Mordant petit rouge pour gros hleu
Dans 10 litres d'eau colorée par le campêche , on fait dissoudre :
1 k,280 alun, que l'on décompose par 4^,280 acétate plombique, puis on épaissit 5 lit. du liquide décanté, avec 4 0 lit. eau de gomme, à 700 gr. par litre.
Ce dernier mordant imprimé, le tissu est dans l'état de l'éch. 317. On l'abandonne au repos durant trois jours, puis
317. Gros bleu , impression blanc et petit bleu réserve, avec rentrure de mordants rouge et rose.
on procède au bousage , à la température de 50° , dans la cuve carrée, § 533, fig. U0, et pendant vingt minutes dans la cuve en rond , on dégorge aux roues , et l'on teint en garance, à raison de lk,5 à 2\5 de garance par pièce, avec addition de potasse , savoir :
Durant demi -heure , à la température de 25°. Durant une heure, à la température de 25 à 45°. Durant demi-heure , à la température de 45 à 60°. Durant une heure, à la température de 60°.
On rince ensuite , on dégorge de nouveau aux roues, et la toile se présente dans l'état de l'éch. 318. On procède alors à ravivage, § 543, c'est-à-dire qu'on donne un premier passage en savon , à raison de 2 kil. pour 10 pièces , à la température de 50°, durant une heure; un deuxième, à la température de 60°, durant le même espace de temps ; un troisième , dans un bain de savon renfermant 750 gr. dissolution d'étain, jusqu'à ce que le rouge commence à virer à l'orange ; et enfin un dernier, à la température de 70 à 80°. Aussitôt après, on rentre
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31 S. Gros bleu, impression blane et petit bleu réservé, avec rentrure de mordants rouge et rose, passés en garance.
le jaune d'application, comme dans l'éch. 319, qui présente, indépendamment des couleurs successivement fixées à l'étoffe,
des nuances complexes dues à des effets de superposition , savoir : le violet évêque , provenant de la combinaison du rouge avec le bleu; l'orange, du jaune avec le rouge,; le vert, du jaune avec le petit bleu.
Le jaune d'application, § 776, dont on se sert ici se compose
FONDS GROS BLEU ENLUMINES. 3/j3
de 10 lit. décoction de graine de Perse, à 250 gr. par litre, dans lesquels on fait dissoudre :
0k,320 alun , que l'on épaissit avec
Ok,420 gomme adragante,
0M20 gomme Sénégal, et auxquels on mélange '
0k,060 chlorure stanneux.
Quelque temps après l'impression de ce jaune, on lave à l'eau courante.
Quand il s'agit d'un jaune solide , on imprime un mordant jaune et l'on teint en quercitron, à une basse température, avec addition de colle forte.
On réalise quelquefois le genre gros bleu enluminé en formant d'abord le fin rouge et en rentrant ensuite un rose d'application au sapan ; on va même jusqu'à n'employer que des couleurs d'application.
Il suffit de quelques dispositions particulières pour augmenter beaucoup l'effet de cette fabrication. On peut , par exemple, imprimer sur le gros bleu un picotage blanc réserve qui se compose :
Soit d'une solution d'acétate cuivrique gommée, que l'on applique à chaud, afin d'en prévenir la cristallisation ;
Soit, comme le faisait M. Witz Kœnig, d'un mélange de :
4 lit. eau,
3 lit. eau de gomme ,
3 kil. terre de pipe ,
3 lit. réserve gros bleu n° 2.
Après avoir recouvert l'étoffe de cette réserve , on imprime Ja réserve petit bleu sur tous les points que l'on veut obtenir blancs, soit pour les conserver tels, soit pour y rentrer postérieurement des couleurs ou des mordants , et l'on teint en petit bleu. C'est ainsi que , dans des articles gros bleu enluminé, on a produit des palmes, des feuilles, des branches, enfin des sujets de forme quelconque, avec petit bleu dessin picotage. Le fond gros bleu , s'il a quelque intensité , n'est jamais nuancé par la réserve picotage dont il a été recouvert.
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3/ji DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.
Pour produire du blanc sur bleu, on pourrait teindre d'abord en gros bleu uni qu'on détruirait sur les points destinés à recevoir les couleurs d'enluminage.
Dans cette fabrication , comme dans tous les genres cuvés , pour économiser l'indigo qui se dépose à l'endroit comme à l'envers de l'étoffe , quelques fabricants appliquent et collent deux pièces l'une contre l'autre ; d'autres , comme le faisait déjà en 1812 M. D. Kœchlin , renversent chaque pièce sur elle-même, de manière à coller ensemble , au moyen d'un empois , les faces de l'envers.. L'impression des réserves se fait alors des deux côtés, et ce n'est qu'après le cuvage qu'on décolle en employant de l'eau chaude.
Le genre gros bleu enluminé est quelquefois formé en partie de bleu de Prusse, en partie d'indigo. Dans ce cas, on fait intervenir un mordant de fer qui contourne les sujets à conserver, et l'on teint en cyanure ferroso-potassique légèrement acidulé. Un bleu de cette espèce n'est détruit complètement ni par l'acide hypo-chloreux , qui fait disparaître l'indigo pur sans attaquer le bleu de Prusse , ni par la potasse caustique , qui enlève ce dernier sans porter atteinte au bleu végétal.
Lapis, impression mordants réserve.
§ 828. En 1808 , MM. Hartmann , de Munster , furent mis en possession , par une maison anglaise, d'un genre fond bleu clair, dans lequel se trouvaient enchâssés des sujets orange et noir garances , qu'ils imitèrent bientôt en copiant exactement le dessin, qui était d'origine indienne. Le bleu de ce fond, sans jouir de l'éclat et de la vivacité du bleu d'outre-mer ( lapis lazalli), fit cependant donner à ce genre le nom de lapis , qu'il a conservé jusqu'à ce jour. Cette découverte , les travaux surtout qui l'ont perfectionnée, sont, avec les moyens qu'on a trouvés de réaliser des enlevages de couleurs sur fonds garances, les principales causes des progrès de l'art d'imprimer sur étoffes, et l'on peut dire qu'ils ont ouvert une ère nouvelle pour le fabri-
FONDS BLEUS ENLUMINES (LAPIS). 3/n
cant, car ce n'est qu'à dater de cette époque qu'en s'exerçant sur ces deux genres primordiaux, il a pu se convaincre combien, au point de vue de la combinaison des nuances et de la composition d'un dessin, il y a d'avantage à suivre une fabrication où toutes les couleurs et toutes les figures, les plus déliées même , s'encadrent les unes dans les autres.
Si, malgré nos investigations , nous sommes dans l'impossibilité de faire connaître celui auquel revient l'honneur d'avoir pour la première fois imprimé un mordant faisant réserve sous bleu de cuve (reservage mordant, D. Kœchlin), cuvé ensuite et passé dans un bain de garance , du moins devons nous consigner ici , avec le nom de MM. Hartmann , qui ont introduit ce genre en France, celui des deux hommes qui se sont le plus illustrés dans cette fabrication , MM. D. Kœchlin, Schoucet J. Thompson, de Primerose.
Le développement de. la fabrication des lapis a eu trois époques distinctes. Durant la première , qui n'embrasse que quelques années , on imprimait un mordant rouge réserve sous bleu et un mordant noir ; on cuvait à la nuance bleu moyen, on teignait en garance, et l'on obtenait des sujets rouge et noir exactement encadrés dans le bleu, sans qu'il y eût jamais superposition de l'une de ces couleurs sur l'autre, car c'est là un des caractères de cette fabrication. L'éch. 320, que nous devons, ainsi que les deux suivants, à la complaisance de M. D. Kœchlin, qui a bien voulu les fabriquer exprès, donne une idée exacte des produits de cette époque. Toutefois est-il juste d'ajouter que dans le premier article exécuté par MM. Hartmann , les deux couleurs d'impression, noir et rouge, étaient accompagnées d'un vert qu'on y avait rentré en superposant un jaune d'application solide sur certaines parties du bleu.
Comme on n'était point encore fixé sur la manière de garancer ces fonds bleus chargés de mordants, les rouges manquaient de vivacité et d'éclat, et le bleu, toujours plus ou moins dégradé, virait au gris. Pour obviera cet inconvénient, on teignit bien-
«S$0. Lapis première époque.
tôt uniformément les lapis, tantôt en carthame, dans le but de donner au rouge plus de vivacité et au bleu un ton violet évêque qui le rendît plus agréable à l'œil , tantôt en gaude, dans celui de donner au rouge un ton orangé plus vif, et en transformant le fond bleu en fond vert , de relever cette même nuance par l'effet du contraste.
Durant la deuxième époque , à l'impression d'un mordant noir et d'un mordant rouge réserve, on ajouta celle d'un blanc réserve sous bleu, en sorte qu'en teignant en bleu cuvé et en passant en garance , on obtenait un fond bleu dans lequel se trouvaient détachés des sujets noir, rouge et blanc. On rentrait alors dans ces sujets blancs et même dans le bleu des mordants d'alumine , et l'on teignait ensuite en quercitron ou autre matière colorante jaune, pour produire du vert et obtenir un tissu fond bleu avec impression rouge , blanc, jaune et vert , ou bien encore on foulardait uniformément en mordant d'alumine, puis on teignait en quercitron , et l'on transformait ainsi le fond bleu enfond vert avec impression rouge orangé et jaune. L'éch. 321 offre un spécimen de cette deuxième époque.
Pendant, quelque temps , on varia ces données sous une multitude de formes et de dessins. En augmentant l'étendue du