‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissusChapitre 195 sur 291 · WM · texte numérisé non relu

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Nous devons ajouter que si le vaporisage modifie quelques couleurs d'une manière fâcheuse , souvent il en développe des nuances plus riches et dont le fabricant doit tenir compte.

2° Qu'elles se forment en salissant le moins possible les parties blanches réservées et les couleurs garancées, qu'on peut tout au plus purifier par un simple passage en son.

3° Enfin , que les teintures s'effectuent aux moindres frais possibles, eu égard aux diverses matières colorantes qui peuvent fournir les mêmes nuances.

Dans tous les exemples que nous avons présentés , l'impression du blanc réserve précédait celle du mordant fond ou mi-fond soubassement ; quelquefois on imprime en second lieu le blanc, qui fait alors enlevage sur mordant. Mais s'il semble, en considérant ce qui a été dit § 618 , que le résultat doive être le même , puisqu'en définitive il n'y a qu'une interversion d'opérations, que dans un cas on imprime du jus de citron faisant réserve sous le mordant soubassement, dans l'autre ce même jus de citron faisant enlevage sur ce mordant, il n'en est pas cependant tout-à-fait ainsi , pour deux causes , l'une physique . l'autre chimique : d'abord , quand l'impression ne se fait pas en fond uni , on est obligé d'épaissir le mordant soubassement, pour pouvoir le déposer sur l'étoffe en traits réguliers , et comme l'épaississant fait réserve, l'acide qu'on applique après coup a beaucoup de peine à accomplir son effet , § 620 ; ensuite , alors même que l'enlevage peut s'effectuer sans difficulté, on doit tenir compte de la nature tant de la couleur garancée que du mordant soubassement qui la recouvre et qu'il s'agit d'enlever. Qu'on soit, par exemple , dans le cas d'employer un mordant à base de fer pour recouvrir une couleur rouge garancée , le blanc enlevage qu'on imprimerait ensuite attaquant à la fois tout l'oxide ferrique et l'oxicle aluminique, transformerait le rouge en violet ou en puce , selon le rapport qui existerait entre les deux mordants d'alumine et de fer.

Ces observations nous dispensent de parler d'une manière

spéciale des genres soubassement , dans lesquels le mordant du fond ou mi-fond serait enlevé au lieu d'être réservé.

On peut , du reste , varier encore le genre soubassement , en associant à la fabrication des genres fonds blancs garances celle des genres que nous avons passés en revue dans les paragraphes 798-800.

DE LA COMBINAISON DU GENRE FOND BLANC AVEC LE GENRE FOND ET MI - FOND SOUBASSEMENT „ SUJET BLANC RESERVE PAR LA GRAVURE .

^ 819. Ce genre d'impression , exécuté pour la première fois il v a près d'un siècle, a été, comme nous l'avons dit, en grande faveur pendant bien des années. Ce sont les perfectionnements apportés dans les machines à imprimer au rouleau , et surtout la grande diminution des frais de gravure, qui l'ont fait peu à peu abandonner dans tous les cas où l'emploi n'en est

pas obligé.

Nos pères , qui n'employaient de réserves que clans les bleus cuvés et ne connaissaient aucun des agents dont nous disposons aujourd'hui pour prévenir la combinaison d'un mordant au tissu, se servaient d'une gravure appropriée pour contourner les sujets garances de mordants pour fonds ou mi-fonds. Ainsi, ils réalisaient la figure du sujet garance à la manière ordinaire et réservaient par une gravure en creux ce sujet et les points blancs qu'ils voulaient conserver. Cette gravure n'était qu'en bois quand il était question d'un fond , et en picots de cuivre quand il s'agissait d'un mi-fond picotage. Nous avons de ces planches qui datent de plus de quatre-vingts ans , et qu'on employait à la fabrication des genres connus sous le nom de

sous-gaz.

La fabrication ancienne et même encore quelques produits de 1838 présentent une infinité de genres fonds ou mi- fonds rentrés (expression consacrée ù ces articles). C'étaient des fonds rouille , des fonds à l'oxide chromique , des fonds fauves , mais

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surtout des fonds olive , réséda, puce, gris , et de toute espèce de nuances de fantaisie qu'on exécutait tant pour robes que pour châles et meubles.

Ces genres , qui ne diffèrent , en ce qui concerne leur fabrication , des fonds blancs simples enluminés que par les soins que réclament l'application de la nuance du fond ou mi- fond et la fixation préalable des couleurs garancées fixées à l'étoffe, ne peuvent nous occuper longtemps , parce qu'aucun fait ne s'y rattache qui n'ait été signalé dans les genres élémentaires dont ils se composent. Rappelons seulement que, suivant que la gravure porte sur l'étoffe de grandes ou de petites masses de couleur, on se rapproche des mi-fonds ou fonds couverts avec dessins enluminés ou des fonds blancs garances enluminés [couleurs dentuminage réalisées par teinture, § 794 , p. 226).

Quelques exemples compléteront ce court aperçu.

Xous ne dirons rien des fonds ou mi-fonds renirure , couleurs & application solides, vert, jaune, bleu, cachou ou rouille, ni des modifications à introduire dans l'épaississage de ces couleurs , selon qu'elles doivent être imprimées en parties massives ou déliées , ni des rapplicages qu'elles réclament dans le premier cas; nous en avons parlé § § 782-784. Ajoutons cependant , en ce qui touche le cachou , qu'ici comme dans les

£®5. Fond cachou rentré.

fonds blancs enluminés on doit autant que possible fixer les couleurs avant le garançage pour obtenir un encadrement parfait. L'éch. 280 nous présente un cachou dont la rentfure avant la. teinture ne laisse rien à désirer ; au contraire , dans l'éch. 295, que nous présentons ici , le fond cachou rentré après la teinture du noir et du rouge garances offre de nombreuses solutions de continuité. Nous allons nous occuper des fonds rentrés couleurs

teintes.

Toujours pour éviter des répétitions , nous supposerons encore ici un genre fond blanc garance et avivé , semblable à celui de l'éch. 131 ; nous admettrons qu'on a une planche sur laquelle la rosace de cet échantillon se trouve gravée en creux, en sorte qu'on peut la contourner d'un fond d'une nature donnée, tout en respectant les parties teintes et celles qu'on aurait intérêt à conserver blanches , pour y substituer plus tard des couleurs d'enluminage.

Si le fond doit être formé :

A. D'un vert à l'arsénite cuivrique , on imprime avec une planche feutrée l'une ou l'autre des préparations ci-après , selon la nuance que l'on cherche.

S9S. Vert de Schêele virant au bleu.

On épaissit 8 lit. solution, bouillante et saturée d'acétate

cuivrique avec :

3 lit. eau de gomme à 1k,250 par litre.

£2G. Vert de Schéele virant au jaune.

Dans 10 lit. eau de gomme épaisse on fait dissoudre à

chaud : , ] . ' - .

5 kil. sulfate cuivrique, et 1 on ajoute a froid

\ 0 lit. ammoniaque liquide.

£2$ . Vert-pomme.

D'une part, dans 10 lit. vinaigre étendus de : 4!,7 eau, on dissout à chaud 5 kil. verdet. l^^^^^W

D'une autre, dans A',7 eau on dissout, également à

2k, 8 crème de tartre, 0k,8 sulfate cuivrique,

on mélange le tout et l'on épaissit à raison de : Ok, 128 amidon.

Après l'impression du mordant vert, on passe les pièces dans une dissolution d'arsénite potassique; la douille décomposition qui s'opère produit de l'arsénite cuivrique, et l'on n'a plus qu'à nettoyer le fond dans un léger bain de savon.

C'est de cette manière qu'on a rentré le fond vert de la bordure , éch. 296.

£9®« Fond hlanc garance avec fond \?vt à l'arsénite

cnivriqne rentré.

B. D'un jaune bon teint solide , on imprime le mordant rouget?, épaissi à l'amidon grillé à raison de 375 gr. par litre , puis on bouse , on dégorge, et l'on teint à la température de 30 à 35° dans un bain composé de 1 kil. quercitron et 60 gr. colle par pièce.

En remplaçant le quercitron par le fustet , on obtient des fonds nankins qu'on peut varier à l'infini.

On arrive au même résultat en remplaçant le jaune végétal par lechromateplombique, c'est-à-dire en imprimant de l'acétate plombique pour teindre ensuite en chromate potassique , § 599.

C. D'une couleur orange, on imprime le mordant rouge C, épaissi à l'amidon grillé, on bouse en craie, à la température de 35 à 40°, on teint en deux heures et demie, à la température de 40 à 45°, avec lk, 250 quercitron, Jk,250 garance et un peu décolle, on lave , et enfin Ton donne un passage en son pour nettoyer les parties blanches.

D. D'une couleur aventurine, on imprime un mordant composé de :

4 0 lit. eau , 8 lit. acétate aluminique , à 8° ^1B , 2 lit. pyrolignite ferreux , à 8° AB, qu'on épaissit avec 7k,500 gomme.

Après l'impression, on dégorge en craie et l'on teint avec :

0k,500 garance )

' & ( par pièce.

0k,250 quercitron )

On nettoie et l'on donne un passage en son.

La quantité de garance n'a rien ici d'absolu; elle varie nécessairement avec celle du mordant qu'on imprime; mais le rapport entre cette poudre et le quercitron doit toujours être exactement observé.

E. D'une couleur bois clair, on imprime le mordant du fond

aventurine , on bouse , on teint dans un bain composé de :

0k,750 garance )

b par pièce.

0^,750 quercitron ) l On rince et l'on passe au son.

F. D'une couleur bois plus foncé , on imprime un mordant

composé de :

4 vol. mordant rouge G,

4 vol. pyrolignite ferreux, à 4 2° AB,

% vol. eau d'amidon grillé à raison de«500 gr. par litre.

On bouse , on dégorge , et l'on teint à raison de :

4* 250 garance, 4k, 250 quercitron et 60 gr. de colle.

G. D'une couleur olive, on imprime un mordant composé de :

4 0 lit. eau,

5 lit mordant rouge C,

5 lit. pyrolignite ferreux, à 6° AB, qu'on épaissit avec 7 k , 5 go m m e Sén éga 1 .

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On bouse, on nettoie et l'on teint , à 30 ou 35% dans un bain composé de 1 kil. quereitron et 60 gr. de colle forte par pièce. On voit par ces exemples qu'il suffit d'imprimer les mordants jaune, olive, bois, etc., et de les teindre dans des madères colorantes diverses pour obtenir toutes les nuances réalisables en fonds unis, §§ 694 à 716.

On ne rentre pas seulement des fonds en mordants à teindre ensuite, on imprime encore des fonds en couleur vapeur et couleur d'application. Dans les genres meubles, par exemple, on a très souvent recours aux couleurs d'application pour former des fonds tendres, beurre frais, nankin, gris bleu, gris tendre, etc. Dans les genres vapeur sur laine et mi-laine , le plus grand nombre des fonds s'appliquent de cette manière.

Nous avons admis que, dans cette fabrication, la couleur du fond contourne les sujets garances et les encadre ; mais cette couJeur peut aussi recouvrir sur certains points ces sujets, et, en en modifiant les nuances, ajouter à l'effet du dessin. Nous trouvons dans des échantillons qui datent de plus de soixante et dix ans des exemples de semblables dispositions. Sur des dessins rayures en fond blanc, on imprimait un fond ou mi-fond avec sujets blancs réservés par la gravure , ordinairement des fruits, des feuilles et des fleurs de fantaisie, qui, au lieu de paraître en blanc , présentaient des rayures du dessin primitif. Quant à la couleur du fond , était-elle foncée , elle absorbait la nuance du dessin fond blanc et présentait une nuance uniforme ; dans le cas contraire , ne conservant sa nuance que sur les parties blanches , elle engendrait une teinte complexe sur tous les points où il y avait superposition , et par conséquent mélange ou combinaison de couleurs.

De nos jours , quelques fabricants ont su mettre à profit ce principe d'exécution. Il n'est pas rare de voir des fonds blancs, violets ou lilas garances , dessin , soit picotage , soit milleraies droites ou diagonales , soit rayures , recouverts d'un fond orange ou vert, etc., où l'on a réservé par la gravure des sujets

déterminés clans lesquels sont respectées les teintes garancées ; ce sont, par exemple, de grandes palmes, des feuilles parsemées de picotages ou coupées de lignes diverses ; la nuance propre à ces points et à ces lignes, en se combinant avec celle du fond , produit un effet d'autant plus avantageux qu'elles sont plus claires toutes deux.

DE LA COMBINAISON DU GENRE FOND BLANC , IMPRESSION ROUGE , S 638 , AVEC LE GENRE FOND OU MI-FOND VIOLET, LILAS, OU

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