‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissusChapitre 209 sur 291 · Lairis . deuxième énociue · texte numérisé non relu

Lairis . deuxième énociue

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bleu , on avait des fonds bleu ou vert parsemés de palmes rouge, noir, jaune et blanc ; celle du mordant rouge réserve , on passait à des genres fond orange avec enluminage noir, bleu, jaune et vert ; enfin celle du blanc réserve, on obtenait des fonds blancs enluminés noir, rouge , bleu , jaune et vert. Quelquefois on se contentait de teindre les mordants d'alumine et de fer, à leur sortie de la cuve bleue, dans un bain de quercitron , et l'on réalisait des fonds bleus avec dessin jaune, noir et olive plus ou moins variés.

A la troisième époque , on fit intervenir dans cette fabrication une préparation qui , imprimée en premier lieu , et faisant réserve sous les mordants et sous le bleu, offrait ainsi des moyens de produire des dessins blancs de la plus grande délicatesse.

Ce perfectionnement , sans introduire de nouvelles nuances dans la composition des dessins lapis , mit à la disposition du fabricant des effets qu'il eût été impossible de réaliser autrement.

A partir de ce moment, le fabricant put contourner de blanc les sujets du dessin, détacher au centre de ces sujets des traits blancs plus ou moins déliés , faire apparaître , par exemple , un dessin dentelle, sans solution de continuité , sous bandes bleu et rouge, en imprimant au rouleau un blanc réserve sous bleu et

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«$$0. Lapis première époque.

tôt uniformément les lapis, lantu* m c a but de

donner au rouge plus de vivacité et au bleu un ton violet évoque qui le rendît plus agréable à l'œil , tantôt en gaude, clans celui de donner au rouge un ton orangé plus vif, et en transformant le fond bleu en fond vert , de relever cette même nuance par l'effet du contraste.

Durant la deuxième époque , à l'impression d'un mordant noir et d'un mordant rouge réserve , on ajouta celle d'un blanc réserve sous bleu, en sorte qu'en teignant en bleu cuvé et en passant en garance , on obtenait un fond bleu dans lequel se trouvaient détachés des sujets noir, rouge et blanc. On rentrait alors dans ces sujets blancs et même dans le bleu des mordants d'alumine, et l'on teignait ensuite en quercitron ou autre matière colorante jaune, pour produire du vert et obtenir un tissu fond bleu avec impression rouge , blanc, jaune et vert , ou bien encore on foulardait uniformément en mordant d'alumine, puis on teignait en quercitron , et l'on transformait ainsi le fond bleu enfond vert avec impression rouge orangé et jaune. L'éch. 321 offre un spécimen de cette deuxième époque.

Pendant .quelque temps , on varia ces données sous une multitude de formes et de dessins. En augmentant l'étendue du

FONDS BLEUS ENLUMINES ( LAPIS ) 3 % JL # Lapis , deuxième époque.

bleu , on avait des fonds bleu ou vert parsemés de palmes rouge, noir, jaune et blanc ; celle du mordant rouge réserve , on passait à des genres fond orange avec enluminage noir, bleu, jaune et vert ; enfin celle du blanc réserve, on obtenait des fonds blancs enluminés noir, rouge , bleu , jaune et vert. Quelquefois on se contentait de teindre les mordants d'alumine et de fer, à leur sortie de la cuve bleue, dans un bain de quercitron , et l'on réalisait des fonds bleus avec dessin jaune, noir et olive plus ou moins variés.

A la troisième époque , on fit intervenir dans cette fabrication une préparation qui , imprimée en premier lieu , et faisant réserve sous les mordants et sous le bleu, offrait ainsi des moyens de produire des dessins blancs de la plus grande délicatesse.

Ce perfectionnement . sans introduire de nouvelles nuances dans la composition des dessins lapis , mit à la disposition du fabricant des effets qu'il eût été impossible de réaliser autrement.

A partir de ce moment, le fabricant put contourner de blanc les sujets du dessin , détacher au centre de ces sujets des traits blancs plus ou moins déliés , faire apparaître , par exemple , un dessin dentelle , sans solution de continuité , sous bandes bleu et rouge, en imprimant au rouleau un blanc réserve sous bleu et

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sous mordant , puis par-dessus des bandes mordant rouge réserve sous bleu pour cuver ensuite à la nuance voulue, nettoyer et teindre en garance; enfin il put faire passer à volonté une couleur sur une autre sans qu'elle en fût modifiée [bandes noir et rouge). L'éch. 322 représente cette troisième phase, à laquelle

$&&• Lapis troisième époque.

on n'a plus ajouté depuis que des couleurs d'enluminage rentrure. C'est, comme on le voit, un dessin en colonnes, genre cachemire dans lequel , au centre de bandes noires , blanches ,' rouges et vertes , apparaissent des sujets rose , rouge , bleu , jaune ou vert. Les figures rouges des bandes noires sont bordées de hachures dues à l'impression d'un blanc réserve sous mordant d'alumine et sous bleu ; les hachures jaunes qui, dans la colonne rouge, contournent les feuillages bleu centre noir , et celles qui bordent le feuillage rouge dans la bande verte, ont également été obtenues par le blanc réserve sous mordant; quant à la colonne blanche , on l'a réalisée par l'application d'un blanc réserve sous bleu.

Dans cet exposé rapide des découvertes successives qui ont fait faire à cette fabrication de véritables progrès, nous n'avons pas cru devoir parler des perfectionnements accessoires et faciles à comprendre , qui ont résulté de l'emploi de divers

FONDS BLEUS ENLUMINES (LAPIS). 3/jÇ)

mordants réserve et de couleurs d'enluminage variées. Sous ce rapport , dès 1809 , la maison Kœchlin frères imprimait des mordants réserve rouge, puce, vigogne, etc., et une riche collection de couleurs d'enluminage. C'est elle qui fit paraître les premiers mouchoirs genre lapis , dont le prix était alors de 8 à 9 fr. Y aune, et la façon de 3 fr. 50 c. [Statistique de la Société industrielle de Mulhouse. )

Il nous reste à étudier cette fabrication clans ses détails et à faire connaître, au fur et à mesure que l'occasion s'en présentera, la nature des préparations qu'on y emploie et le rôle important qu'elles ont à remplir. Nous allons l'examiner successivement sous le rapport de la disposition des dessins , de la qualité du tissu, de la composition des mordants et des réserves, de l'impression de ceux-ci, de la teinture et enfin de la rentrure des couleurs d'enluminage.

Disposition du dessin. Primitivement, les dessins genre lapis avaient un caractère assez défini : c'étaient des fonds bleus enluminés, dessins rouge, noir, jaune , rose , etc., assez semblables à ceux du genre fond couvert, impression Perse ou cachemire , qu'on fabriquait alors ; mais bientôt ces dessins changèrent complètement de caractère. Le blanc et les mordants réserve y prirent une si grande place , que le bleu , au lieu de recouvrir , comme dans le principe , les 9/10e au moins de la surface de l'étoffe, y figurait à peine pour I/200e, et l'on en vint à faire des fonds blanc lapis , où les 95 centièmes de cette surface ayant été recouverts de blanc réserve sous bleu restaient blancs, 3 ou A centièmes recouverts de mordant rouge, puce et noir réserve , passaient à ces nuances par la garance , et 1 centième seulement était bleu.

Les effets obtenus avec le blanc réserve furent réalisés avec les mordants de même nature , et l'on vit successivement se produire des lapis fond puce, fond orange , fond, carmélite , fond jaune, fond gris, fond cachou, etc. , dans lesquels le bleu figurait en si petite quantité , qu'on pouvait le considérer comme couleur d'enluminage.

Comme cette extension du genre lapis présente de grandes difficultés dans l'impression de cette masse de blanc ou de mordant réserve qu'il s'agit de déposer et de rendre uniformément adhérente au tissu, et que d'ailleurs elle est extrêmement dispendieuse , d'un côté par la nature et la quantité des ingrédiens qui entrent dans la composition des réserves , d'un autre par l'énorme proportion d'indigo qui se trouve précipitée sur l'étoffe et dont une grande partie disparaît ou devient impropre à la teinture par sa combinaison avec les diverses bases de ces réserves ; de nos jours elle n'est plus qu'un tour de force ruineux dont les jurys d'exposition ont toujours le bon esprit de faire justice,

Des tissus. Les toiles destinées à la fabrication des lapis doivent être parfaitement blanchies , par les raisons que nous avons données à l'occasion de la teinture des gros bleus enluminés, § 826. Les précautions à prendre sont d'autant plus nécessaires ici que , le bleu lapis étant d'un ton beaucoup moins élevé que le gros bleu, les inégalités qu'y occasionneraient les corps gras dont le tissu serait imprégné apparaîtraient d'une manière plus sensible , et que , d'autre part, cette nuance est plus sujette à être impressionnée défavorablement par le garançage et dégradée durant le blanchiment et l'avivage des couleurs .

Des blancs réserve sous bleu. Les blancs réserve sous bleu lapis sont de la nature de ceux que nous avons vus, § 549, par exemple :

43 H. Blanc réserve sous bleu lapis.

Dans 10 lit. eau bouillante on fait dissoudre, à chaud :

6k,280 sulfate zincique.

On épaissit une partie de cette dissolution avec :

2k,250 gomme Sénégal; on incorpore à l'autre

3k,750 terre de pipe,

4k,280 savon vert; on cuit le tout , en ayant soin de donner

au mélange le plus d'homogénéité possible, et l'on

y ajoute ? à chaud ,

lapis).

0k,380 chlorure mercurique (sublimé corrosif), à froid , pour

colorer, \ kil. acétate d'indigo.

Tous les fabricants réconnaissent l'efficacité du chlorure mercurique comme réserve; mais, vu ses effets pernicieux sur la cuve , quelques uns le suppriment. D'autres remplacent le sulfate zincique par le chlorure ou par le nitrate de même base.

Des blancs réserve sous mordant et sous bleu [réserves rongeantes). Ces préparations sont de deux espèces. En France, on fait ordinairement usage d'arséniate potassique ou d'un arséniate métallique [arsèniate mercurique) ; en Angleterre, M. Thompson emploie, après les avoir mélangés dans un rapport convenable , le jus de citron, qui prévient la fixation à l'étoffe du mordant d'alumine et de fer, § 279 ; et le sulfate cuivrique qui agit comme toutes les préparations de même base , § 391, c'est-à-dire qui empêche l'indigo d'adhérer à la fibre. Cette dernière préparation réserve également sous les mordants d'alumine et de fer, tandis que l'arséniate ne fonctionne bien qu'en présence des mordants d'alumine; mais il est des cas où un sel arsenical ne peut être remplacé par le citrate, c'est lorsque la nature du dessin , régissant l'impression , oblige le fabricant à imprimer le noir en premier lieu, pour le recouvrir ensuite , en tout ou partie , d'un blanc réserve sous mordant ; on comprend qu'alors s'il était au jus de citron, ce blanc réserve acide attaquerait et fatiguerait plus ou moins le noir.

43B. Blanc réserve sous mordant et sous bleu lapis (réserve rongeante N° 1 ).

De 40 lit. eau bouillante on emploie une partie à dissoudre :

2k, 1 00 bi-arséniate potassique ,

0k,640 chlorure mercurique (sublimé corrosif), une deuxième

à fondre 2k, 4 00 gomme Sénégal , une troisième à délayer 2k,4 00 terre de pipe , 0k,640 saindoux; on porte le tout à l'ébullition en remuant

avec soin, puis on y ajoute, à chaud,

Ok,4 60 essence de térébenthine,

0k,450 carbonate potassique, et l'on colore, à froid , par

0k,460 acétate d indigo.

Le carbonate potassique dont on se sert pour saturer une portion de l'acide arsénique du bi-arséniate et déterminer par double décomposition la formation de l'arséniate mercurique , donne lieu , par son introduction dans les couleurs , à une effervescence qui les fait écumer et oblige à opérer dans des vases plus grands ; il vaut mieux recourir à une solution de potasse caustique , contenant une quantité de base équivalente à celle que renferme le carbonate, quitte à retrancher du volume d'eau indiqué celui de la solution de potasse caustique.

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