‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 43 sur 189 · SOLUTION D'UN PROBLÈME. XLV · texte numérisé non relu

SOLUTION D'UN PROBLÈME. XLV

norale ; par suite, il n'a point de devoir ni de droit. De là résulte que les moralistes n'ont pas un principe déterminé pour régler es relations de l'homme avec l'animal, et qu'ils se trouvent jans la nécessité de rattacher ces relations soit aux devoirs individuels, soit aux devoirs sociaux, soit aux devoirs religieux.

Sujet. Pourquoi Bossuet part-il de la connaissance de V homme pour s'élever à la connaissance de Dieu, et ne suit-il pas la méthode inverse? (â7 juillet 1875.)

La première partie du problème est connue ; elle correspond à cette théorie : « La connaissance de la force intelligente et libre, qui constitue notre être, nous donne les idées de cause efficiente et de cause finale, de puissance et de substance, à l'aide desquelles nous analysons la notion de l'Être infini, et nous lui attribuons par la raison comme infinies et absolues les perfections que nous trouvons en nous limitées et relatives, puissance, intelligence et amour (§ 224, p. 191-192; § 230, p. 197-198). Par suite, l'élude de la Psychologie doit précéder celle de la Métaphysique. » — La deuxième partie du problème est inconnue. Pour la comprendre, il faut la comparer à la première. Il est facile de reconnaître que tontes deux sont corrélatives, et l'on fait le raisonnement suivant. Toute théorie comporte deux démonstrations : l'une directe, qui élablit la vérité par des preuves tirées de la nature même de la chose dont il s'agit ; l'autre indirecte, qui examine les conséquences de l'opinion contraire (§ 195, p. 161). Or nous avons démontré que l'étude de la Psychologie doit précéder celle de la Métaphysique. Donc il nous reste à démontrer qu'en suivant la marche contraire on s'expose à des erreurs qui proviennent d'un vice de méthode. Interrogeons l'histoire de la philosophie. Parménide, Spinosa, Hegel essaient d'expliquer le fini en partant de l'infini et tombent dans le panthéisme (§ 248, p. 227). D'autres philosophes, faule d'étudier par l'observation de la conscience l'origine de la notion de l'Être parfait, la réduisent à un idéal qui n'a d'existence que dans notre pensée (§ 233, p. 203). Si saint Thomas, dans sa Somme de Théologie, débute par la Métaphysique sans commettre aucune erreur de ce genre, c'est que la métliode syllogistique ne lui sert pas pour l'invention, mais pour l'exposition. Il emprunte sa doctrine à Aristote, qui s'élève du monde à Dieu par sa preuve du premier moteur (§ 235. p. 206). et à saint Augustin qui, en philosophie,

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