‹ Traite theorique et pratique de la chloroseChapitre 3 sur 38 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DliFlNlTlON ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE DE LA CHLOROSE.

La plupart des traités classiques de médecine décrivent plutôt qu’ils ne définissent la chlorose. Leur définition, calquée sur celle de F. Hoffmann, n’est qu’une énumération sommaire des principales altérations fonctionnelles et de quelques-uns des signes extérieurs qu’on observe dans cette affection, tels que : « La coloration blanche, verdâtre ou jaune, delà face, l’altération des humeurs, le trouble de la circulation, de la menstruation, des accidents nerveux, l’atonie des viscères et une prostration plus ou moins marquée. » [Compendium de médecine pratique, t. Il, p. ^05.) Dans une pareille définition et dans d’autres semblables, on chercherait en vain une détermination nosographique précise, un des éléments constitutifs d’une espèce morbide particulière. On ne trouve là rien de caractéristique et (|ui ne soit commun à une loule d’autres maladies que la chlorose. Tous ces symptômes ne SC rcncoutrent-ils pas, en effet, dans presque toutes les cachexies et dans la plus grande partie des lésions organiques?

f<e définit de précision dans la définition de la chlo-

DÉFINITION Dli L.V Clll.UllUSF.

rose résulte nécessairement du vague, de l’incertitude, qui planent toujours sur sa nature, sur son véritable caractère nosologique.

11 faut avouer cependant que la chimie est parvenue à jeter quelque lumière sur ce point ; et à cet égard, on ne saurait trop proclamer l’importance des recherches de MM. Prévost et Dumas, Lecanu, Foedish, l.iebig, Andral et Gavarret, Becquerel et Rodier. Ces auteurs ont tait pour ainsi dire l’anatomie pathologique de la chlorose, en étudiant les altérations du sang dans cette affection, où le scalpel ne découvre aucune lésion des solides.

Il n’est douteux pour personne aujourd’hui qu’il n’y ait dans la chlorose une diminution très-sensible des globules du sang : et c’est là ce qui constitue essentiellement l’expression anatomique de la maladie.

Mais à quoi tient cette lésion ? Quelle en est la cause fonctionnelle? C’est ici qu’est la difficulté, et qu’on voit la discorde se mettre dans le camp des pathologistes. Les uns font provenir la chlorose d’un étal d’asthénie du système sanguin fBoisseau); d’autres d’une sanguification vicieuse (Blaudj. M. Roche l’attribue à la débilité des organes génitaux; (Copland la fait dériver d’une asthénie du grand sympathique ; Hoffmann et Gardien en ont placé la cause dans un état d adynamie du tube digestif; enfin, beaucoup de médecins veulent que la chlorose reconnaisse pour cause

l’IlVSlÜLOGlIi PATHOLOGlQUli

essenlielle un dérangement de la menslrnation. Je reviendrai pins tard siir eette opinion, que je me propose d’examiner dans un paragraphe spécial.

Quant aux idées de Boisseau et de Blaud, nous croyons qu’elles se rapprochent un peu de la vérité; seulement elles sont exprimées en termes si peu précis, ((Li’elles laissent un grand vague dans l’esprit, d’où vient sans doute qu’elles ont trouvé peu de crédit parmi les nosologistes.

Suivant M. Bouillaud, qui s’est, à mon avis, le plus rapproché de la vérité, « la chlorose est due à une prédisposition native, originelle, prédisposition organique, dit-il, aussi réelle qu’elle est difficile à définir. » J’adopte les premiers termes de cette définition; je crois, avec M. Bouillaud, que la chlorose lient à une prédisposition native, originelle, pour me servir des mêmes expressions ; mais j’ajoute que cette prédisposition, que l’éminent nosographe renonce à définir, est liée à un abaissement de la force d’hématose, ou, si on le préfère (ce qui est la même chose), à un affaiblissement des fonctions de sanguification.

.Te m’explique :

Je nomme force cVhématose la résultante des fonctions qui concourent à la sanguification ou à la confection du sang.

T.a force d’hématose est corrélative de la richesse du sang; elle s’évalue par la [troportion des globules. Plus le sang est riche en glohulcs, plus la force d’hé-

KT DEFIMTIOIN ÜE LA GIILOUUSE.

inatüse est graiulc, et réciproquement. La proportion (les globules sanguins doit donc être considérée comme l’expression ou la mesure de la force d’hé> malose.

La force d’hématose, comme le degré de globulisation du sang , est variable suivant les espèces animales, et dans chaque espèce, suivant les âges, les sexes et certaines conditions individuelles.

La force d’hématose atteint son maximum chez les oiseaux, (|ui sont ceux de tous les animaux dont le sang est le plus riche en globules, ainsi qu’il résulte des analyses comparatives de MM. Prévost et Dumas ; puis vient le singe ; l’espèce humaine n’arrive qu’en troisième rang; enfin, la force d’hématose va décroissant chez le reste des vertébrés et dans toute la série des animaux à sang froid, en raison directe de la décoloration du sang et de l’abaissement de la température animale (la tortue seule fait exception à celte règle).

Voici un tableau emprunté au beau travail de MM. Prévost et Dumas sur le sang, et dans lequel on trouvera la proportion exacte des globules, et par conséquent l’(L\pression arithmétique de la force d’hémato.se pour les principales espèces animales.

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l'HYSlOLOCilli l’ATHOLUGiyUt;

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