DES FONDS ENLUMINÉS
FONDS BLEUS ENLUMINAGE ROSE CARTIIAME , FONDS BLEUS IMPRES¬ SION JAUNE ET ROUGE , FONDS GROS BLEU ENLUMINES , FONDS LAPIS RÉSERVE , FONDS LAPIS ENLEVÉS , FONDS VERTS , FONDS CACHOU , FONDS ROUILLE , FONDS ORANGE DE CHROME , FONDS BLEUS DE PRUSSE , FONDS ROUGE TURC ENLUMINES , FONDS GA- RANCÉS ENLUMINÉS , FONDS NOIRS , FONDS PUCES , FONDS OLIVES ET DE COULEURS COMPLEXES.
§ 822. Se borner à imprimer des dessins sur fonds blancs , ce serait se priver des ressources qu’offrent les effets physiques des couleurs , dont les nuances et le ton changent selon qu’elles se trouvent encadrées dans des fonds diversement colorés § A8/i ; il est donc du plus grand intérêt pour le fabricant de pouvoir détacher sur un fond de couleur claire ou fo cée un dessin quelconque : or, plusieurs voies lui sont ouvertes pour atteindre ce but. Il peut :
A. en suivant l’une ou l’autre des méthodes exposées dans le chapitre précédent , fabriquer un genre fond blanc et le trans former ensuite en fond couvert , soit en abritant préalablement le sujet au moyen d’une réserve § 801 , soit en le contournant à l’aide d’une planche, § 819.
B. Former un fond uni avec impression d’un sujet blanc
31 Zî DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.
enlevage ou réserve , puis recouvrir uniformément le tout d’une couleur claire : alors les figures qui paraissaient en blanc dans le fond primitif prendront la couleur du fond , appliqué après coup ; et selon la nature et l’intensité de celle du premier comparée à celle du second , il se produira un effet de superposition plus ou moins marqué, c’est-à-dire que le fond primitif conservera sa couleur ou sera modifié par celle du fond uni. Qu’on ait, par exemple , un fond noir impression blanc enlevage semblable à l’éch. 159, et qu’on le teigne uniformément en vert, les figures blanches passeront au vert sans que le fond noir soit sensiblement changé. 11 en serait encore de même si la teinture se faisait en rose ; mais si la couleur du fond primitif, au lieu d’être foncée, était claire , il y aurait nécessairement formation d’une couleur mixte , par conséquent création d’un fond différent de celui qu’on avait d’abord réalisé. Ainsi -, qu’on teigne uniformément en bleu clair, § 548 , l’éch. 15 4 , fond amarante blanc enlevage , toutes les figures qui y existent en blanc passeront au bleu clair ; mais le rouge, en se combinant avec le bleu , produira une espèce de puce. La combinaison de la fabrication de l’éch. 154 avec celle d’un fond bleu uni , éch. 53, a donc pour résultat la fabrication d’un fond couvert puce , impression bleu.
C. Procéder d’une manière inverse à la précédente , c’est-àdire réaliser un fond uni en couleur claire , et le recouvrir d’un fond couvert de nuance foncée , avec figures réservées par la gravure , qui conservent alors la couleur du fond uni , appliqué en premier lieu. Ainsi, qu’on imprime sur fonds vert tendre, rose ou lilas, un fond noir, sujet réservé par la gravure , on obtiendra des fonds de cette dernière nuance avec impression vert tendre , rose ou lilas. On arriverait au même résultat en appliquant préalablement une réserve et en plaquant un fond uni , § 801.
D. Par une méthode semblable à la précédente , former un fond d’une nuance claire de nature à être absorbée par celle des couleurs d’enluminage et imprimer celles-ci par-dessus. On
conçoit qu’ayant un fond uni, vert clair, jaune , ou rose, on puisse , si la nature chimique des couleurs le permet , y produire des impressions noir, puce , vert foncé et autres nuances , non' altérables par celles du fond , et produire ainsi des fonds unis sur lesquels apparaissent des sujets divers en couleurs foncées.
E . Fabriquer d’abord un fond uni avec impression blanc réserve ou blanc enlevage , puis opérer sur les parties blanches comme sur un fond blanc proprement dit , c’est-à-dire y rentrer successivement les mordants ou couleurs d’enluminage. On rentre ordinairement dans les parties blanches , des fonds bleus ou noirs des couleurs d’enluminage rouge , rose, etc. ; en un mot, on associe la fabrication d’un fond gros bleu avec blanc réserve, à celle d’un genre fond blanc garancé, enluminé ou non; mais il n’est pas difficile de comprendre que dans ce cas on ne peut employer pour le fond qu’une couleur capable de supporter toutes les opérations par lesquelles on fixe les couleurs d’enluminage. Ainsi , en rentrant dans un fond noir avec une impression blanc réserve, § 658, des mordants d’alumine que l’on teint ensuite en garance, on réalise un fond noir enluminé , tandis qu’on ne saurait faire subir la même opération à un fond bleu de Prusse, parce que cette couleur est en partie détruite par la teinture et par les avivages que réclament les couleurs garancées ( rouge , noir, violet). Par la même raison , il ne serait pas possible de rentrer dans un fond jaune , impression blanc réserve, des mordants d’alumine ou de fer, pour les teindre ensuite en garance , attendu que cette dernière , plus puissante que le quercitron , déplaçant le principe colorant de celle-ci en totalité ou en partie, transformerait le fond jaune en fond orange ou rouge orangé,
F. Imprimer les mordants ou couleurs d’enluminage en réserves sous fond uni qu’on applique après coup. Ce mode de fabrication offre au point de vue de l’exécution cet immense avantage que les sujets sont toujours exactement encadrés par le fond qui recouvre toute la surface de l’étoffe; il a pris nais-
sauce avec le genre lapis , et depuis s’est peu à peu étendu à
quelques autres couleurs.
G. Teindre en fond uni et imprimer des préparations qui, par elles-mêmes ou par l’intervention d’autres corps employés subsidiairement , détruisant la couleur de la partie du fond qu’elles recouvrent , apparaissent alors encadrées dans ce fond. Mais ici encore doit-on avant tout prendre en considération la nature de la nuance du fond et celle des couleurs d’enluminage ; car ces dernières se combinant au tissu tantôt comme couleurs d’application , tantôt comme mordants , il faut que les opérations du fixage dans le premier cas , celles de la teinture dans le second , puissent avoir lieu sans inconvénient pour le fond Nous nous en référons , à cet égard, au contenu de l'alinéa précédent.
C’est toujours à l’un ou à l’autre de ces modes qu'on a recours pour exécuter un fond couvert enluminé , en se guidant , du reste , dans le choix qu’on en fait sur la nature des couleurs et le degré de netteté qu’exige l’impression du dessin.
FONDS BLETS ENLUMINES.
La matière colorante de l’indigo est une de celles qui se prêtent le mieux à la formation des fonds enluminés, par la raison qu’elle se fixe au tissu sans le concours de mordants , et qu’au besoin une foule d’agents peuvent être appelés , les uns à prévenir cette fixation , les autres à détruire l’indigotine.
Les couleurs qui concourent à l’enluminage des fonds bleus cuvés sont: la carthamine , qui est généralement employée seule , le cachou , X oxide ferrique et X oxide chromique , les orange et jaune de chrome , les couleurs garancées bon teint et certaines couleurs vapeur oud 'application. Les couleurs formées du cachou, de l’oxide ferrique et de l’oxide chromique, accompagnent ordinairement les garancées.
FONDS ENLUMINES.
Fonds bleus avec dessin rose carthame .
§ 828 . Jusqu’à présent on n’a réalisé ce genre que par le mode B} c’est-à-dire qu’ après avoir fabriqué un fond bleu i foncé , moyen ou clair), § 549 , avec impression blanc réserve ou enlevage , $ 552 ; on teint les pièces en fond uni dans un bain de carthame, § 562 , et l’on obtient un fond bleu à peine changé si l’on a employé un gros bleu , mais qui vire au contraire à la nuance gorge de pigeon ou au violet évêque si l’on s’est servi d’un bleu tendre. C’est de cette manière qu’on a obtenu les éch. 303, 304.
Dans l’éch. 303, on a d’abord exécuté un fond bleu im-
SOS. Fond bleu avec impression rose carthame.
pression blanc enlevage , éch. 62, puis teint en carthame pour faire passer le blanc au rose. La teinte du fond n’est que très faiblement modifiée.
Dans l’échant. 304 , on a également employé un fond bleu, impression blanc enlevage ; mais comme ici le sablé blanc absorbe une grande partie du bleu , le rouge qui domine donne au fond une teinte violacée.
On peut aussi faire intervenir le carthame dans l’enluminage des fonds bleus , et composer avec cette substance tinctoriale une couleur rose d’application , § 565, faisant réserve méca-
DË LA FABRICATION ËN PARTICULIER
Sülo Fond I»lasic avec Impression rose earlliamc.
nique , en introduisant dans la préparation une proportion convenable de corps gras , pour cuver ensuite en bleu uni à la nuance. désirée.
Du genre fond bleu impression jaune et orange de chrome , faisant réserve bu enlevage avec bleu
§ 824. Ce genre, qu’on réalise au rouleau et à la planche, est généralement désigné sous le nom de Walter Crum , celui des fabricants qui l’a le plus largement exploité et en a porté la fabrication au degré de perfection qu’elle a acquis de nos jours. Dans le principe on détachait simplement sur fonds bleus des impressions jaune ou orange de chrome ; plus tard on a associé à ces nuances du bleu clair et du blanc.
Le jaune et l’orange de chrome , qui sont des couleurs très solides, pourraient être appliqués à l’enluminage des fonds bleus par l’un ou l’autre des modes que nous avons énumérés au commencement de ce chapitre ; mais il en est qu’on suit de préférence (le mode F) comme assurant une exécution plus correcte ; nous en parlerons d’abord.
Ce genre n’étant que la combinaison d’un fond bleu impression blanc réserve, § 549, et d’un fond blanc impression jaune ou orange de chrome, il faut de toute nécessité que le mor-
FONDS COUVERTS ENLUMINES. 34,9
daiit jaune, § 599, fasse fonction de couleur réserve.. Voici les préparations que l’on compose à cet effet.
Mordant jaune ou orange faisant réserve sous bleu de cuve N° 1 .
Dans 10 kil. solution d’acétate plombique, à 500 gr. parût., on fait dissoudre :
3k, 750 nitrate plombique; on épaissit avec 5 kil. gomme Sénégal, et l’on incorpore au tout 7k,500 sulfate plombique en pâte,
3k, 750 nitrate cuivrique le plus saturé possible.
■Itëtë. Mordant jaune ou orange réserve sous bleu de cuve [Walter Crum ) N° 2.
Dans 18 lit. eau on fait dissoudre :
20 kil. nitrate plombique,
8k500 pyrolignite plombique ; on y introduit ensuite 20 kil. sulfate cuivrique ,
1 31. 600 sulfate plombique en bouillie, et l’on épaissit avec 361,350 eau de gomme Sénégal, à 850 gr. par litre , 13k,200 terre de pipe.
Malgré la différence que ces deux réserves paraissent présenter, elles ne se distinguent en réalité que par la terre de pipe qui figure dans la seconde , puisque le sulfate cuivrique , décomposé par le nitrate, fournit des quantités correspondantes de nitrate cuivrique et de sulfate plombique.
Les fabricants ne sont point d’accord quant à la manière de traiter les toiles, sur lesquelles ils appliquent des réserves jaune ou orange. Les uns y laissent séjourner la réserve durant plusieurs jours , ce qui, selon nous, est tout-à-fait inutile ; d’autres, et M. Walter Crum- est de ce nombre , les font passer en cuve immédiatement après l’impression ou tout au plus un jour après. Du reste , selon la manière dont on cuve , on obtient le fond bleu en une, deux ou un plus grand nombre de trempes.
Dans l’établissement de M. Walter Crum , les pièces imprimées de réserve subissent •
1° Une première trempe de dix minutes dans une cuve trouble et forte qui prévient les coulages et détermine l’adhérence du sulfate plombique à l’étoffe ;
2° Cinq autres trempes de sept minutes chacune dans une cuve claire ;
3° Une dernière trempe de sept minutes dans une cuve trouble contenant un excès de chaux.
Après chaque trempe, on laisse déverdir, on rinceau trinquet, on passe dans un bain d’acide sulfurique et l’on rince de nouveau. Pour faire virer le fond à l’orangé , on agrafe les pièces au cadre, on les teint, à l’ébullition, dans un bain de bichromate potassique saturé par un excès de chaux , puis on rince et l’on dessèche.
Le traitement que nous donnons ici , quelque peu différent du précédent, fournit un orange plus agréable à l’œil.
On imprime le jaune réserve n° 1, on teint en bleu uni dans une cuve très forte, afin d’obtenir en une seule trempe, au plus en deux , la nuance désirée; on expose à l’eau courante durant une heure, pour oxider l’indigo , on laisse égoutter, on passe durant cinq minutes dans un lait de chaux à la température ordinaire , on rince à deux reprises, on bat, on immerge à la température de /|0o, dans un bain de bichromate potassique , pour transformer l’oxide plombique fixé à la toile en chromate de la même base* et l’on rince de nouveau. Alors, pour faire disparaître le bleu qui se serait fixé à l’étoffe malgré la réserve , et qui ternirait la pureté de l’orange , on fait circuler les pièces dans une eau légèrement acidulée, à raison de 375 gr. chloride hydrique par 100 litr. d’eau , afin que le chlore , développé par la mise en liberté de l’acide chromique en présence du chloride hydrique , § 359, détruise l’indigo. On lave une deuxième fois les pièces , et on les plonge dans une eau de chaux claire et en ébullition, contenant pour A00 litres eau 750 à 1,000 gr. chromate de potasse ( chromate jaune) , dans le but de régénérer le chromate plombique qui a pu être détruit par le chloride hydrique. L’effet de ce bain est immanquable pourvu qu’on ait su maintenir sur
FONDS COUVERTS ENLUMINES. 321
la toile l’oxide plombique , dont le chlorure , assez soluble , est facilement entraîné par les lavages.
C’est par des procédés de cette espèce qu’on a obtenu les éch. 305-3D6 ci-après, sur lesquels on a imprimé , en même
Fond gros Mena avec impressions Marne réserve , § 549, et orange ffaisaaiÊ résea*ve sons Mena , § GOO.
811©. Fond gros Meu avec impi'ession Manc réserve , § 549, et orange faisant réserve sons Meaa, § 600.
temps que l’orange réserve , un blanc réserve sous gros bleu
dont nous avons fait connaître la composition § 5Z|9. Dans
l’éch. 305, l’orange est assez pur; il pourrait l’être cependant
davantage.
Si celui de l’éch. 306 est plus brun, c’est que le nombre des passages en cuve, en fatiguant la réserve , toute forte qu’elle fût , a permis à l’indigo de s’y infiltrer et de salir les traits appelés à passer au jaune et à l’orange.
Quand , par cette marche, on est arrivé à produire un sujet orange et blanc dans un fond bleu, il suffit d’imprimer une solution de nitrate aluminique sur toutes les parties orange que l’on veut faire passer en jaune pour obtenir cette quatrième couleur, attendu que le chromate biplombique qui constitue T orange de chrome cède une partie de sa base à l’acide nitrique et passe à l’état de chromate neutre, § Ô9â fvoy. Fond orange de chrome).
Pour ajouter à ces nuances le bleu clair, quelques modifications sont indispensables ; il faut :
Ou teindre en bleu clair, et, sur ce fond, imprimer :
\ 0 Un jaune ou réserve de chrome appelé à fonctionner ultérieurement comme enlevage ;
2° Un blanc réserve neutre, § 549.
Puis cuver à la nuance voulue pour gros'bleu, dé verdir, passer d’abord en chromate potassique, afin de transformer l’oxide plombique en chromate , ensuite dans un bain acidulé de chloride hydrique, pour déplacer l’acide chromique , développer du chlore, et partant déterminer la destruction de l’indigo, § 359, qui formait le vert par son mélange avec le chromate plombique, et enfin en chaux et en chromate calcico-potassique, à l’effet tant de produire le chromate bibasique orange que de restituer à l'oxide plombique la quantité d’acide chromique emplojm à la destruction du bleu.
Ou imprimer le jaune ou l’orange réserve, puis un blanc réserve destiné à devenir petit bleu, teindre en gros bleu, ehromater, nettoyer, cuver en petit bleu , passer en chloride hydrique ou en acide oxalique bouillant pour détruire le bleu
FONDS COUVERTS ENLUMINES.
qui ternit l’orange , chromater de nouveau et former l’orange.
Ou imprimer en jaune réserve, teindre en petit bleu uni, nettoyer, puis rentrer une réserve ordinaire sur le petit bleu et le jaune, teindre en gros bleu la nuance voulue , nettoyer de nouveau et passer en chromate ; mais , dans ce cas , l’encadrement est toujours moins exact , vu le déplacement que le mouvement de la toile fait éprouver à la réserve.
Ou, suivant une marche inverse , teindre un fond gros bleu, impression blanc réserve , dont le sujet se compose de toutes les parties aptes à devenir petit bleu, blanc et jaune, rentrer dans ces parties blanches : 1° un blanc réserve ordinaire , 2° un jaune ou orange réserve , puis passer en cuve. Les parties gros bleu deviennent alors d’une teinte bleue plus foncée , les blanches passent au bleu clair, et quant à celles qui sont réservées , les unes restent blanches , les autres , celles que recouvre une préparation de plomb, passent au jaune ou à l’orange , selon qu’on plonge les pièces dans une solution de chromate potassique seulement ou dans une solution de chromate calcicopotassique.
Ou bien, enfin , en enlevant tout ou partie de l’indigotine, § 553, réaliser des impressions petit bleu et blanc. Alors, après avoir introduit un sel plombique , le sulfate, par exemple, dans la préparation qui doit fournir le blanc , on passe en chaux , puis en chromate , et l’on obtient immédiatement Fenluminage jaune ou orange.
Les éch. 307, 308, qu’a bien voulu fabriquer à notre intention M. G. Steinbach , sont dus à l’une ou à l’autre de ces méthodes. Si c’est à la première , il a fallu d’abord former un fond uni petit bleu du ton de celui qui apparaît , imprimer au rouleau :
4° Un blanc réserve sous bleu, § 549,
2° Un mordant jaune ou orange réserve sous bleu;
cuver gros bleu, comme s’il s’était agi de produire l’éch. 59,
puis, après avoir nettoyé, passer en bichromate potassique pour former du chromate plombique, décomposer celui-ci dans un
POlld fim'A/f» «vnitwaCfiSAVi
bleu réserve.
S®§, Fond gros bleu avec
§ 550, et jaune réserve, § 559.
bain de chloride hydrique ou un mélange de ce dernier et d’acide oxalique , enfin passer de nouveau en chromate, pour r établir le jaune, et ensuite en chromate calcico-potassique.
FONDS COLVERTS ENLUMINES.
Pour réaliser le jaune qui se trouve sur l’éch 308 , ou l’on forme l’orange, et par un bain acidulé d’acide acétique ou de nitrate aluminique on ramène l’orange au jaune-serin , en enlevant une portion de l’oxide plom bique , ou l’on teint en bichromate immédiatement après avoir déterminé la destruction du petit bleu.
Si c’est à la seconde , on a dû imprimer sur toile blanche l’orange et le blanc réserve , cuver le gros bleu, chromater, nettoyer, cuver le petit bleu , et , pour le reste des opérations , se conformer au cas précédent.
30®. Fond gros bleu avec impression petit bleu et jaune réserve.
Les éch. 308, 309, qui sont d’une fabrication anglaise, n’ont pas été faits différemment. L’impression du blanc et du jaune réserve y a eu lieu avec une gravure en relief à la planche , à la perrotine ou à la plombine ( métier à surface). Au dire de ceux qui ont visité l’établissement de M. Walter Crum , cet habile fabricant imprimerait beaucoup d’articles de cette espèce par cette dernière machine.
Remarquons , du reste , la disposition du dessin et le soin qu’on a pris d’encadrer le bleu foncé dans le jaune clair du su-
3fO. Fond gros bien avec impression petit bleu et jaune réserve.
jet ; il y a ainsi contraste de couleurs , et la complémentaire du jaune, le violet, en s’ajoutant au bleu, le fait paraître beaucoup plus intense que celui qui est encadré dans le bleu clair.
Toute cette fabrication gros bleu avec petit bleu , jaune et orange de chrome, se compose en définitive de deux fabrications élémentaires, celle du fond bleu, impression petit bleu réserve, § 550, et celle d’un bleu clair, impression jaune enlevage faisant réserve sous gros bleu; mais ces moyens que nous venons d’indiquer ne sont pas les seuls qu’on emploie pour la réaliser; il y en a plusieurs autres qu’on applique avec plus ou moins d’avantage, selon les genres de dessins qu’il s’agit d’exécuter. En général , de nos jours , on évite autant que possible les réserves à la cuve, qui demandent des manipulations plus délicates et plus longues et rendent la fabrication plus dispendieuse , vu la difficulté d’utiliser tout l’indigo ; on préfère réaliser des enlevages sur fonds bleus unis. C’est ainsi qu’on a exécuté l’article que nous traitons , en mettant à profit cette particularité que , si l’on passe en cuve une étoffe dont quelques points ont été recouverts de suroxide manganique, ces derniers attirent plus d’indigo que
FONDS COUVERTS ENLUMINES. 327
les autres. Après avoir cuvé un' tissu ainsi préparé, le temps nécessaire pour teindre les parties blanches en bleu clair, on n’a qu’à détruire le suroxide manganique pour y faire apparaître nettement un bleu clair sur un bleu foncé.
D’après ce procédé, sur un fond uni teint en suroxide manganique, éch. 79, on imprimait :
a. Un blanc enlevage sur bistre (acide tartrique et chlorure
sodique),
b. Un blanc enlevage faisant réserve sous bleu (acide tar¬
trique, sels de cuivre ou de zinc),
c. Enfin un jaune enlevage sur bistre faisant réserve sous
bleu (sels de plomb, acide tartrique et sels zinciques).
On passait en cuve, on nettoyait : alors les parties recouvertes de l’enlevage a se présentaient avec une teinte bleu clair, les parties recouvertes de l’enlevage b en blanc, ainsique les parties recouvertes de l’enlevage c, qui passaient au jaune lorsqu’on venait à teindre en bichromate potassique. Quant aux parties où le suroxide n’avait été recouvert d’aucun enlevage, et qui , par conséquent , étaient devenues noirâtres , il suffisait de les mettre en contact avec un agent réducteur capable de détruire le suroxide manganique , pour que le bleu y apparût à peu près avec la nuance qui lui est propre. Cet agent réducteur était ordinairement le chlorure stanneux , auquel l’acide sulfureux est de beaucoup préférable.
Un fabricant qui dispose de rouleaux métalliques inattaquables par les acides pourrait teindre un fond gros bleu uni et imprimer :
1° Une solution de sulfo-arsénite potassique associée à une assez forte proportion de terre de pipe. Le sulfide réduirait l’indigo, et la terre de pipe s’emparant , en vertu de son pouvoir happant, d’une partie de cette substance tinctoriale rendue soluble , en abaisserait la nuance foncée à celle d’un bleu clair ;
2° Une solution d'acide nitrique pour détruire l’indigo et produire du blanc ;
3° Une solution du même acide, épaissie avec une forte proportion de sulfate plombique.
En faisant passer les pièces dans un lait de chaux au sortir de l’impression , il obtiendrait un petit bleu et du blanc dont les parties renfermant de l’oxide plombique se transformeraient en jaune par un passage en chromate potassique.
Enfin, en opérant encore sur un fond bleu dont le tissu serait parfaitement sec, on pourrait imprimer :
! ° Une solution de sulfo-arsénite potassique pour réduire l'indigo;
2° Une solution gommeuse très claire avec addition d’une certaine quantité de terre de pipe destinée à prévenir les coulages ;
3° Une solution gommeuse mélangée d'une certaine quantité de sulfate plombique.
En passant les pièces , au moment où elles sortent de la machine, dans une petite chambre ou cheminée en plomb , renfermant du chlore gazeux , on détruirait instantanément l’indigo sur tous les points simplement mouillés d’eau de gomme plombifère ou non ; quant aux parties que le sulfo-arsénite et la potasse auraient touchées , elles resteraient intactes, pourvu qu’on eût eu soin d’introduire dans la couleur une certaine quantité d’acide arsénieux, par suite de faction indirecte que le chlore exercerait sur cet acide avant d’agir sur l’indigo. On immergerait ensuite en chaux pour fixer le plomb, en chromate pour former le jaune, et l’on aurait du gros bleu, du petit bleu, du blanc, enfin du jaune , qu’il est toujours facile de faire passer en partie ou en totalité à l’orange.
Si rien n’empêche jamais de produire par cette méthode du blanc et du jaune, il n’en est pas de même du petit bleu , que doit donner la réduction ou la dégradation du gros bleu, parce que cette réduction est souvent irrégulière.
Nous ne dirons rien des autres voies qui conduisent au même but ; toutes présentent des inconvénients au point de vue de l’exécution.
FONDS COUVERTS ENLUMINES.
Combinaison du genre fond gros bleu impression blanc réserve , (éch, 56), avec un fond uni fin rouge garance.
§ 825. Lorsqu’on passe un fond bleu , impression blanc enlevage ou réserve, en rose carthame , comme cette matière colorante ne modifie pas sensiblement le bleu, § 823, on obtient un fond bleu avec impression rose; mais les choses ne se passent plus ainsi lorsqu’au rose de carthame , éch. 68, on substitue un rouge de garance. Celui-ci, en s’ajoutant au bleu , le fait paraître noir et d’un ton plus ou moins franc , selon la proportion relative des deux couleurs . Celui de l’éch. 311 a une teinte rou •
311, Fond bleu avec impression blanc réserve, sur lequel on a superposé un fond rouge garance.
geâtre, parce que le bleu du fond n’avait que le ton de l’éch. 59, tandis qu’on aurait dû l’employer au même degré d’intensité que celui de l’éch. 56. C’est un point auquel on ne peut être trop attentif, attendu que le rouge , qui , par un effet de contraste , § 484 , paraît toujours avec avantage dans un fond noir pur, est au contraire défavorablement impressionné par un fond brun.
L’exécution de ce genre est très simple : on imprime un blanc réserve sôus gros bleu , et l’on teint en cuve à la nuance voulue , en suivant à cet égard toutes les indications données § 549, éch. 56. Dans cette première phase, l’essentiel est d’employer
une réserve qui pénètre bien la fibre et conserve au blanc toute sa pureté ; sous ce rapport , la réserve au nitrate cuivrique , n° 2 , § 549, est parfaitement convenable. Le fond gros bleu, impression blanc réserve , réalisé , on plaque dans le mordant rouge A, à 10° ^4 B , on fait sécher, deux jours après on bouse à la manière ordinaire , on teint en garance , en portant peu à peu la température jusqu’à 70° dans l’espace de deux heures et demie et en la maintenant à l’ébullition durant une demi-heure , on donne ensuite deux passages en savon à la température de 80°, puis on passe en acide faible, et enfin l’on donne un dernier passage en savon à l’ébullition .
On exécute ce genre d’une manière plus prompte, pour ce qui concerne le bleu , en suivant une marche inverse :
On teint un fond bleu uni, et, à cet effet, n’ayant pas à tenir compte des réserves , on peut utiliser les cuves les plus faibles jusqu’à épuisement ; quand on est arrivé au ton désiré, on procède à l’enlevage du bleu sur tous les points qu’on veut faire passer au rouge , en se servant du chromate potassique , | 552 ; mais , outre que cette méthode d’enlevage est dispendieuse , elle n’est favorable que pour les fonds de nuance moyenne. On réussit mieux en imprimant un mastic gras ou résineux à l’aide d’une gravure mate , dans laquelle le dessin blanc se trouve réservé ,* et en passant ensuite les pièces dans un liquide qui renferme un agent capable de décolorer l’indigo. Voici le procédé que l’on suit dans ce cas :
On compose une réserve mécanique en épaississant 10 lit. d’eau avec :
2k, 500 gomme Sénégal ,
5 kil. terre de pipe, et en incorporant au tout ]k,250 huile d’olive ,
!k,250 saindoux.
Comme la quantité de corps gras qui se rencontre dans cette préparation lui fait jouer un rôle purement mécanique, pour lui donner des qualités chimiques .qui préservent le bleu des
FONDS COUVERTS ENLUMINES.
atteintes de l’agent oxidant qui doit intervenir ultérieurement , on y introduit soit du chlorure stanneux , soit de l’acide arsénieux, soit tout autre corps qui puisse s’oxider avant l’indigo. La proportion de chlorure stanneux qu’on emploie varie avec l’intensité du bleu ; elle est de 5 kil . pour le bleu moyen , de 6 kil. pour le bleu foncé'; il va sans dire qu’ alors on fait dissoudre ce sel dans les 10 lit. d’eau , avant de procéder à l’épaississage.
Quand on se sert d’acide arsénieux on l’emploie sous forme d’arsénite sodique en solution , en remplaçant le volume d’eau indiqué par un même volume de cette solution , marquant 10 à 15° A3, selon l’intensité du bleu , dans laquelle on fait dissoudre la gomme, pour y incorporer ensuite la terre de pipe et les corps gras.
Lorsque la réserve est desséchée, on passe brusquement dans un bain chauffé à la température de 35 à l\ 0° et composé de 1 partie acide nitrique, à 36MB, pour 1 partie d’eau, à l’effet d’oxider et de détruire l’indigo. En retirant les pièces de ce mélange , on' les lave dans une eau qui retient une partie de l’acide et sert à reconstituer de nouveaux bains , puis à l’eau courante, où on les laisse exposées 30 ou ZiO minutes, temps suffisant pour faire disparaître les dernières portions d’acide dont elles pourraient encore être imprégnées. On les rince alors, on les nettoie au clapeau ou au battoir , et pour enlever la réserve, on les fait entrer dans une petite cuve à roulettes , pleine d’eau portée à l’ébullition. Elles y arrivent par une des extrémités pour en sortir par l’autre, qu’on a soin de garnir d’une espèce d’étui destiné à empêcher le corps gras qui surnage à la surface du bain de s’attacher de nouveau à l’étoffe. De là elles passent dans une eau de son bouillante à laquelle on mélange un peu de carbonate sodique, pour les débarrasser des dernières parties de graisse. Quand l’enlevage a été bien effectué , on transforme le fond bleu en fond noir avec dessin rouge. A l’égard de cet enlevage, le fabricant n’a jamais de mécompte à crain-
dre , s’il s’est préalablement assuré , en plongeant dans le bain acide un petit échantillon recouvert de réserve , que la température n’est pas trop élevée , que l’açide est assez énergique , enfin que le bleu est parfaitement détruit sur les points d’où il devait disparaître, et au contraire réservé sur les autres.
Avec une réserve de la nature de celle dont nous venons de donner la composition , on remplace avantageusement, pour l’enlevage, l’acide nitrique par un grand nombre de liquides. On peut passer les pièces dans un bain chauffé à une température inférieure à celle du point de fusion de la réserve et composée :
Soit de chloride hydrique et de ch romate potassique ;
Soit de chloride hydrique et de chlorate potassique;
Soit de chloride hydrique et d’acide nitrique ;
Soit d’une solution de chlore.
Ou bien encore les humecter d’eau et les faire circuler dans une atmosphère de chlore gazeux. Comme l’un et l’autre de ces moyens conduisent au même but , on se laisse guider à cet égard par des raisons d’économie.
Enfin , si le dessin le comporte, rien n’empêche d’imprimer au cylindre en plomb , gravé en relief , plusieurs de ces dissolutions : en détruisant immédiatement le bleu , elles font reparaître le blanc, et cette marche est beaucoup moins dispendieuse que les précédentes.
On a réalisé avec succès le même genre en remplaçant la garance par un mélange de cette racine et de quercitron. On obtenait ainsi un fond d’un noir pur avec une impression orange d'une nuance d’autant plus prononcée qu’on faisait prédominer la matière colorante jaune.