DES BLEUS
noir, par le prussiate au bleu , et par Je campêche au gris ou au noir. Si c’est un mélange (le mordants de fer et d’alumine , elle prend , dans un bain de cochenille ou de quercitron , des nuances complexes sur la nature desquelles il est difficile de se méprendre.
Après l’incinération des étoffes recouvertes de couleurs qui appartiennent à la dernière division, on retrouve toujours ces couleurs dans les cendres , intactes ou plus ou moins modifiées, selon leur nature. De plus , elles résistent ordinairement à l’action du chlore, ou, si elles en sont attaquées, elles se transforment en des produits dérivés faciles à reconnaître.
L’incinération , le chlore, l’acide hypochloreux, manifesteront donc toujours, dans toutes les couleurs qui se rencontrent sur les tissus , les caractères génériques ; voyons maintenant l’usage à faire des autres agents pour spécifier les diverses couleurs.
Des bleus.
§ 870. Les bleus dont on se sert sont de quatre espèces : le bleu d’indigo , h1 bleu de Prusse , le bleu de campêche , le bleu d’outre-mer.
Bien d’indigo. Ce bleu, qui a pour caractère générique d'être détruit par la chaleur sans laisser de résidu, et d’être décoloré par le chlore, par l’acide hypochloreux et par l’acide nitrique, se subdivise :
a. En bleu solide qui n'est jamais altéré par la potasse caustique , et qui se subdivise lui- meme
En bleu de cuve, éch. 53-54.
En bleu faïence , éch. 66 et B', t. III, p. 454.
En bleu d’application , éch. 67.
Chimiquement parlant, les deux premiers sont identiques; tout au plus se distinguent- ils physiquement par une nuance moins franche et moins égale clans le bleu faïence, par l’isolement ordinaire de ce dernier, en raison des circonstances spéciales de sa fixation, § 556; par le procédé de son impression, vu qu’il n’est jamais appliqué qu’en dessins plus ou moins réguliers ;
enfin par les traces que le bleu de cuve laisse toujours sur un fond quand il y apparaît en sujets déterminés. Il est cependant un caractère qu’on retrouve dans presque tous les bleus faïencés , et qui les différencient des autres bleus d’indigo , c’est que, recouverts d’acide nitrique, ils sont détruits, en laissant apparaître une teinte jaunâtre. Quant au bleu d’application solide, on en constate la nature en décolorant par le chlore l’étoffe qui en est recouverte, et en teignant celle-ci en cochenille ; l’étain qu’il renferme suffit pour faire reparaître le dessin dans une nuance quelconque. De plus, comme il peut arriver sur l’étoffe concurremment avec beaucoup d’autres couleurs, il est généralement employé comme enluminage.
b En bleu cle Saxe qui disparaît par la potasse caustique,
mais qu’on peut rétablir par l’intervention d’un acide.
Mien «le Prusse. Ce bleu a pour caractère générique d’être détruit par la chaleur , en donnant par l’incinération sur une lame de platine un résidu d’oxide ferrique, d’être inattaquable par le chlore et par l’acide hypochloreux, mais décolorable par la potasse caustique. Il se subdivise , soit d’après la nature du mordant qui sert à le former : ainsi le bleu dit de France , de la nuance de l’éch. 3/|5, renferme toujours une certaine quantité d’étain que l’on reconnaît facilement en fondant la cendre au chalumeau, tandis que le bleu de Prusse ordinaire, éch. 91, ne contient que du fer; soit d’après son mode de fixation , d’où la distinction du bleu par teinture, a la vapeur et d’application. Le premier , § 603 , est toujours reconnaissable à sa nuance, qui n’est jamais aussi vive, aussi pure que celle du bleu vapeur. Quant au bleu d’application, éch. *2Z|6, il se distingue des deux précédents par la grande quantité de composés stannifères qu’exigent sa dissolution et sa fixation.
Bleu au cainpêche. Ce bleu a la propriété d’être tellement impressionnable aux acides, qu’il ne peut en être touché sans passerai! rouge ; il est d’ailleurs décoloré par la chaleur, et laisse sur la toile un résidu brunâtre d’oxides aluminique et cuivrique dont le dernier se manifeste souvent, durant l’incinération , par