‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 5)Chapitre 151 sur 183 · DES FONDS BLEU DE PRUSSE ENLUMINES · texte numérisé non relu

DES FONDS BLEU DE PRUSSE ENLUMINES

§ 850. Il y a plusieurs manières de faire adhérer le bleu de Prusse au tissu , § 603. Pour obtenir des fonds de cette nuance avec couleurs d’enluminage garancées , la seule marche à suivre est de développer ces couleurs et de les contourner par le fond , § 819. Veut-on au contraire enluminer des fonds bleus préalablement formés , les seules couleurs qu’on ait employées jusqu’à présent à cet effet sont le jaune de chrome, le rouille et le rose d’application ou vapeur qu’on imprime comme enlevages ou comme réserves.

Delà combinaison du genre fond bleu de Prusse arec le genre fond blanc impression j aune de chrome , § 599.

§ 851 . La combinaison de ces deux fabrications , ou la réalisation d’une impression jaune sur un fond bleu, s’exécute diversement. On peut imprimer une solution de potasse caustique tenant en dissolution une proportion convenable de tartrate

/il II DE DA FABRICATION; EN PARTICULIER,

plombico-potassique. ( solution d'oxide plombique dans la crème du tarir aie) ; on. laisse alors séjourner le jaune enlevage sur •bleu , jusqu’à ce que ce dernier soit convenablement attaqué, puis on passe dans une solution de chromate potassique , à l’effet de former du chromate plombique qui adhère à la fibre , qu’il suffit de laver pour en faire disparaître le cyanure La seule difficulté à vaincre dans ce mode de fabrication, c’est d’enlever ou de masquer assez le fer pour que le bleu ne puisse pas être régénéré , ce qui n’arrive que trop souvent quand on n’emploie pas en assez forte proportion le tartrate , dont le rôle est de faire passer le fer à l’état de tartrate double , non impressionnable par les alcalis et les cyanures. 11 y a une autre méthode plus sûre , mais aussi plus compliquée, et qui réclame des soins extrêmement minutieux : c’est celle qu’on a suivie pour la fabrication de l’éch. 3/iB.

S 4 S. Fond bleu de Prusse avec Impression jaune enlevage.

On a d’abord appliqué un rouille fondu au rouleau, § 500, p. 292, teint en prussiate, pour obtenir un fond bleu de Prus&e, puis foulardé dans une solution d’acétate plombique , à 125 gr. d’acétate par litre d’eau, desséché, imprimé au rouleau la préparation ci-après :

FONDS BLEU DE PRUSSE ENLUMINES. Al 5

\ 0 lit. solution de potasse caustique, à 25° A B, tenant en dissolution

1k,250 bichromate potassique, et épaissis avec

3k,200 amidon grillé

suspendu à l’air humide, jusqu’à ce que la décomposition du bleu fût opérée , et enfin , après avoir ainsi obtenu sur les parties imprimées du chromate plombique et du cyanure ferroso-potassique , on a passé le tissu dans une solution de chlorure ammonique faite à raison de :

\ 0 lit. eau pour

0k,640 chlorure ammonique,

pour provoquer la formation du chlorure plombique , sel peu soluble qui fait mastic , et celle d’un chlorure double de fer et d’ammoniaque qui tend à entrer en dissolution . En lavant alors, on a enlevé tout le cyanure ferr oso-potassique , et il n’est plus resté sur la toile que du jaune et un peu d’oxide ferrique. Pour faire disparaître celui-ci , qui aurait altéré le jaune, on a plongé les pièces durant dix minutes dans un bain acide , contenant , sur 100 parties d’eau, 1 partie chloride hydrique du commerce, et on les a laissées en tas durant le temps nécessaire pour que le jaune se dépouillât complètement d’oxide ferrique (une heure au moins). Quand, dans cette opération, le tissu n’a pas été parfaitement débarrassé du cyanure ferroso-potassique , il y a régénération du bleu de Prusse, qui, en s’ajoutant au jaune, produit du vert.

En Angleterre, on arrive au même résultat au moyen de la presse écossaise ; c’est à ce procédé qu’est dû l’éch. 3 A4, genre mouchoir.

Après avoir formé un fond bleu uni , on soumet les pièces à la presse, § 522, et l’on réalise un enlevage blanc, en faisant passer à travers les plis de l’étoffe, d’abord une dissolution alcaline pour détruire le bleu , puis de l’eau pour dissoudre et faire disparaître le cyanure jaune qui prend naissance par la décomposition du bleu de Prusse, un acide pour dissoudre

344* Fond bleu de Prusse avec impression blanc et jaune

enlevage à la presse écossaise , de RI. Rfluir Brown et Cîo, de Glascow.

l’oxide ferrique, et enfin une deuxième fois de l’eau pour enlever ce dernier. Quand, par ces opérations, on a obtenu le blanc , on agit de la même manière pour le transformer en jaune, c’està-dire qu’on fait passer au travers des plis de l’étoffe une dissolution d’abord d’acétate plombique, puis de chromate qui, par double décomposition, donne naissance au jaune de chrome, et en dernier lieu de l’eau pour laver.

Ce genre fond bleu de Prusse avec jaune et blanc enlevage pourrait se faire maintenant avec plus d’avantage et de célérité par le vaporisage. On réalise très facilement une impression blanc réserve sous fond bleu vapeur ; nous n’en pouvons donner de meilleure preuve que l’éch. 374 , bleu de France , avec impression blanc réserve, que nous devons à la complaisance de M. Fries. Le blanc a été réservé par la craie ; mais on peut employer aussi avec succès le saccharate calcique , le tartrate calcico-potassique , l’acétate calcique , le sulfate zincique , l’acétate de même base , en un mot tout composé renfermant une base assez puissante pour s’emparer du cyanure ferreux et s’opposer à sa combinaison avec l’étoffe. Qn comprend que si l’on peut produire ainsi du blanc réserve sous bleu, rien n’empêche d'associer à ces corps réservants de l’acétate

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