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d'une manière très heureuse. Vauquelin avait fait voir que l'alumine , qui est toujours précipitée de ses sels et redissoute ensuite complètement au moyen d'un excès d'hydrate potassique, ne se redissout plus lorsqu'on la précipite en présence de la magnésie. Mettant à profit cette observation, M. Hirn introduisit dans les mordants aluminiques ordinaires une certaine quantité de sels magnésiques , pour combattre l'effet de la chaux et prévenir l'action dissolvante qu'elle exerce sur ce mordant. En mélangeant à l'acétate aluminique , à 12° AB , un huitième de son poids de sulfate magnésique, il obtint un mordant qui, épaissi à la farine ou à la gomme , non seulement résiste aux passages les plus prolongés dans l'eau de chaux, mais encore se trouve immédiatement fixé par elle. Nous donnons ci-après la composition des couleurs qu'on employait dans l'établissement du Logelbach ; nous entrerons ensuite dans les détails de la teinture et des avivages.
Le mordant rouge était composé de :
4 0 lit. mordant rouge A, coloré par
0^72 bain de fernambouc, à 500 gr. par litre , dans lesquels
on faisait préalablement dissoudre 1k, 3 4 sulfate magnésique, et l'on épaississait le tout avec 3k,600 gomme Sénégal.
Le mordant noir de :
13 lit. eau,
2 lit. bain de campêche , à 500 gr. par litre , \ 5 kil. pyrolignite ferreux, à \ 4° ,4B, et l'on épaississait le tout avec
4 kil. farine.
Quant aux préparations pour cachou , bleu et le vert , elles étaient précisément celles que nous avons données §§ 782, 783 ; mais on pourrait encore employer pour les deux derniers l'une ou l'autre de celles qui sont décrites §§ 557 à 560.
Traitement. Aussitôt après l'impression , il fallait, pour les raisons exposées § 558, p. 77, passer les pièces en chaux. A cet effet, on les dirigeait dans une cuve à roulettes remplie d un lait
FONDS BLANCS ENLUMINES. 235
de chaux assez épais pour prévenir les coulages. La durée de ce passage était d'environ trois à cinq minutes, c'est-à-dire que le mouvement imprimé à la toile devait être tel que chacune de ses parties séjournât durant ce temps dans le bain. On exposait ensuite à l'eau courante au crochet , durant le temps nécessaire pour bien dé verdir l'indigo. On passait alors , à la température de 75°, durant vingt -cinq minutes , dans un bain de bichromate potassique légèrement acidulé d'acide acétique et composé de :
4 k , 0 0 0 eau, auxquels on ajoutait 0k,005 bichromate potassique, et 0k, 00*25 arséniate neutre.
L'introduction de l'arséniate clans ce bain a paru indispensable à M. Hirn , pour prévenir la fâcheuse influence qu'exerce toujours le bichromate sur les mordants violets. On sait, en effet, qu'en passant un mordant violet clans une solution de bichromate et en le teignant ensuite en garance , on n'obtient que des nuances rousses et raclées , et que l'addition de l'arséniate, par une cause qui n'est pas exactement connue , prévient les acci* dents de ce genre.
Quand les pièces ont subi ce passage en bichromate potassique, on les rince et on les nettoie avec soin , puis on procède au garançage , à une basse température , afin de ne pas salir les parties blanches , et avec une proportion de garance assez forte pour saturer complètement les mordants de matière colorante,
La quantité de garance employée est de :
4k,5 à 2k,5 par pièce, avec addition de craie et surtout de colle-forte , pour préserver les parties blanches , ainsi que le bleu et le vert.
On donne cette teinture dans l'espace de deux et demie à trois heures, en élevant progressivement la température de 25 à 60°; puis on rince et l'on nettoie les pièces pour les faire passer clans un bain extrêmement faible de chlorure de chaux ou de soude , chauffe à la température de 40°. C'est à l'expérimen-
tateur d'établir les proportions de chlorure à employer pour rendre aux parties blanches du tissu leur pureté primitive ; lorsqu'il est en excès , il endommage et même détruit quelquefois le bleu et le vert.
Après cette opération , qu'on doit faire suivre d'un lavage et d'un dégorgeage , on passe les pièces dix par dix dans la caisse à teinture, fig. 143 , remplie d'un bain composé de 2 k il . savon et de la quantité d'eau nécessaire , en les y introduisant à la température de 20°, qu'on élève peu à peu jusqu'à 50 dans l'espace de quarante-cinq minutes , et enfin on les avive durant trente minutes , à la température de 45 à 55°, dans un autre bain composé de :
4k,5 savon,
0k,i 25 chlorure stanneux ,
0k,250 carbonate sodique.
Ce procédé de fabrication , qui offre les moyens d'exécuter le genre fond blanc enluminé avec une précision dans les rapports, qu'on ne réalise jamais quand on fait succéder les couleurs d'enluminage à la teinture des couleurs garancées , est cependant peu en usage, parce que les rouges qu'on obtient ainsi n'ont jamais la vivacité et l'éclat de ceux qu'on forme isolément et qu'on peut aviver au moyen d'agents chimiques sans se préoccuper de l'action qu'exerceront ces agents sur les bleus, les verts et les jaunes.
Par motif d'économie, on préfère enluminer ces genres garances par des couleurs vapeur ; on tourne ainsi la difficulté au lieu de l'aborder de front. Nous estimons qu'en persévérant dans les essais déjà commencés avec tant de succès pour l'impression des couleurs solides , on parviendra à un bon résultat. Nous ne doutons pas qu'on n'arrive un jour à imprimer directement du bleu foncé en dissolvant de l'indigo dans un mélange d'alcool, ou d'acétone , ou d'esprit de bois et d'acide sulfurique. C'est par un procédé de cette espèce que nous avons dans le temps imprimé un gros bleu solide. On arrivera aussi certainement à fixer les
divers mordants d'alumine et de fer après leur impression, en faisant passer le tissu dans une dissolution de carbonate sodique à un degré de concentration convenable et à une température déterminée. On pourra aussi , dès qu'on le voudra bien , éviter tous les inconvénients inhérents à la teinture , entre autres à l'altération du blanc , qui oblige toujours le fabricant à sacrifier plus ou moins les laques déposées sur l'étoffe qu'il veut purifier, en teignant les toiles mordancées et recouvertes de jaune, de bleu et de vert solides dans un bain additionné de savon , § 541, p. 508. Enfin, en choisissant d'autres conditions pour la fixation du bleu, du vert et du jaune, on fixerait les mordants aluminique et ferrique en même temps que le bleu, sans aucun passage dans les liqueurs alcalines ; il suffirait d'imprimer ces mordants avec une certaine quantité d'arséniate et l'indigo broyé avec une proportion déterminée de sel stanneux. En vaporisant sous l'influence d'une certaine quantité d'ammoniaque, on fixerait les mordants et l'on réduirait l'indigo, qui, devenu soluble, imprégnerait les pièces et n'aurait plus besoin , pour y adhérer définitivement, que d'être déverdi à l'eau courante. Pour le vert, il suffirait d'ajouter à l'indigo une certaine quantité de plomb, et pour le jaune d'imprimer un sel de plomb pur et de passer ensuite en chromate. Quant aux mordants, ils se trouveraient fixés, car nous avons vu , § 536, que les mordants de fer se combinent parfaitement au tissu sous l'influence de l'ammoniaque ; et ceux d'alumine, qui perdraient de leur affinité pour les matières colorantes , si cette base venait à passer à l'état isomère où elle est impropre à se combiner à ces substances , seraient garantis d'une pareille métamorphose par l'acide arsénique ou par l'arséniate, qui prévient la décomposition du sel aluminique par l'ammoniaque, et laisse en définitive un sel basique pour résidu.
En fixant ainsi le bleu et le vert solides à la vapeur, on pourrait appliquer le rouge et le rose Gastard , § 736 , et l'on formerait alors avec une rare perfection et sans difficulté tous les genres composés
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Il va sans dire qu'après avoir fixé le bien et le vert en même temps que les mordants, il n'y aurait aucun inconvénient à teindre ces derniers dans un bain colorant quelconque.
Après avoir fait connaître les deux marches suivies pour la fabrication des fonds blancs enlumines et exposé brièvement les améliorations dont ils sont susceptibles , nous avons à indiquer les principaux articles de cette espèce , qui ne diffèrent entre eux que par la diversité des formes et des nuances qu'on y fait entrer.
Les premiers articles fonds blancs avec enluminage , bleu et vert solides au chrome , remarquables par la pureté de leurs nuances, ont été exécutés en Alsace par les maisons Gros -Jean, N. Koechlin frères et Hartmann fils. Ces derniers livrèrent à la consommation, en 1827-1828, des impressions de cette espèce , à la planche , sur jaconas et mousseline d'une grande beauté ( des arabesques puce et vert, des anneaux détachés et de deux couleurs, fin rouge et bleu, puce et vert, violet et vert, etc.) . En 1829-1830, mais surtout en 1832-1834, on a exécuté sur les mêmes étoffes des dessins de très bon goût, dans lesquels les couleurs garancées étaient accompagnées de couleurs d'enluminage solides bleu, vert, jaune de chrome , oxide ferrique et cachou. MM. Koechlin frères ont imprimé alors des genres extrêmement chargés , d'une grande richesse.
On a aussi réalisé à la même époque de très beaux dessins en associant du vert au violet ou au lilas , et en disposant la gravure de telle sorte que le vert se trouvât engagé dans le lilas, ou, le contraire, le lilas engagé clans le vert. On mettait ainsi à profit l'effet du contraste des couleurs , § hSh. La première de ces dispositions est la plus avantageuse.
Souvent, enfin, on a associé le cachou au rouge, au rose et au lilas ; mais comme le cachou prédominait dans les dessins et que les figures étaient tout-à-fait détachées, on suivait une marche inverse de celle que nous venons de décrire : on rentrait dans la fabrication des fonds cachou dont il sera fait mention plus tard, c'est-à-dire qu'on imprimait le cachou et qu'on le
fixait par l'un ou l'autre des moyens décrits § 569, p. 109, pour appliquer ensuite les mordants rouge , rose ou lilas , 'qu'on teignait alors en cochenille. On a ajouté de nos jours , à toutes ces fabrications, celle d'une foule de genres fonds blancs impression garancine ou garanceux , avec enluminage couleurs . vapeur ou d'application.