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» plus à un endroit qu'à l'autre, mais , en passant par deux rouleaux , » les défectuosités se trouvent compensées. En second lieu , pour » augmenter la pression il faut bomber beaucoup plus les rouleaux de » carton , et alors ils ne conviennent plus pour une faible pression, et )> on ne pourrait plus, sur la même machine , satiner des pièces finies à » moins d'avoir beaucoup de lustre au milieu et point aux deux lisières. » Cela est si vrai , que dans les établissements qui possèdent deux » calandres , Tune a les rouleaux de carton peu bombés et sert pour la » marchandise finie ,- l'autre avec plus de bombage est destinée au » satinage fort des pièces à imprimer en première main.
» Tout ce raisonnement s'applique à la supposition qu'il faut passer » les pièces destinées à l'impression en première main deux fois dans » les calandres ordinaires , et quatre fois dans celle perfectionnée dont » nous nous occupons.
» Mais ces messieurs sont parvenus à ne passer que deux fois leurs » toiles , et ainsi ils font réellement deux fois autant d'ouvrage avec » leur calandre. Cette diminution du cylindrage n'est pas , il est vrai , )) une suite des changements introduits dans leur machine ; elle peut » être due à une plus grande exactitude des cylindres ou à d'autres )) circonstances étrangères à la construction de la calandre , et mérite- » rait , comme une véritable économie , d'être introduite partout , si » réellement on n'augmente pas par là les difficultés de l'impression, » Pour les pièces déjà imprimées et teintes destinées à être rentrées, le » système à double effet a moins d'inconvénients : un seul passage pour » un seul cylindre suffit à cette marchandise.
» Ce qui nous a paru surprenant dans le travail de cette calandre, » c'est qu'un seul ouvrier suffit pour la diriger. Six à huit pièces sont » mises sur un rouleau alimenteur; elles ne sont ni cousues ni collées » ensemble, comme nous l'avions supposé, mais seulement les bouts » sont croisés d'une demi-aune ou environ, comme on le fait ordinai- » rement. L'ouvrier a soin de ne laisser entrer la seconde pièce » que quand la première a passé ou au \ /3 ou à 1/2 , pour éviter que » les deux pièces ne finissent à la fois. Il est obligé de se transporter » tantôt d'un côté de la machine, tantôt de l'autre, pour soigner qu'il » n'y ait pas de plis et pour être prêt , quand une pièce finit , à faire )> entrer la suivante , en laissant les deux bouts seulement croisés de » quelques pouces. Tout cela, comme on le voit, se pratique absolu- » ment comme dans toutes les calandres ; il y a la différence cependant, » qu'ici il se produit tout juste deux fois autant d'ouvrage. Il arrivera » parfois que sur les deux rouleaux alimenteurs , deux pièces finissent » à la fois , soit que l'ouvrier ait mal pris son temps pour commencer,
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CALANDRAGE OU CYLINDRAGE.
» soit que les pièces, ce qui arrive fréquemment, ne soient pas de » même longueur; alors l'ouvrier doit appeler un aide , ou doit dégrener » et arrêter.
» On voit que ces détails exigent une adresse et une intelligence peu » ordinaires de la part de l'ouvrier, et nous devons conclure que sa » tâche doit lui être facilitée par un enroulage soigné et une parfaite » exactitude dans la marche de la machine à calandrer elle-même.
» Il résulte de ce que nous venons de dire que le moyen de cylin- » drer deux pièces à la fois ne paraît pas présenter d'avantage pour le » travail habituel et régulier ; mais il peut être employé utilement dans » les cas extraordinaires, et c'est principalement dans cette intention » que son inventeur l'a conçue. Nous devons donc le féliciter de cette » heureuse idée , qui peut rendre de grands services dans la fabrication » des indiennes . sans beaucoup de dépenses, et trouver peut-être une » application plus générale dans les établissements d'apprêts, qui ont » une bien plus grande variété de lustres à produire.
» Le mécanisme du plieur nous paraît très ingénieux. Plusieurs mem~ » bres du comité qui l'ont vu fonctionner assurent qu'il marche très » bien et produit réellement l'économie de l'ouvrier plieur. Depuis long- » temps , dans plusieurs machines de la fabrication des indiennes, telles » par exemple que celle à auner à rouleau , il manquait un élément » pour plier les pièces. Nous pensons que celui dont il est question » peut être introduit avec succès. La méthode d'enrouler la marchan- » dise finie est certainement préférable à celle habituellement en usage » de la plier. Parce moyen, tous les faux plis sont évités, puisque » 1 auneur déroule la pièce à mesure qu'il l'accroche, et la marchandise » n'est pas chiffonnée en restant entassée dans les ateliers ou étant )> transportée d'un atelier à l'autre.
» Cette méthode d'enrouler les pièces finies au sortir du cylindre a » déjà été pratiquée, mais d'une- manière très imparfaite , dans certains » établissements. Là un ouvrier était obligé de tourner le rouleau fixé » à une hauteur convenable dans deux supports et parallèlement au » cylindre, tandis qu'à la machine qui fait l'objet de ce rapport, » l'enroulage se fait par friction , marche non seulement sans l'aide » d'ouvrier, mais donne un produit plus régulier, des rouleaux plus » serrés et moins volumineux.
» Dans les fabriques anglaises on met sur rouleaux non seulement » les pièces finies, mais toutes celles destinées à l'impression. L'impri- » meur déroule sa pièce , placée d'équerre avec la table à mesure que » le travail avance. Ce procédé nous semble offrir plusieurs avantages, » d'abord celui d'avancer l'ouvrage , et ensuite celui d'éviter les plis. » Il serait à désirer que tous nos établissements adoptassent ce perfec-
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)> tionnement , qui, exécuté partiellement dans quelques unes de no » fabriques, promet les meilleurs résultais. Nous applaudissons vive- » ment au moyen d'empêcher que les mains des ouvriers ne puissent se )> prendre entre les cylindres. Ce moyen, quoiqu'il ne soit pas nouveau, » n'est pas assez répandu. Les nombreux accidents arrivés aux ouvriers » employés aux calandres ne recommandent que trop cette précaution , o et nous devons fortement engager tous les industriels à l'adopter sans )) délai.
» En général, nous trouvons la calandre de MM. Witz , Blech et )) comp. très bien combinée, et les avantages qu'elle présente, appli ■ » cables dans beaucoup de cas.
» Ces perfectionnements font d'autant plus de plaisir, que jusqu'à » présent les machines employées dans les fabriques d'indiennes ont » été plus négligées que dans d'autres branches d'industrie. On doit se » féliciter de voir se familiariser avec les industriels et de voir appli- » quer par eux les principes de la science.
» Nous ajoutons encore que les perfectionnements que MM. Witz, » Blech et comp. ont exécutés à leur calandre peuvent facilement et » sans de grands frais être adaptés à toutes les machines à cylindrer, » de quelques systèmes qu'elles soient.
» Nous nous proposons de voter des remerciements aux propriétaires » de cette machine et à celui de nos membres qui vous l'a présentée et » qui en est l'inventeur. Nous croyons également devoir vous proposer » la publication du dessin et de son application , ainsi que du présent » rapport. »
Description de la calandre munie de son plieur, -en activité dans les ateliers de MM. Witz, Blech et comp., à Cerncuj, et inventée par M. Charles Dollfus.
Vue de pi o fi l en coupe , sut une e'chelle du douzième de la grandeur d'exe'culion.
te aa, les deux rouleaux de carton entre lesquels se tournent le cy- » lindre B en cuivre comme aux calandres ordinaires : il peut être massif » ou creux , suivant l'usage auquel on le destine.
» c , grande poulie fixée sur une des extrémités du cylindre en cuivre , » et qui communique le mouvement à toute la machine; elle le reçoit » elle-même d'un moteur quelconque , au moyen d'une courroie ; elle est « munie de deux détentes qq, dont une de chaque côté, pour faciliter » l'ouvrier qui la gouverne.
» d et e sont deux rouleaux sur lesquels sont enroulées les pièces » destinées à être calandrées ; ils ont des axes en fer et des leviers garnis » de cuivre et d'un poids . qui pressent sur ces axes el maintiennent les
» pièces dans une certaine tension; on recule ou on avance les poids à » volonté.
» Le plieur est composé de :
» f cylindre creux en bois, d'environ 8 pouces de diamètre; à une » des extrémités de son axe qui est en fer, se trouve une bielle.
» g disque en bois dur ; il y en a un de chaque côté du cylindre f; » ils sont fixés sur le même arbre et doivent être du même diamètre » entre eux , mais environ 6 lignes de moins que celui du cylindre f; » leur épaisseur est d'environ 4 8 lignes.
» h disque plus petit que ceux g, environ de 3 à 4 pouces de diamètre, » mais d'égale épaisseur : il y en a aussi deux fixés sur une barre de » fer qui leur sert d'axe , et à la même distance que les deux disques g. » Ils servent à communiquer le mouvement au plieur et à faire tourner » le cylindre /"dans le même sens que le cylindre en carton inférieur; » les supports de l'axe de ces petits disques sont fixés à ces leviers » mêmes et sont à charnière.
» i est le plieur, soit guide , espèce de cage en forme de pyramide )) renversée , fermée des quatre côtés et ouverte du haut et du bas ; » l'ouverture du haut est d'environ 5 pouces, celle du bas de 4 1/2 » pouce; le devant et le derrière, qui ont environ 4 pieds de large. » sont en fer-blanc ou en carton lissé , les deux côtés en forte tôle de fer; » le tout est joint par de petits barreaux de fer 6, 6, 6, 6. Sur la tôle » des côtés sont fixés des montants x en fer, dans lesquels se trouvent » des trous par lesquels toute cette cage est supportée en l'air par » des pointes qui y entrent. Un des montants est plus long que l'autre, » et porte une coulisse dans laquelle il y a un petit boulon qui joint par » la pièce en fer k le guide à la bielle du cylindre f, et communique par » là à toute la cage un mouvement de va-et-vient; à l'extrémité du bas » du grand montant est une pièce en fer en forme d'ancre, qu'on peut » hausser, et baisser et fixer par les vis 2,2.
» Aux extrémités de cette ancre sont 1 1 des galets qu'on peut allonger » ou raccourcir, et fixer par les vis 1 , 4 ; ces galets lèvent alternative- » ment mm deux leviers en bois dur et fixés sur un arbre aussi en bois ; » à ce même arbre sont fixées :
» nn les pattes aussi en bois, servant à abattre alternativement les » plis de la toile , qui passe dans la cage et est pliée en zigzag , sur » le plancher ou une planche passée au-dessous de la cage , mouvement » qui lui était imprimé par le va-et-vient de la cage ;
» r pièce en fonte , boulonnée aux montants en bois de la calandre ,
» et qui à la fois sert de support au cylindre f, aux disques h et à la cage t.
» s s aussi deux pièces en fonte également boulonnées aux montants,
» qui servent de supports : 1° aux rouleaux alimentaires e et d ; 2° aux
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)> barreaux en bois sur lesquels passent les pièces pour être tendues : » 3° aux règles divergentes pour ôter les plis; et 4° aux leviers munis » de poids 2 et 3 , pressant sur les extrémités des axes des rouleaux , » pour maintenir les pièces dans une certaine tension.
» Quand on veut cylindrer deux pièces à la fois, on place un rou- » leau g garni de pièces finies, on passe la pièce par les lattes 10, 10, » et les peignes divergents 9, 9, comme l'indique la ligne ponctuée; » puis entre le rouleau a supérieur et le rouleau en métal b , la pièce » viendra s'enrouler sur un petit cylindre p suspendu à des supports à » charnière et pressé contre le cylindre supérieur a par son propre poids » et à défaut par un poids 4. Après, on pose un second rouleau d » garni de pièces destinées aux imprimeurs à la planche, la toile passe » de même entre les lattes S et 8 et les règles divergentes 7 et 7, et » passe entre le cylindre en métal et celui en carton inférieur a ; de là » elle passe entre les rouleaux aux cylindres /' et o. Ce dernier sert à » amener la pièce toujours tendue , et empêche en même temps qu'elle » ne reste collée au cylindre a inférieur, ce qui arrive quelquefois quand » on passe des pièces humides ou grasses. La pièce se rend ensuite dans » la cage i, ainsi que l'indique aussi la ligne ponctuée , et tombe en » zigzag sur le plancher, où les pattes affaissent les plis et le tas.
» Les pièces, en passant par les cylindres, subissent un laminage et » sont par conséquent allongées, et pour qu'elles ne fassentpaspeuàpeu » une poche entre le cylindre inférieur a et celui f, on a fait ce dernier )) plus grand que le disque g , qui reçoit son mouvement du cylindre » inférieur par le petit disque /i,
» Le petit rouleau o ne doit pas être trop lourd , pour laisser glisser » la pièce plutôt que de la déchirer, si la différence entre le disque g et )> le rouleau fêtait plus considérable que l'allongement de la pièce par le » laminage ne le commandait. On ne peut évaluer au juste cette diffé- » rence, car les pièces n'étant pas toutes également bien tissées, l'une » s'allonge pi us que l'autre; il vaut alors mieux donner un petit excès en » diamètre au rouleau f sur le disque g , pour ne pas risquer d'avoir » une poche et laisser glisser la pièce. Le rouleau o est maintenu dans » deux collèis pratiqués aux leviers du disque h.
» Il arrive quelquefois par inadvertance des accidents graves aux » ouvriers qui soignent les calandres , comme de se prendre les doigts » entre les cylindres et d'être mutilés quelquefois pour le reste de leurs )) jours; pour obvier en quelque sorte à cela , j'ai appliqué au-dessus de » la planchette de la règle divergente 7 une autre planchette t qui forme » avec l'autre un angle d'environ 75° ; elles se joignent assez près pour » que l'ouverture qui reste au sommet ne laisse passer que la pièce et » non les doigts.
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