‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 5)Chapitre 139 sur 183 · Mordant rouge réserve N · texte numérisé non relu

Mordant rouge réserve N

On épaissit 10 lit. mordant A coloré avec :

4k,920 gomme Sénégal ,

2k,1 20 terre de pipe , et , quand le tout est parfaitement homogène, on y introduit 0k,500 nitrate cuivrique ,

0k, 400 huile tournante.

Mordants noir sous bleu lapis. Comme les mordants de fer ne sont point attaqués par la chaux et que le bleu, en s’ajoutant au noir, ne fait qu’en relever le ton , il semble au premier abord que les mordants noir lapis devraient être les mêmes que ceux dont on se sert pour les noirs garancés ordinaires ; mais des considérations spéciales font qu’on emploie souvent de préférence des espèces de noirs d’application.

Les premiers , en effet , ne se teignent bien et ne se saturent qu’à une température élevée : or, dans la teinture des lapis sur lesquels se trouvent du noir et du rouge , on est en présence de deux difficultés : veut-on saturer de matière colorante le mordant de fer, on est obligé d’élever la température du bain, circonstance dans laquelle le rouge devient toujours plus terne, les parties blanches se salissent et le bleu se dégrade ; veut-on, pour éviter ces inconvénients, garancer à une basse température , le mordant noir n’est point saturé , et pour peu qu’on veuille blanchir le fond et aviver le rouge , le noir se trouve dégradé et devient brun-rougeâtre. C’est pour se mettre à l’abri de ces deux écueils qu’on a eu l’idée d’imprimer , pour noir lapis , le noir d’application à la chaux , § 660, éch. 16A, qui se fixe dans les circonstances mêmes où l’on teint en bleu sous l’influence de la chaux, et qui n’exige pas que le garançage soit poussé aussi loin.

44s. Mordant noir bon teint lapis ,

On épaissit 10 lit. pyrolignite ferreux , à 6° AB, avec : 0k,250 amidon , et l’on ajoute 0k,1 60 nitrate ferreux.

M. Thompson épaissit de préférence à la gomme.

JUlfB . Noir cT application lapis .

On épaissit 10 lit. décoction gallo-campêche avec :

1k,200 amidon, et l’on y ajoute 0k,320 sulfate ferreux ,

0k, 160 sulfate cuivrique ,

1k, 560 nitrate ferreux.

A&O. Mordant olive réserve sons bleu lapis.

On mélange 10 lit. mordant ronge S à ;

10 lit. pyrolignite ferreux, à 6° TB; on épaissit avec 9 kil. gomme arabique,

18 kil. terre de pipe, et l’on ajoute au tout 2k,50 chlorure zincique ,

2k,5 chlorure mercurique.

4i%i . Mordant aventurine réserve sous bleu lapis.

On mélange 8 lit. mordant rouge B à :

2 lit. pyrolignite ferreux , à 6° TB; on épaissit avec 2k,500 gomme Sénégal ,

4k, 400 terre de pipe, et l’on fait dissoudre dans le tout 0k, 630 chlorure mercurique ,

0k,630 chlorure zincique.

Mordant gris réserve sous bleu lapis.

On épaissit 10 lit. pyrolignite ferreux, à 1°AB (faible), avec : 2k , 5 0 0 gomme arabique ,

6 kil. terre de pipe , et l’on y ajoute 0k,625 chlorure mercurique ,

0k,625 chlorure zincique ,

0k,1 00 laque d’étain au campêche.

Nous ne dirons rien des autres mordants réserve pour couleurs complexes dans lesquels il entre du fer, puisqu’ils ne sont jamais que le mordant rouge réserve additionné de proportions de pyrolignite ferreux , qui varient selon la nature de la nuance que l’on veut réaliser. Indépendamment de ces mordants , on imprime encore des cachous et des rouilles , dont il sera fait mention dans des paragraphes spéciaux,

Gravure. C’est dans ce genre surtout, qui a pour caractère essentiel une juxtaposition rigoureuse du blanc -et du rouge, que toutes les planches d’un dessin doivent se rapporter avec la plus parfaite exactitude, afin que toutes les nuances s’enchâssent rigoureusement l’une dans l’autre. Nous avons vu qu’on est dans l’habitude de contourner les figures par des lignes, des hachures ou des picots imprimés en blanc réserve sous mordants. On ne saurait donner trop de soin à la gravure de ces lignes , qu’elles soient continues ou brisées , qu’elles forment zigzags à angles droits ou aigus. Toutes les fois , en effet, qu’ elles se coupent perpendiculairement , et , à plus forte raison , lorsqu’elles se coupent obliquement, elles peuvent se réunir à une distance plus ou moins grande de leur point d’intersection , et donner ainsi naissance à des traits irréguliers provenant de ce que la réserve, pour peu quelle soit trop pressée au moment où elle est déposée sur le tissu , amène par les bavures ou espèces de bourrelets qu’elle forme ordinairement , la fusion des traits qui devaient rester distincts. Pour obvier à ces accidents, on forme les zigzags à angles obtus, ou, si les lignes se coupent à angles droits, on laisse un léger intervalle entre les deux points qui doivent se toucher.

Impression. Lorsqu’on imprime les lapis au rouleau, un point essentiel est de composer des réserves qui se détachent bien des cavités de la gravure et n’aient que le moins d’aptitude possible à se confondre : autrement, le blanc réserve sous mordant, se mélangeant au mordant noir, en diminue la force. Les mêmes précautions sont à prendre dans l’impression à la planche.

Ordinairement on imprime en premier lieu , surtout quand le noir domine, un blanc réserve sous mordant à Y àrsèniate ou au citrate , en traits déliés qui contournent des figures noir et rouge et apparaissent au centre des parties massives. Comme ces préparations sont toujours plus ou moins recouvertes par les mordants réserve qu’on y applique après coup, on doit prévoir les accidents auxquels peut donner lieu le fait même de cette super-

position. Admettons qu’on ait imprimé un blanc réserve au citrate cuivrique et quon ne lui ait point laissé le temps de se dessécher, ou qu’il soit de nature à se mélanger au mordant réserve qui viendra le toucher, il y en aura inévitablement une certaine quantité transportée sur le châssis du mordant réserve, et de cette seule cause dériveront deux ordres de défectuosités : d’une part, les parties qui doivent être d’un blanc pur et paraître en traits réguliers resteront d’autant plus sales et déformées qu’il y aura eu plus de blanc réserve enlevé par l’effet mécanique ; d’une autre , les teintes que fournissent les mordants réserve seront plus ou moins ternes , selon les doses variables introduites dans le châssis de deux éléments qui , à des conditions différentes , réagissent défavorablement sur la teinture, savoir, l’acide citrique , qui , en se combinant à l’alumine, la rend impropre à s’unir à l’étoffe , § 279 , et l’oxide cuivrique, qui , en s’ajoutant au mordant aluminique, lui fait prendre des teintes plus sombres. 11 faut donc donner au blanc ou au mordant réserve imprimé en premier lieu le temps de se dessécher et de contracter assez de cohésion pour n’être ni mouillé ni détaché par les préparations qui seront appliquées postérieurement et les recouvriront, ou, pour se soustraire à ces longueurs, composer des couleurs qui puissent se superposer sans se confondre l’une avec l’autre. C’est un résultat qu’on obtient par l’intervention soit d’ épaississants convenablement choisis, soit de corps gras.

Les accidents que nous avons signalés sont beaucoup plus à craindre avec la réserve au jus de citron qu’avec celle à l’arséniate, et cependant la première doit toujours être employée quand il s’agit de ménager des parties blanches sous des mordants de fer (puce , cannelle , carmélite ) , vu que dans ces cas la seconde ne préserve jamais aussi bien le blanc.

Lorsque la première main a été imprimée en blanc réserve, quelques fabricants exposent les pièces au séchoir chaud. Cette pratique , qui détermine des changements dans les dimensions

de l'étoffe, provoque immanquablement , quand les dessins sont délicats, des défauts d’encadrement ; néeux vaut donc laisser les pièces dans la même salle et dans les mêmes conditions, et rentrer immédiatement le mordant réserve noir ( deuxième main) ; mais alors il faut que le blanc réserve sous mordant soit convenablement épaissi et puisse se dessécher promptement. Sous ce rapport, on ne peut trop donner d’attention à la nature et à la dose de l’ épaississant.

Après l’impression du noir, on rentre ordinairement le mordant rouge réserve. Dans certains établissements , cependant , on ne procède à cette opération qu’ après avoir laissé le tissu durant 50 à 60 heures dans une chambre chaude. Pour éviter la difficulté des rapports et la perte de temps qui sont la conséquence de cette exposition à l’étuve , on introduit dans les mordants réserve des corps qui en préviennent le mélange.

Il va sans dire que , selon la nature des sujets , il peut y avoir ou non lieu à rapplicage. Les dessins fins , filets , 'picotages , s’impriment en un seul coup de planche ; les parties massives, au contraire , réclament un rapplicage. Le premier coup de planche, donné légèrement , sert à mouiller la fibre; le second, plus fort , à y faire pénétrer les couleurs. C’est un résultat qu’on a surtout intérêt à obtenir quand on imprime le blanc réserve ordinaire , puisque les parties destinées à rester blanches ou à recevoir des couleurs d’enluminage doivent être aussi pures que possible. Il faut, du resté, n’enrouler les pièces que lorsqu’elles sont tout-à-fait sèches, pour prévenir toute décharge des parties imprimées sur le fond blanc.

Exposition. Lorsque les pièces sont imprimées de blanc réserve sous bleu , de blanc réserve sous mordant , enfin des divers mordants réserve, on les expose dans un étendage à un air humide et chaud , qui détermine la décomposition des acétates et favorise la combinaison des oxides avec la fibre. A cet égard, un fabricant instruit, en composant des mordants convenables, obtiendra toujours , avec une décomposition régulière de ces

auxiliaires , des produits uniformes à la teinture, s’il maintient à des degrés déterminés la température et l’humidité de toutes les parties de l’étendage , qui ne doit en conséquence avoir que la hauteur nécessaire pour que les pièces puissent y être suspendues par les lisières.

Comme les sels magnésiques préviennent la dissolution de l’alumine dans la chaux , § 795, p. 233, il y aurait à examiner si les essais faits par M. Hirn , pour la fixation simultanée du bleu et du vert solides avec les mordants, ne seraient pas applicables aux lapis.

Cuvage. Le cuvage de ces impressions blanc réserve sous mordant, blanc réserve et mordant réserve sous bleu, se fait tantôt au champagne, fig. 147, tantôt à la cuve à roulettes, fig. 148. En Angleterre, et dans beaucoup de fabriques de France, c’est à ce dernier procédé qu’on donne la préférence. On doit toujours monter cette cuve avec un grand excès de chaux, tant pour combattre la tendance prononcée à la saturation de tous les éléments déposés sur l’étoffe que pour donner au bleu une teinte plus franche, en dépouillant l’indigo tine de la résine qui l’accompagne, et pour prévenir les coulages. La cuve bleue doit être d’ailleurs assez forte pour que dans un passage de 2 à 3 minutes le tissu contracte la teinte voulue. Après cette opération, les uns déverdissent à l’air pendant 5 à 6 minutes et exposent ensuite durant quelques -heures à l’eau courante, où l’oxidation de la matière colorante bleue se complète parl’oxigène que ce liquide tient en dissolution ; les autres passent d’abord dans une solution de chlorure de chaux extrêmement faible, puis à la rivière, pour humecter l’épaississant et en favoriser la dissolution et la désagrégation durant les opérations du bousage ou du fixage proprement dit des mordants. Lorsque cette opération à l’eau courante a été suffisamment prolongée, ou qu’on a fait circuler le tissu dans un baquet, fig. 157-158, ou enlève par un dégorgement mécanique la plupart des parties solubles et insolubles déposées sur la toile , on bouse à la tem-

pérature de l’ébullition , la première fois , durant 30 minutes , dans un bain contenant un grand excès de bouse , la seconde dans la cuve à teindre ; on dégorge de nouveau aux roues ou au plateau-battoir, on bouse une seconde fois, soit dans un nouveau bain , soit dans l’ancien , rafraîchi par l'addition d’une certaine quantité de matière fécale , et l’on dégorge pour la

Fig. '157.

dernière fois jusqu’à ce que l’eau exprimée des pièces en sorte parfaitement claire. On a alors une étoffe fond bleu , avec sujet blanc réserve et mordant réserve ; il n’y a plus qu’à procéder à la teinture en garançage.

C’est pour des opérations de cette espèce que l’on emploie avec avantage les baquets a, a , fig. 157-158, surmontés de tourniquets c , b , sur lesquels on manœuvre les pièces , où l’on peut renouveler l’eau à volonté moyennant la soupape A, g , et même la chauffer au besoin par l’introduction d’un jet de vapeur.

Cette dernière opération , qui , dans le principe , se faisait avec la garance d’Alsace ou de Hollande, s’exécute maintenant avec la garance d’Avignon, additionnée, parkil., de 30 à 40 gr. colle forte , qui l’empêchent de ternir et de dégrader la nuance du bleu. La quantité de garance varie nécessairement avec le sujet mordancé qu’il s’agit de teindre ; elle est communément de 3 à 6 kil. par pièce. On garance ordinairement en deux fois , en ajoutant à chaque bain une assez forte proportion de sumac, autant pour ménager les parties blanches, qu’il est si important de conserver pures, que pour aider à la teinture et à la saturation des mordants ferrugineux. Le rôle de la colle et du sumac est ici très simple : le tannin du sumac se combinant à la chaux forme un composé qui, momentanément soluble, entre bientôt en combinaison avec la gélatine et devient impropre à adhérer à l’étoffe. En traitant du garançage , nous avons signalé la coloration rouge des parties blanches et constaté que cette couleur, qui salit le fond, n'est autre chose qu’une combinaison de la matière colorante de la garance avec la chaux ; c’est ce même composé qui se combine aux parties blanches et bleues en l’absence de la colle et les dégrade.

Avant de procéder au garançage des lapis, dans plusieurs établissements on fait subir aux toiles un traitement particulier. M. D. Kœchlin ayant observé que le cuivre, qui peut se trouver sur ces toiles au moment où elles passent à la teinture, ternit soit le blanc , soit les laques , ou même annule le garançage , a soin,

pour prévenir ces fâcheuses influences , de faire précéder la teinture d’une immersion dans un bain légèrement ammoniacal, où l’oxide cuivrique se dissout. On peut aussi foularder les pièces dans une solution d’acide acétique et les abandonner au repos dans cet état ; il suffit alors de rincer dans une eau ammoniacale , pour que le cuivre disparaisse. Qu’on soumette ou non les toiles à ce dernier traitement , une fois le garançage achevé , on dégorge avec le plus grand soin ; mais comme le blanc n’est jamais parfaitement pur, quoi qu’on fasse, et que les couleurs n’ont point encore la vivacité des nuances garancées à la manière ordinaire , on fait subir au tissu des passages en son à l’ébullition, qu’on fait suivre, s’ils ne suffisent pas , d’une exposition d’un ou deux jours sur le pré.

Quand on vise à des nuances complexes , § 674 , dont la formation réclame plusieurs matières colorantes , il faut avoir soin de procéder par voie de transformation , c’est-à-dire teindre d’abord en jaune et à saturation , puis passer dans un bain de garance, additionné ou non d’une certaine quantité de bois rouge , destinée à déplacer une portion de la matière colorante jaune et à former avec celle qui reste la nuance complexe cherchée. C’est ainsi qu’on réalise les fonds olive, aventurine , puce, lapis, etc. ; après la teinture, on doit passer en son.

Rentrure des couleurs d enluminage . Après avoir fait subir <aux pièces les diverses opérations exposées ci-dessus , on y rentre ordinairement du jaune et du rose. On applique la première de ces couleurs , ou sous forme de mordant que l’on teint ensuite, § 669, ou sous forme de couleur d’application, § 776. Mais comme, dans le premier cas, il n’est pas rare de voir les couleurs garancées fortement modifiées par la teinture en jaune , quand elles ont été imparfaitement saturées de garance, on emploie de préférence le jaune d’application.

-ISS. Jaune d'application lapis N° 1.

Dans 10 lit. décoction de graine de Perse , à 125 gr. par litre , on fait dissoudre :

tissu croisé , que nous devons à l’obligeance de M. Thompson, de Primerose , dont les impressions lapis au rouleau ont fait l’admiration de tous les juges compétents. On a imprimé sur ce dernier :

36/i DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.

0k,080 bi-arséuiate potassique,

0k,320 alun; on épaissit avec 0k,1 20 gomme arabique ,

0k,480 amidon , puis on ajoute au tout 0k,080 composition physique.

‘Sii-M. Jaune d application lapis N° 2.

On épaissit 10 litres décoction de graine de Perse, à 300 gr. de cette graine et 62 gr. noix de galle par litre, avec :

0k,4 60 gomme adragante, et l’on y ajoute 0k, 480 alun.

Roses lapis. Quand c’est un mordant d’alumine qu’on rentre dans les lapis, on le teint ordinairement en cochenille ; quand, au contraire , ce qui est généralement le cas , c’est un rose d’application, on peut employer ceux qui sont décrits §§ 77/i-775.

D’après ces généralités , on comprendra, nous l’espérons, la fabrication des éch. 320, 321, 322, ainsique celle de l’éch. 323,

«S^S. ïjsîpis avec rose coelaeEîilIe nl’enluminage , de M. J. Tompson, de Primerose.

1° Le blanc réserve sous mordant au citrate cuivrique (réserve rongeante) , dont la gravure avait pour sujet tous les picots, contours et autres objets jaune et blanc ;

2° Le mordant noir, bon teint réserve , épaissi à la gomme ;

3° Le blanc réserve sous bleu, destiné à faire respecter les masses blanches, où] l’on a rentré les couleurs d’enluminage;

4° Enfin , le mordant rouge réserve.

Après une exposition suffisante pour déterminer la combinaison des mordants à l’étoffe, on a passé en bleu, à la cuve à roulettes, avec excès de chaux , puis déverdi , suspendu à l’eau courante, dégorgé, garancé et avivé au son. Le fond rouge présentait alors un dessin noir , bleu et blanc ; en y rentrant un jaune d’application , sans modifier sensiblement le rouge, on a développé du jaune sur les parties blanches , du vert sur les parties bleues, et l’on a complété l’enluminage en y rentrant un rose d’application . On peut remplacer ce dernier par un mordant d’alumine qu’on teint en cochenille à une basse température ; la couleur est plus vive , et le rouge garancé prend lui-même un plus bel éclat , surtout quand il n’a pas été complètement saturé ; mais cette teinture doit précéder la rentrure du jaune.

L’éch. 324, de même fabrication , contient de plus un cachou réserve sous bleu , qu’on a imprimé en y introduisant, pour lui

3£4, Lapis, avec impression cachou.

donner cette qualité , une certaine quantité de sulfate ou d’acétate zincique, ou même de sel cuivrique

Dans Uéch. 325, nous trouvons un noir et un rouge lapis, avec

lapis , avec jaune et rose «l'application.

rentrures : 1° d’un jaune d’application , qui a développé du vert en recouvrant le bleu , et de l’orange en recouvrant le rouge } 2° d’un rose de même espèce , qui a donné du violet évêque dans sa superposition sur le bleu.

En 1835 , M. J. Schlumberger jeune , de Thann , a fait un article du même genre où le cachou dominait, et auquel, pour cette raison , on a donné le nom de lapis fond cachou. Le sujet était un assemblage de feuilles de fantaisie rouges, à centre bleu, jaune, vert et blanc, bordées d’une rangée de picots blancs et enchâssées dans un cadre noir bon teint, qui en suivait tous les contours. Pour le fabriquer, on imprimait :

4° Le mordant noir lapis bon teint, épaissi à l’amidon grillé et à la terre de pipe ;

2° Après un jour de repos, le blanc réserve sous mordant rouge, au jus de citron et au sulfate cuivrique, en réglant la force du jus de citron d’après celle du mordant d’alumine, qu’il s’agit d’enlever ;

3° Un jour après, le mordant rouge réserve sous bleu (rouge lapis ) ;

4° Le fond cachou réserve sous bleu , qui peut être une des préparations indiquées, § 569, avec addition d’un sel cuivrique ou zincique , ou de tout autre agent , capable de faire réserve sous bleu , sans qu’introduit dans la préparation il en altère la nuance ou en entrave la fixation.

Le cachou dont se servait M. Schlumberger était composé comme suit :

Dans 10 litres décoction de cachou, à 250 gr. par litre , on faisait dissoudre :

2 kil. chlorure ammonique; on épaississait avec 4k,350 gomme Sénégal,

3 kil. terre de pipe, et l’on ajoutait au tout O1, 460 nitrate cuivrique, à 55° AB.

L’exécution de ce fond cachou réclame beaucoup de soins. L’impression doit en être aussi prompte que possible, et la dessiccation , au contraire, très lente , pour l’uniformité de l’oxidation de la couleur et partant de la nuance. Du reste, comme l’introduction des sels cuivriques lui donne un ton très brun , quand on désire une teinte plus claire , on remplace ces composés salins par le nitrate ou le sulfate zincique.

Lorsque le cachou est imprimé, on suspend les pièces dans un étendage à air libre, où on les abandonne durant quatre à cinq jours , pour donner aux mordants le temps de se décomposer et de s!unir à la toile , et au cachou celui de s’oxidér complètement. On cuve alors dans la cuve à roulettes , fig. IhO , du fait déverdir, on expose à l’eau, on nettoie parfaitement, on bouse durant trente minutes à la température de 60°, on dégorge de nouveau , et enfin l’on teint dans un bain contenant pour 10 pièces :

30 kil. de garance (d’Alsace de préférence ) ,

2k,5 sumac,

2 kil. colle forte.

On commence la teinture à la température de 20°, on la porte progressivement à l’ébullition durant l’espace de deux heures , et on la maintient à ce degré durant un- quart d’heure. Après le garançage, on lave, on dégorge les pièces et on les avive par un

ou deux passages au savon, § 5/i2. Si l’on préfère la garance d’Alsace, c’est que le rouge qu’elle produit est moins brun que celui qu’on obtient de la garance d’Avignon, et que le noir est toujours d’un ton plus décidé. Quant au sumac, autant il est efficace pour prévenir l’altération du bleu et du blanc et rehausser la vivacité et l’éclat du noir, quand il est employé en proportions convenables, autant il devient nuisible quand on le fait prédominer.

On procède ensuite à la rentrure du jaune d’application à la graine de Perse , épaissi à la farine et à la gomme, qu’on fixe le lendemain de l’impression par un léger passage en eau de craie.

Dans les mêmes articles , M. Schlumberger jeune rentrait quelquefois un rose d’application dont la composition suit :

4S5. Rose cl’ application pour rentrure en lapis jond cachou .

On épaissit 10 litres décoction de fernambouc, à h° AB, avec :

\ 0 lit. eau de gomme , et l’on y fait dissoudre 4k,6i0 chlorure ammonique ,

0k,250 sulfate cuivrique ,

2 lit. composition physique , délayée dans 6 lit. eau ,

2 lit. eau de gomme, à 1 kil. par litre.

Nous pourrions présenter une foule d’exemples de Ce genre de fabrication , dans lesquels les réserves sous bleu et sous mordant occupent plus ou moins de place.

En 183/i, on a fait à Chantilly un article lapis fond blanc, impression puce et rouge, sur mousseline, en imitation des fonds blancs garancés avec enluminage solide qu’on exécutait depuis 1827. On imprimait :

1 0 Un mordant puce réserve , composé de

\ vol. mordant réserve rouge au nitrate zincique ,

\ vol. pyrolignite ferreux , à \ 4° dB ;

2° Un mordant rouge réserve [lapis).

Deux jours après l’impression de ces deux couleurs, on appliquait le blanc réserve sous bleu, n° 12, § 5Z|9, en y ajoutant

65 gr. chlorure mercurique par litre. Dès que la réserve était sèche, on mettait les pièces au champagne et on les passait durant deux minutes et demie dans une cuve d’indigo forte, afin d’obtenir d’emblée la nuance désirée ; on déverdissait alors, on exposait à l’eau courante, on nettoyait, on bousait à l’ébullition, on nettoyait de nouveau avec le plus grand soin, et l’on teignait en deux heures jusqu’à 70° avec 3 kil. de garance et 1*20 gr. de colle forte par pièce ; enfin , après avoir nettoyé une troisième fois , on donnait deux forts passages en son , pour purifier le blanc et les couleurs garancées.

Cette fabrication témoigne de l’habileté et des connaissances de celui qui l’a exécutée ; mais elle n’en doit pas moins être repoussée comme dispendieuse et trop inférieure, quant à ses résultats , à ceux qu’on obtient, aujourd’hui par une autre voie. Si l’on compare, en effet, les produits quelle a donnés au genre fond blanc enluminé bleu et vert solides , que la maison Hartmann livrait déjà à la consommation en 1827-1828, on verra que l’avantage est à ce dernier.

Nous ne pouvons reconnaître plus de mérite à beaucoup d’autres genres lapis exécutés d’après les mêmes principes par divers fabricants, qui, après^avoir terminé les lapis fonds blancs, impression rouge , blanc réserve et noir, ce dernier contournant les figures , rentraient à la planche des mordants pour fonds , qu’ils teignaient ensuite en olive, réséda, gris , couleurs complexes ou de fantaisie quelconques, comme dans les fonds ou mi-fonds composés, §§ 818-819

§ 829. Lapis au rouleau. La fabrication des lapis, qui présente déjà tant de difficultés quand elle s’exécute à la planche, quoique, dans ce cas, on puisse toujours mettre entre chaque application des blancs et des mordants réserve l’intervalle nécessaire pour en prévenir la réaction mutuelle et, par suite, la fusion , en offre encore davantage quand elle a lieu au rouleau; vu la grande propension à se confondre de ces blancs et mordants réserve , qui se succèdent immédiatement sur la toile , si

'lh

l’on n’a soin de les rendre réserves mécaniques les uns à l’égard des autres. C’est ainsi que M. Thompson , en faisant intervenir les corps gras, a réalisé son admirable fabrication des lapis au rouleau. C’est aussi à l’aide de mêmes corps que M. Hirn , de l’établissement du Logelbach , dont nous avons déjà eu l’occasion de parler, § 795 , est parvenu à produire des lapis à la machine à quatre couleurs dans lesquels le rapport des nuances ne laissait rien à désirer. Il préparait d’abord un savon cuivrique de la manière suivante :

Savon cuivrique.

Dans 10 litres d’eau il faisait dissoudre :

5 kil. gomme Sénégal et incorporait à cette dissolution 10 kil. terre de pipe.

Quand la bouillie était parfaitement homogène , il y ajoutait une solution chaude composée de :

5 kil. savon de palme ,

5 lit. eau,

puis il mélangeait au tout peu à peu , en remuant bien :

5 kil. nitrate cuivrique, à 55° dB.

Une double décomposition donnait naissance à du margarate et à de l’oléate cuivriques insolubles qui, au lieu de se précipiter, restaient en suspension dans l’eau gommée additionnée de terre de pipe.

Quand cette préparation est bien faite , elle ne présente point de grumeaux ; elle est parfaitement homogène et d’un aspect lisse. Mêlée aux mordants ordinaires , elle leur donne des qualités réservantes qui les font résister à l’action des éléments dont se compose la cuve bleu , et comme le sel cuivrique v est à l’état insoluble , engagé dans une combinaison grasse , il n’attaque pas les racles de la machine.

A&9 . Mordant rouge lapis au rouleau.

D’une part, dans 16 lit. eau aiguisée de :

5 kil. acide acétique on fait dissoudre 20 kil. alun: on y ajoute

2 0 kil. pyrolignite plombique , puis , quand la double décomposition est opérée , on filtre la liqueur.

D’une autre, on prépare de l’acétate stanneux en mélangeant :

2 kil. cristaux de soude,

2 kil. chlorure stanneux , et l’on verse peu à peu sur le tout 30 kil. eau bouillante, qui déterminent la double décomposition

de ces corps et la formation de l’hydrate stanneux qu’on recueille sur une chausse et qu’on délaie dans

3 kil. acide acétique, à 8MB. Cet acide, qui d’abord main¬

tient l’hydrate stanneux en suspension , finit par le dissoudra

D’une autre enfin, on prend, pour former le mordant lapis proprement dit :

8 kil. acétate aluminique, qu’on mélange à

4 kil. acétate stanneux (trouble ) ,

3 kil. nitrate zincique , à 30° AB.

'S&&. Mordant rouge réserve.

On épaissit \k kil. mordant rouge lapis avec : lk,250 gomme,

'lk,250 amidon grillé, puis on incorpore au tout 8 kil. savon cuivrique, et l'on colore avec un peu de sapan

Mordant puce réserve.

On épaissit 18 kil. mordant rouge lapis mélangés à :

41, 5 pyrolignite ferreux, à f 4MB , avec 6 kil. amidon grillé, et l’on y incorpore 12 kil. savon cuivrique.

Mordant noir.

Ce mordant n’est autre chose que le mordant noir ordinaire épaissi à la farine.

Blanc réserve sous bleu au rouleau.

On épaissit 10 kil. tartrate cuivrico-potassique , à 36° ^4B,

avec :

2k,500 gomme Sénégal.

. Blanc réserve sous mordant ( blanc rongeant ).

D une part, dani 8 kil. eau bouillante on fait dissoudre :

4 kil. bichromate, et l’on y ajoute peu à peu

5 kil. acide tartrique.

D’une autre, on épaissit 8 kil. jus de citron, à 28ü .JB, tenant en dissolution :

4 kil. acide tartrique, avec

1 kil. gomme ,

2 kil. amidon grillé.

D’une autre enfin, on incorpore :

2 kil. terre de pipe

1 kil. saindoux ,

2 kil. sulfate cuivrique ,

'1 kil. nitrate idem . à 50° AB

Et en mélangeant ces diverses préparations , on provoque la formation d'un tartrate chromico et cuivrico- potassique avec excès de jus de citron et d’acide tartrique.

-Êfâg. Cachou réserve.

Dans 22 kil. infusion de cachou, faite à raison de 1 kil. cachou pour 6 kil. acide pyroligneux et 3 kil. acide acétique, on fait dissoudre :

1 kil. acétate cuivrique ,

1 kil. chlorure ammonique (sel ammoniac) ,

3 kil. tartrate cuivrico-potassique, et l’on épaissit avec

9 kil. gomme Sénégal.

On pourrait multiplier le nombre des mordants et des cachous réserve ; mais , à l’aide de ces préparations-mères, il est facile au fabricant d’en composer pour toutes les nuances qu’il désire.

En ce qui concerne l’impression , on doit mettre le blanc réserve sous mordant dans le baquet du premier rouleau , pour préserver les parties du tissu qu’on veut conserver blanches, de l’atteinte des préparations qui s’appliquent simultanément.

Lorsque les pièces sortent de la machine à imprimer, on les suspend durant trois ou quatre jours dans un lieu humide , à la température de 22 \ pour aider à la combinaison des mordants

avec l’étofie, puis on les passe en cuve, durant deux minutes, au rhampagne , en ayant soin d’employer une cuve trouble et de la maintenir en cet état par un mouvement brusque imprimé au cadre *à deux ou trois reprises , tant pour éviter les effets du coulage que pour forcer l’indigo à pénétrer uniformément les parties qui doivent être bleues On dé verdit alors à l’air, ensuite à l’eau courante , on rince et l’on passe dans un bain chauffé à 60°, contenant de l’arséniate potassique , et , en outre , du chromate, quand le cachou entre dans la composition du lapis.

Immédiatement après , pour débarrasser l’étoffe de l’oxide cuivrique qui nuirait au garançage , on la fait circuler dans une eau acidulée d’un centième de vinaigre ; le nettoyage achevé , on teint en garance , on passe en son , quelquefois en savon , et il ne reste plus qu’à rentrer le jaune et le rose en couleurs d’application .

Lapis impression mordants enlevage .

§ 830. Le prix auquel les étoffes imprimées sont descendues dans ces dernières années a réduit la fabrication des lapis à quelques genres particuliers , et l’on aurait sans doute été contraint d’abandonner un mode d’impression qui se prête, dans l’exécution, à une perfection qu’on n’atteint jamais par une autre voie , si d’heureuses tentatives n’avaient offert un moyen direct d’arriver au même but par des impressions mordants enlevage sur fond bleu. C’est aux Rouennais , entre autres, si nous sommes bien informé, à M. Basile, qu’est due cette intéressante découverte , qui , du reste , est d’une application fort simple.

Après avoir teint un fond bleu uni, éch. 53, avec autant d’écocomie que possible, § 548 , on foularde en bichromate protassique, comme pour un blanc enlevage sur bleu, et l’on imprime, sur les parties qu’on veut teindre, un mélange d’acétate aluminique , d’acide nitrique et d'acide oxalique , sur les autres un mélange de ces deux derniers acides seulement. L’enlevage

ayant accompli son effet, on sature par l’ammoniaque, pour mettre en liberté l’oxide aliiminiquë et le forcer à se combiner à l’étoffe , puis on lave , on dégorge et l’on teint en garancine. C’est en procédant de la sorte qu’on a réalisé l’éch. 326. Pour

396. Fond bleu, impression mordant rouge enlevage ( lapis enlevage ) .

obtenu1 le fond bleu, on a teint en quatre ou cinq trempes , en ayant la précaution de déverdir les pièces après chaque trempe dans une solution faible de chlorure de chaux , et de les exposer ensuite à l’eau courante sans les battre. Après la dernière trempe, on a séché à la chambre chaude , pour compléter l’oxidation du bleu , puis foulardé dans une solution de chromate potassique, à 6° AB, desséché à une douce chaleur et imprimé, en le maintenant à la température de 30°, le mordant enlevage, que l’on compose de la manière suivante :

Dans 100 lit. eau on fait dissoudre :

50 kil. alun , que l’on décompose par 37k,500 acétate plombique.

La double décomposition achevée , on abandonne au repos , on décante ,’et^ du besoin on passe au travées d’une chdusse. Alors on épaissit 10 lit. du liquide clair avec :

'lk,600 farine ou amidon: on cuit jusqu’à ce que la couleur

soit bien filante , et , quand la température est descendue à 50n, on y ajoute

2k, 400 acide oxalique.

Quelques heures après l’impression , on a dégorgé dans une solution d’ammoniaque liquide brute , que l’on prépare' en mettant dans 100 litres eau :

35 lit. solution d’ammoniaque liquide brute , § 94, qu'on obtient en délayant I kil. de chaux dans 34 lit. d’eau tenant en dissolution 750 gr. chlorure ammonique : il faut avoir soin de bien déliter la chaux , afin qu’elle soit facilement attaquée par le chlorure.

Au sortir de cette solution alcaline, on a rincé les pièces, on les a passées ensuite en bouse , rincées de nouveau , nettoyées aux roues , en ne les. y laissant que peu de temps , et teint , à la température de 68 à 70°, dans un bain monté à raison de :

lk,250 à 'lk,500 garancine.

0k,500 sumac.

Quand on veut donner au ronge une teinte orangée , on ajoute à ce bain une quantité convenable de quercitron.

Quant à l’éch. 327 fond vert, il est de même fabrication :

Fond vert, impression mordant rouge enlevage ( lapis enlevage )«

seulement, après avoir teint en garancine, on a foulardé en acétate ou pyrolignite aluminique , à 7° AB, dégorgé à l’eau

chaude et teint en quercitron, pour faire passer le bleu au vert ;

mais en même temps le rouge a passé à l’orange.

Il est facile d’effectuer des impressions mordants enlevage sur bleu , soit par l’acide nitrique seul , soit par un mélange de chlorate et de chloride hydrique , soit enfin par du chlore gazeux ; mais le point délicat est de saturer l’acide qui doit maintenir le mordant en dissolution. Il résulte de nos observations que si l’on passe dans une dissolution concentrée et bouillante de carbonate sodique , les pièces chargées d’un mordant qui renferme un agent capable d’opérer la destruction du bleu , l’alumine se combine instantanément au tissu dans sa modification la plus propre à la teinture. Cette nouvelle voie peut offrir un bel avenir aux fabricants.

Appendice au genre fond gros bleu et lapis. -

§ 831 . On peut modifier les genres fonds bleus enluminés de plusieurs manières , soit en remplaçant la garance par d’autres matières colorantes , soit en l’associant à ces dernières : ainsi on fabrique en très grande quantité des fonds bleu moyen, avec impression noir et blanc pour bordures de meubles :

Tantôt à la manière des fonds gros bleu enluminés , § 827 , c’est-à-dire qu’à côté du dessin blanc réservé au milieu d’un fond bleu , on rentre un noir d’ application ou vapeur.

Tantôt à la manière des genres lapis mordants réserve, § 828, c’est-à-dire qu’on imprime d’abord un mordant noir, qu’on dégorge , afin de faire disparaître l’épaississant, qui pourrait, en faisant réserve mécanique . s’opposer à la fixation du bleu , et par conséquent diminuer l’éclat et la solidité du noir, et qu’on rentre ensuite une réserve qui doit avoir une force en rapport avec l’intensité du bleu qu’on veut donner au fond , et ne point être acide , afin de ne pas ronger et dissoudre le mordant de fer qu’elle est appelée à recouvrir sur certains points.

Chez MM. Haussmann , qui ont fait de très jolis articles de cette espèce , on imprimait un noir à l’amidon composé de :

I ONDS BLEUS ENLUMINES.

1 0 lit. pyrolignite ferreux , à 7° AB ,

1 k, 500 amidon.

Après l’impression du mordant et un repos suffisant , on bousait , on dégorgeait et Ton rentrait une réserve formée de : 9 lit. eau épaissie avec :

2k,5 gomme Sénégal , auxquels on incorporait d'abord 3 kil. terre de pipe ,

I kil. huile tournante ; puis, après les avoir bassinés avec soin. I kil. chlorure mercureux (précipité blanc du pharmacien) , 0k,750 terre de pipe ,

1 lit. eau colorée par l'acétate d'indigo.

On cuvait ensuite , on nettoyait et l’on teignait au campêche.

Tantôt à la manière du lapis enlevage , et c’est une méthode qu’on suit encore en Normandie, c’est-à-dire qu’on teint un fond bleu uni, qu’on y imprime un noir d’application ou vapeur, puis la réserve mécanique § 825 , dont on Couvre le fond et le noir, en ne laissant libres que les parties bleues dont la disparition doit faire paraître le dessin réservé par la gravure , et qu’on passe alors en acide nitrique ou dans un mélange de cet acide et de chloride hydrique pour arriver au blanc. Cette marche est extrêmement économique.

Combinaison du genre fond gros bleu , impression blanc réserve, avec enluminage vert-pistache , § 687.

§ 832. Vers 1815, on exécuta des fonds gros bleu avec enluminage vert simple ou double , éch. 328 , auxquels on donnait le nom de genre Waterloo. Les impréssions qu’on y remarquait étaient des bandes de 2 à 3 centimètres, dentées sur les bords comme une lame de scie , dont on transformait tout ou partie en vert.

Après avoir convenablement cuvé le fond bleu et purifié le blanc , on rentrait le mordant jaune suivant :

Mordant jaune .

A 10 litres mordant rouge C , épaissi avec :

1 k 3 0 0 amidon, on ajoutait 0k,320 chlorure stanneux.

39§, Fond bien moyen, impression blanc réserve, avec

enluminagc vert pistache.

Ori boüsàit , puis On teignait d abord en gaude , quelquefois en graine de Perse, pour avoir la finance jaune convenable, ensuite en acétate d'indigo, pour arriver au vert par transformation : seulement , comme les lavages enlèvent toujours au vert une portion du bleu qui sert à le former, on devait le faire assez bleuté pour que cette opération mécanique ne laissât pas trop prédominer le jaune.

Au lieu de préparer ce vert par teinture, on peut imprimer un vert d’application composé comme suit :

On épaissit 10 litres décoction de graine de Perse mélangés à 1 0 lit. mordant rouge D, avec

0k,400 salep ; puis, quand la couleur est cuite, on y incorpore 0k,640 huile d’olive, et la quantité d’acétate d’indigo nécessaire à la production du vert que 1 on désire.

Rien n’empêche d’accompagner ce vert du jaune d’application , qu’il est impossible d’associer au vert obtenu par transformation , à moins de préserver cette couleur élémentaire, au moyen d’un mastic, des atteintes du sulfate ou de l’acétate d’indigo, durant l’opération de la teinture.

En associant la fabrication des lapis à celle des fonds blancs

garances , on a créé une foule de genres variés. A une certaine époque, par exemple, on fabriquait des dessins carreaux écossais , avec puce, jaune, orange et vert. A cet effet, sur des bandes fin rouge et rose , genre fond blanc garancé , on imprimait des bandes transversales blanc réserve sous bleu et mordants jaune réserve ; on cuvait en bleu , on bousait , on teignait en quercitron , et l’on obtenait , outre le blanc et les couleurs garancées réservées , tous les effets de la superposition du bleu et du jaune sur ces dernières couleurs.

On a exécuté dans le temps, sur toile huilée, la fabrication des lapis , pour obtenir le genre fond iris, et celle des gros bleu impression blanc réserve sur fonds rouge turc , pour réaliser le genre danaïde, fond noir, avec grands dessins rouges.

On a aussi combiné la fabrication dés lapis avec celle des fonds gros bleu impression blanc réservé , § 5/i9 , et en général de tous les fonds couverts capables de passer à la Cuve d’indigo sans en être altérés et portant des dessins blancs. C’ëst ainsi cju’on a exécuté tous ces articles fonds gros bleu ou puce , avec figures petit bleu, dans lesquelles sont encadrés des dessins rose, rouge, jaune, en un mot, de toutes les nuances qu’on obtient de la fabrication des lapis sur toiles blanches, et en outre de celles qui résultent de la superposition du bleu sur les couleurs dont le tissu était précédemment recouvert. Ajoutons qu’a lors , indépendamment des mordants réserve , on imprimait des couleurs d’application de même nature. Nous avons sous les yeux un échantillon fond gros bleu avec petit bleu et rose d!application , qu’on a réalisé en rentrant dans le gros bleti , impression blanc réserve, un rose d’application, § 17 h , rendu également réserve par l’addition d’une certaine quantité dé chlorure mercurique, qu’on aurait remplacé avec avantage par un sel zincique, et en cuvant durant une minute dans une cuve forte.

Le même article a été aussi exécuté sur dés fonds teints de * couleurs plus ou moins foncées.

En 1813, la maison Hartmann , de Munster, a créé une très

jolie combinaison du genre lapis fond bleu, impression jaune, avec le genre gros bleu, impression blanc réserve, et c’est sans doute ce qui plus tard a donné l’idée d’exécuter ce genre en jaune de chrome. L’article auquel nous faisons allusion présentait un fond gros bleu parsemé de rayures petit bleu, parallèles , festonnées , mais en traits plus ou moins marqués , et coupées perpendiculairement par d’autres rayures jaunes. On imprimait d’abord les rayures festonnées en blanc réserve sous bleu , on cuvait en gros bleu , on nettoyait , puis on rentrait le mordant jaune réserve sous petit bleu, on cuvait, on bousait, on dégorgeait , et enfin on teignait en quercitron.

Il va sans dire qu’on peut enluminer en couleurs d’application ou vapeur tous les fonds gros bleu , blanc réserve , et les fonds lapis en toutes celles qui, par elles-mêmes ou sous formes de mordants , peuvent passer à la cuve , et en outre en toute espèce de couleurs d’application.

Les genres lapis peuvent enfin donner lieu à d’autres modifications fort intéressantes , quand après le cuvage ou après la teinture on enlève tout ou partie des divers mordants ou des couleurs sur certains points (voyez Couleurs conversion ).

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