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AVANT-PROPOS
Tout ce qui a été le plus récemment écrit ou professé sur la chlorose démontre jusqu’à quel point les opinions des pathologistes sont encore divergentes relativement aux causes et à la nature de cet état morbide. Je veux chercher dans ce travail à élucider les points les plus obscurs de la question et à ramener les esprits vers une doctrine qui me paraît plus conforme à la saine observation, et plus en rapport avec l’enseignement des faits.
Dans ce but, je me propose, non-seulement de tracer un tableau aussi fidèle et aussi complet que possible de la chlorose , mais encore d’aborder, à mesure qu’ils se présenteront, et, s’il se peut, de résoudre, les nombreux et difficiles [)roblèmes que soulève l’étude de cette affection. Tels sont : la nature de la chlorose et sa physiologie i)athologiquc; — la dis-
NOSAT. CHLOROSE. |
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linclion de la chlorose d’avec l’anémie; — le caractère idiopathique delà chlorose; — les rapports de la chlorose avec le sexe et avec l’âge; — l’inlluence de la chlorose sur la menstruation, sur le développement organique, sur la constitution, sur la physionomie et 1a marche de certaines maladies, etc.
Faute de s’entendre sur la détermination nosologique de la chlorose et sur sa véritable cause organique, les auteurs ont très-diversement traité et résolu ces questions. La manière dont je crois devoir envisager la chlorose permettra, si je ne me trompe, d’arriver sur tous ces points à des solutions plus claires et plus satisfaisantes.
On trouvera exposées dans le présent livre mes recherches sur la chlorose des enfants, telles que je les ai présentées à l’Académie de médecine, dans un mémoire spécial, qui a fourni à M. le professeur Bouillaud l’occasion d’un très-intéressant rapport.
La chlorose des enfants a été, je puis le dire, le point de départ de mes investigations; et son étude attentive m’a, je crois, donné la clef de certaines particularités restées longtemps inexpliquées. Ce n’est, en effet, qu’en observant la chlorose dans la première enfance, et en la prenant, en quelque sorte, à son origine, qu’on peut arriver à dissiper l’obscurité qui règne sur sa pathogénie et à acquérir des notions précises sur scs causes initiales et sur les conditions organiques de son développement. C’est le moyen le
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pins sûr de bien coiieevoir la maladie dans son enspinble et d’en présenlei' l’Iiistoire générale.
Il ne m’appartient pas de porter un jugement sur l’utilité de ces recherches, .l’aime mieux laisser sur ce point la parole à M. Bouillaud.
Voici dans quels termes le savant rapporteur s’est exprimé devant l’Académie :
Toute la doctrine de M. Nonat, réduite à sa plus simple expression, peut être formulée ainsi qu’il suit :
» 1“ La chlorose consiste anatomiquement en une diminution de la proportion normale des globules du sang ; et physiologiquement en une diminution de l’hématose, considérée sous le rapport de la forma - ■ tion de cet important élément ci-dessus désigné (les globules).
» 2“ La chlorose est formellement distincte de l’anémie.
w 3“ La chlorose constitue une unité morbide, un état anormal clairement délini, .souvent originel, natif.
» h" La chloro.se appartient à l’im et à l’autre sexe; plus fréquente toutefois chez la femme que chez l’homme.
« 5" Loin d’être la consé(juence d’une suppression ou d’une rétention des règles, elle en est le plus souvent la cause.
» h* Elle n’est pas propre à l’àge de puhertiL On la rencontre à toutes les périodes de la vie.
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« 7" l^llc esi Irès-rréqiieiilo chez les eiilaiils, Age auquel elle n’a pas élé siiriisamment observée jusqu’à ee jour,
» 8“ Le fer n’est pas le spéeifique de la chlorose, au même titre que le mercure pour la syphilis et le quinquina pour les fièvres intermittentes. Néanmoins il est nécessaire d’administrer les préparations ferrugineuses contre la chlorose; car elles constituent jusqu’à présent la médication auxiliaire la plus efficace de celte maladie.
» Nous avons pu, nous avons dû ne pas nous abstenir de toute critique sous le rapport de la lettre et de la forme du mémoire deM.Nonat; mais notre critique ne saurait porter sur l’esprit ou le fond même de ce remarquable travail, tel que nous venons de le résu- ' mer. Sous ce rapport capital, nous reconnaissons bien volontiers que les études de M. Nonat ne pèchent contre aucun des principes de l’orthodoxie médicale au sujet de la chlorose. Or, en aucun temps, sans en excepter le notre, ce n’est pas un mérite médiocre que de marcher ainsi au milieu de cette espèce de corps d’élite qui, toujours militant, défend pied à pied le domaine de la saine observation et de la saine raison contre toute invasion des mauvais observateurs et des sophistes.
» Ce n’est pas, toutefois, par ce seiil genre de méritecjuc se distingue et brille, pour ainsi dire, le travail de M. Nonat. Lu effet, il est relativement à l’àge
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une espèce de chlorose (pic ruii des jircmiers, ainsi qu’ii en a justement revendiqué riionncur, il a étudié d’une manière spéciale, ex professa, nous parlons de la chlorose des enfants. Avant lui, la fré(juence extrême de la chlorose et de l’anémie, isolées ou réunies, avait été ponctuellement signalée; mais en insistant sur cette fréquence, on avait fait abstraction de l’âge. Or, nul avant M. Nonat n’avait, comme il l’a fait, signalé cette fréquence dans l’enfance.
» Les études de M. Nonat, sous le point de vue qui nous occupe, réunissent donc au mérite que nous leur avons déjà reconnu celui de la nouveauté.
» A ce double titre, M. Nonat s’est acquis de nouveaux droits à l’estime et à la reconnaissance de la médecine. Aussi, nous plaisons-nous à espérer que l’Académie voudra bien approuver la proposition que nous lui faisons, celle de déposer très-honorablement le mémoire de 'notre confrère dans ses archives et d’adresser une lettre de remercîmenls à son savant auteur. »
L’Académie adopte ces conclusions.