‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 5)Chapitre 152 sur 183 · FONDS BLEU DE PRUSSE ENLUMINES · texte numérisé non relu

FONDS BLEU DE PRUSSE ENLUMINES

345* Fond bleu de France avec impression blanc réserve.

triplombique , qui jouit de la propriété de dissoudre une foule d’oxides. L’oxide plombique se fixant par le vaporisage, il n’y aurait plus qu’à passer en chromate, avec la précaution de ne pas trop salir le bleu, pour avoir un fond bleu vapeur enluminé ,

avec impression jaune de chrome.

Fond bleu avec impression rouille enlevage.

§ 852. En 18A0, la maison Arnaud-Tison a fabriqué un article de bon goût, fond bleu de France avec impression rouille, en procédant de la manière suivante : on foulardait en nitrosulfate ferrique , puis dans une dissolution de carbonate sodique pour précipiter l’oxide ferrique , en répétant l’opération jusqu’à ce que l’étoffe eût contracté une teinte aventurine, attendu que l’essentiel est ici de plaquer uniformément, et queT’on n’y parvient qu’en appliquant sur le tissu des couches successives d’oxide ferrique. On teignait ensuite dans une solution de prussiate jaune, avec addition de chlorure stannique, pour donner au bleu cette nuance bleu pur qu’il n’acquiert que par l’intervention des composés stannifères, § 60A. On rinçait alors, on desséchait, on calandrait les pièces : et pour obtenir l’enluminage rouille , on imprimait une solution de potasse caustique , qu’on laissait sé-

Al 8 DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.

journer jusqu’à destruction complète du bleu. L’oxide ferrique que l'alcali mettait en liberté restait pour résidu , pourvu qu on ne lavât point aux acides. Pour donner à ce rouille plus d’intensité et en même temps plus d’apparence , on ajoutait à la solution alcaline une certaine quantité de rocou qui ne gênait en rien l’action destructive de la potasse.

D’après ces exemples , pour former ainsi des couleurs d’enluminage sur fonds bleu de Prusse , il faut qu’on puisse y associer des alcalis puissants qui détruisent ce bleu ; il s’ensuit que le nombre de ces couleurs enlevage est extrêmement limité ; mais, dans cette voie , on est toujours libre d’employer des couleurs vapeur réserve sous bleu de même espèce. Il n’y a pas longtemps qu’on imprimait de cette manière :

Un jaune, un orange et un gris sous fond bleu.

Un rouge et un noir.

Le jaune et l’orange vapeur réserve ne sont que les préparations indiquées §§ 727, 731, avec additions d’oxalate stanneux et de sulfate zincique. Le gris n’est qu’un noir d’application mélangé d’une forte proportion d’acétate calcique. Le rouge est formé d’une décoction de sapan , dans laquelle on introduit une dose convenable de sel zincique et d’oxalate stannique. Quant au noir, c’est le noir anglais rendu gras , pour qu’il soit moins impressionnable à l’action du bleu vapeur qui pourrait l’atteindre, et qui, comme nous l’avons vu, § 730, est toujours plus ou moins fortement acide.

Ces effets de réserve, qui s’exécutent avec facilité sur calicot, peuvent aussi parfaitement avoir lieu sur laine et sur chaîne •coton. Les maisons Josué Hoflfer , Blech-Steinbach , Dollfus Mieg et Ivœchlin , ont mis , il y a trois ans , en relief cette fabrication, qui n’a fait que se- perfectionner depuis , et au moyen de laquelle on imite des genres de l’espèce de l’éch. 3 l\ô.

Nous verrons , en traitant des couleurs conversion , qu’on peut encadrer le rouge dans un fond bleu et, réciproquement,

PONDS Ï3LEÜ m PRUSSE ENLUMINES, 4^9

S-âS* Fond bleu de France avec impression ponceau , orange ci gris sur laine.

le bleu dans un fond rose, par une autre marche qui présente certains avantages dans des conditions déterminées.

DES FONDS GARANCES ENLUMINES.

§ 853. Ces genres se font tant sur toiles huilées que sur toiles ordinaires ; nous nous occuperons d’abord de ceux qu’on réalise sur toiles huilées. Les premiers fonds rouge turc enluminés ont été imprimés, en 1810, dans la maison de MM. Kœchlin frères ; les sujets se composaient de palmettes noir d’application sur fond rouge. L’année suivante, M. D. Kœchlin , ayant découvert le moyen d’obtenir des impressions blanc enlevage sur rouge turc , § 625, y ajouta bientôt 1 q ' bleu enlevage, après la découverte duquel il ne manqua plus que le jaune de chrome enlevage sur rouge , pour produire tous les effets possibles de couleurs sur fond rouge turc. Nous sommes entré dans tous les détails que réclame cette importante question en traitant des impressions blanc enlevage, §§ 62Zi 625 ; il ne nous reste donc plus qu’à faire connaître la composition des couleurs et la marche que l’on suit dans cette fabrication, qui, à une certaine époque, a eu un immense succès, et que suivent encore ceux des fabricants qui ont su apporter quelque économie dans les procédés de teinture en rouge turc.

Le bleu enlevage sur rouge turc se compose d’un bleu d’application, § 777, auquel on ajoute la quantité d’acide nécessaire pour amener la destruction du rouge , car autrement le bleu , en se superposant sur le rouge, produirait du noir.

Bleu enlevage sur rouge turc.

D’une part, on épaissit 10 lit. eau avec :

0k,250 salep ;

D’une autre, dans 2 lit. eau, on fait dissoudre :

5 kil. acide tartrique; on mélange les deux produits et l'on y ajoute

% kil. bleu de Prusse en pâte, dissous dans S kil. chlorure stannique.

£®&. Bleu enlevage' sur rouge turc.

On épaissit 10 lit. eau avec :

ik,17B amidon, et l’on y ajoute 9k,100 acide tartrique ,

0k, 910 acide oxalique ,

0k,365 dissolution de bleu de Prusse dans le chlorure stannique, § 777.

Quelques fabricants diminuent la proportion d’acide tartrique et augmentent celle de l’acide oxalique.

On applique sur rouge turc deux espèces de jaunes : un jaune enlevage et un jaune d’ application. On emploie, dans le premier cas, le jaune de chrome, qu’on obtient en associantàun mordant jaune de chrome, § 599, la quantité d’acide tartrique nécessaire pour mettre en liberté, durant le passage en cuve décolorante, le chlore qui doit détruire le rouge ; dans le second cas , un jaune d’application à la graine, mais qu’on n’imprime qu’après avoir rétabli le blanc , et dans lequel on introduit une faible proportion d’arséniate potassique.

£ H $ . Mordant jaune de chrome enlevage sur rouge turc.

Dans 10 lit. jus de citron, à 16° Æ , on fait dissoudre :

5 kil. nitrate plombique ,

10 kil. acide tartrique, et l’on épaissit le tout avec 5 kil. amidon grillé

FONDS GARA NCES ENLF MINES .

Mordant j aune de chrome enlevage sur rouge turc.

Dans 10 lit. jus de citron , à 12° , on fait dissoudre :

3lc, 8 40 nitrate plombique ,

2k,500 acide tartrique , et l’on épaissit avec 2k, 500 amidon grillé ; ou bien on épaissit 10 litres eau avec :

1k,120 amidon , puis on y fait dissoudre 2k,500 nitrate plombique ,

7k,500 acide tartrique.

Les proportions, comme on le voit, varient beaucoup en ce qui concerne les quantités d’acide et de nitrate plombique.

Verts enlevage sur rouge turc.

Les verts enlevage sur rouge turc se composent de jaune de chfome enlevage et de proportions convenables de bleu enlevage. Ce fhélange doit être fait dans le rapport qu’exige le développement de la nuance que l’on désire.

ÂToirs sur rouge turc.

Ces noirs sont de deux espèces ; ou on les imprime tout formés , et alors ce sont des noirs d’application («MS, «109], dans lesquels on introduit une certaine proportion de corps gras ; ou on les forme en superposant un bleu de Prusse sur le rouge. Les premiers sont ordinairement appliqués après avoir passé les pièces à la cuve décolorante , les seconds , au contraire , avant cette opération , en même temps que les autres couleurs enlevage.

J @ 9 . Noir d' app li cation sur rouge turc .

On épaissit 10 lit. décoction de campêche , à 875 gr. par litre -, avec :

0k,800 acide tartrique,

0k,960 amidon,

2k,224 farine, et quand l’empois est formé , on y ajoute I 0 lit. pyrolignite ferreux , à \ 4°dB, puis , en remuant bien, 0k, 320 huile tournante.

/|22 DE LA fabrication en particulier.

Noir d' application sur rouge turc R.

On épaissit 10 lit. décoction de campêche , à 850 gr. par litre, avec :

1 kil. amidon,

2 kil. farine; on fait cuire, on y mélange ensuite 10 lit. pyrolignite ferreux , à 12° dB,

0k,400 huile tournante; on cuit le tout et l’on y ajoute, à froid ,

0k,800 acide oxalique.

Noir d’ application sur rouge turc.

On épaissit 10 lit. décoction gallo-campêche avec :

\ kil. amidon, et l’on y ajoute

0k,250 sulfate cuivrique ,

0k,075 sulfate ferreux ,

1k,280 nitrate ferreux.

£9&. Noir d' application sur rouge turc , passant en cuve.

On épaissit 10 lit. pyrolignite ferreux , à 2° AB , avec :

2k,200 amidon , et l’on y ajoute

7k,900 dissolution de bleu de Prusse dans le chloride hydrique, faite à raison de deux parties bleu de Bouxwiller pour trois parties chloride hydrique du commerce.

Dans le même but encore , on épaissit une solution de pyrolignite ferreux acide et l’on y introduit des proportions équivalentes de cyanure ferroso-potassique. Il se développe alors du cyanure ferroso-ferreux qui , en s’oxidant à la cuve , passe au bleu, Cette préparation présente l’avantage d’être moins altérable par la cuve décolorante que le bleu déjà formé, qui, si cette cuve est trop forte, trop alcaline ou trop acide , peut être détruit par deux causes opposées, l’alcali en excès ou le chlore qui se développe.

Maintenant, connaissant les couleurs qui servent à l’enluminage du rouge turc et les diverses opérations de l’enlevage proprement dit , § 62/i , on saisira sans peine l’ensemble des opérations dont se compose cette branche intéressante de l’impression.

FONDS GARANCES ENLUMINES.

Ou on prend un fond uni rouge turc, § 611, et l’on dorme dans ce cas la préférence à celui dont l’écoulement serait moins sûr, soit à cause du ton de la nuance, soit à cause de ses inégalités, attendu que ces défectuosités deviennent insensibles après l’ap- ■ plication des couleurs d’enluminage , ou bien , si l’on prépare directement le rouge turc pour l’enluminage, on ne donne aux pièces qu’un ou deux huilages , afin de diminuer la proportion du corps qui offre le plus de résistance à l’action des agents destructeurs , puis on dégraisse parfaitement l’étoffe , pour obtenir des résultats uniformes. Autrefois, on effectuait ce dégraissage en foulardant dans l’essence de térébenthine, et en faisant passer ensuite dans un bain d’eau portée à la température de 75°; c’était s’imposer une grande dépense pour enlever en même temps que la graisse une certaine quantité de matière colorante et attaquer les pièces. On se contente aujourd’hui du traitement tout simple indiqué § 611, p. 190 (l’eau chaude avec le carbonate de soude) , et l’on imprime ensuite les couleurs enlevage tantôt simultanément , tantôt séparément , selon les dessins et les difficultés que l’on peut rencontrer dans la rentrure de certaines couleurs .

Pour produire le dessin enluminage noir, bleu, jaune et blanc de l’éch. 351, on a imprimé à la planche :

\ 0 Un blanc enlevage , mais sans addition de chlorure stannique qui constitue le fabricant en dépenses inutiles en diminuant la pureté du blanc ;

2° Un bleu enlevage.

Les toiles imprimées présentent des traits blancs, contournant des parties noires , dues à la superposition du bleu sur le rouge , éch. 3 h 7.

Par l’immersion dans la cuve décolorante, tous les points recouverts d’acide tartrique deviennent blancs, tandis que ceux que recouvre cet acide mêlé à une préparation de bleu de Prusse, passent au bleu par la destruction du rouge , le bleu de Prusse résistant seul à l’action du chlorure en pareille circonstance.

?§ Fond rouge turc, avec Impressions bleu et blanc eoile* \ vage passé en cuve décolorante.

!\'lh DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.

84?. Fond rouge turc, avec impression bleu et blanc enlevage prêt à passer en cuve décolorante.

Nous 11e reviendrons pas sur les observations que nous avons déjà faites à l’occasion du blanc enlevage, § 625 , p. 237 5 mais le fabricant ne doit pas perdre de vue que le bleu de Prusse est attaqué par les alcalis, et, par conséquent, par la chaux, toutes les fois qu’il y a un grand excès de cette base et que la température de la cuve est trop élevée. D’un autre côté, le chlore ternit le bleu et le fait virer au vert ; il faut donc qu’il sache proportionner la quantité d’acide qui entre dans cette couleur

FONDS GARANCES ENLUMINES.

enlevage à celle qui est strictement nécessaire pour détruire le rouge, et qu’il ne dépasse jamais cette limite. De là découle cette conséquence , qu’il ne peut trop étudier sa cuve et ses allures , puisque tout le succès de sa fabrication en dépend.

Les tissus ainsi traités se présentent, après avoir été rincés, dans l’état de l’éch . 348. Pour rendre au blanc sa pureté primitive , on fait passer la toile, à la température de 40 à 45°, dans un bain de chlorure de soude , qui la dépouille de tout corps étranger, mais en dégradant légèrement le rouge, ainsi que le prouve l’éch. 349.

$439* Fond rouge turc, avec impressions blanc et bleu enle¬

vage passé en cuve décolorante et ensuite en chlorure de soude faible pour purifier le blanc.

Après avoir obtenu ainsi du bleu et du blanc, auxquels on a donné, par une disposition de gravure , toute l’étendue nécessaire pour recevoir du jaune sur certains points , on procède à la rentrure des couleurs d’enluminage, beaucoup moins difficile ici que sur les toiles ordinaires, parce que les opérations de la formation du rouge turc rendent le mouvement de la fibre à peu près insensible. L’éch. 350 nous représente l’échantillon précédent, dans lequel on a rentré, d’abord en parties massives, le jaune d’application, qui, tout en laissant le rouge intact, a fait passer au vert les parties bleues, et au jaune les parties blanches

351. Même échantillon que l’éch. 35®, dans lequel on a rentré en dernier lieu du noir d’application.

qu’il a touchées. Enfin, dans l’éch. 351 , nous retrouvons de plus le noir d’application qui s’est conservé sur tous les points recouverts de jaune. Cette double rentrure opérée surunetoile garancée ordinaire ou même sur toile huilée, mais dans des dessins plus déliés, aurait certainement été moins régulière.

L’éch. 352, de la fabrique de M. Steiner de Ribeauvillé , a été exécuté de la même manière ; on a donc :

1° Imprimé sur une toile huilée un blanc enlevage sur rouge ;

350. Même échantillon que l’éeli. 349, dans lequel on a rentré un jaune d'application.

L’augmentation d’épaisseur que les opérations de l’enlevage amènent dans les traits blancs et déliés des échantillons cidessus, tient à deux effets : l’un physique, que nous avons déjà discuté, § 618, p. 222 et suivantes , l’autre chimique, qui provient de ce que le chlore , mis en liberté sous forme de fluide élastique, se dégage avec une certaine tension qui le fait rayonner autour du point d’où il est expulsé.

Quand les dessins exigent un rapport parfait , on applique successivement les diverses couleurs enlevage, pour ne passer qu’ ensuite en cuve décolorante. Il en est de même quand on se sert du rouleau , comme dans lech. 353 , que nous devons à l’obligeance de M. Steiner , de Manchester. On a imprimé dans cet échantillon à la machine à cinq couleurs :

1 0 Un blanc enlevage à l’acide tartrique et épaissi à l’amidon ;

2° Un bleu enlevage ;

3° Un jaune enlevage ;

TONDS GAKANCES ENLUMINES.

2° Imprimé un bleu enlevage sur ce même rouge;

3° Passé en cuve décolorante pour détruire le rouge;

4° Rincé et nettoyé les parties blanches ;

5° Imprimé le jaune d’application à la graine , qui a produit le jaune et le vert par sa superposition sur le bleu ;

6° Imprimé enfin le noir ;

7° Rincé , dégorgé et séché.

359. Fond rouge turc, avec impression noir , blanc, bleu et jaune enlevage de M. Steiner.

/l 28 DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.

4° Un vert idem , au bleu de Prusse et chromate ;

5° Un noir d’application gras.

Après l’impression , on a passé à la cuve décolorante , nettoyé et purifié les parties blanches.

S5S. Fond ronge taire, avec impression noir, bleu, blanc enlevage aaa rouleau, de 1. üiteiner de Manchester.

On imprime ainsi des dessins cachemires extrêmement riches pour châles et pour écharpes.

Des maisons de Glaris imitent en ce moment d’une manière très heureuse la fabrication des fonds rouge turc enluminés , au moyen de celle du genre lapis fond rouge.

L’effet de cette fabrication est encore considérablement augmenté quand on opère sur des toiles au milieu desquelles se trouvent des dessins en rouge et rose, § 6M, éch. lhà, où l’on peut réaliser des enlevages blanc ou coloré comme sur un fond uni. M. Steiner, de Ribeauvillé, exécute des articles de cette espèce, fonds rouge, avec bouquet, rouge, rose, blanc, bleu,jaune et vert , d’une beauté peu commune. On ne sait vraiment qu’admirer le plus , ou du talent de l’artiste qui a composé les sujets, ou de celui du fabricant qui les a réalisés sur étoffe.

En faisant prédominer le noir, on finit par transformer ces fonds rouges en fonds noirs enluminés , dessins rouges. C, § 822.

Les impressions enlevage sur rouge turc ont naturellement

FONDS GARANCES ENLUMINES. Z|29

conduit aux mêmes effets sur toile ordinaire : aussi, dès 1819, imprimait-on un jaune enlevage sur fonds ou mi-fonds violet» garances. L’éch. 35A nous offre de ce genre dit aladinxm

3S4# Fond on mi-fond violet avec impression jaune enlevage à la cuve décolorante (genre aladin ).

exemple qui nous fera comprendre les variations dont il est susceptible.

On a d’abord fabriqué un double violet identiqüe, au dessin près, avec celui de l’éch. 122, puis on a imprimé un mordant jaune enlevage au chromate, passé à la cuve décolorante, marquant 6 ou 7° ^/B, tant pour détruire le violet par le chlore mis en liberté que pour fixer le plomb par l’excès de chaux , nettoyé et teint, à froid, dans le chromate potassique.

Les préparations que l’on emploie ici sont de même nature que celles qui figurent dans les enlevages sur rouge turc, mais les proportions varient , et la cuve ne doit pas avoir la même énergie. Du reste , on ne saurait rien donner d’absolu sur ces deux points; c’est au fabricant à composer ses enlevages et à régler la force décolorante de sa cuve d’après l’intensité des couleurs garancées qu’il s’agit de détruire, la manière dont elles sont fixées, et par conséquent la résistance qu’elles sont dans le cas d’opposer à l’agent décolorant.

. Jaune enlevage sur violet garance R.

Dans 10 ]it. solution saturée de nitrate plombique , on fait dissoudre :

3k,750 acide tartrique, et l’on épaissit avec 2k,500 amidon grillé ,

2k,500 gomme,

4k,250 farine.

419Æ. Jaune enlevage au jus de citron.

On épaissit 10 lit. jus de citron, à 12° AB , avec :

2 kil. amidon , et quand l’empois est à moitié refroidi , on y ajoute

4k,250 nitrate plombique ,

5 kil. acide tartrique.

■M9& . Vert enlevage sur fond garance ordinaire.

On épaissit 10 lit. jus de citron avec :

1k,280 amidon , et l’on y ajoute , à la température de 45°, 4k,350 nitrate plombique, à froid ,

0k,500 bleu de Prusse en pâte.

La. maison Haussmann a fait dans le temps de très belles impressions jaune enlevage au rouleau sur double violet. Après avoir imprimé et teint le double violet avec mordants fixés à l’arséniate, § 535, on y appliquait souvent , sans même aviver au savon , un mordant jaune enlevage au jus de citron , de la composition suivante :

On épaississait 10 lit. jus de citron avec :

1 k, 650 amidon, et l’on y faisait dissoudre 3k,250 acétate plombique,

2k,50 acide nitrique.

Ce mélange, en définitive, se résume en nitrate plombique et en acide acétique, d’après la propriété que nous avons constatée dans les acétates , § 272 , de se comporter comme des bases sali fiables.

Après l’impression, on passait durant deux minutes dans la cuve décolorante, marquant 6 ou 7° AB , on .rinçait parfaitement pour teindre , à la température de lx 5°, dans un bain de

FONDS GARANCES ENLUMINES.

bichromate potassique, renfermant , pour 125 gr. de bichromate, 100 gr. d’acide acétique. Après y avoir manœuvré les pièces, on rinçait de nouveau , et l’on desséchait. Donné à chaud , ce bain acide rend le jaune beaucoup plus brillant.

Ces enlevages ont été exécutés sous une multitude de formes, tantôt sur des couleurs garancées seules , tantôt sur ces couleurs associées à des fonds bleus ; ainsi .

Ou l’on imprimait au rouleau sur des fonds lilas des dessins rayures diagonales , mille-raies obliques , fouillis , § 500 , en puce ou violet foncé , et par dessus , des impressions genre soubassement jaune enlevage ;

Ou l’on imprimait ces mêmes dessins rayures , mille-raies obliques , fig. 86, en puce garancé , puis on transformait le fond blanc en fond uni bleu de cuve , § 5A8, et l’on imprimait ensuite un jaune enlevage d’un très bel effet. Pour enlever ainsi sur des fonds bleu unis , on employait une plus forte dose d’acide nitrique, et l’on ajoutait à la préparation au jus de citron ci-dessus une suffisante quantité d’acide tartrique , tout en élevant la dose de l’acétate plombique.

Comme les sels plombiques en contact avec le chlorure de chaux éprouvent une double décomposition qui donne lieu à un dégagement de chlore et à la formation du suroxide plombique , si, dans les enlevages jaune , il ne se trouve pas assez d’acide pour prévenir la formation de ce suroxide , la nuance de celui-ci s’ajoute au jaune et le ternit. On détruit cet effet en passant les pièces dans une eau acidulée d’acide oxalique ou dans .un bain d’acide sulfureux liquide.

La fabrication des fonds garances avec impression blanc enlevage ou réserve combinée avec celle de fonds bleus cuvés impression blanc réserve , donne des genres d’un grand intérêt , dans lesquels on retrouve du vert, du rouge , du jaune, du bleu et du noir, au milieu d’un fond puce , résultat de la superposition dujbleu sur le rouge.

Aujourd’hui qu’en bousant les mordants violets à l’arséniate,

!l 32 DE LA FABRICATION EN PARTICULIER,

on obtient des nuances qui n’exigent qu’un faible passage en chlorure de chaux pour être purifiés , on fabriquerait le genre aladin d’une manière beaucoup plus expéditive et moins dispendieuse que par la cuve décolorante, qu’il faut entretenir avec le plus grand soin pour qu’il n’arrive aucun accident, et qui réclame un travail régulier ; il suffirait pour cela d’imprimer un mordantjaune faisant réserve sous mordant de fer. Rien n’empêcherait , par exemple, de déposer sur l’étoffe, à la machine à deux couleurs , le mordant jaune de chrome , § 599 , et , par dessus , un mordant violet ou lilas. Après avoir fixé et bousé le mordant dans un bain d’arséniate, additionné de chromate, il n’v aurait plus qu’à teindre en garance et à passer dans un léger bain en chlorure de chaux , pour obtenir de très jolis fonds blancs , avec impression jaune réserve ; et comme il n’est pas plus difficile de fixer le bleu et le vert que le jaune, §§ 782, 783, 795, on pourra exécuter, quand on le voudra , des genres double violet avec dessins bleu, vert, jaune détachés dans le fond.

Les impressions enlevage si facilement réalisées sur les violets ont été exécutées aussi sur fonds rouge et double rouge

SS 5. Fond violet an bots avec impression blanc jaune enlevage à la presse écossaise.

FONDS GARANCES ENLUMINES.

garances, mais avec moins de succès, attendu que ces nuances, à moins detre saturées de savon lorsqu’on les passe en cuve,sont toujours plus ou moins dégradées par le chlorure de chaux , et contractent d’ailleurs , en présence de l’excès de base , un ton violacé peu agréable.

Ces enlevages à la cuve décolorante ne peuvent s’effectuer que sur des fonds dont les couleurs jouissent d’assez de fixité pour supporter les passages à la cuve décolorante. En Angleterre , où l’on fait usage de presses Monteith , on enlève sur toute espèce de fonds faux teint ou au bois ; c’est ainsi que sur un fond violet de cette nature on a réalisé les impressions blanc et jaune enlevage de l’échantillon ci-dessus.

Si de la fabrication des fonds rouge et violet enluminés nous passons à celle des autres fonds , nous trouvons que cette dernière a la plus grande analogie avec la fabrication des autres fonds de cette espèce que nous avons déjà étudiés; c’est :

Tantôt un fond uni avec impression blanc enlevage ou blanc réserve , que l’on transforme en fond enluminé par la superposition d’un autre fond uni, rose, bleu ou jaune, qui conserve ou modifie la nuance du premier , par exemple , un fond noir au campêc/ie , impression blanc enlevage ou réserve , § 659, que l’on teint uniformément, soit en carthame , et cette teinture, qui ne modifie pas sensiblement le noir en recouvrant les parties blanchês réservées ou enluminées du fond, fait ressortir dans ce dernier une impression rose carthame , éch. 356 (voir pour les dessins qui varient à l’infini la belle collection des produits fabriqués en 1828 par MM. Hartmann) ; soit en cochenille, après avoir foulardé dans un mordant d’acétate aluminique le fond noir, impression blanc enlevage ou réserve , puis dégorgé , et alors on a un fond noir à peine modifié avec impression rose cochenille, éch. 357; 'soit enfin en toute autre matière colorante claire , pour obtenir des résultats analogues.

Tantôt un fond puce garancé ou aux bois , impression blanc enlevage ou réserve , sur lequel on superpose soit un fond uni

SSCI. Fond noir avec impression Manc enlevage , sur lequel on a superposé un fond uni carîhairae.

S St. Fond noir avec impression (>Iane enlevage, sur letgnel on a superposé usa fond usai rose cochenille.

rouge aux bois ou à la cochenille , qui , né changeant que faiblement la nuance du premier, en fait passer au rouge les parties blanches , et donne ainsi un fond puce avec impression rouge ou rose , éch. 358 (on exécuterait le même genre en lilas par l'emploi d’un mordant ferrugineux convenable) ; soit un fond bleu uni cuvé, éch. 53, et l’on obtient un fond puce, impression bleu, ^ch. 359 ; soit le même fond bleu uni, recouvert d’un fond

FONDS GARANCES ENLUMINES .

S5§. Fontl puce avec impression blanc réserve, sur lequel on a superposé un fond uni rose au bols.

Fond puce avec impression blanc réserve ou enlevage , sur lequel on a superposé un fond bleu uni, Ç 548.

jaune, § 663 , qui , par cette double superposition , développe un fond puce , impression vert , éch. 360.

Tous les fonds de cette espèce teints en garance ou aux bois, et passés à la cuve , constituent le genre monstre , qui se compose d’un fond puce ou orange garance , ou d’un fond rouge cochenille avec, dessins blancs obtenus soit par enlevage, soit par réserve , soit par gravure , recouvert d’un fond bleu enluminé ou non , § 826, qui rend le fond puce plus foncé , et fait passer

SStôO* Fond puce avec impression blanc réserve ou enlevage.

sur lequel on a superposé usa fond bleu uni , et ensuite un fond jaune poaar produire du vert.

les fonds rouge garance ou cochenille à un puce ou violet évêque plus ou moins franc , selon la proportion et l’intensité respective des couleurs.

Comme couleurs d’enluminage, on peut rentrer dans ces fonds

toutes celles des fonds gros bleu enluminés ou des lapis réserve.

Entrons dans quelques détails à ce sujet : comme la marche est toujours la même , nous prendrons pour exemple un fond puce.

La toile blanchie et prête pour la fabrication, on procède à la formation du fond, et à cet effet, ou l’on foularde par l’un ou l’autre des moyens indiqués § 523, dans le mordant suivant :

1 0 lit. acétate aluminique , à 6° yiB , *

ŸfS pyrolignite ferreux , à 8° AB,

et après avoir séché à la chambre chaude , on imprime un blanc enlevage au jus de citron , composé de :

10 lit. jus de citron , à I 5° AB , épaissis avec 2k,5 amidon grillé,

puis on dessèche de nouveau ; quand l’enlevage a produit son effet, on bouse avec une forte dose de craie dans la cuve carrée, fi g. 440, et l’on nettoie;

Ou l’on imprime un blanc réserve au citrate potassique n° 8 ,

FONDS GARANCES ENLUMINES. 437

5$ 618 , on foui ar de en mordant puce A , on expose à l'air, on bouse et l’on dégorge.

Ou enfin l’on imprime avec une planche , sur laquelle le dessin blanc est réservé par la gravure, un mordant puce , § 617, que l’on peut aussi composer de :

\ 0 lit. acétate aluminique , à 8° AB ,

1 ^650 pyrolignite ferreux , à \ 4° AB , le tout épaissi avec 5k,400 amidon grillé.

Et après avoir exposé durant trois ou quatre jours à l’étendage les pièces imprimées de mordant , pour en favoriser l’union au tissu, on bouse à la cuve carrée, avec addition d’une certaine quantité d’arséniate, et l’on nettoie parfaitement.

Quand par l’un de ces trois modes on a imprimé et fixé le mordant du fond , on teint à la manière ordinaire en garance et sumac, en employant de préférence la garance d’Alsace, qui donne plus de velouté à la nuance et qui porte moins sur le blanc , ou mieux encore la garancine ou le garanceux , on nettoie , puis on purifie les parties blanches par des passages, en son et , au besoin , à l’aide d’une exposition à l’air, et Ion obtient un dessin blanc au milieu d’un fond puce, éch. 361.

3^A, Fond pucc avec impression blanc réserve.

En passant cet échantillon en cuve bleue, § 548, on superposerait uniformément un fond uni qui aurait pour résultat de

rehausser la nuance du puce et de faire passer le dessin blanc au bleu; mais si, au lieu d’opérer ainsi, on recouvre ce fond puce d’un fond bleu avec impression blanc réserve, on a un fond puce avec dessin bleu et blanc C’est un effet que l’on, a souvent réalisé à une certaine époque. On doit se rappeler ces genres fond puce, où des bandes bleu clair, d’un centimètre de largeur, formaient de grands carreaux irréguliers, renfermant des figures blanches qui suivaient toutes les sinuosités des bandes bleues ; ou ces genres fond de même nuance, avec dessins pois , ovales, etc;, bleu de cuve, au centre desquels étaient détachés de petits sujets mignonnettes, picots, etc., en blanc réserve; enfin cette multitude d’articles fond puce ou violet évêque foncé avec dessins bleu et blanc. Dans ces sujets bleu et blanc au milieu d’un fond puce , on rentrait du jaune d’application qui , débordant sans inconvénient sur le puce, prévenait toute solution de continuité , et donnait du jaune sur les parties bl anches , du vert sur celles qui étaient teintes en petit bleu.

En associant à ces fonds la fabrication d’un genre lapis , on réalise des effets d’enluminage plus variés encore : ainsi, dans l’éch. 362, on a imprimé sur le fond puce , éch. 361 , un blanc

Fond paiee impression Marne réserve , sur leai&ael os» u

superposé bebî fforad Meai avec Impression Wanc et cacliou réserve.

réserve , § 618, de la nature de ceux que l’on emploie pour gros bleu , et un cachou lapis. On a ensuite cuvé à la nuance bleue voulue et obtenu ainsi un fond puce plus foncé que celui de l’échantillon primitif, avec dessin bleu , blanc et cachou. Le ton de cette dernière couleur n’est point franc , parce que le cachou a été un peu attaqué par le bleu [â'SO). Au cachou réserve on aurait pu joindre le rouille réserve sous bleu. Quand on veut faire concourir des couleurs d’enluminage garancées , on remplace ce rouille , qui ne supporte pas la teinture , par des mordants réserve qui, en passant dans un bain de matière colorante, développent tous les effets du genre fond blanc lapis. C’est ainsi qu’on a fabriqué des fonds puce avec grand feuillage et ramage blanc , bleu et rouille , ou blanc , bleu et cannelle. Le fond puce avec blanc enlevage ou réserve , achevé , et les parties blanches entièrement purifiées , on imprimait , dans le premier cas :

1° Un blanc réserve sous petit bleu ;

2° Un rouille ou cachou réserve sous bleu.

On cuvait et l’on passait ensuite dans un bain alcalin pour décomposer le sel ferrique et fixer le rouille à l’étoffe.

Dans le second cas ■.

'1 v Un blanc réserve sous petit bleu ;

2° Un mordant réserve cannelle sous bleu.

On cuvait, on nettoyait , on bousait, et teignant ensuite dans un mélange de quercitron et de garance , on n’avait plus qu’à nettoyer et à aviver-.

Quand les couleurs d’enluminage ne doivent pas modifier le fond ou qu’elles s’appliquent à d’autres conditions que l’indigo, on doit recourir à d’autres voies, que nous allons passer en revue.

FONDS NOIRS ET PUCES ENLUMINES EN COULEURS GARANCEES, VAPEUR OU D’APPLICATION.

La garance donnant du noir et du puce, il semble au premier abord qu’il devrait suffire, pour exécuter ces genres, de juxtaposer des mordants pour fond noir ou puce à ceux des

/l/|0 DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.

couleurs d’enluminage rouge, rose, violet et lilas; cependant , si l’on se rappelle ce que nous avons dit de la difficulté de conserver intactes certaines nuances pendant l’avivage des rouges et des roses et de la nécessité de les rendre complexes pour leur ôter toute affinité décidée pour les couleurs élémentaires qui les composent , on sent bientôt qu’il n’est pas toujours possible de suivre cette voie , à laquelle il faut dès lors en substituer une autre. C’est cette dernière qui doit nous occuper ici, la première n’étant absolument que la fabrication du genre fond blanc enluminé riche , dans lequel , après avoir imprimé les mordants noir et puce qui constituent le fond , et ceux pour violet , rouge et rose, on bouse, on teint en garance, on avive et l’on rentre des couleurs d’enluminage.

La fabrication que nous allons développer a beaucoup d’analogie avec celle du genre gros bleu enluminé, § 827, ainsi qu’on va s’en convaincre.

§ 85/i. Fonds noirs avec enluminage rouge et rose solides (riches). Il y a bientôt un siècle qu’on exécutait ce genre ; nous avons sous les yeux des échantillons de toile de lin fond noir, impression gros et petit rouge qui sont irréprochables. On imprimait d’abord un mordant fond noir, dans lequel le dessin se trouvait réservé par la gravure , on teignait ensuite en garance, on purifiait le blanc, puis on rentrait, au moyen d’une seconde planche' portant en relief les formes gravées en creux sur la première, un mordant fin rouge ; on rinçait de nouveau, on avivait le rouge , et l’on obtenait ainsi un fond noir garancé avec rouge. A ces nuances on ajouta bientôt le rose, puis les autres couleurs d’enluminage, à mesure qu’on les découvrit, et cette fabrication subit successivement tous les perfectionnements qui s’introduisirent dans celle des fonds blancs garances enluminés, un des éléments de ces fonds noirs enluminés. M. Eck , de Cernay, s’est surtout signalé dans ce genre ; les noirs qu’il a produits non seulement n’ont point été dépassés en beauté , mais même n’ont pu être imités. C’est à son obligeance et à celle de

FONDS NOIRS ET PUCES ENLUMINES. Ml

M. Schwartz , son gendre, que nous devons de pouvoir présenter en détail les principales phases de ces produits , qu’on ne réalise plus que dans des cas exceptionnels , vu les frais qu’ils entraînent et le bas prix actuel des impressions.

A l’aide d’une gravure dans laquelle les contours des sujets d’enluminage sont réservés , on imprime le mordant pour fond noir, qui est un noir au pyrolignite ferreux , épaissi à la gomme ou à X amidon , additionné quelquefois d’une certaine quantité de campêche et de cachou , par exemple :

A 10 lit. décoction de campêche, à lk,125 par litr. et 280 gr. cachou , on ajoute :

4 0 lit. pyrolignite ferreux; on épaissit avec 2k,960 amidon , puis on incorpore au tout 0k,640 huile tournante.

Comme ce mordant doit être très souvent appliqué en grandes masses , il convient de ne pas trop l’épaissir, pour que le fond soit le plus uniforme possible ; mais alors , afin de prévenir les coulages , quelques fabricants ont soin d’engaller préalablement les toiles; la réaction qui a lieu entre le tannin de la noix de galle et le mordant de fer s’oppose au mouvement de ce dernier sur les parties blanches.

Ce mordant imprimé , on l’expose quelques jours à l’air pour qu’il s’oxide, on bouse ensuite à la température de 80°, à la cuve carrée , dans un bain contenant avec la bouse une certaine quantité de quercitron , qui constitue une véritable teinture ; on nettoie avec soin , et le tissu se présente dans l’état de l’échantillon 363.

Après cette opération , qui a pour objet de fixer le mordant à l’étoffe, tout en lui faisant contracter avec la matière colorante jaune une combinaison qui peut être détruite ultérieurement, on procède à la teinture du fond dans un bain composé , pour six pièces , de :

6 kil. quercitron ,

4 5 kil. campêche, lk,250 noix de galle ,

6 Jkil. son ,

6 lit. bouse de vache.

Le mélange du quercitron , de la noix de galle et du campêche a pour résultat de produire un noir complexe , pendant

SUS • Mordant de fer pour fond noir, imprimé et foonsé avec addition de quercitron.

que le son et la bouse de vache empêchent les parties blanches de se salir. Après la teinture , on nettoie , on donne même des passages en son pour purifier le blanc , et le noir est alors éch. 364-

Fond noir avec blanc réservé par la gravure , teint et prêt à recevoir la contraire des mordants Un roaage et

FONDS NOIRS RT PUCES ENLUMINES. !\ko

Lorsqu’on passe un pareil fond clans un bain de garance, la matière colorante de cette dernière, plus puissante quol’hématine et que celle du quercitron , déplace de l’une et de l’autre une certaine quantité qui se répand dans le bain en se portant quelquefois sur les mordants dont elle altère les nuances ; pour éviter de pareils accidents, M. Eck passait ses toiles dans le résidu d’un garançage où toute la matière colorante du campêche et du quercitron , susceptible d’être déplacée , se trouvait immédiatement mise en liberté , et , après cette teinture préalable, blanchissait le fond, s’il était nécessaire. Un bain de garance même épuisé par la teinture, contient toujours assez de matière pour colorer des toiles chargées de mordants purs ou de laques dont les principes colorants sont plus faibles.

A la suite de cette opération préliminaire., on rentre dans le fond noir, éch. 365 :

'1 0 Un mordant fin rouge,

2° Un mordant troisième rouge ou petit rouge.

On expose à l’air, on bouse, à la température de 70°, une première fois- dans la cuve carrée, une seconde dans la cuve

S€»«3>o Fond noir, dans lequel on a rentré les mordants fin ronge et petit rouge.

en rond, on nettoie parfaitement , on teint en garance d’A- Ugnon avec addition de craie, à raison de 27 kil. garance pour

k!\l\ DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.

six pièces, en élevant progressivement la température, dans l’espace de deux heures, jusqu’à 70°, où on la maintient pendant une demi-heure; on rince, on dégorge, et si l’on a bien dirigé le garançage , et que surtout on ait eu la précaution de donner aux pièces une teinture préalable dans le résidu de garance et de purifier le blanc par des expositions à l’air , qui oxident la matière colorante du campêche et la rendent plus adhérente à l’étoffe, les mordants sont saturés sans que les parties blanches soient trop altérées , éch. 366. Il ne faut plus alors que les pu-

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