Solution d'un problème
§ IX. Il y a une différence entre question et problème. Tout sujet de dissertation présenté sous une forme interrogative est une question.
Sujet. Qu'appelle-t-on jugements synthétiques a priori, vérités premières, axiomes? Montrer comment se forment et se développent dans l'esprit les vérités premières. (22 juillet 1875.)
La forme interrogative ne modifie en aucune façon la nature du sujet. Dans l'exemple que nous citons, on a simplement à exposer une théorie qu'on trouvera ci-après (§47, p. 30-34; §74, p. 55).
Au contraire, le sujet est un problème, lorsqu'il contient une chose inconnue. Peu importe qu'il soit ou qu'il ne soit pas présenté sous forme interrogative.
Sujet. Quelle différence y a-t-il entre les personnes et
les choses? (20 juillet 1875.)
Il faut distinguer dans ce sujet une partie connue et une partie inconnue, et se servir de l'une pour trouver l'autre. La partie connue consiste dans la définition de la personne humaine. La partie inconnue comprend trois éléments, la définition de la chose, la différence de la personne et de la chose, les conséquences qui résultent de celle différence. i° Pour procéder méthodiquement, on commence par analyser Vidés de l'activité intelligente et libre, qui donne la définition de la personne (§ 127, p. 107-108). On énumère ensuite les facultés de l'animal, et on les compare à celles de l'homme; on constate que l'animal ne possède ni le sentiment moral, ni la pensée, ni la liberté: on en conclut que l'absence de ces trois qualités constitue le caractère de la chose, dont on a ainsi une définition négative (§ 136, p. 118). 2° Le rapprochement des deux définitions donne la différence de la personne et de la chose. 3° 11 est aisé d'en tirer les conséquences. La morale enseigne que la personnalité est la condition du devoir et du droit. L'homme, étant une personne, a pour destinée d'agir en être intelligent et libre, de réaliser les perfections dont sa nature est susceptible et de se rapprocher ainsi de Dieu, qui est le type de la personnalité et du Bien suprême (§ 251, p. 231- 233). L'animal, étant une chose, n'a aucune responsabilité