II. DEVOIRS DE FAMILLE
300. Quels sont les fondements et les limites du pouvoir paternel? {(S mars 1873.)
( Plan. Les devoirs généraux de justice cl de charité, que
l'homme a envers sos semblables (cf. 298), se déterminent Sans la famille par les rapports naturels de droit et parles liens ^affection qui s'établissent d'abord entre les époux, puis entre les parents et les enfants, enfin entre les frères et les sœurs. Née de la nécessité de perpétuer l'espèce, la famille est le premier fondement de la société, et sa bonne constitution est la condition de la moralité et de la prospérité publiques. Le mariage a pour but d'établir la communauté de la vie entière, physique et morale, de deux personnes de sexe différent. Il a pour conséquence l'obligation de donner l'éducation à l'enfant. Il s'établit ainsi entre les membres de la famille des rapports déterminés par la nature et par les fonctions de chacun d'eux, en leur appliquant les principes de la justice et de la charité. ' ^ Par ses aptitudes physiques, intellectuelles et morales, 'homme doit protéger la famille et pourvoir à ses besoins au moyen de son travail. En vertu de sa responsabilité, il possède \epouvoir marital à l'égard de la femme, et le pouvoir paternel à l'égard de l'enfant. Les variations de ces deux pouvoirs sont liées ensemble dans l'histoire de la civilisation.— En considérant le pouvoir paternel uniquement au point de vue de la théorie, Iq reconnaît qu'il a pour fondement l'obligation de fournir à' 'enfant tout ce qui est nécessaire au développement de ses pitudes physiques, intellectuelles et morales. Ses limites ;ont déterminées par la nature même du but à atteindre; il ■esse dès que ce but est atteint. Le père et la mère ne doivent exercer leur autorité qu'en vue du bien de l'enfant, en consultant à la fois leur affection et leur raison. De son coté, l'enfant !oit obéissance, respect et reconnaissance. Enfin, comme la -oune constitution de la famille est la condition de la moralité t de la prospérité publiques, l'État, pour assurer sa propre xislence, a le droit de régler, conformément îi la justice, l'aumié paternelle, d'exiger que l'enfant reçoive l'instruction ropre à en faire un homme et un citoyen, et que, lorsque âge lui permet de contribuer aux ressources de la famille, il I soil pas soumis à un travail qui dépasse ses forces.
En résumé, l'exercice du pouvoir paternel a trois conditions à remplir : conférer au père de famille une autorité qui corresponde à sa responsabilité civile et morale, faire de l'enfant un homme, former un citoyen utile à l'État.
Lire Janet, Êlém. de morale, ch. XVI; Bouillet, D. des r sciences, art. Famille.