‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 65 sur 189 · MÉTHODE. H · texte numérisé non relu

MÉTHODE. H

pour la science qui a pour objet des vérités générales. 4° Les faits ne peuvent se constater comme dans les sciences physiques, — Réponse. 1° L'expérience est plus facile en Psychologie que dans les sciences physiques et naturelles. L'homme qui s'étudie lui-même a toujours à sa disposition l'objet et l'instrument de sou étude, tandis que l'Astronomie, la Physique, la Chimie, la Physiologie, exigent que l'observateur se trouve placé dans des circonstances particulières, compare une foule de faits, emploie des instruments spéciaux et se livre à des opérations très-délicates. Ce qui le prouve, c'est que la nature humaine a été décrite par les philosophes, les moralistes, les poètes et les romanciers, avant que la circulation du sang et que la digestion fussent expliquées. Seulement, il ne faut pas se contenter de cette conscience spontanée que possèdent tous les hommes ; il faut acquérir cette habitude de s'ohserver soimême qu'on nomme la réflexion. 2° La réflexion ne s'exerce pas au moment même où le fait arrive : c'est le retour que l'esprit opère sur lui-même après avoir produit un acte ou éprouvé une modification; il analyse le souvenir qui en reste, afin d'en constater Cdèlement les éléments, les caractères et les conditions. Il peut d'ailleurs se placer à son gré dans les circonstances favorables à la production du fait dont il veut se rendre compte. Quant aux états de l'âme qu'on ne saurait observer directement parce qu'on n'en a qu'une conscience obscure, comme le sommeil, le rêve, etc., on eu détermine la nature en l'induisant des circonstances bien connues qui l'accompagnent. 3° Quoique l'étude de l'homme ne se fasse que par un individu et sur un individu, on peut, en s'observant soi-même, distinguer en soi la partie essentielle et immuable de la partie individuelle et variable, comme l'anatomisle néglige les particularités des organes pour s'atlacher à leurs caractères généraux. On doit d'ailleurs consulter les observations d'autrui et les travaux des philosophes antérieurs, interroger l'histoire des langues, des mœurs et des religions, étudier les écrits des poètes, des moralistes et des romanciers. 4° Les vérités de la Psychologie comportent une vérification différente de celle des sciences positives qui nous permettent de voir nousmêmes un fait. Leur démonstration repose sur ce principe que la nature humaine est la même dans tous les hommes; par suite, les analyses et les descriptions du philosophe trouvent leur confirmation dans l'adhésion de ceux qui les lisent. Lire Charles, Lect. dephiL, I, p. 43-65.

Phénomènes de conscience. Facultés.

18. Classer les faits psychologiques. Sur quoi se fonde cette classification? (9 mai 1870; 6 novembre 1871.)

Plan. En étudiant les phénomènes qui composent notre vie spirituelle, on est d'abord frappé de leur variété et de leur complexité; mais la réflexion fait reconnaître que, si l'on examine leurs caractères essentiels, on peut les ramener à quelques types généraux qui manifestent le développement de nos facultés. Supposons, par exemple, qu'on écoute le son d'une cloche; on y dislingue trois faits : 1° la sensation du son, c'està-dire la modification déterminée dans l'âme par l'impression que reçoit l'organe de l'ouie (fait sensible ou affectif); 2° \' attention que l'âme accorde à cette sensation (fait actif) ; 3° la perception dans laquelle l'âme affirme que cette sensation a pour cause l'action d'un ohjet extérieur sur l'organe de l'ouie (fait intellectuel). Ces trois faits ont des caractères opposés : 1° la sensation est passive, c'est-à-dire est déterminée dans l'âme par l'action d'une force extérieure, et subjective, c'est-à-dire constitue une modification purement interne dont le sujet ne se dislingue pas au moment où il l'éprouve (cf. 28); 2° l'attention est un fait spontané, parce que sa production dépend de l'âme qui en est la cause, et subjectif, parce qu'il constitue une modification purement interne; 3° la perception est objective, c'est-à-dire, implique la distinction de l'objet qui est connu (la vibration de l'air mis en mouvement par la cloche) et du sujet qui connaît cet objet. — Par l'analyse de cel exemple et d'autres semblables, on voit qu'il y a trois classes irréductibles de faits psychologiques : 1° les faits sensibles ou affectifs (plaisirs et peines, penchants, désirs, passions) ; 2° les faits intellectuels (idées, jugements, raisonnements); 3° les faits act'fs (actes par lesquels l'âme se modifie elle-même ou excite des mouvements dans l'organisme).

19. Comment détermine-t-on les Facultés de l'âme? (6 novembre 1866 ; 17 novembre 1870.)

20. Montrer par des exemples quelle est la méthode à suivre pour déterminer les Facultés de l'âme. (21 novembre 1873.)

Plan. Les phénomènes psychologiques sont les manifes-

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