CHAPITRE IV
De la berme et du fossé.
De la berme.
Si le tains extérieur du parapet venait aboutir exactement au bord de Vescarpe du fossé, celle escarpe , surchai^ée du poids des terres de l’épaulement, pourrait s’écrouler et entraîner par son éboulement celui de tout le parapet.
C’est pour prévenir cet inconvénient , pour rendre la construction plus facile , et aussi pour qu’on puisse faire plus commodément les réparations du parapet, qu’on çst dans l’usage de laisser entre ce dernier et le bord du fossé cet intervalle qu’on appelle la berme, dont nous avons déjà parlé §. 12 , et auquel on donne depuis a jusqu’à 4 pieds ( 63 centimètres à i mètre 3o cent.) de largeur, suivant la nature des terres; les plus légères exigeant la plus grande largeur de berme.
Cette bande de terre a toutefois l’inconvénient d’offrir à l’ennemi qui a passé le
fossé, comme un marclie-pied pour monter sur le parapet; mais, nonobstant cet incon- Tenîent, les bermes présentent assez d’avantages, sous le rapport de la solidité du parapet, pour qu’on les ait adoptées généralement.
Si les circonstances et le temps le permettaient, on pourrait à la vérité revêtir l’escarpe du fossé comme le talus extérieur du parapet, qui serait alors continué uniformément jusqu’au fond du fossé : on préviendrait ainsi le danger de voir l’épaulement s’écrouler dans le fossé; mais cette construction serait assez difficile, et il serait plus difficile encore de réparer le parapet quand il serait dégradé par les boulets de l’ennemi. .
• Du fossé.
Le fossé creusé en avant du parapet fournit les terres nécessaires pour la construction du parapet, et oppose un obstacle de plus à l’approche de l’ennemi.
On est obligé de donner un talus aux parois du fossé, car sans cela ils s’écrouleraient bientôt, fussent-ils creusés dans
les terres les plus compactes, vil résulte de là que la largeur du fond du fossé est moins .grande que celle qu’il, a au niveau du sol.
Le talus à donner à ses parois dépend de la nature du terrain, et varie du tiers aux deux tiers de sa profondeur.
La paroi du fossé du côté du parapet s’appelle Xescarpe; celle du côté opposé se nomme la contrescarpe.
Le fossé devant toujours avoir la meme longueur que l’épaulement, et une profondeur de 7 à 8 pieds ( a mèti-es 3o centimètres ou 2 ,mèt. 6o cent.) étant reconnue suOisante pour empêcher qu’on puisse le franchir trop facilement, il ne reste à déterminer que sa largeur, qui doit se proportionner à la solidité ou au cubage du parapet, et qu’on trouvera de la manière suivante.
Calculez la surface d’une coupe verticale faite dans le parapet, divisez le nombre que vous aurez trouvé par celui qui exprime la profondeur du fossé, et vous ob- . tiendrez pour quotient la largeur du fossé, en supposant qu’il soit creusé verticalement.
Cette largeur fictive obtenue , pour en déduire la largeur supérieure réelle du
fossé, on y ajoutera la moitié du talus qu’ou veut donner aux parois du fossé, et on creusera ensuite celui-ci de manière à ce que la largeur inférieure soit égale à cette même largeur fictive, moins la moitié du même talus.
De cette manière, la solidité ou le volume du vide du fossé étant parfaitemënt égale au volume du parapet, le premier devra fournir assez de terres pour former le second; cependant, comme il vaut mieux risquer d’avoir trop de terres que trop peu , on fera bien, dans tous ces calculs, de remplacer les fractions de pouces ( ou centimètres ) par les nombres entiers immédiatement supérieurs. Si, après avoir construit le parapet, il reste des terres surabondantes, on pourra toujours les étendre en avant du fossé, de manière à y former une esr pèce de glacis, ce qui procurera deux avantages: d’abord, de mieux découvrir l’ennemi qui s’aPprocberait pour attaquer la batteri'e, ensuite, de donner un peu plus de hauteur à la contrescarpe du fossé.