IS
Kl
Fiff. 160.
Pour surmonter. le premier de ces obstacles, il ne faut que renverser les moyens d'exécution, c'est-à-dire imprimer d'abord le blanc conversion à l'acétate sodique . et mieux encore à l'acétate potassique, convenablement épaissi, mais de manière à ne pas faire réserve mécanique sous le double mordant.
Quant aux accidents dus à la seconde cause, on les écarte en bousant sous l'influence d'une grande quantité de colle forte ou de mucilage de graine de lin , qui , en raison de la proportion d'huile qu'il renferme , masque parfaitement les mordants et s'oppose à ce qu'ils chargent les parties blanches de l'étoffe, § 532. Il faut en outre, lorsqu'on passe les pièces en rond pour les bouser dans la cuve à teindre, fig. 160, leur imprimer une vitesse assez grande pour que les parties de mordant qui s'en détachent ne se portent pas sur le blanc du tissu, et avoir la précaution de ne mettre qu'une pièce à la. fois dans chaque compartiment de cette cuve : autrement, il peut en résulter des déchirures , pour peu que le tourniquet continue à se mouvoir sans entraîner le tissu. (Pour la description de cette machine, voyez es figures 141, 142, 143, § 539.)
Au lieu d'imprimer un blanc conversion sur un mordant, on a eu l'idée de composer deux mordants qui , à leur point de contact, se convertissent mutuellement en des nuances plus élevées. Nous avons sous les yeux des échantillons -très intéressants en carreaux lilas foncés , formés par des rayures parallèles qui, en se coupant perpendiculairement , présentent au
CONVERSIONS OPEREES CHIMIQUEMENT. 487
point d'intersection un violet foncé ou noir ; en voici la fabrication :
On imprime d'abord un premier violet clair, que l'on compose en faisant dissoudre dans 6 lit. pyrolignite ferreux formé du mélange de 2 parties d'eau et 1 partie pyrolignite ferreux,
\ kil. sulfate ferreux , et en épaississant le tout à l'amidon grillé, à la consistance voulue pour la gravure; ensuite un second violet que l'on compose en faisant dissoudre dans 10 kil. pyrolignite ferreux formé d'un mélange de 10 parties d'eau et de 1 partie pyrolygnite ferreux à 14° AB :
5 kil. acétate sodique cristallisé et en épaississant à l'amidon grillé.
L'acétate sodique du second mordant amène la fixation du sulfate ferreux sur tous les points qu'il touche.
Après un repos suffisant, on passe à l'eau courante , puis dans un bain d'arséniate, à la température de 55°; on teint alors en garance avec addition de lessive, et l'on avive, § 640, p. 280, comme pour les violets ordinaires. On a obtenu ainsi l'éch. 388.
«IS8. Bandes violettes qui, en se coupant, sont devenues plus foncées à leurs points d'intersection.
HMiaMaaBMB m
Si l'effet de superposition est peu marqué, c'est qu'on n'a pas
àS6 DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.
Pour surmonter. le premier de ces obstacles, il ne faut que renverser les moyens d'exécution, c'est-à-dire imprimer d'abord le blanc conversion à l'acétate sodique, et mieux encore à l'acétate potassique, convenablement épaissi, mais de manière à ne pas faire réserve mécanique sous le double mordant.
Quant aux accidents dus à la seconde cause, on les écarte en bousant sous l'influence d'une grande quantité de colle forte ou de mucilage de graine de lin , qui , en raison de la proportion d'huile qu'il renferme , masque parfaitement les mordants et s'oppose à ce qu'ils chargent les parties blanches de l'é-
Fig. 160.
toffe, § 532. Il faut en outre, lorsqu'on passe les pièces en rond pour les bouser dans la cuve à teindre , fig. 160, leur imprimer une vitesse assez grande pour que les parties de mordant qui s'en détachent ne se portent pas sur le blanc du tissu, et avoir la précaution de ne mettre qu'une pièce à la. fois dans
traîner le tissu, es figures 141, Au lieu d'imj:
a eu l'idée de c contact, se con élevées. Nous a ressauts en carre rallèles qui, en se coupant perpendiculairement , présentent au
CONVERSIONS OPEREES CHIMIQUEMENT. /|87
point d'intersection un violet foncé ou noir ; en voici la fabrication :
On imprime d'abord un premier violet clair, que l'on compose en faisant dissoudre dans 6 lit. pyrolignite ferreux formé du mélange de 2 parties d'eau et 1 partie pyrolignite ferreux, àl4°^B:
\ kil. sulfate ferreux , et en épaississant le tout à l'amidon grillé, à la consistance voulue pour la gravure; ensuite un second violet que l'on compose en faisant dissoudre dans 10 kil. pyrolignite ferreux formé d'un mélange de 10 parties d'eau et de 1 partie pyrolygnite ferreux à 14° AB :
5 kil. acétate sodique cristallisé et en épaississant à l'amidon grillé.
L'acétate sodique du second mordant amène la fixation du sulfate ferreux sur tous les points qu'il touche.
Après un repos suffisant , on passe à l'eau courante , puis dans un bain d'arséniate, à la température de 55°; on teint alors en garance avec addition de lessive, et l'on avive, § 640, p. 280, comme pour les violets ordinaires. On a obtenu ainsi l'éch. 388.
388 . Bandes violettes cgui, en se coupant , sont devenues plus foncées à leurs points d'intersection.
Si l'effet de superposition est peu marqué, c'est qu'on n'a pas
établi une différence assez grande dans la composition des
mordants .
On opère delà même manière avec les mordants d'alumine ; on prend un mordant rose, on le divise en deux'portions , et Ton dissout dans celle de ces portions qu'on veut imprimer en premier lieu une proportion convenable d'alun ou de nitrate aluminique , dans celle qui doit s'imprimer ensuite , une quantité d'acétate sodique suffisante pour saturer l'alun et le rendre propre à céder sa base à l'étoffe. L'essentiel, dans ce cas, est que les deux mordants donnent isolément des nuances identiques , tandis qu'en se coupant ils en produisent à leur point d'mtersection de dix à quinze tons plus élevés : c'est là le mérite de cette fabrication, éch. 389. Il faut surtout être ici attentif à
389. Bandes roses qui, en se coupant, sont devenues plus foncées à leurs points d'intersection.
l'opération du bousage, de laquelle dépend la netteté et la régularité de l'impression ; le mordant appelé à disparaître ne doit ni se répandre sur l'étoffe et salir le blanc, ni s'y fixer : autrement les nuances varieraient non seulement d'un jour à l'autre, mais encore entre les pièces qui passent clans le même bain de bouse aux diverses phases de l'opération. Il convient donc de ne composer ce bain que de corps capables de masquer les oxides sans les fixer.
CONVERSIONS OPEREES CHIMIQUEMENT. J89
Les exemples qui précèdent suffisent, ce nous semble, pour faire comprendre comment on opère une conversion sur un mordant, toutes les fois que celui-ci se compose de sels qui n'ont pas la même aptitude à céder leur base à l'étoffe ; mais des réactions d'un autre ordre peuvent avoir lieu : que, par exemple sur des mordants complexés, formés de fer, de chrome et d'alumine, on imprime une base alcaline, comme la chaux, qui enlève l'alumine au tissu et laisse le fer pour résidu, on trouvera dans l'action de cette base un nouveau moyen de produire une conversion. Aussi est-ce un principe que toute substance colorée ou colorable qui, mélangée à un mordant, n'en change pas l'affinité pour l'étoffe, et d'ailleurs ne s'unit à celle-ci que
moyennant une modification qu'on lui fait subir, donnait naissance à des conversions.
Si donc on introduit dans un mordant violet ou rose une certaine quantité de cachou , substance astringente, qui , comme on le sait , ne devient adhérente au tissu que par une exposition prolongée ou par une oxidation au moyen du chromate potassique, delà chaux ou de la vapeur, et qu'on vienne le fixer ensuite brusquement sur certains points , on obtient à la teinture des effets de double nuance provenant de ce qu'au mordant de fer et d'alumine s'ajoute la couleur propre du cachou. Voici de semblables mordants :
S02. Mordant violet pouvant passer au brun.
A 10 lit. décoction cachou, à 8° AB , on ajoute : 3',50 eau,
3',S pyrolignite ferreux , à 10° AB, et l'on épaissit avec la farine ou l'amidon selon le mode d'impression que l'on emploie,
S03. Mordant rose passant au brun.
A 10 lit. décoction de cachou, à 10» AB , on ajoute :
3',350 mordant rouge A , et l'on épaissit avec OiS 750 farine,
Après avoir appliqué ces mordants , on imprime par dessus
Mi ^Bfl
un blanc conversion au bichromate potassique , qui oxide le cachou et le fixe à la toile , tandis que les autres parties en disparaissent durant l'opération du bousage, si Von a eu soin de ne pas la laisser à l'air et de ne pas introduire dans le mordant des corps de nature à s'oxider ; il n'y a plus alors qu'à teindre pour obtenir une double nuance plus ou moins prononcée. C'est ainsi qu'on a réalisé l'éch. 390.
3049. Violet garance avec conversion brun cachou.
"^Le mordant violet chargé de cachou ayant été imprimé , on Ta recouvert d'un blanc conversion composé de 10 lit. eau tenant en dissolution :
0\200 bichromate potassique , le tout épaissi avec 4 ! 7 î 2 0 amidon.
Comme le blanc se trouve toujours plus ou moins sali par le chromate en présence des matières astringentes , on choisit de préférence des dessins couverts.
Le cachou n'est pas la seule substance qu'on introduise dans des mordants pour la fixer sur des points déterminés ; il y a encore les préparations de plomb , de cuivre , et plusieurs autres du même genre, ainsi qu'on peut s'en convaincre par l'éch. 391, dû à un procédé qui fera certainement comprendre le principe ci-dessus énoncé.
CONVERSIONS OPEREES CHIMIQUEMENT.