PRINCIPES DE LA MOHALE SOCIALE
Facultés de l'âme el des forces du corps qui lui sert d'instrument (cf. 254 . Or ce développement ne pcul être réalisé, autant que notre condition le comporte, que dans la société qui est, sous sa forme élémentaire, une tribu, c'est-à-dire une association de familles, et sous sa l'orme complète, un État, e'est-àrdire une association d'hommes unis par les lois et formant un corps de nation par l'unité du territoire et par la communauté des intérêts généraux. En effet, l'iiomme est lié à ses semblables : 1° par ses besoins physiques, dans son enfance, sa vieillesse, ses maladies; 2° par ses affections sociales, la sympathie, l'amour, l'amitié, etc.; 3° par ses facultés ; par la parole, qui est une faculté essentiellement sociale; par l'intelligence, qui n'arrive à la science que par une longue suite de recherches; par l'activité, qui n'approprie les choses matérielles à la satisfaction de ses hesoins que par le concours des efforts .individuels, etc. De là résultent les devoirs sociaux de l'homme et ses droits naturels. Or les droits naturels les plus importants, la liberté et la propriété, n'ont point de valeur effective s'ils ne sont garantis et protégés par l'Etat. Le but de l'État est la justice qui, sans détruire les inégalités naturelles, assure aux citoyens l'égalité devant la loi, la seule conforme à la responsabilité morale des individus et à l'accomplissement de leur destinée.
Lire Bouillet, D. Sciences, art. Société: Charles, Lect. de phil., II, p. 294; Cicéron, Des devoirs, II, 3-i5.
Principes de la Morale sociale.
297. Qu'est-ce que la Morale sociale? Quels en sont les principes et les règles essentielles? (8 août 1871.)
Plan. L'homme naît dans la société et pour la société : car sans elle, il ne peut ni se développer, ni subsister (cf. 206;. Il contracte ainsi trois espèces de rapports : 1° avec les hommes en général ; 2° avec la famille ; 3° avec l'État. A ces trois espèces de rapports correspondent trois espèces de devoirs dont nous allons passer en revue les principes et les règles essentielles.
Tous les hommes sont moralement obligés de concourir sous leur propre responsabilité à l'accomplissement du bien propre à l'essence humaine, c'est-à-dire au développement régulier et harmonieux des facultés qui constituent sa personnalité (cf. 234). De là dérivent leurs devoirs et leurs droits.
Le principe de nos devoirs envers les hommes en général est • Respecter dans nos semblables le développement régulier de la personnalité humaine et y contribuer selon notre pouvoir Son application comprend la justice et la chante (cf. 298). Le principe de nos devoirs envers la famille est le même que celui de nos devoirs envers les hommes en général -mais il a des applications plus nombreuses et plus variées. En effet, les devoirs de justice et de charité se déterminent dans a famille par les rapports naturels de droit et par les liens d affection oui s'établissent entre les époux, puis entre les parents et les enfants, enfin entre les frères et les sœurs (cf. 300). Le principe de nos devoirs envers l'État est : Respecter l'exécution des lois cl y concourir selon notre pouvoir. Son application comprend la justice et le dévouement a la patrie.
Les devoirs envers les hommes en général, envers la famille et envers l'État, sont communs à tous les citoyens qui habitent le même territoire. Il est une quatrième classe de devoirs sociaux particuliers aux citoyens qui se trouvent en rapport avec une autre nation. Ils sont déterminés par le Droit des gens ou Droit public international, soit naturel, soit postt-f. 1° Le principe du Droit des gens naturel consiste à transporter do l'individu à une nation entière les obligations de l'homme à lécard de ses semblables. De là résultent les devoirs de respecter une nation dans sa liberté et dans son indépendance, dans <on honneur et dans sa dignité, dans ses biens ou dans son territoire. 2° Le principe du Droit des gens positif consiste a observer les conventions positives conclues entre les Etats et les usages qui les règlent, comme l'inviolabilité des ambassadeurs la neutralité en face des belligérants, le respect de la vie à 'l'égard des prisonniers de guerre, etc. La Diplomatie, comme la Politique, doit prendre pour règle la justice so