‹ Traite theorique et pratique de la chloroseChapitre 35 sur 38 · VI. — Complications tubercnlenses · texte numérisé non relu

VI. — Complications tubercnlenses

C’est à tort, croyons-nous, que le fer a été proscrit d’une manière absolue, par quelques médecins, du traitement de la chlorose compliquée de tubercules pulmonaires.

Je vais essayer de déterminer, avec autant de précision que le permet ce difficile sujet, dans quelles circonstances on peut administrer les préparations martiales et dans quel cas on doit s’abstenir de leur emploi.

Chez un sujet chlorotique, présentant tous les attributs de la prédisposition à la phthisie pulmonaire, que cette prédisposition soit héréditaire ou qu’elle soit acquise, le fer peut être employé avantageusement; mais il doit l’être avec mesure, à des doses peu élevées , et toujours associé aux agents de la médication antituberculeuse, surtout l’iode et ses composés (tein-

ture d’iode, iodure de potassium, huile de foie de morue, huile de squale, de raie, eaux sulfureuses, cresson, etc.).

Lorsque la prédisposition est plus avancée, lorsqu’elle se caractérise par des phénomènes de réaction générale, peu marqués encore, mais continuels ou fréquents, sans qu’on puisse les rattacher à une lésion déterminée; lorsque, en d’autres termes, un mouvement fébrile journalier , un sentiment de chaleur mordicante aux mains, des sueurs faciles, une diminution de l’appétit, un peu de dyspepsie, un amaigrissement notable, semblent annoncer l’imminence et comme l’invasion prochaine de la phthisie pulmonaire, il faut renoncer à l'administration des ferrugineux. En augmentant cet état de réaction, le fer ne pourrait qu’accélérer le développement des tubercules et hâter l’explosion de la maladie.

La chlorose vraie est assez rare, comme on le sait, dans la phthisie pulmonaire confirmée, ce qui peut s’expliquer par la modification que subit l’élément globulaire du sang chez les phthisiques.

Quand la chlorose coexiste avec la phthisie confirmée, la première affection n’est plus qu’un accident, un élément secondaire; la tuberculose devient la maladie prédominante, essentielle. Alors les ferrugineux sont contre-indiqués, et les efforts de la thérapeutique doivent être dirigés exclusivement contre la lésion organique de l’appareil respiratoire. Et ici,

TRAITEMENT DE LA CHLOROSE COMPI-IQUÉE. 207

non-seulement la inédicalion ferrugineuse serait inutile; mais meme elle serait nuisible, ainsi que l’expérience l’a démontré, en élevant le degré de l’excitation générale, en augmentant la congestion pulmonaire et la disposition aux hémoptysies , en produisant une sorte de recrudescence dans le travail inflammatoire local, et en activant, définitivement, l’évolution des tubercules.

Dans quelques circonstances rares , on peut se départir de celte règle : c’est lorsque la phthisie pulmonaire affecte franchement la forme torpide; lorsque la réaction fébrile est nulle ou extrêmement faible et rare; lorsqu’il n’existe ni congestion, ni stase pulmonaire, ni hémoptysie ; lorsque la respiration est assez libre et l’expectoration muqueuse; lorsque les tubercules paraissent très-bornés, que leur marche est stationnaire et subit un temps d’arrêt assez long pour faire espérer une cicatrisation prochaine et un amendement durable. Dans des conjonctures aussi favorables les préparations ferrugineuses peuvent être utiles ; elles concourent alors à relever et à soutenir les forces du malade, et à ralentir ainsi les progrès de la consomption.

On prescrit de préférence les préparations où le fer se trouve associé à l’iode , tels sont le sirop d’iodo-tannatc de fer, le sirop de tartrate de potasse et de fer et d’iodurc de potassium, le sirop et les pilules d’iodure de fer, etc.).

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