‹ Traité théorique et pratique de la construction des batteries [Textbd.] [...]Chapitre 21 sur 50 · Dans l’artillerie française on compte · texte numérisé non relu

Dans l’artillerie française on compte

en pic - hoyaux , pioches et péîles , âutant d’outils en tout, qu’il y a de canonniers et de travailleurs de la ligne employés à la batterie. Cest le moindre nombre qu’on en puisse prendre , et l’on fera bien , si l’on peut, de le porter au double. Quant à la proportion à. mettre entre ces diverses espèces d’outils, on sent quelle dépendra naturellement de la qualité des terres qu’on aura à remuer. '

4. ° Pour les batteries à embrasures,-les artilleurs français demandent quatre masses pour la première de ces embrasures, et trois pour chacune des suivantes; et dans les batteries à mortiers , trois masses par bouche à feu. Les artilleurs allemands comptent dix masses pour les deux premières embrasures, et ils en ajoutent deux pour chaque embrasure au-dessus de deux.

5. ° Dans l’artillerie française on demande trois dames par embrasure ou par mortier; maisles artilleurs allemands en portent, dans leurs états, quinze pour les deux premières embrasures ou les trois premiers merlons, et quatre pour chaque merlon en sus de.trois.

Les artilleurs français comptent, pour chaque couple d’embrasure, ou pour deux bouches à feu , une scie pour couper les saucissons et un pour les étrangler.

Dans l’artillerie de la plupart des puissances de l’Allemagùe , on compte trois scies et trois cabestans pour les deux premières embrasures, et une scie et un cabestan seulement pour chacune des suivantes.

7.*’ Dans l’artillerie française on donne aux travailleurs huit haches et deux serpes pour la première embrasure ou la première

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bouche à feu, et un de chacun de ces instrumens tranchans de plus pour chacune des embrasures ou des pièces suivantes : quant aux artilleurs allemands, ils comptent quatre ou cinq pour la première

embrasure-, et une de plus pour chacune des suivantes; mais ils ne portent point de haches dans leurs états.

8." La construction des batteries ne s’exécutant d’ordinaire que de nuit, il est nécessaire de se munir de lanternes sourdes et de chandelles. 11 faut compter au moins unelanterne et une livre de chandelles pour les batteries armées d’une, deux ou trois bouches à feu ; deux lanternes et deux livres de chandelles sont nécessaires pour les batteries plus considérables.

Les artilleurs allemands portent encore dans leurs devis un rateau en fer et un arrosoir pour les batteries peu considérables, et deux de chacun de ces objets pour les grandes batteries ;* plus un baquet et une cruche pour deux embrasures.

10.“ Enfin, une chose dont il sera encore utile de se munir, c’est d’un certain nombre de balais, si on peut se les procurer; dans le cas contraire, il sera toujours fa-

cîle d’en faire sur le lieu méilie, avec les menus rameaux qui restent, quand on confectionne les saucissons, gabions, etc.

Tout ce que nous avons dit dans ce paragraphe , se rapporte spécialement à la construction d’une batterie horizontale ; s’il s’agissait d’une batterie encaissée ^ le nombre des travailleurs diminuant, la quantité d’outils et ustensiles devrait aussi diminuer proportionnellement , comme .il devrait être augmenté, par un motif contraire, pour.les batteries élevées; mais, dans tous les cas, il faudra bien s’assurer de leur qualité, car sans cette précaution, on serait exposé à les voir se . détériorer trèspromptement par leur usage, et lors même qu’on aurait augmenté leur nombre de cinq ou six pour cent, on co^rrait le risque d’en manquer, et de se trouver ainsi arrêté au milieu de la construction de la batterie.

Détermination du nombre de saucissons né~ , cessaire pour le revêtement d’une batterie.

Nous avons vu (§. 3) qu’il y a des sauciscissons de différentes longueurs^ l’épaisseur et la hauteur du parapet sont également

variables (§§. 14 et i5), et par conséquent il n’est pas possible d’évaluer, d’une manière précise et générale, le nombre de saucissons nécessaire pour- le revêtement d’une batterie j mais voici comment on . pourra opérer, dans tous les cas, pour le calculer.'

Faites la somme des longueurs des faces du parapet qui doivent être revêtues; divisez cette longueur totale par celle d’un saucisson , et vous aurez le nombre des saucissons d’un rang du revêtement; multipliez ce nombre par celui des rangs de saucissons qui doivent composer le revêtement, d’après la hauteur du parapet, et vous aurez le nombre total des saucissons nécessaires pour ce revêtement.

A cette quantité de saucissons il conviendra d’ajouter ceux nécessaires pour le revêtement des joues des embrasures, et ceux employés pour blindage (voyez §. 20); ceux employés pour les portières (v. §.35); ceux dont on croirait devoir recouvrir le toit des magasins des batteries (§. 34), et, enfin , ceux qui seraient nécessaires pour le revêtement des traverses, dans le cas où on serait obligé d’en construire dans la battene.

Dans tous ces calculs, ü n’y a toujours

que quatre cboses à considérer , la longueur et la hauteur des faces à revêtir, la longueur et le diamètre des saucissons qu’on doit employer; mais, quand on aura calculé, d’après ces données, le nombre des saucissons nécessaire pour le revêtement de la batterie et de tous ses accessoires, il faudra ajouter à ce nombre cinq et même six pour cent, pour remplacer ceux qui, ayant été mal confectionnés ou mal coupés, ne pourraient pas être employés.

Les artilleurs français, qui emploient des saucissons de i pied (5a c.) de diamètre, et de i8 à ao pieds (6 m. à 6 m. 65 c.) de long, en comptent vingt-sept pour la première embrasure, aux batteries de canons ou obusiers, et en ajoutent treize pour chacune des embrasuressuivantes. Aux batteries des mortiers ou pierriers ils comptent vingt-un saucissons pour la première bouche à feu, et en ajoutent sept pour chacune des suivantes,

Détermination de la quantité de harts dont on doit se munir pour remplacer celles des saucissons.

Il arrive souvent,' dans le transport des

saucissons, quand on les ctarge sur les voitures, ou qu’on les décharge, et plus fréquemment encore quand on les piquète, que plusieurs desharts qui les relient, éclatent. Il faut donc en avoir une certaine quantité en réserve, comme aussi pour ancrer les saucissons, quand les terres sont légères; ou que les piquets sont mauvais.

Quand les harts sont bien flexibles , on peut, pour calculer cette réserve, en compter une pour chaque longueur de saucissons de 6 pieds (a mètres); mais si elles étaient de mauvaise qualité, il faudrait en prendre un plus grand nombre , et dans tous les cas un tiers de cette réserve devra se composer de harts de retraite, dont nous avons expliqué la confection §.4» et dont nous ferons connaître plus tard l’emploi.

Pour les batteries de canons et obusiers, les artilleurs français comptent deux bottes de harts pour les batteries qui n’ont qu’une ou deux bouches à feu; trois pour celles qui en ont trois ou quatre; et quatre pour celles qui en ont cinq ou six. Pour les. batteries de mortiers «t pierriers ils comptent une botte de harts par chaque couple de boucbes'à feu.

Détermination du nombre de piquets nécessaire pour le revêtement.

Le nombre de piquets nécessaire pour fixer les saucissons du revêtement, dépend naturellement : i." du nombre et de la longueur des saucissons qu’on emploie dan§ le revêlementj 2." de la distance à laquelle les piquets sont placés entre eux.

Dans l’artillerie française, quand les terres ont peu de poussée, et surtout quand les piquets sont bons, on les espace de 5 pieds (1 met.), de sorte qu’on en met six pour un saucisson de 18 pieds (6 met) de longueur, et qu’on en aurait suffisamment, si on en portait dans ses états dix-sept par saucisson.

Cependant, comme.il faut se précautionner pour les cas où les piquets seraient mauvais et où les terres auraient beaucoup de poussée , on en compte ordinairement dix par saucisson.

Les artilleurs français n’emploient pour les batteries revêtues en saucissons qu’une seule espèce de piquets; ce sont ceux qui ont 2 pouces ( 6 centim. ) de diamètre à la

tête, et 2 pieds 6 pouces (8o cent.) de long ; mais les artilleurs allemands en emploient . de quatre sortes, savoir : de 2 pieds (65 cent.), 3 pieds ( 1 mètre), 4 pieds ( i mètre 3o cent.), et 5 pieds (i mètre 60 cent.) de longueur.

Ils piquètent les premiers rangs de saucissons avec des piquets de la première espèce, plantés de pied en pied (32 en 32 cent.) pour le premier rang, et de deux en deux pieds (65 en 65 cent.) pour le second.

Les troisième et quatrième rangs sont fixés par des piquets de 3 pieds ( 1 mètre); tous les suivans avec des piquets de 4 pieds (1 mètre 3o cent), à l’exception des deux derniers rangs, pour lesquels ils emploient des piqnets de 5 pieds ( 1 mètre 60 cent. ) , surtout quand les terres sont légères ou sablonneuses.

Détermination de la quantité de bois à plateformes nécessaire pour les batteries.

De ce que nous avons dit, §§. 28 à 32, des difierentes espèces de plate formes pour canons, obusiers et mortiers, on déduira facilement l’état des bois à plate- formes

nécessaires pour une batterie armée d’un nombre quelconque de bouches à feu de quelque espèce et calibre que ce soit, et quelle que soit l’espèce de plate-forme qu’on \oudra lui donner. Nous nous bornerons, en conséquence, à rappeler ici le nombre des pièces de bois nécessaires pour la construction des plate-formes ordinaires à canons ou obusiers, et à mortiers etpierriers.

Suivant les procédés généralement adoptés dans l’artillerie française, il faut pour une plate-forme à canon ou obusier, un heurtoir, trois gîtes, quatorze madriers et dix piquets de plate-forme ; et pour une plate-forme à mortier ou pierrier, trois lambourdes de fond , onze lambourdes de recouvrement et huit piquets. Quant aux artilleurs allemands, ils comptent quatre gîtes, dix-sept madriers, deux lattes ou demi - madriers , et vingt-quatre clous de batterie pour une plate-forme à canon ; et cinq lambourdes de fond, dix madriers, deux lattes et seize clous, pour celle des mortiers.

Quant à la quantité de bois de plate-fo l'aies qui doit entrer dans la composition d’un équipage de siège, l’Aide-mémoire du géné-

( iSg )

ral Gassendi la porte aux deux tiers du nombre des bouches à feu pour les canons, aux neuf huitièmes pour les mortiers , aux quatre tiers pour les ohusiers,-et aux sept sixièmes pour les pierriers. '

Détermination de la quantité de matériaux nécessaire pour la construction des magasins à poudre.

11 faut, pour un magasin à poudre de batterie, cinq à six pièces de bois de 7 à 8 pieds (2 mèt. 60 cent, à 3 mèt.'6o cent.) de hauteur, et de 6 à 8 pouces ( 16 à 32 cent.) d’équarrissage, pour servir de montans, et quatre à cinq poutrelles de 8 à 9 pieds (3 mèt. 65 cent, à 3 mèt.) de longueur, et dé 3 à 4 pouces (8 à 10 cent.) d’équarrissage, pour être placées en travers des montans et supporter le toit du magasin. Faute de pièces de bois de ces dimensions, on pourrait y suppléer au moyen de liteaux de mêmes longueur et largeur, et ayant seulement 3 à 4 pouces (8 à lo.cent.) d’épaisseur.

Aux bois'ci-dessus désignés, et qui composeront la charpente du magasin, il faudra ajouter : i.“ dix madriers d’un pied (32

cent.) de largeur, et de lO à 12 pieds (5 mèt. 52 cent, à 4 mèt.) de longueur, pour ea former le toit; 2.“ la quantité de planches pécessaire pour les doubler intérieurement , mais toutefois si on peut se les procurer sans trop de di^culté ; car ces dernières ne sont pas absolument indispensables.

I Enfin, dans l’état des objets nécessaires pour la construction d’un magasin, il ne faudra pas oublier une certaine quantité de clous à planches, et les saucissons nécessaires pour les garantir des coups de l’ennemi, comme nous l’avons expliqué au

Détermination du nombre de gabions nécessaire pour le revêtement d’une batterie.

Lorsqu’une batterie devra être entièrement revêtue en gabions, on déterminera le nombre de gabions nécessaire pour ce revêtement d’après les mêmes principes que ceux qui servent pour les batteries revêtues en saucissons, et en se servant des mêmes données; savoir, la longueur ou le développement des faces qui doivent être revêtues,

et leur hauteur, le diamètre des gabions et leur hauteur. En divisant d’abord la hauteur du revêtement par la hauteur des gabions, on obtient pour quotient le nombre des rangs de gabions nécessaires pour former le revêtement ; puis , divisant la longueur du revêtement par le diamètre des gabions, on détermine le nombre des gabions de chaque rang, après quoi il n’y a plus qu’à multiplier ces deux quo tiens l’un par l’autre, pour avoir le nombre total des gabions nécessaires pour le revêtement

Il ne faudra pas oublier de comprendre dans le devis les matériaux nécessaires pour ces sortes de batteries;

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