‹ Traité théorique et pratique de la construction des batteries [Textbd.] [...]Chapitre 35 sur 50 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Des batteries revêtues de toute autre ‘ maniéré quen saucissons , gabions ou sacs à tçrre.

§. io5.

Des batteries revêtues en gazons.

. jVous avons vu, §. 1 1 , que les saucissons, gabions et sacs à terre n’étaient pas les seuls matériaux dont on pût se servir pour le revêtement des batteries : ceux qu’on emploie le plus fréquemment après les deux premiers que nous venons de citer, sont les gazons.

Nous avons expliqué, §. lo, la manière de les couper et de les lever; nous allons donner ici quelques détails sur les procédés à suivre pour les employer au revêtement des batteries. ^

On commence d’abord par planter , à quelques toises (4 ou 6 mètres) de distance l’un de l’autre, suivant la trace du talus intérieur du parapet sur le terrain , des jpiquets de a pieds (65 cent.) de long; vis-

à-vis ceux-ci , sur -une ligne parallèle à la première , et qui en est éloignée d’une distance égale à la base du talus du parape^l on plante d’autres piquets, d’une longueur telle qu’ils s’élèvent à quelques pouces (lo à 20 cent.) au-dessus de la crête intérieure du parapet, quand il sera achevé.

Ces piquets étant plantés, on fixe solidement des tringles inclinées allant de chacun des grands à chacun des petits corespondàns, et faisant avec le terrain exactement le même angle que doit former le revêtement intérieur du parapet: c’est ce qu’on appelle profiler ou déterminer son talus.

Cela fait, on commencera par placer un rang de gazons le long de la trace du côté intérieur du parapet, en les posant l’herbe en dessous , et leur largeur suivant la longueur du parapet.

S’il arrivait que les gazons ne fussent pas amincis et égalisés convenablement, il faudrait, avant de les placer, les couper du côté des racines, de manière à ce que tous aient bien exactement la même épaisseur: il serait bon aussi de les couper un peu de biais, suivant leur longueur, en ayant soin de placer le bout le plus épais à l’exj-

térieur du revêtement, et le bout aminci dans l’intérieur du parapet.

Les gazons de tous les rangs doivent être bien serrés les uns contre les autres, et fixés chacun au moyen de trois ou quatre petits piquets de 8 pouces (aa cent.) de long, et 5 à 6 lignes (ii à i4 cent.) de dia- , mètre. On se servira, pour enfoncer ces piquets, d’un maillet ou d’une dame, dont on les frappera à petits coups : il faudra avoir soin de ne pas les placer trop près du bord extérieur des gazons, attendu que, devant plus tard rogner ce bord, pour nettoyer et unir le côté intérieur de l’épaulement, on s’exposerait, si ces piquets étaient plantés trop près de ce plan, à les accrocher dans cette opération , ce qui arracherait le gazon du revêtement.

En plaçant le second rang de gazons et les suivans, on aura soin que le joint entre deux gazons se trouve toujours correspondre au milieu d’un gazon du rang immédiatement supérieur ou inférieur, et l’on continuera de la même manière à élever le revêtement jusqu’à la hauteur nécessaire, après quoi on se servira d’une pelle ou d’un louchet bien tranchant, pour

ébarber ou couper toutes les parties sail- I

lantes des gazons, de manîère’à ce que le J

revêtement ne présente plus à l’extérieur qu’une surface plane, unie, ayant exactement l’inclinaison déterminée pour le talus du parapet.

Pour conduire le travail plus sûrement et plus facilement, on fera bien d’adapter successivement , à différentes hauteurs et parallèlement à la magistrale, des tringles ’ ^ qui suivront l’inclinaison du talus, afîn de s’en servir comme de règles pour placer les gazons bien éxactement dans le plan incliné du revêtement On peut aussi se servir à cet effet de cordes tendues horizontalement, et fixées par leurs extrémités* aux tringles inclinées dont nous avons parlé P réc é demmen t.

Une précaution qui contribuerait beaucoup a augmenter la solidité de cette espèce de' revêtement, ce serait d’arroser chaque rang de gazons, après qu’on l’aurait placé, et même d’y répandre de la semence de foin; les racines chevelues de l’herbe qui viendrait à y croître, ne pouvant que lier parfaitement entre elles les pièces de gazons.

Il est sans doute inutile de faire remarquer qu’à mesure que le revêtement s’élèvera, il faudra remplir de terre le vide du coffre en arrière , en la damant avec précaution près des gazons, pour éviter de les briser.

Des batteries revêtues en clayonnage.

Pour revêtir en clayonnage le parapet d.’une batterie , il faudra d’abord planter à 1 pied ou 1 % pied ( 35 à 5a cent. ) l’un de l’autre, et suivant le tracé de ce parapet, des piquets de 1 X pouce (4 cent.) de grosseur, et dont la longueur sera pour ceux du côté intérieur de la genouillère , de 5 pieds (1 mètre 6a centim.), et de 3X pieds (1 mètre i5 cent) pour le côté extérieur, dans le cas où il devrait être revêtu.

En plantant ces piquets, on leur donnera une inclinaison telle qu’ils soient exactement suivant le talus qu’on veut donner au parapet, et on/ les enfoncera de manière à ce qu’ils dépassent de 1 à a pouces (3 à 6 centimèt) la hauteur de la genouillère, afin que le clayonnage qui doit s’éle-

ver à cette même hauteur, ne puisse les déborder et s’échapper par le haut, ce à quoi on pourvoit d’ailleurs en prenant la précaution de le lier solidement à chaque piquet

Lorsque tous seront ainsi plantés bien régulièrement et bien solidement, on y entrelacera, ordinairement en double, de menus branchages bien souples , en suivant les procédés que nous avons indiqués ‘ pour la construction des gabions au §. 8, en ayant soin de bien tendre et bien serrer les branchages , et de les lier fortement aux piquets au moyen de barts.

A mesure que le clayonnage s’élèvera, on remplira l’intérieur du coffre de terres, qu’on aura soin de bien égaliser et damer successivement : pour que leur poussée ne rejette pas le clayonnage en dehors, on fera bien de l’ancrer ou arrêter vers le tiers ou le milieu de sa hauteur, au moyen de plusieurs barts de retraite, comme cela, a été expliqué au §. 7$.

La genouillère étant élevée et revêtue, sur son plan supérieur, on tracera les embrasures, comme nous avons enseigné à Je faire au §. 70, excepté toutefois que, dans

le cas qui nous occupe, on devra ménager sur tout le pourtour du coffre une berme de 6 pouces (i6 centimèt. ) de largeur, et cette circonstance oblige à donner au parapet des batteries revêtues en clayonnages 1 pied (3a cent.) de plus en longueur et en largeur qu’au parapet de celles qui sont . revêtues en saucissons ou en gazons.

Ce tracé étant exécuté , on foiteera le clayonnage des nierions; on les remplira de terre, et on damera celle-ci comme nous l’avons expliqué pour la genouillère, en prenant la précaution de ne pas trop approcher avec les dames des angles ou coins du clayonnage, afin de ne pas y briser le menu bois, nécessairement affaibli en ces endroits par la torsion.

Les artilleurs allemands sont dans l’usage de couronner les merlons ainsi construits d’un massif de terre en talus de tout côté, semblable à celui dont ils surmon- * tent les parapets de toutes leurs autres batteries, et cet ouvrage nous parait particulièrement avantageux pour celles dont ^ nous nous occupons en ce moment.

De differens matériaux employés extraordinairement au revêtement des batteries.

Nous avons vu, §. i5, qu’il y avait en^ core d’autres matériaux qu’on pouvait employer au revêtement des batteries, tels que des matelas ou sacs à laine ; mais nous ' n’avons pas prétendu en faire l’énumération complète, et le besoin, les circonstances et l’industrie peuvent en indiquer un trèsgrand nombre, qu’il serait assez dilEcile d’imaginer à l’avance. > ,,

Si l’on pouvait, par exemple, se procurer facilement un grand nombre de barils, tonneaux ou banques à vin, bière, huile j on pourrait, en les remplissant de terre, ' ; en faire très -promptement un assez bon épaulement.

Si l’on se trouvait près d’une forêt, et ' qu’on n’eût pas le temps de confectionner des saucissons, gabions ou claies, on pourrait encore former un assez bon revêtement au moyen de fascines, ou tout simplement de menus branchages, qu’on retiendrait entre deux rangs de piquets, lais-

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sant entre eux une largeur de 8 à i3 pouces (30 à Sa cent.)* Ces piquets devraient être plantés obliquement , suivant l’inclinaison qu’on voudrait donner au revêtement , et on les espacerait dans chaque rang de la à i5 pouces (5a à 4® cent.).

Nous pourrions encore indiquer difTérens moyens de ce genre; mais les cas où l’on est obligé d’y avoir recours, sont trop rares, pour qu’il soit nécessaire d’entrer dans de plus longs détails à ce sujet : ce sera à l’intelligence de l’ofBcier d’artillerie qui se trouvera dans de semblables circonstances, à en apprécier la gravité et l’urgence; mais il ne devra jamais perdre de vue, que les procédés réguliers que nous avons exposés plus haut en détail, auront toujours un immense avantage sur tous les autres, tant pour la solidité de l’ouvrage,, que pour la sûreté des hommes, et qu’en conséquence une nécessité absolue peut, seule autoriser à s’écarter à cet égard des ■^règles positives , qui ne sont autre chose que les résultats certains du calcul et de l’expérience.

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