirs de quelques millimètres d’épaisseur, on couvrait toujours exactement les parties claires , quel que fût le mouvement irrégulier de la toile. Il eût été beaucoup plus convenable d’imprimer avant la réserve un cachou faisant réserve sous bleu , et, ce dernier une fois teint, de fixer les couleurs vapeur.
Nous n’irons pas plus loin sans faire remarquer que les couleurs d’enluminage , selon qu’elles peuvent ou non supporter l’opération nécessaire à la formation du fond ou du mi-fond , s’impriment avant ou après celui-ci.
On a fait sur jaconas de très jolis articles en combinant un fond blanc impression puce en sujets détachés, très nourris, avec un fond bleu dans lequel sont réservées des parties blanches. On a fait aussi sur étoffes légères des impressions dans lesquelles on retrouve particulièrement le genre fond blanc impression puce et cachou, avec rouleau soubassement bleu. Le puce achevé, on imprimait un cachou réserve sous bleu ( sulfate zincique , acétate cuivrique), et on le*laissait séjourner sur la toile jusqu’à ce qu’il fût fixé, quand on faisait usage de cachou ordinaire. Si, au contraire, on employait un cachou de nature à pouvoir être fixé immédiatement en chaux , on imprimait le bleu solide aussitôt après l’impression de la réserve.
Combinaison du genre fond blanc plus ou moins composé avec le genre fond ou mi-fond vert solide au chromate plombique , § 676.
§ 80/i. On a réalisé et l’on réalise encore des articles d’un très bel effet , en transformant un genre fond blanc impression fin rouge , éch. 131, en mi-fond vert solide dans lequel l’effet physique du contraste des couleurs donne toujours beaucoup d’éclat au fin rouge.
Qu’il s’agisse d’un dessin fin rouge, petits carreaux vides, détachés , on imprime à la planche un blanc réserve pour conserver le centre et les bandes , et au rouleau un dessin soudas-
FONDS BLANCS TRANSF. EN FONDS OU MI-FONDS COUVERTS. 2(33 sement , aussi couvert que possible. De cette manière, pourvu que la réserve soit bien rentrée , on a des lignes fin rouge formant carreaux avec centre blanc encadrés dans un fond vert solide , d’un aspect fort agréable à l’œil.
La maison Kœchlin frères fabriqua aussi , en 1835, le genre fond bleu , page 260 , en fond vert au plombate.
Lorsque le fond blanc garancé enluminé solide (puce foncé , lilas , rouge , bleu et vert) est achevé , on imprime un jaune composé de :
2k,500 acétate plombique, qu’on fait dissoudre dans
10 lit. d’eau colorée par l’acétate i'ndigotique , et qu’on épaissit avec
0k,800 amidon.
On passe alors les pièces dans la cuve d’indigo , puis dans celle au plombate de chaux , ou l’inverse , selon la marche que l’on préfère , pour fixer simultanément le bleu et l’oxide plombique (voyez §§ 675-676 ). Ce résultat obtenu , on déverdit , on rince , et l’on teint en bichromate potassique , à l’effet de transformer en chromate , tant l’oxide plombique du fond , qui s’est fixé uniformément durant le passage en cuve , que celui qu’on a fait entrer dans la composition du sujet.
A la même époque, cette même maison a exécuté un bel article de ce genre dans lequel intervenaient des impressions cachou exactement encadrées au milieu du fond vert. Pour l’obtenir, on imprimait :
1° Un puce foncé à la planche (dessin ramage avec feuillage et picots de fantaisie ) , bordant plus ou moins la figure pour qu’il n’y eût point de solution de continuité ;
2° Un violet foncé ;
3° Un lilas tendre.
Quand les mordants de ce% diverses couleurs avaient été bousés , teints et avivés , on rentrait une préparation de cachou faisant réserve sous bleu et vert , en conservant sa nuance, telle que la suivante :
Dans 10 lit. décoction de cachou , à h° AB, on faiLdissoudre successivement :
0k,320 acétate cuivrique ,
2^,500 sulfate zincique ; on épaissit avec 2k,500 gomme Sénégal ,
2k,500 terre de pipe, et l'on incorpore au tout 0k,170 à 200 gr. huile tournante.
Une observation importante à faire ici, c’est qu’on doit appliquer cette préparation plusieurs jours avant de procéder au passage en cuve, afin de donner au cachou le temps de s’oxider et de se fixer à l’étoffe. Quand cette combinaison a eu lieu , on rentre la réserve n° 3, § 676, sur tous les points qui doivent rester violets et lilas , on passe ensuite dans les cuves de bleu solide et de plombate de chaux, on déverdit, et l’on teint en chromate potassique , pour obtenir le fond vert qui encadre exactement les feuilles cachou .
De la combinaison d’un genre fond blanc garance ou non avec un genre fond carthame impression blanc réserve.
§ 805. A notre connaissance, ce genre n’a point encore été exécuté, et l’on n’a en effet aucun intérêt majeur à réserver sous un fond carthame des couleurs que la carthamine n’influence que faiblement. Au reste, pour cette fabrication, on ne pourrait employer qu’une réserve mécanique qu’un simple passage à l’eau fît disparaître , vu le petit nombre de corps dont la carthamine supporte le contact.
De la combinaison d’un genre fond blanc garance, enluminé ou non , avec un genre fond ou mi-fond cachou , impression blanc réserve.
§ 806. Ce genre composé a pris naissance en Alsace vers l’-année 1833-183/i; c’est la maison Kœchlin frères qui, la première , le livra à la consommation , en remplaçant par des fonds cachou clair, § § 569-570 , les fonds bleu tendre et vert au plombate.
Pour obtenir ce genre, après la fabrication du fond blanc ,
on imprime une des réserves dont nous avons fait connaître ia composition § 571 ; la plus avantageuse est celle dans laquelle entre le tartrate de chrome, que F on peut modifier et rendre plus énergique par l’introduction d’une certaine quantité d’acide sulfurique , par exemple, lorsque la nature des couleurs le permet. Quand la réserve a été bien desséchée , on foularde en cachou clair, et de préférence dans une solution alcaline , à base de soude ou d’ammoniaque , pour donner à la couleur une teinte rougeâtre infiniment plus agréable que la teinte brune et raclée qui lui est naturelle.
En mélangeant au cachou quelques sels ferreux , on en fait varier la nuance à l’infini.
Indépendamment de ce genre, on a fabriqué des mi-fonds cachou , impression guilloché au rouleau. On a pu remarquer pendant plusieurs années ces genres dessins noir et fin rouge, dont les sujets étaient des espèces de palmes fin rouge , des bandes en colonnes de même nuance', le tout bordé de noir solide qui facilitait la rentrure de la réserve , et , prévenant les effets du déplacement , préservait le fin rouge de toute atteinte du cachou. Très souvent le soubassement cachou se composait de deux nuances appliquées au rouleau , l’une en impression cachou foncé sur fond blanc, l’autre en impression fond uni ou mille-points, cachou extrêmement tendre. Mais pour obtenir des nuances bien tranchées , sans lesquelles ces doubles teintes ne produisent qu’un mauvais effet, on ne se contentait pas d’étendre le cachou foncé d’eau de gomme, on le modifiait encore chimiquement par des sels de fer et de cuivre , par le tartrate, par les alcalis , etc.
Ordinairement on vaporise et l’on passe à la chaux ou au chromate les cachous que l’on applique dans ce genre de fabrication ; l’emploi de ce dernier agent offre l’inconvénient de toujours salir un peu le blanc.
Combinaison du genre fond blanc simple ou enlumine avec le genre fond ou mi-fond chamois ou rouille , §§ 576-578.
§ 807. L’échant. 289 rentre dans ce g'enre, qu’on a varié à l’infini, tant sous le rapport de la nuance rouille que sous celui
£ Fond blanc garance, transformé en mi-fond rouille.
des sujets et de la disposition du fond blanc transformé. Pour l’obtenir, on a imprimé à la planche :
Le mordant noir bon teint ,
Le mordant fin rouge,
Le mordant petit rouge ,
exposé à l’étendage, pour donner aux mordants le temps de se fixer , puis bousé , dégorgé et garancé en une seule fois , à raison delk,5 à 2 kil. de garance par pièce. Après avoir avivé les couleurs et purifié le fond, on a rentré un blanc réserve au jus de citron, § 576. Celui qu’on a employé ici était de à° à 6° AB. On peut aussi se servir d’un blanc réserve au tartrate chromique. Les parties blanches et rouges à conserver étant ainsi protégées , on a imprimé au rouleau un dessin picotage serré rouille, avec excès d’acétate ferreux n° 3, qu’on avait eu soin de ne pas rendre acide , pour ménager le petit ramage en points fin rouge que la réserve ne pouvait préserver. Alors on a donné au rouille le temps de s’oxider, puis rincé à l’eau
FONDS BLANCS TftANSF. EN FONDS OU MI-FONDS COUVERTS. 267 courante et dégorgé , pour faire disparaître la réserve et les parties de rouille qui n’étaient pas fixées. Quand cette couleur n’est pas convenablement oxidée, on peut passer le tissu qui en est recouvert dans une solution de chlorure de chaux , assez faible pour ne pas fatiguer les couleurs garancées. Après avoir rincé et desséché , on a rentré le vert vapeur [MSS\.
On a exécuté de très jolis articles appartenant à ce genre en fond uni chamois plus ou moins foncé , abricot. Les couleurs garancées que l’on préférait généralement étaient le puce foncé et le violet ou lilas , auxquels on associait un vert lorsque le violet dominait , et l’impression en avait lieu ou à la planche , ou au rouleau , ou à la machine à plusieurs couleurs.
Les dessins affectés à cette fabrication étaient toujours des sujets détachés , d’une grande dimension, des losanges, des carreaux, des ovales très allongés, des espèces de palmes etc., dans lesquels on retrouve ce caractère commun , que tous les contours sont de couleur foncée (puce, noir) en traits assez fortement prononcés , tandis que l’intérieur est d’une couleur lilas, rentrée avec de petits sujets blancs , réservés par la gravure, soit pour rester tels , soit pour recevoir ultérieurement du vert. Ces figures et cette disposition de couleurs permettaient au fabricant de rentrer assez exactement sa réserve pour qu’elle ne débordât que rarement la couleur foncée. Du reste , la marche était toujours la même : ainsi, après avoir imprimé, teint et avivé les couleurs garancées , on rentrait le blanc réserve , on foulardait en chamois ou en rouille , suivant la nuance que l’on désirait ; on oxidait le rouille , on lavait , on rentrait le vert vapeur, puis on rinçait et l’on desséchait.
On ne doit pas oublier que pour faire contracter au rouille une teinte abricot , il faut y mélanger du chlorure ferreux , et pour réaliser une nuance plus claire et plus veloutée , une certaine quantité d’acétate plombique , puis passer en chlorure de chaux le tissu imprégné de cette préparation , afin de donner naissance
268 m LA FABRICATION* F.\ PAftTlCt'URR ,
au suroxide plombique qui , en se mariant au rouille proprement dit, en modifie la teinte.
Nous devons faire remarquer ici un fait que nous discuterons à l’occasion des couleurs conversion, savoir, qu’on ne peut pas foularder un fond blanc, impression rouge ou rose, en fond chamois , pour y produire ensuite une impression blanc enlevage , attendu que l’acide qui sert à dissoudre le fer attaque la laque de garance à base d’alumine, et que, par la double décomposition qui s’opère , le rouge sur lequel on a superposé une préparation de fer, puis un acide, passe au puce ou au violet. Ce phénomène n’a point lieu pour les puces et les violets , qui ne sont que très faiblement attaqués dans le même cas.
Combinaison du genre fond blanc , simple ou compose , avec le
genre fond ou mi-fond gris de chrome , impression blanc
réserve , §§ 581-583.
§ 808. Ce genre , qui a encore pris naissance dans la maison Kœchlin frères, a été exécuté pour la première fois par M. Camille Kœchlin , en 1832-1833. Ce jeune chimiste obtint alors des produits très remarquables , dont on admirait surtout le rouge et le rose garancés. Ces couleurs, par l’effet du contraste, paraissaient avec d’autant plus d’avantage au milieu du fond gris-vert de chrome , que M. D. Kœchlin père avait su, par un passage en sulfate cuivrique , donner à l’oxide chromique une teinte verte plus prononcée. Nous avons vu, § 583, que l’acide arsénique , ajouté à la préparation chimique, donne encore une nuance plus intense.
Comme cette fabrication se confond avec la précédente, elle ne nous arrêtera pas longtemps. Les sujets isolés, rouge et rose , sont de petite dimension , régulièrement espacés , et souvent en colonnes ; quelquefois on les contourne de puce et de noir , auxquels on associe du violet ; mais le rouge et le rose
FONDS BLANCS TRANSE. EN FONDS OÜ Mt- FONDS COUVERTS. *269 produisent plus d’effet quand ils sont accompagnés d’un vert foncé. Lorsque le blanc réserve est imprimé , on foularde en sulfate ou en chlorure chromique , on dessèche , et l’on procède à la fixation de l’oxide , qui peut avoir lieu de deux manières , soit par l’ammoniaque, soit par le carbonate sodique. A cet égard on fait choix de la liqueur alcaline qui attaque le moins les couleurs garancées, que l’on a tout intérêt à respecter.
Combinaison du genre fond blanc , simple ou compose , avec le genre fond ou mi-fond bistre impression blanc réserve, §§ 586*588.
§ 809. Jusqu’à présent, cette fabrication n’a présenté aucun intérêt, le bistre ne se fixant, comme nous l’avons établi, que par l’intervention de bases puissantes qui altéreraient plus ou moins les couleurs imprimées sur fond blanc. On pourrait imprimer de l’acétate manganeux en mi-fonds et le traiter comme le rouille ou le chamois ; mais cette couleur est si défavorable et si peu solide , qu’on la remplace toujours avec avantage par le cachou ou les couleurs mixtes.
Combinaison du genre fond blanc , simple ou compose , avec le genre fond blanc ou mi-fond orange au suif de antimonique , § 591 .
§ 810. "Nous n’avons constaté que dans un très petit nombre d’échantillons la combinaison de ces deux genres , dont l’exécution n'est cependant pas extrêmement difficile , puisqu’il suffit d’imprimer sur les parties garancées que l’on veut conserver un blanc réserve au jus de citron , rendu légèrement mécanique, afin de prévenir autant que possible, durant l’impression, la combinaison du sulfo-sel avec le tissu. On applique au rouleau mille-points ou gravé de tout autre dessin une solution épaissie de sulfo-antimoniate sodique, qui ne pénètre que les parties non réservées, on passe ensuite en acide, pour décomposer le sulfo-sel et mettre en liberté le sulfide antimonique , puis on a recours à
un bain de sulfate cuivrique , et enfin à un léger savon , pour ramener le rouge, qui a nécessairement été modifié par les acides. C’est l’obligation de passer dans les acides, où le rouge vire à l’orangé, et de ne pouvoir rétablir la nuance primitive par les corps alcalins qu’autant qu’on a préalablement transformé le sulfide en un nouveau sulfo-sel , insoluble par des passages dans une dissolution plombique ou cuivrique , § 591 , qui rend cette fabrication difficile.
Combinaison du genre fond blanc , simple ou composé , avec le genre fond ou mi-fond vert à T arsénite cuivrique impression blanc réserve , § 593.
| 811. Ce genre a été exploité et varié dans une infinité de dessins. L’éch. 290 que nous donnons en fera comprendre le
£90. Fond blanc garance enluminé, transformé en fond vert à l’arsénite cuivrique.
procédé de fabrication. Après avoir imprimé, teint et avivé les couleurs garancées , on rentre une réserve qui. couvre le rouge et les parties blanches , puis on foularde dans une dissolution
cuivrique (acétate, sulfate, ou mélange de nitrate et de sulfate), on dessèche et l’on foularde de nouveau dans une solution alcaline d’ arsénite, qui transforme le sel cuivrique en arsénite cuivrique, ou l’on se contente de déplacer l’oxide cuivrique au
FONDS BLANCS TRANSF . EN FONDS OU MI-FONDS COUVERTS. 27! moyen d’une solution alcaline ( la chaux, la potasse caustique ), pour le mettre en liberté, et on le transforme en arsénite en teignant les pièces dans un bain d’acide arsénieux. Très souvent on rentre du vert foncé vapeur, soit à côté du rouge , soit au milieu du fond même. Quel que soit , au point de vue de l’économie et de l’éclat des nuances, l’avantage de cette fabrication , une législation sage et prévoyante devrait l’interdire.
De la combinaison d'un genre fond blanc , simple ou composé , avec le genre fond ou mi-fond jaune ou orange de chrome.
§ 812. On emploie très souvent pour soubassement l’orange et le jaune de chrome, ce dernier surtout; ces couleurs jouent un grand rôle dans certains articles destinés au Levant et à lTtalie.
Lorsque la fabrication du genre fond blanc est achevée , on rentre un blanc réserve au savon et au sulfate zincique , on imprime au rouleau une solution gommeuse d’acétate plombique ou d’acétate et de nitrate de la même base , on dessèche , on rince, et l’on passe en chromate potassique, légèrement acidulé, pour avoir un jaune-serin , et au contraire dans un bain chaud de chromate potassico-calcique , pour obtenir une nuance jaune orangé (orange de chrome).
De la combinaison du genre fond blanc , simple ou compose , avec le genre fond ou mi-fond bleu de Prusse.
§ 813. Comme le bleu de Prusse s’applique sur étoffe par voie de teinture en couleur vapeur et en couleur d’ application , la fabrication du genre complexe qui nous occupe s’effectue de plusieurs manières. On peut , par exemple, prendre le genre fond blanc, le transformer en fond rouille et le teindre en prussiate acidulé : mais alors les violets sont toujours plus ou moins modifiés parle cyanure; ou imprimer un bleu d’application au rouleau, § 777 [S 09) , sur une réserve assez forte pour résister à son action , car il est fortement acide ; ou enfin re-
*11 '1 VE LA FA Bill CATION' EN PARTICULIER
couvrir une réserve au sulfate zincique , à la craie ou à la colle, imprimée en premier lieu d’un soubassement bleu vapeur, § 730, et vaporiser. Ces trois marches conduisent à peu près au même résultat ; le bleu seul diffère d’intensité.
De la combinaison du genre fond blanc garance avec un genre fond ou mi-fond cochenille , §§ 050-652.
§ 8 1 ü . On fabrique beaucoup d’articles en fond ou mi-fond cochenille. Comme cette matière tinctoriale ne déplace pas celle de la garance et ne change d’ailleurs que fort peu durant la teinture les parties blanches de l’étoffe, on l’emploie toutes les fois que son prix le permet. On a fait, il y a quelques années , pour imiter des genres conversion , un article très digne d’intérêt, qui s’exécutait de la manière suivante.
On appliquait au rouleau un mordant fin rouge, § 039 ( dessin racine et radicelle ) , qui recouvrait toute la surface de l’étoffe ; on bousait , on garançait, on avivait, puis on imprimait par dessus , à la machine à deux couleurs, un dessin composé de bandes longitudinales mordant rouge , et de bandes transversales mordant violet. Ces deux bandes , en se coupant perpendiculairement , formaient des carreaux , dont le centre était parsemé d’un dessin dentelle , d’une gravure moins profonde, qui constituait le mi- fond. On bousait, on teignait en cochenille , et l’on obtenait des rayures longitudinales rosecochenille , traversées par les radicelles fin rouge garancé , des rayures transversales grises, qui faisaient passer au puce le fin rouge qu’elles recouvraient , enfin , un fond dentelle rose sur les parties correspondantes aux rayures de même couleur, et gris sur les parties imprimées en mordant de fer. Sans l'inexactitude qu’on observait parfois dans le rapport des rouleaux, on aurait pu confondre cette fabrication avec celle des genres conversion .
On a fait ^beaucoup d’autres articles de cette espèce, mais plus simples que celui que nous venons de décrire : c 'étaient des
FONDS BLANCS TRANSIT EN FONDS OU MI-FONDS COUVERTS. 273 puces et -des rouges ; on en contournait partiellement le sujet d’une impression blanc réserve , puis on foulard ait en mordant d’alumine , et l’on teignait en cochenille. On fait aussi de très jolis mi-fonds nankins en imprimant un rouille à l’arsenic ,
§ 578, et en teignant à froid en cochenille.
On a très souvent transformé des fonds blancs impression couleurs foncées , non garancées , en fond cochenille , avec impression blanc réserve. Il n’y a pas longtemps qu’on fabriquait un article de cette nature, où le noir garancé était remplacé par un noir d’application. On imprimait le noir d’application ou même le noir anglais (7®), et par dessus les parties qu’on voulait conserver blanches , un blanc réserve à l’arséniate potassique neutre, dans lequel on introduisait une certaine quantité de saindoux et d’essence de térébenthine. En voici la composition :
Dans 10 litres d’eau, on faisait dissoudre :
4k,250 bi-arséniate potassique , que l’on saturait de 0k,900 carbonate potassique; on épaississait avec 3k,750 gomme arabique ,
3k,750 terre de pipe , et l’on incorporait au tout, que l’on colorait par une quantité suffisante d’acétate d’indigo, 0k,600 saindoux délayé dans 0 k , 1 50 essence de térébenthine.
Après avoir appliqué cette réserve , on foulardait ou l’on imprimait au rouleau mille-points un mordant d’alumine , on dégorgeait en eau de son , on teignait en cochenille , et l’on obtenait une impression noir avec soubassement rose ou violet.
Combinaison du genre Jond blanc garance avec le genre fond ou mi-fond violet orcanette , § 655.
§ 815. Il y a une quinzaine d’années ce genre composé jouait un grand rôle dans la fabrication. On teignait des sujets détachés en fin rouge et rose garancés , liés par de légers ramages noir et puce ; on avivait , puis , après avoir ramené le fond blanc à toute sa pureté primitive, on foulardait en mordant d’alumine,
27 h DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.
et l’on déposait sur toutes les parties que l’on voulait préserver une solution concentrée de gomme arabique. Lorsque la réserve était sèche , on foulardait les pièces dans une solution alcoolique d’orcanette , § 655. La gomme , précipitée par l’alcool, se coagulait sur le tissu , dont elle conservait les parties blanches ; on exposait alors àl’étendage, pour éviter les rapplicages, et quand l’alcool avait disparu et que la matière colorante était devenue libre, on rinçait à l’eau chaude. C’est de cette manière qu’on a obtenu l’éch. 291.
f . Fond blanc garance transforme en fond orcanette enluminé*
On a imité avec beaucoup de succès ce genre de fabrication en employant des couleurs d’application. On imprimait ces couleurs fortement gommées , on passait alors les pièces dans une infusion alcoolique d’orcanette , et comme les laques faisaient réserve par leur épaississant , on obtenait toute espèce de dessins encadrés dans un fond violet. Par la même raison , on y a aussi appliqué des couleurs vapeur fortement gommées ; mais alors on foulardait en orcanette au sortir du vaporisage , avant de rincer.
De la combinaison d'un genre fond blanc garance , enluminé ou non , avec un fond ou mi-fond noir ou gris au campêche .
§ 816. On met fréquemment à profit la matière colorante du campêche pour réaliser des impressions genre soubassement sur fonds blancs garancés , soit en gris, soit en noir. Dans le premier cas , on se contente d’imprimer un mordant de fer sur le fond blanc, dont on a préalablement réservé certaines parties , on dégorge , et l’on teint à la manière ordinaire aune basse température , afin de ne pas salir le fond. Cette fabrication est la même que celle des genres qu’on obtient des matières astringentes , dont nous parlerons plus bas. Dans le second , on n’a pas recours à la teinture , attendu que pour saturer les mordants il faudrait employer beaucoup d’hématine et élever la température du bain, circonstances dans lesquelles, outre que les parties blanches du fond se salissent plus ou moins , le rouge-et le rose de garance, qu’on a tant intérêt à ménager, se dégradent ; on se contente donc d’imprimer, ou un noir fixé au chromate, éch. 163 , ou un noir fixé à la chaux, éch. 16/ï, ou même un noir d’application, tantôt seul, tantôt associé au cachou.
Rien n’est plus simple que l’impression d’un fond ou mi-fond noir fixé au chromate : après avoir recouvert d’une réserve mécanique (savon vert au sulfate zincique ou tartrate de chrome) les parties blanches ou colorées du tissu , on imprime une infusion de campêche additionnée d’acétate aluminique, on dessèche , on fixe au chromate , on rince et l’on nettoie.
Il y a quelques années, beaucoup de maisons , entre autres celles de MM. Josué Hoffer , de Mulhouse , et Eck , de Cernay, faisaient des fonds ou mi-fonds fixés à la chaux.
On imprimait un mordant fin rouge , en figures massives , telles qu’ovales de 3 à k centimètres , au centre desquelles on réservait chimiquement ou par la gravure des sujets blancs. Après le temps de repos nécessaire, on bousait, on garançait
avec addition de craie , à raison de 2 kil. de garance par pièce , on avivait , et, quand le blanc était parfaitement purifié , on recouvrait le sujet rouge d’une impression blanc réserve au tartrate de chrome , § 571 , en ayant soin de rappliquer deux fois, avec les précautions indiquées, § 527, p. 433. Quand la réserve était sèche , on appliquait au rouleau le noir composé comme suit :
On épaississait 10 lit. décoction gallo-campêche faite à raison de 1 kil. campêche et 120 gr. noix de galle par litre, avec :
U, 600 amidon,
2k,200 amidon grillé , et l’on y ajoutait 0k,650 sulfate ferreux ,
1k, 300 acéto-nitrate ferreux , à 45° A B.
Un jour après , on passait dans la cuve à roulettes remplie d’un lait de chaux porté à la température de 30 à 35° , en imprimant aux pièces un mouvement tel qu’ elles ne séjournassent qu’environ 30 à 45 secondes dans ce bain , on les exposait à l’eau courante, on nettoyait aux roues, on rinçait, on desséchait, et l’on apprêtait. Ce passage en chaux a lieu aussi, les pièces étant encadrées au champagne.
L’exécution du soubassement noir d’application diffère peu de celle-ci. Pour réaliser un genre plus compliqué que le précédent, dans lequel se trouverait un dessin noir, rouge, rose, violet garancés avec soubassement noir d 'application et cachou , on devrait imprimer :
Un mordant noir à l’amidon ,
Un mordant fin. rouge à l’amidon ,
Un mordant rose à l’amidon grillé ,
Un mordant violet tendre à la gomme ;
on bouserait à la température de 70° à la cuve à roulettes, § 531, puis à celle de 60°, durant vingt minutes, dans la cuve à teindre. On garancerait en trois heures, en élevant progressivement la température à 70°, et en employant de 1 à 2 kil. de garance par pièce, selon la nature du dessin. Après avoir parfaitement nettoyé le tissu au sortir de la teinture , on le ferait
FONDS BLANCS TRANSF. EN FONDS OU MI-FONDS COUVERTS. 277 passer dans un bain de chlorure de soude faible à la température de 65°, jusqu’à ce que le blanc du fond fût purifié , et on le soumettrait ensuite :
1° A un passage, à la température de 65°, d’une heure de durée, dans un bain contenant, pour \ 0 pièces de 50 mètres, 2k, 350 savon et 500 g r. carbonate potassique;
2° A un avivage , à la température de 20 à 40°, dans un bain de savon acidulé d’une composition d’étain ;
3° A un deuxième passage en savon semblable au premier, mais à la température de 75° ;
4° A un troisième passage en savon , à la température de l’ébullition ;
et quand toutes les couleurs garancées auraient été bien avivées et le blanc du fond purifié, on imprimerait un blanc réserve au citrate potassique , composé de :
1 0 lit. jus de citron , à 1 0° AB, saturés par ik,250 carbonate potassique, le tout épaissi avec 2k, 880 amidon grillé ,
2k, 880 terre de pipe.
On laisserait dessécher la réserve , qui peut rester pendant plusieurs jours sur l’étoffe sans inconvénient , et l’on appliquerait alors au rouleau le noir d’application ci-après :
D’une part , dans 10 lit. extrait de campêche , à 6° Æ , on fait dissoudre :
0k,250 cyanure ferroso-potassique ; on épaissit avec 4 k, 6 40 amidon, et, pendant que la couleur est chaude, on y introduit 0k,1 \ 0 alun ,
0k, 4 50 essence de térébenthine ,
0k,1 50 huile d’olive.
D’une autre , on épaissit ;
6 lit. nitrate ferreux . à 30° AB, avec 2 kil. amidon grillé.
On mélange le tout et l’on passe au tamis.
Le lendemain de l’impression de ce noir, on y superposerait le cachou B , § 569, et au bout de trois à quatre jours , temps nécessaire à l’oxidationde ce dernier, on passerait les pièces dans
la cuve à roulettes, remplie cl’un bain contenant, pour 16 à 1800 lit. d’eau, 30 kil. craie et 1 kil. bichromate potassique , qu’on aurait soin d’entretenir, après le passage de chaque douzaine de pièces, par l’addition d’environ 6 kil. de craie et 250 gr. de bichromate potassique.
Combinaison du genre fond blanc garance enlumine avec le genre fond ou mi -fond jaune bon teint , § 603.
§ 817. Les genres composés de cette espèce sont toujours en fonds unis, parce que le jaune est une couleur trop claire pour être employé en sujets déliés genre soubassement. Les articles les mieux raisonnés qui aient été faits d’après ce principe se composent de dessins extrêmement légers en violet, où l’on rencontre ordinairement deux sujets de même forme , mais de tons différents , dont l’un est toujours réservé , en sorte qu’après la teinture du fond apparaissent des sujets violet et olive au milieu d’un fond jaune clair. Ce genre était tellement goûté à une certaine .époque , qu’on l’exécutait sur étoffes de mode , (jaconas et mousseline ouvrée) , en y remplaçant souvent le violet par le fin rouge et le rose ( dessins pois , fruits de fantaisie).
Combinaison d'un genre fond blanc , plus du moins compose , avec un genre fond ou mi-fond obtenu soit de matières astringentes , soit d'un mélange de diverses matières colorantes.
§ 818. De tous les genres qui rentrent dans la fabrication que nous traitons dans ce chapitre , celui-ci a été le plus goûté ; on l’a réalisé sous mille formes diverses, tant pour vêtement que pour meubles. Ordinairement le fond blanc est formé de couleurs garancées et enluminées , mais il peut l’être d’autres substances tinctoriales. Sur l’un comme sur l’autre de ces fonds, on dépose des réserves pour abriter certaines parties du tissu , et l’on imprime ensuite au rouleau , tantôt un mordant pour mifond, tantôt deux mordants , dont l’un en traits nourris et fon-
cés, l’autre en traits déliés mille-points ou en uni, formant le fond proprement dit , tantôt, enfin , à la machine à trois couleurs , un mordant foncé , une réserve et un mordant faible. Cette réserve , qui s’applique après le mordant fort , qu’elle modifie ou non , prévient la combinaison du mordant faible avec les points qu’elle recouvre.
Dans cette fabrication , il faut avant tout faire choix de quelques gravures élémentaires , pour pouvoir , par des combinaisons raisonnées , varier à volonté la forme des fonds sans augmenter les frais de la mise en train.
Les éch. 292, 293, 29Zi , se composent de la fabrication d’un genre fond blanc garance, semblable à celle de l’éch. 288 : ils proviennent tous de la même pièce ; mais, tandis que celui-ci a été transformé en mi-fond bleu , les premiers l’ont été en couleurs de l’espèce qui nous occupe. On a préservé les parties rouges à l’aide d’une impression blanc réserve au jus de citron de la force de h à 5° AB , puis on a imprimé au rouleau :
Sur l’éch. 292 un mordant violet.
Fond blanc garance enluminé , transformé en mi-fond
couleur complexe.
Sur l’éch. 293 un mordant cannelle. On a dégorgé alors, teint dans un bain de sumac et dequercitron, nettoyé, rentré le jaune (ü$), le vert (^^), et enfin vaporisé , lavé , desséché et apprêté.
Fond ?»Ianc garancé enluminé, transformé en mi-fond.
L’éch. 29Z| appartient aussi à la même fabrication.
Fond blanc garancé enluminé, transformé en mi-fond-
Après avoir achevé le fond blanc garance , noir, fin rouge et rose , on a imprimé une réserve sur toutes les parties rouges ,
roses et blanches , destinées ou non à devenir bleues ou vertes ; appliqué ensuite, au rouleau, ou mieux au double rouleau, l’un en rayures droites , l’autre en rayures diagonales , le mordant mi-fond à base d’alumine et de fer, teint dans un mélange de lima, de quercitron et de sumac , et après avoir nettoyé , rentré le jaune , le bleu et le vert vapeur.
Nous n’entrerons pas dans le détail de tous les genres de cette fabrication ; nous nous bornerons à faire connaître en abrégé la composition des réserves des mordants , la nature et la proportion des matières colorantes qu’on y emploie.
La réserve qui s’applique en premier lieu sur les parties garancées et autres qu’on veut abriter , est une réserve au jus de citron, dont la force varie de h à 8° AB, selon l’espèce et la densité du mordant, et qu’on épaissit au léiocome et à la terre de pipe. Celle qui s’applique après le premier mordant soubassement ( mordant fort) est un mélange de tartrate de chrome , § 571, et de jus de citron, qu’on épaissit à la farine et à la terre de pipe, en y incorporant une assez forte proportion d’huile tournante , pour qu’elle ne se confonde pas avec les mordants qu’on imprime simultanément.
Mordants employés dans les genres soubassement,
41*2 . Mordant M. F. N° 1, pour rouleau.
A 10 lit. mordant rouge B, on mélange :
5 kil. pyrolignite ferreux , et l’on épaissit avec 7k,500 amidon grillé.