NOIR
§ 820. Les nuances de ces deux genres, quoique dérivant de la même matière colorante , sont engendrées par des mordants distincts, qu’on ne peut superposer sans donner lieu à des couleurs complexes; par conséquent, pour encadrer du rouge dans du violet ou du noir, il faut, ou faire d’abord le fond ou mi-fond noir ou violet avec blanc réserve , pour y rentrer ensuite un mordant rouge à teindre ultérieurement (voy . Fond noir enlumine ) ; ou imprimer en premier lieu le sujet rouge garancu, le teindre , l’aviver, et le contourner ensuite d’un mordant pour fond ou mi-fond noir ou violet qu’on teindra à son tour, mode de fabrication qui n’est que celui des fonds rentrés et teints du § précédent ; ou par une gravure appropriée , encadrer les mordants avec assez d’exactitude pour que le rouge se trouve parfaitement contourné par le violet ; mais ce procédé laisse à désirer en ce qu’au point de contact , s’il y a mélange , on aperçoit une zone qui n’est ni rouge , ni noire , ni violette ; ou bien , enfin , faire intervenir un agent chimique qui permette d’imprimer un mordant rouge faisant réserve sous le mordant de fer, qui le recouvrira , de telle sorte que , passé en garance , il se teigne comme les mordants d’alumine purs , c’est-à-dire sans développer de nuance virant au puce ou au violet.
De ces différentes voies la dernière est la seule que nous étudierons en ce moment ; nous reviendrons à la première dans le chapitre suivant ; quant aux deux autres , elles ne réclament
aucun développement : lune rentre dans la fabrication du § 819, l’autre s’explique d’elle-même.
L’idée de faire jouer aux mordants d’alumine le rôle de réserve n’est pas une invention nouvelle. La découverte du genre lapis fond bleu ayant fait ressortir tous les avantages qui résultent, pour la netteté de la fabrication, d’un encadrement exact des couleurs au milieu d’un fond bleu, on tenta bientôt d’enchâsser aussi des dessins rouges dans des fonds violets ou lilas garancés. En portant ses regards sur les produits de fabrication ancienne, on trouve que dès 1815-1816, on mettait en pratique des procédés de ce genre. Cette fabrication, délaissée pendant un assez grand nombre d’années , sans doute parce que dans le principe le rouge était toujours d’un' ton orangé , peu agréable à l’œil , fut reprise vers 1838 par M. J. Schlumberger jeune , qui livra un article teint en garance d’Alsace , dit hollandais , impression rouge encadrée dans un mi-fond soubassement violet ou. violet-grisâtre /contournant du noir, qui lui-même contournait du blanc, du bleu ou du vert. Dès l’année suivante , ce genre prit un développement que la variété des dessins , la nature des machines à imprimer et celle enfin des couleurs d’enluminage qu’on y a introduites n’ont fait qu’accroître : seulement , aujourd’hui on remplace la garance d’Alsace par la garancine et le garanceux. C’est Rouen qui a donné l’impulsion à cet égard. f Les mordants n’acquièrent la qualité de réserves qu’aux conditions qui la donnent à toutes les autres préparations de cette espèce § 547, c’est-à-dire en s’associant des agents qui présentent un obstacle physique , chimique ou mécanique à la fixation des couleurs au tissu. Les agents physiques et mécaniques sont encore ici ceux que nous avons fait connaître dans le paragraphe déjà cité. Quant aux agents chimiques , les plus capables d’-empêcher l’adhérence du fer à l’étoffe seraient les acides citrique , § 278, tartrique, § 276 , et oxalique, § 283; mais comme ces acides s’opposeraient à la fixation de l’oxide
aluminique , dans l’impossibilité de les employer, on fait usage du chlorure stanneux (sel d’étain), dont l’action réductive sur les mordants ferriques de cette espèce est depuis longtemps constatée.
Nous examinerons d’abord la nature des préparations pour mordants rouges réserves et les particularités qui peuvent se présenter dans leur emploi , puis nous présenterons quelques exemples de fabrication.
Des mordants ronges réserves sous fonds ou mi-fonds violet (rouge rongeant , rouge résiste). >
J . Mordant rouge à la perrotine .
On épaissit 10 lit. mordant rouge B avec :
2k,500 amidon grillé ,
2k,o00 terre de pipe, et l'on ajoute au tout 0^,640 chlorure stanneux (sel d’étain ).
■Â'&fP . Mordant rouge réserve à la ‘planche.
Dans 10 lit. eau colorée par le fernambouc , on délaie :
5 lit. mordant rouge 4 ; on épaissit avec 2k,120 amidon, et, à furet mesure des besoins, on ajoute à chaque kilogramme de cette couleur, au moment de s’en servir,
0k,40 chlorure stanneux (sel d’étain).
Dans l’application de ces mordants on n’a pas tardé à s’apercevoir de plusieurs inconvénients qui sont : les rapplicages auxquels ils donnent lieu toutes les fois que , durant le transport des pièces à l’étendage, des plis viennent à se former ; les taches qui sont la conséquence de l’influence du chlorure stanneux sur les mordants de fer qu’il peut toucher; la nuance raclée que contracte le rouge quand la proportion de ce chlorure est trop forte ; les infiltrations qui ayant lieu alors dans le mordant du fond, en séparent les sujets rouges par une espèce d’auréole blanche ; enfin l’action corrosive que ce sel exerce sur le mordant de fer , quand on a l’imprudence de bouser un certain nombre de pièces dans le bain où il s’est dissous en trop forte
proportion. Pour y parer, certains fabricants ont modifié ces préparations stannifères ; d’autres les ont complètement remplacées par des corps gras ou résineux qui rendent le mordant réserve mécanique. Les premiers substituent au chlorure stanneux le sulfate, l’oxalate ouïe tartrate de même base, ou enfin un mélange d’acétate basique. Voici un mordant de cette espèce :
On épaissit 10 lit. mordant rouge A avec :
P, 21 50 amidon : on y ajoute
0k,320 chlorure zincique,
2k,500 précipité d’étain, qu’on obtient en faisant bouillir durant 15 à 20 minutes
1 0 lit. mordant rouge B ,
3 kil. chlorure stanneux.
Il se produit par l’ébullition un abondant précipité d’hydrate stanneux et de sulfate tri-aluminique ; on abandonne le tout au repos jusqu’à entier refroidissement , puis on recueille sur un filtre, où on la laisse égoutter, la partie insoluble, que l’on conserve en pâte à l’abri du contact de l’air, pour s’en servir à fur et mesure des besoins.
On peut aussi former un précipité d’étain en faisant bouillir une solution de chlorure stanneux avec de l’acétate sodique ; on en retire un acétate basique que F on recueille comme le précédent, mais qu’on doit employer en moindre proportion.
Ceux qui , repoussant l’emploi de toute préparation stannif ‘ère , donnent la préférence aux corps gras , font surtout usage d’huile tournante, de blanc de baleine, de savon et d’acide stéarique.
-M30. Mordant rouge réserve mécanique N° 1.
On épaissit 10 litres mordant rouge B avec :
2k,250 gomme,
0k,250 terre de pipe, et l’on incorpore au tout
0k,20ü huile tournante.
FONDS BLANCS THANSF. EN FONDS OU MI-FONDS COUVERTS. 303 ■liMS . Mordant rouge réserve mécanique N° 2.
On épaissit 10 litres mordant fin rouge avec :
2k,800 gomme, et Ton y ajoute peu à peu I lit. eau , dans laquelle on a préalablement fait dissoudre 0k,840 savon vert.
On remplace avec avantage le savon et les autres corps gras par un mélange d’huile d’œuf et d’huile tournante.
11 nous paraît superflu d’indiquer un plus grand nombre de préparations de cette espèce ; chaque fabricant peut toujours en composer à son gré.
On imprime les mordants tantôt en partie à la main ou à la perrotine et en partie [le soubassement) au rouleau, tantôt à la machine à plusieurs couleurs. On expose ensuite les toiles à l’étendage, d’où on ne les retire que quand elles sont bien sèches, pour éviter les rapplicages qui seraient inévitables si on les rentrait encore humides dans l’atelier de teinture; on bouse à la manière ordinaire , en observant toutefois de ne pas passer un trop grand nombre de pièces dans le même bain, si l’on fait usage de préparations stannifères , surtout de chlorure , et l’on teint-en garance d' Alsace , ou en garancine , ou en garanceux aux conditions énoncées |§ 645 à6Z18. Pour aviver, on passe simplement dans un bain de son porté à l’ébullition.
L’éch. 297 a beaucoup de ressemblance avec l’éch. 1 Zi 7 ,
Rouge et puce garancine avec soubassement violet au rouleau.
§ 647; il présente, comme ce dernier, l’impression d’un blanc réserve sous lilas et puce, plus celle d’un rouge qui jouissait de propriétés réservantes , puisqu’il n’a pas été modifié par les mordants violet et puce. On y a imprimé à la perrotine :
1° Un blanc réserve à l’arséniate, ou au jus de citron, ou au citrate potassique, § 618 , destiné à prévenir la fixation du rouge et du violet, dont il coupe perpendiculairement les rayures ,
2° Un mordant rouge réserve sons le puce et le lilas,
3° Le puce.
Après l’impression du blanc, du rouge et du puce , on a appliqué au rouleau mille-points le mordant violet , qui a recouvert le puce sans le modifier , le blanc sans se combiner à l’étoffe , à raison de l’action chimique qui s’est exercée entre la base du mordant de fer et l’acide arsénique ou citrique , enfin le rouge , sans l’inÜuencer, vu la présence du corps gras de la réserve, ou l’action chimique du composé stanneux qui réduit immédiatement l’oxide ferrique, et forme avec l’oxide ferreux un composé dont l’action sur la fibre est peu sensible. On a laissé ensuite aux mordants le temps de se combiner à l’étoffe , puis bousé , dégorgé , teint en garance d’Alsace , en garancine ou en garanceux , et passé en son bouillant pour purifier le blanc, toujours un peu sali par le bain colorant .
Un examen attentif de l’échantillon fera ressortir la vérité de la remarque que nous avons faite à l’occasion des impressions réserve et enlevage , § 618 , p. 222 , car on aperçoit très nettement la réduction des dimensions du filet blanc sur tous les points qu’a coupés le rouge.
L’éch. 298 présente les mêmes nuances et le même fond que Léchant. 284 ; mais tandis que dans ce dernier le rouge apassé au puce sur tous les points où il a été recouvert par le violet , dans le premier cette même couleur est au contraire encadrée au milieu d’un fond lilas qui ne l’a en rien altéré. On a imprimé à la perrotine ou à la main :
1 ° Le mordant puce foncé A , § 617 ,
2° Un mordant fin rouge réserve, et par dessus , au rouleau ,
Lé mi-fond mordant lilas.
Fond blanc garance, avec rouge faisant réserve sous lilas.
On a bousé ensuite , dégorgé , teint en garance d’Avignon , avivé au chlorure de chaux par l’un ou l’autre des procédés indiqués § 64 2, à l'occasion des fonds blancs puce et violet, rouge et violet, et rentré le vert d’application solide. On aurait pu appliquer cette dernière couleur en même temps que les mordants, en prenant quelques précautions pour le fixage, § 795 , et pour les avivages , en faisant , par exemple , intervenir l’acide phosphorique, qui fatigue moins le vert. Quelle que soit, du reste, celle de ces deux marches que l’on suive , on se trouve toujours en présence d’une difficulté ; en effet , le vert s’applique-t-il après l’avivage des matières garancées, on n’arrive jamais à un encadrement parfait; s’applique-t-il en même temps que les mordants , on sait combien l’avivage des couleurs garancées devient délicat en présence des bleu, jauue et vert d’application solides.
L’éch. 299 offre un spécimen d’une fabrication qui a beaucoup d’analogie avec celle de l’éch. 148; nous y retrouvons un fond uni lilas avec impression noir, blanc et rouge , les deux derniers faisant ou réserve sous lilas ou enlevage sur cette
Fond lilas , fBMg»res§S«M saoir. avec blanc et rouge réserve*
nuance. L’inexactitude des rapports entre le noir et le rouge qui contournent le sujet du dessin peut être attribuée ou à un défaut de la gravure ou à un manque d’attention durant l’impression. Quoi qu’il en soit, deux moyens différents ont pu être employés pour l’exécution de ce dessin : ou l’on a imprimé à la perrotine ou au rouleau à trois couleurs :
1° Un blanc réserve, § 618,
2° Un mordant rouge réserve ,
3° Le noir,
et foulardé au rouleau mille-points le mordant lilas pour fond uni ; ou l’on a commencé par foularder en mordant violet , dégorgé à l’eau de craie, et imprimé sur l’étoffe mordancée :
\ 0 Un blanc enlevage au jus de citron ou à l’acide oxalique ,
2° Un mordant rouge enlevage sur mordant de fer ( mordant rouge additionné de chlorure stanneux),
3° Le noir,
puis fixé, teint et avivé légèrement.
La fabrication de l’éch. 300', en apparence assez peu semblable à ceux que nous venons de voir, est cependant la même : Seulement, après avoir teint les mordants en garanceux, mi y a rentré des couleurs d’enluminage vapeur. On a imprimé à la planche .
\ ° Un blanc réserve au jus de citron , au citrate ou à l’arsé niate , § 61 8, p. 22-1 ,
2° Un mordant rouge réserve à l’étain ,
3° Un mordant noir, puis , au rouleau :
Un mordant violet à dessin mille-raies obliques , qui ne paraît ni sur le blanc , ni sur le rouge, appliqués comme réserves.
SOOt Blanc et rouge réserve sous mille raies violet au rouleau ( enluminage vapeur ).
Les figures que forment les lignes obliques coupées à des points déterminés sont une imitation des hachures que l’on imprime à la main. L’impression des mordants et des réserves ac-hev é , on a bousé à la manière ordinaire et teint en garanceux , avec addition d’une certaine quantité de sumac , puis passé en son, lavé,, rentré le vert vapeur l’orange vapeur à la
graine de Perse [-MÆ] , vaporisé durant trente minutes, exposé à l’eau courante , nettoyé et apprêté.
Dans les exemples que nous venons de citer, on a réservé les parties blanches de l’étoffe à l’aide d’une substance capable de disputer à la fibre le pouvoir dont elle jouit de s’unir au mordant. Cette précaution est superflue quand on emploie la machine à plusieurs couleurs , parce qu’alors le blanc est réservé par la gravure même. L’éch. 801 nous en fournit un spécimen.
Le mordant rouge imprimé en premier lieu a été rendu réserve
301* Impression mordant rouge réserve avec violet et noir.
pour que , dans le cas du déplacement et d’une superposition du noir ou du violet, le filet rouge ne fût point endommagé.
Les produits de ce genre ont été accueillis avec la plus grande faveur, surtout ceux dont les mordants étaient teints en garaneine. On a vu, durant les années 1839-18/il , beaucoup d’articles dans lesquels le cachou et l’orange se trouvaient encadrés , le premier dans le violet et dans le noir, et faisait par conséquent réserve sous ces deux couleurs ; le second dans le rouge. Pour réaliser le genre garanceux cachou , on imprime ou un cachou alcalin , dans lequel on fait prédominer une forte proportion de corps gras qui doit faire réserve mécanique , ou un cachou ordinaire , dans lequel on introduit soit du chlorure stanneux , soit de l’acétate de même base , soit une assez forte proportion d’acide citrique ou de jus de citron, soit de l’acétate zincique , soit enfin , pour plus d’économie , du sulfate de cette dernière base.
L’orange qu’on appliquait en même temps que les mordants rouge et noir se composait d’une décoction de graine de Perse qu’on faisait bouillir avec du chlorure stanneux, pour en faire passer la nuance à l’orange; on l’imprimait comme mordant, et à la teinture l’oxide stanneux en rehaussait le ton, en attirant
FONDS BLANCS TRANSF. EN FONDS OU MI-FONDS COUVERTS. 309 un peu de la matière colorante rouge ; mais comme cette couleur peut disparaître durant l’opération, pour la conserver il faut procéder à celle-ci en présence d’une certaine proportion de son, et surtout, immédiatement après le garançage, passer les toiles dans un bain formé de cette dernière substance. Malgré toutes ces précautions , les accidents sont si fréquents que beaucoup de fabricants ont renoncé à cette couleur.
Dans le grand nombre de genres qu’embrasse cette fabrication, on retrouve tantôt un sujet rouge contourné de noir, régulièrement espacé dans un fond violet , tantôt un sujet rouge, noir et vert, engagé dans un fond ou mi-fond lilas ou violet, tantôt enfin un sujet noir, rouge , cachou , jaune, vert, encadré dans un fond violet et blanc.
Nous donnons ci-après le procédé qu’a sui\i M. J. Schlumberger jeune, de Thann , pour la fabrication du genre hollandais. On imprimait :
! 0 Un mordant rouge réserve dont voici la composition :
Dans 8 lit. eau bouillante on faisait dissoudre :
4 kil. alun , qu'on décomposait par
4 kil. pyrolignite plombique ; on épaississait le tout (liquide
et précipité), avec
5 kil. amidon grillé, et l’on y ajoutait,- à chaud ,
2 kil. chlorure stanneux ;
2° Un blanc réserve au jus de citron , composé de
6 lit. jus de citron ,
2 lit. eau bouillante , qu’on épaississait avec
2r, 750 terre de pipe,
2k,750 amidon grillé , et auquel on ajoutait
0k,048 acétate d’indigo ;
3° Le noir bon teint suivant :
A 8 lit. eau on mélangeait :
8 lit. pyrolignite ferreux , à \ 4° 4 B ; on épaississait avec
U, \ 00 amidon,
IM 00 farine, et l’on y introduisait, à chaud ,
0k,125 acétate cuivrique ,
1 k , 06 0 huile tournante.
Deux jours après l’impression du noir, on appliquait au rouleau un mordant puce en dessin mi-fond chargé , on bousait à la manière ordinaire , d’abord dans la cuve à roulettes , puis dans la cuve en rond , et l’on procédait à la teinture en opérant sur cinq pièces à la fois , avec :
41k,250 garance d’Alsace,
40 lit. décoction de quercitron, à 250 gr. par litre,
0k,640 colle forte.
On devait élever progressivement la chaleur du bain de manière à arriver en une heure à la température de 50°, l’y maintenir durant le même temps , rincer, dégorger et passer en son bouillant. Alors on rentrait le bleu ou le vert vapeur destiné à recouvrir tout ou partie du blanc réservé. Cet article était d’un très bon goût.
La maison Haussmann a fait dans le temps , en suivant une voie différente , un article de même espèce , avec soubassement double rouleau, l’un fond uni lilas , l’autre vermicelle serré violet foncé , au milieu duquel se trouvaient jetés des sujets bleu et rouge bordés de noir, ou rouge et noir, ou enfin vert bordé de noir. On commençait par plaquer les pièces dans un mordant pour fond uni lilas tendre , composé de :
20 lit. eau d’amidon grillé , à 560 gr. par litre ,
20 lit. eau ,
'1 lit. pyrolignite ferreux.
Après la dessiccation, on fixait à l’eau bouillante dans la chaudière carrée, et l’on imprimait ensuite au rouleau le dessin vermicelle en mordant violet , composé de :
8 lit. eau ,
2 lit. pyrolignite ferreux , à \ 4° AB , et l’on épaississait avec 6 lit. léiocome.
On exposait durant trois jours à l’étendage , pour donner au mordant le temps de s’oxider, on passait alors à l’eau de craie, de là à l’eau courante , on nettoyait avec soin et l’on imprimait à la machine à trois couleurs :
] 0 Le mordant noir composé de 1 0 lit. eau ,
FONDS ENLUMINES. 311
10 lit. pyrolignite ferreux, à 14° AB, que l’on épaississait avec
2k,50 amidon;
2° Le mordant rouge réserve (4129).
Après avoir de nouveau suspendu les pièces à l’étèndage durant six à huit jours , on rentrait le blanc enlevage à l’acide oxalique n°7, § 621, on dégorgeaitàl’eau de craie, à l’eau courante, on rinçait et l’on teignait, en deux fois , avec 5 kil . garance d’Avignon par pièce et une certaine quantité de colle forte.
La première teinture faite avec la moitié de la garance durait deux heures et demie; on entrait les pièces dans le bain à la température de 28°, qu’on portait peu à peu à 40°.
La durée de la seconde teinture était de trois heures et demie ; on la commençait à 28° pour la terminer à 45°.
On rinçait ensuite, on dégorgeait et l’on rentrait le vert vapeur.
Appendice à la fabrication .
§ 821 . On exécute des genres qui ont la plus grande analogie avec ceux que nous venons de passer en revue ; ils ne diffèrent qu’en ce que tantôt le fond ou mi-fond violet ou lilas est remplacé par un fond ou mi-fond rose tendre ; tantôt au contraire le mifond est conservé , mais le sujet fin rouge est remplacé par un noir ou un puce, en sorte que dans l’un et dans l’autre cas la superposition des couleurs du sujet et du fond ne présente aucun inconvénient ; la fabrication de ces genres est donc celle des éc-h. -§§ 134-135, plus les parties blançhes réservées qu’on enlumine ultérieurement.
Supposons pour un instant qu’un mordant fin rouge imprimé ait été abandonné au repos le temps nécessaire pour contracter une combinaison intime avec le tissu, que l’on ait appliqué ensuite un blanc réserve à l’arséniate n° 7, § 618 , sur toutes les parties à conserver blanches , par exemple les contours d’une fleur, des bandes, de larges rayures , et fait passer sur le tout un rouleau fond rose uni ou guilloché , éch. 25, le fond
blanc se trouvera transformé en fond ou mi- fond rose , de sorte qu’en bousant, teignant et avivant, on aura des figures fin rouge disséminées au milieu d’un mi-fond rose et des parties blanches dans lesquelles on pourra rentrer des couleurs d’enluminage. Ce genre , qui est maintenant très goûté , a reçu le nom de
Fond double rose, avec enluminage , bleu jaune et ver I vapeur ( genre Panama ).
Panama; nous en donnons un spécimen, éch. 302. On a imprimé :
I 0 Le mordant fin rouge à l'amidon ,
2° Le mordant deuxième rouge à la gomme.
On a ensuite rentré le blanc réserve à l’arséniate § 618 , afin de ménager tout ce qui devait rester blanc ou passer au bleu , au vert ou au jaune , appliqué sur le tout le soubassement au rouleau en mordant rose clair, bousé alors à deux reprises , d’abord dans la cuve carrée à la température de 65°, puis dans la cuve en rond , pendant vingt minutes ; dégorgé , teint en deux fois , en suivant toutes les précautions indiquées § 640 , enfin avivé , rentré le jaune d’application et par-dessus le bleu, qui , en touchant le premier sur certains points , y a formé du vert. Quelquefois on emploie des couleurs vapeur pour l'enluminage de ces genres.
Le même article s’exécute en noir et violet; voici l’ordre des diverses opérations :
\ 0 Impression du noir bon teint ,
2° — du violet ,
3° — du blanc réserve .
4° — du mi-fond ou fond en lilas tendre ,
5° Bousage à 55°,
6Ù Garançage en deux fois ,
7° Avivage,
8° Rentrure des couleurs d’enluminage.