‹ Traité théorique et pratique de la construction des batteries [Textbd.] [...]Chapitre 20 sur 50 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Détermination du personnel et du matériel nécessaires pour la construction des batteries.

Considérations générales sur la, formation de Vétat des objets nécessaires pour la construction des batteries.

Si on a lu avec un peu d’attention ce que nous avons dit jusqu’ici , on concevra qu’il serait fort difficile de donner, pour la détermination des objets qui entrent dans la construction des batteries , des règles certaines et précises, telles, par exemple, que celles au moyen desquelles on calcule le nombre des boulets d’une pile.

On a pu voir, en effet, que, pour la même espèce de batterie, la quantité des matériaux nécessaires à sa construction pouvait beaucoup varier, suivant la nature du terrain, et aussi suivant le plus ou moins de danger auquel on est exposé par le feu de l’ennemi. Nous nous bornerons donc à donner ici

des règles générales et approximatives, en

nous efforçant de ne pécher ni par excès , ni par défaut. JVous allons chercher à déterminer ainsi, d’abord, le nombre des travailleurs nécessaires à la construction d’une batterie : il sera facile d’en conclure, du moins pour la plus grande partie, le nombre des outils et instrumens qu’il faudra leur donner, ,et enfin nous évaluerons la quantité des divers matériaux qu’ils devront employer dans la construction.

Détermination du nombre d’hommes nécessaire pour la construction des batteries. .

Le nombre d’hommes, ou le personnel nécessaire pour la construction des batteries, dépend naturellement de la marche * adoptée pour le travail et dé la distribution des travailleurs.

Pour la construction des batteries horizontales de canons et obusiei'S, les artilleurs français emploient trois canonuiei*s pour le revêtement des côtés et du coffre j trois à chaque embrasure , et cinq par embrasure au revêtement intérieur du parapet.

Ils emploiênt douze travailleurs de la ligne par embrasure , dont six dans le

fossé; placés à 3 pieds ( i mètre) de distance l’un de l’autre; troissur la herme, à 6 pieds ( 2 mètres ) l’un de l’autre, et trois sur le coffre, également . à 6 pieds (8 mètres) l’un de l’autre. Si cependant le dépôt des saucissons était éloigné, il faudrait prendre vingt travailleurs de la ligne par embrasure, au lieu de douze.

Il faut au moins un sous-officier pour diriger la construction de chaque meflon, et un dans le fossé pour deux merlons. Sur trois sous-officiers, un au moins doit appartenir à l’artillerie.

Quant aux officiers, si le nombre de ceux qu’on a à sa disposition le permet,, on en mettra un par embrasure pour surveiller la construction du. coffre, et un par deux embrasures pour surveiller les travailleurs du fossé.

Pour les batteries de mortiers, les artilleurs français occupent également trois canonniers au revêtement des côtés du coffre, et ils en comptent cinq par mortier pour le revêtement du parapet. Quant ailx travailleurs de la ligne, ils en emploient également douze par mortier, et les distribuent comme pour les batteries de canons.

Le nombre des officiers et sous- officiers se proportionne naturellement à celui des canonniers et travailleurs de la ligne ;mais comme il n’y a point d’embrasures aux batteries de mortiers, et que cette circonstance diminue et simplifie beaucoup le travail, il pourra être convenablement surveillé par un nombre de sous-officiers et d’officiers beaucoup moindre que pour les batteries de canons et d’obusiers.

Il doit être bien compris que le nombre de travailleurs dépendant de la longueur du parapet, et cette longueur étant augmentée de la somme des épaisseurs des traverses, quand on sera obligé d’en établir dans une batterie, soit de mortiers, soit de canons ou obusiers, elle exigera un plus grand nombi-e de travailleurs, d’abord en raison du surcroît de longueur du coffre , et en outre pour la construction de ces traverses elles-mêmes.

Les artilleurs allemands distribuent leurs travailleurs dans le fossé par file de trois hommes, espacés de 4 pieds (1 mètre 3o c.). De ces trois hommes , l’un creuse avec un pic-hoyau, et deux jettent la terre avec des pelles par-dessus l’épaulement.

îf

Lorsque le fossé a déjà atteint une certaine profondeur, et que les hommes munis de pelles ne peuvent plus sans difficulté jeter les terres assez loin sur le pai’apet, ils placent, pour transporter ces terres, de 4 pieds en 4 pieds (i mèt. 3o c. à i met. 5o c.), suivant la longueur de la batterie , un homme avec deux paniers, ou bien deux hommes avec trois ou quatre sacs à terre.

Ils comptent pour chaque merlon trois canonniers pour faire le revêtement ; six travailleurs pour enfoncer les piquets , transporter les saucissons et les scier j quatre hommes pour damer les terres, et deux pour les répandre et les égaliser. ^

Enfin, ils ajoutent au nombre total de travailleurs, déduit des bases ci-dessus, cinq ou six hommes sur cent, de corvée, pour porter les vivres aux autres , etc.

Si la hatterie n’est pas construite dans la parallèle, elle doit s’y rattacher par des boyaux de communication, qu’il faudra faire construire en même temps que la batterie, mais par d’autres travailleurs: ces der*. niers ne se trouvent, par conséquent, pas compris dans les calculs qui précèdent Comme la construction des batteries en->

caissées exige tout au plus moitié moins de travail que celle des batteries horizontales, on pourra diminuer d’un quart ou même d’un tiers la force du personnel, et il faudra encore un bon tiers de temps de moins pour les construire que pour construire des batteries horizontales.

On comprend facilement que les batteries éle\ées exigeront, au contraire j pour leur construction, beaucoup plus de temps, d’outils, de matériaux, et un personnel beaucoup plus nombreux que les batteries ordinaires ; mais il est impossible de déterminer d’avance cette augmentation, qui dépend de beaucoup de circonstances variables , Celles que l’élévation qu’on doit donner à la batterie, la distance à laquelle on doit aller chercher les terres, etc.

Détermination du nombre d’outils, ustensiles et instrumens nécessaire à. la construction des batteries. .

1.” On ne peut avoir moins d’un cordeau à mesurer et un cordeau à tracer dans chaque batterie. Dans les batteries un peu étendues, il sera nécessaire d’en avoir plusieurs,

et «urtout des derniers. Les artilleurs français comptent sur un cordeau de 6 toises ( 12 met.) par bouche à feu, sans distinction de cordeau à tracer ou à mesurer, et ils y ajoutent deux paquets de mèches pour les batteries de moins de quatre bouches à feu, et quatre paquets pour celles qui en ont quatre ou plus de quatre.

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