DES JAUNES
la couleur verte qu’il donne à la flamme d’alcool. Dissoute dans l’acide nitrique , la cendre donne une liqueur qui passe au bleu par l’ammoniaque , au cramoisi par le prussiate jaune et au brun par le sulfide hydrique. Enfin , quand on a peu de-matière à sa disposition , on a recours au chalumeau pour s’assurer si cette cendre renferme du cuivre. Lorsqu’on recherche le cuivre dans les couleurs , on ne doit point oublier qu’il y figure sous un état particulier , § 358, et qu’on ne peut, en conséquence , le déceler avec certitude qu’en incinérant la laque qui le renferme et en étudiant la cendre.
Le bleu d'outre-iner est reconnaissable à sa nuance, à sa résistance à l’action du feu , résistance telle qu’en brillant une étoffe qui en est recouverte, on retrouve le bleu intact dans les cendres , enfin à la manière dont il se comporte en présence du chloride hydrique , qui le décolore en donnant lieu à un dégagement de sulfiJe hydrique. Il arrive quelquefois que, fixé mécaniquement et abrité par le vernis résineux , il n’est point attaqué par les acides ; mais on désagrège le vernis , en humectant l’étoffe d’éther, et alors l’acide, qui d’abord était sans action sensible sur lui , le détruit sur le-champ.
Bleu mélange. Quelques étoffes de laine ou chaîne coton présentent des fonds gros bleu , § 756, formés d’un mélange de bleu de Prusse et de bleu de Saxe ; on y constate la présence de ces deux substances au moyen du chlore ou de l’acide nitrique, qui détruisent le premier et laissent exister le second.
Des jaunes , jaune orange et nankins.
§ 871. il y a plusieurs espèces de jaunes : les jaunes degaude, de quercitron , à la graine, de fustet, de curcuma , des substances astringentes, le jaune orange rocou, le jaune et l’orange de chrome , l’orpiment , le nankin ou chamois.
Les jaunes au qucrcitrou sont détruits par le chlore et par l’acide hypochloreux, mais ne virent sensiblement à l’orangé ni par les alcalis , ni par le chlorure ou le sulfate stanneux en
528 ESSAI DES COULEURS DEPOSEES SUR LES ETOFFES, présence de la chaleur ; enfin , l’acide nitrique leur fait prendre une teinte cachou rougeâtre.
Les jaunes à la graine sont détruits par le chlore et par l’acide hypochloreux; la solution de potasse les fait virer à la nuance jaune turc , et chauffés avec un peu de chlorure stanneux saturé, ils passent à l’orange de l’éch. 2/|5 ; traités par l’acide nitrique, ils prennent une teinture poussière.
Les oranges ou nankins fustet virent au roüge par 1 ’ acide sulfurique , à une nuance cachou par la potasse , enfin ils sont détruits par l’acide nitrique.
Les jaunes au curcuma sont décolorés par le chlore , par l’acide hypochloreux, et virent fortement au rouge orangé par les alcalis.
Les jaunes au sumae virent à une teinte plus claire par le chlorure stanneux , rougissent par l’acide nitrique, mais ne sont pas sensiblement modifiés par l’acide sulfurique.
Les jaunes orange au rocou sont difficilement attaqués par le chlore et par l’acide hypochloreux, en raison de leur nature résineuse, mais ils passent au bleu verdâtre en présence de l’acide sulfurique concentré , prennent une teinte foncée , puis disparaissent par l’acide nitrique.
Les jaunes de chrome , indestructibles par la chaleur , si l’on sait prévenir tout phénomène de réduction , sont inattaquables au chloride hydrique faible , mais toujours détruits , au contraire, par cet hydracide concentré. Dissous et décolorés par la solution de potasse caustique, ils se transforment en orange de chrome quand on les immerge dans une eau de chaux bouillante. Les oranges de même base ont les mêmes caractères : seulement , ils virent au jaune-serin par les acides.
Les jaunes d'orpiment , inattaquables par le chloride hydrique, sont solubles dans la potasse, et, détruits par l’acide nitrique, donnent naissance à une solution qui, introduite dans une petite fiole contenant du zinc et de l’acide sulfurique , fournit un gaz dont on retire , en le brûlant sur une soucoupe de por-