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BSERVATION. — La lieue a
lemande mesure 7S32 mètres.
CHAP. III
4) D'après le rapport de la direction du chemin de fer royal de la Saxe occidentale, fait en 1862, sur la voie assez difficile de Werdau-IIof, les bandages des roues de locomotives d'avant-train de 3 pieds de Saxe de diamètre ont parcouru, sous une charge de 7 1/2 tonnes par essieu et jusqu'à usure légale les distances suivantes, savoir : les bandages en fer à fins grains ou en acier puddié de 2 i/s" d'épaisseur 2,S00 à 5,000 lieues, soit 18,750 à 22,S00 kilomètres et les bandages en acier Krupp de 2" d'épaisseur 18,000 lieues, soit 13b, 000 kilomètres.
Les roues motrices de locomotives à quatre roues accouplées, de S pieds de diamètre et sous un chargement de 11 à 12 1/2 tonnes par essieu, ont parcouru, jusqu'au premier rafraîchissage (perte 20 k. par bandage), les distances suivantes, savoir : les roues à bandages en fer à fins grains ou en acier puddié 2,S00 lieues, soit 18,750 kilomètres, et celles à bandages en acier fondu 13,250 lieues, soit environ 100,000 kilomètres.
Sous les waggons avec freins et sous les tenders, les bandages en fer de 2" d'épaisseur ont parcouru, jusqu'à usure légale, 7,900 lieues ou environ 60,000 kilomètres et ceux en acier fondu de la même épaisseur 33,000 lieues ou environ 248,000 kilomètres.
Prix moyens des bandages :
Les bandages usés pèsent 80 à 130 k«; ceux de feront une valeur de 2 th. par 50 k., tandis que ceux en acier fondu en ont une de 10 thalers.
896. Divers avantages de l'acier Krupp. — Voici en résumé les avantages des bandages sans soudure de Krupp, à part leur durée et la rareté des réparations qu'ils exigent :
1° Ils sont rarement soustraits au service régulier ;
2° L'usure étant uniforme, il n'y a pas de chocs qui affecteraient les machines, les boîtes d'essieu, etc.
3° La longue conservation de la forme conique des bandages, empêchera les déraillements des machines et les cassures des essieux, en diminuant les oscillations et les chocs ; les bandages en fer ou en acier puddié ne conservent leur conicité exacte que pour quelques centaines de lieues, après avoir été tournés ;
4» Les roues motrices, parfaitement circulaires, et sans méplats glissent plus rarement sur les rails humides; leur mouvement plus facile procure une économie de traction ;
5° Les roues toujours rondes usent moins les rails que les roues anguleuses •,
Pour roues do locomotives d'avant-train.
Pour roues motrices
Pour tenders
Fer ou acier puddié. Acier Krupp.
tO th., soit 37 fr. îiO. 26 | thalers.
«06 SECTION IV. PROCÉDÉ BESSE.MEIÎ
(3" Le besoin d'essieux et de roues molrices de rechange est moindre ; seulement tous les 10 à IS ans on devra mettre des bandages neufs, et alors encore il n'y aura d'interruption du service que pendant les 4 ou 3 jours pour l'cmbattage des roues ;
7» On économise les grands tours et leur force motrice.
897. Conditions de réception des bandages pour le service des chemins de fer de l'État belge. — Les bandages fabriqués sans soudure seront en matériaux de première qualité et tournés sur toutes leurs faces et sur un diamètre uniforme. Ils devront adhérer parfaitement aux jantes.
L'entrepreneur devra faire recevoir les bandages avant leur application sur les roues.
On commencera par rebuter les bandages qui présenteront des défauts extérieurs, tels que criques, défauts de soudure des mises, fentes en long ou en travers, etc. ; ensuite on prendra le 40" des bandages restants et chacun des bandages ainsi déterminés sera soumis à l'épreuve d'un mouton de 1,100 k., tombant d'une hauteur de 4 mètres, le bandage étant placé de manière que le point diamétralement opposé à celui sur lequel frappe le mouton porte sur une enclume, les appuis latéraux ne devant servir qu'à maintenir le bandage dans sa position verticale (').
Si dans cet essai un seul bandage se casse ou présente une crevasse tranversale qui s'étende en profondeur au delà du quart de l'épaisseur du bandage, la partie entière sera rebutée ; il en serait de même si deux bandages présentaient chacun une crevasse qui ne s'étende pas en profondeur au delà du quart de leur épaisseur.
Les bandages rebutés, soit pour défauts, soit par suite d'essais, pourront être cassés pour permettre de juger de la qualité du fer employé.
L'entrepreneur est tenu de remplacer à ses frais tout bandage qui viendrait à se briser ou qui serait reconnu, par les ingénieurs de l'administration, vicieux ou défectueux pendant le temps que mettra la locomotive à fournir un parcours utile de 100,000 kilomètres.
Ce remplacement devra avoir lieu dans un délai de 3 semaines à dater du jour de la signification faite par l'administration à l'entrepreneur.
(') Pour essayer les bandages en acier Bessemcr, on distribue actuellement ceux-ci en lots ou séries do 20 chacune. On prend de chaque série un bandage qu'on place debout et sur lequel on laisse tomber de 5 mètres de hauteur un mouton pesant HOO k. S'il necasse pas, toute la série des 19 autres bandages est acceptée. S'il casse, on répète quelquefois l'épreuve sur un deuxième bandage de la même série. Comme celte épreuve donne des résultats plus favorables en été qu'en hiver, on a soin, avant d'y soumettre les bandages dans cette .saison, de les recuire au rouge sombre et de les laisser refroidir dans une enveloppe do fraisil ou de coke pulvérisé.
Les roues qui auront une usure de plus de 0"',005 sur la partie du roulement avant d'avoir effectué un parcours de 28,000 kilomètres, devront également être remplacées par le fournisseur et à ses frais.
En outre, une amende de 25 fr. pourra être appliquée pour tout bandage qui, pour défauts constatés, devra être retiré du service avant un parcours de 10,000 kilomètres.
La garantie par le soumissionnaire des 100,000 kilomètres stipulés ci-dessus ne pourra toutefois s'étendre au delà de 3 années, à compter de la réception des locomotives.
d) ESSIEUX COUDÉS.
898. Sommaire de la fabrication. — Les essieux se confectionnent en acier Bessemcr demi-dur, de première qualité, homogène, élastique et doué d'une grande résistance au choc.
L'essieu se lire d'un lingot carré de 24 pouces anglais de côté, pl. 33, fig. 9, à la queue duquel on adapte un gouvernail servant à le manœuvrer et qu'on chauffe au blanc pour le transformer, par le forgeage sur les 4 faces au marteau-pilon de IS tonnes, en brame, pl. 33, fig. 10, de 1",80 de long, 0">,60 de large et 0'",27 d'épaisseur.
Ce forgeage, qui exige deux chaudes, l'une et l'autre de l''lS' environ, étant fait, on ramène la pièce au feu pendant une heure, puis on forme le vide m et on arrondit cette partie, opérations qui exigent l'emploi de haches, d'un emporte-pièces et d'étampes.
Quatrième chaude, une heure : on coupe un segment triangulaire s d'environ 80 k. de l'aile opposée au gouvernail, on allonge et on dégrossit la pièce en carré à ce bout, auquel on fixe ensuite le gouvernail après l'avoir retiré de l'autre bout.
Cinquième chaude, une heure : on découpe à l'extrémité de la pièce un morceau t, d'environ 80 k., on allonge et on finit ce bout en l'arrondissant et en le coupant à longueur.
Sixième chaude, l''50' : on tord l'essieu en se servant de la clef, pl. 33, fig. 11, opération qui demande au moins IS minutes de temps.
Septième chaude, l'iS' : on arrondit le tourillon ou la fusée dégrossie en premier lieu et on coupe le bout.
899. Observations. — Comme on porte généralement la pièce tout entière au four, bien que, le plus souvent, on n'ait besoin de n'en chauffer qu'un tronçon, on a soin d'abriter les autres parties contre l'action de la chaleur par un enduit de terre grasse appliqué hors du four sur la face qui devra être tournée vers la voûte, et au moyen d'un muret de briques réfractaires qu'on élève dans le four contre les parties
SECTION IV. PROCÉDÉ BESSEMER
dirigées vers la chauffe. C'est prineipalement le corsage de l'essieu que l'on préserve par des briques.
Vers la fin d'une chaude ou au commencement d'un battage, on jette quelquefois plusieurs poignées de sable sur la pièce pour scorifier l'oxyde formé.
Durant le forgeage, le maître martcleur fait parfois reposer le marteau sur la pièce pour la soutenir : ce cas arrive lorsque la chaîne de la grue s'est dérangée et qu'il faut la remettre à la place convenable.
900. Outillage. — Indépendamment des outils pour le service des fours à réchauffer ordinaires, il faut avoir: i" Un gouvernail en fer battu, d'environ 6 mètres de longueur, à sections carrées de 0™,1 de côté à l'un des bouts et de 1 1/2 à 2 décimètres au bout opposé, qui saisit la queue du lingot d'acier au moyen de deux boîtes ou coquilles. Celles-ci sont à charnières et assemblées par des boulons à vis. Ce gouvernail, qui peut peser 800 k., reçoit un cylindre ou manchon en fonte d'environ 0'",5 de diamètre, sur 0™,12 d'épaisseur, percé au centre d'un trou carré, dans lequel on fixe le gouvernail à peu près vers le milieu de sa longueur, et présentant sur sa surface convexe plusieurs mortaises, qui reçoivent des leviers en bois au moyen desquels on peut faire tourner le gouvernail autour de son axe. Indépendamment du manchon à leviers, on emploie, pour faire tourner le gouvernail autour de son axe, une espèce de clefs ou crochets à main qui sont des leviers en fer doublement recourbés à angle droit à l'une de leurs extrémités ;
2° Une clef en fer battu pour tordre l'essieu. Elle a une longueur de 2"", 50 et pèse 312 k. Voir le croquis, pl. 53, flg. 11. Épaisseur au moins 0™,1. A l'",30, la barre grossit insensiblement.
3" Des haches, des emporte-pièces, des étampcs diverses, des compas d'épaisseur, etc.
901. Cliargement. — Une demi-heure avant le chargement, on répare la sole du four avec du sable de manière à la niveler et à l'égaliser parfaitement, on décrasse et dégage le pourtour de la porte et on charge amplement la grille de combustible tout venant ou de 2° qualité, la 1" qualité ne servant que pour la mise à feu.
On fait avancer le lingot jusqu'au pied du four au moyen de la grue dont le crochet saisit une chaîne passée autour du lingot. Celui-ci roule d'abord sur trois cylindres de bois, dont le dernier devient à tour de rôle le premier. A la fin le lingot, soulevé par la grue, est poussé vers le four par les ouvriers, puis déposé à terre. On défait et on laisse tomber la chaîne, on apporte le gouvernail au moyen de la grue et on le fixe. Ensuite le chargement se fait comme à l'ordinaire par la grue, qui suit le gouvernail près du lingot, et par les ouvriers qui travaillent à
cet outil, les uns avec des clefs pour empêcher le lingot de tourner et les autres avec leurs mains pour le pousser dans le four. Dès que le bloc occupe une position convenable dans le four, on ferme celui-ci avec la porte doublée de briques rcfractaires et on marge avec soin tous les joints avec de la terre grasse.
902. Séparation des ailes. — On commence par percer, au moyen de l'emporte-pièce appliqué à l'endroit convenable de la brame et à coups du marteau-pilon de IS tonnes, un trou d'une largeur égale au corsage à produire, et à cet effet on fait agir successivement les outils sur les deux faces de la brame. Le trou doit se percer dans l'une et l'autre face à plusieurs reprises. Si on laissait arriver l'emporte-pièce en une seule fois à la plus grande profondeur dans la brame, on ne pourrait plus l'extraire. Voilà pourquoi on le retire de temps à autre, et chaque fois on le remet pour approfondir le trou, mais auparavant on facilite l'extraction subséquente par l'introduction d'une pincée de houille en poudre dans l'ouverture. Le trou fait, on découpe de la brame une tranche de la même largeur que le trou, en se servant de la hache sur laquelle on frappe à coups de marteau-pilon (15 tonnes), et en retournant la brame lorsqu'on ne peut plus travailler sur la première face. La brame découpée, on l'arrondit au corsage à l'aide d'étampes. Toutes ces opérations peuvent se faire en une chaude.
905. Formation des bouts de l'essieu. — Pour former le bout s, opposé au gouvernail, au moyen de la hache et du marteau-pilon de IS tonnes, on fait perpendiculairement à l'axe de l'arbre dans la brame une entaille qui limite la largeur de l'aile, puis une autre entaille du pied de la première et suivant la diagonale du petit rectangle séparé de l'aile, et on répète ces opérations sur l'autre face de la pièce, de manière à en séparer un triangle du poids de 80 kilos. Ensuite on étire et on dégrossit le bout en carré. — On opère de même pour l'autre bout, excepté qu'au lieu de dégrossir simplement celui-ci, on le finit en l'arrondissant et on le coupe à longueur.
904. Torsion de l'essieu. — Cette opération exige que la partie à tordre soit portée à la plus haute température possible, car si l'essieu n'était pas assez chaud, on ne parviendrait pas à le tordre ; mais en cherchant à produire la température convenable, on risque de brûler l'essieu, ce qui est une des causes fréquentes de rebuts onéreux. Ordinairement lorsque ce cas arrive, il se fait une disparition de métal à la gorge par fusion, et l'essieu n'a plus l'épaisseur nécessaire dans cette partie ; d'autres fois le métal est simplement détérioré par une chaude outre-passée ou trop prolongée. Plus l'essieu est court ou étroit au corsage, plus les difficultés du réchauffage et de la torsion augmentent.
SECTION IV. PROCÉDÉ BESSEMER
On laisse la partie à tordre plus grosse qu'il ne le faut pour remédier à une perte éventuelle de métal par la fusion.
Nous supposons que, dans le four, le dos de la pièce se trouve du côté de l'autel et que l'ouverture entre les ailes soit dirigée vers le rampant. Avant d'introduire la pièce dans le four, on a recouvert le dessus des ailes d'une couchede mortier réfractaire d'un pouce d'épaisseur environ, afin de diminuer le déchet et d'empêcher ces parties de se chauffer.
Une demi-heure avant de tordre l'essieu, on retire le manchon du gouvernail et on adapte la clef à tordre le plus près possible de l'essieu, dans une position horizontale et le bout libre tourné du côté de la grue, comme le sont aussi, par iiypothèse, les ailes de la pièce dans le four. Ensuite on arrose de temps à autre la partie du gouvernail entre la clef et le four avec de l'eau, pour que cette partie conserve sa roideur et ne puisse plus tard se tordre avec l'essieu.
Quant à la torsion elle-même, elle se fait en soutenant l'essieu par l'aile opposée au gouvernail sur l'enclume par le poids du marteau et le gouvernail par un support en bois, et en agissant au moyen de la grue à l'extrémité de la clef jusqu'à ce que celle-ci ait fait un quart de tour. Le maître forgeron observe les mouvements de la clef et tous les autres ouvriers travaillent à la grue.
Pendant cette opération , on rend tout soulèvement du marteau impossible par des élrésillons appuyés d'une part sur la téte du marteau et d'autre part contre le chapiteau du bâti, et l'on empêche le mouvement de translation que l'obliquité de l'effort de la grue tend à faire prendre au gouvernail dans un plan horizontal, au moyen de deux chaînes dont l'une saisit le gouvernail vers le milieu de sa longueur et s'enroule autour d'un cabestan adapté à la grue, tandis que l'autre se trouve fixée par un bout près de la clef et par l'autre à une colonne près du mur gauche de la forge.
On ne réussit pas toujours à mettre les ailes ou palettes de l'essieu parfaitement d'équerre au moyen de la grue, soit que l'on ne puisse gouverner tous les mouvements de cette machine à volonté, soit que la position de l'essieu sous le marteau et l'état d'incandescence de la matière s'opposent à une appréciation exacte de l'angle formé par les palettes. Si, après avoir démonté l'appareil, on reconnaît que la torsion a été insuffisante, on la complète sous le marteau-pilon par des chocs légers appliqués sur les deux palettes à la fois ; si la torsion était outre-passée, il faudrait détordre l'arbre, ce qui nuirait à la résistance de l'essieu. Aussi la crainte de devoir recourir à ce moyen fait-elle que, le plus souvent, on tombe dans l'excès contraire.
La grue est un moyen imparfait de torsion. Souvent la chaîne
CHAP. III. — TRAVAIL ET APPLICATIONS DES MÉTAUX BESSEMEa. 661
se casse. Si cet accidentarrive au commencement de la torsion, on perd pour le moins une chaude, car il ne reste qu'à remettre la pièce au four, tandis qu'on répare la grue; mais si la rupture se produit, lorsque l'essieu est déjà tordu à moitié ou aux trois quarts, on adapte le bout restant de la chaîne à la clef et on achève la torsion en se servant soulcmcnt du cabestan de la grue. C'est le faible corsage de l'essieu (il n'est que de 0'",10) qui rend la torsion si difficile. La grue et ses chaînes doivent être assez fortes pour supporter ces efforts qui sont considérables.
908. Moyens d'économiser plusieurs chaudes. — A Crewc, en Angleterre, on bat le lingot en brame au marteau Ramsbottom et, de la même chaude, on produit les excavations m, s et t au moyen d'une scie, qui doit être d'une force extraordinaire. Cela fait, on n"a plus qu'à arrondir ou à travailler, au moyen d'une nouvelle chaude, le milieu et les deux bouts, en se servant d'un marteau-pilon ordinaire de quatre tonnes, et à tordre l'essieu.
906. Finissage de l'essieu. — La pièce forgée, on la pare sur l'enclume, en la débarrassant de ses bavures et de ses inégalités au moyen de tranches et de marteaux à main, ensuite on la laisse se refroidir sur le sol.
De la forge, la pièce passe dans l'atelier des tourneurs, oîi elle est dégrossie, puis dans l'alelier à forer et à mortaiser, où on forme les manivelles en évidant les ailes au moyen d'une machine à forer et d'une machine à planer verticale; enfin, elle repasse dans le premier atelier pour le finissage sur le tour et à la lime.
907. Détails économiques. — A Seraing, on peut marteler facilement deux essieux coudés par semaine, tout le travail de la forge, y comprise la torsion, ne demandant que deux jours pour chaque pièce.
Le lingot brut pesant iSOO k., il se fera dans le four 80 k. de déchet, et l'on aura aux travaux mécaniques de la forge 400 k de riquettes, y compris les bouts, de sorte que la pièce brute pèsera environ 1300 k. Dans les ateliers des tours et à mortaiser, l'essieu subit une nouvelle et importante diminution de poids, de sorte que l'arbre entièrement fini ne pèse plus qu'environ 800 k.
908. Réception des essieux. — On soumet généralement les essieux, tant droits que coudés, aux essais suivants :
On commence par rebuter les essieux qui présentent des défauts extérieurs, tels que criques, défauts de soudure, fentes en long ou en travers, etc. Les dimensions des essieux seront de la plus rigoureuse exactitude.
Ensuite, on choisit le vingtième des essieux restants, dont chacun
662 SECTION IV. PROCÉDÉ BESSEMER
sera soumis à l'épreuve d'un mouton tombant d'une hauteur de 5 mètres, l'essieu étant placé sur deux blocs écartés de 0"",90 à O^.D^. Le poids du mouton sera déterminé par la formule P=SbOS: 0,00633, dans laquelle S représente la section du milieu de l'essieu perpendiculairement à l'axe.
Si dans cet essai un seul essieu se casse ou présente une crevasse transversale qui s'étende en profondeur au delà du quart de la grosseur de l'essieu, toute la fourniture sera rebutée.
Il en serait de même si deux essieux présentaient chacun une crevasse qui ne s'étende pas en profondeur au deLà du quart de leur grosseur.
Les essieux essayés seront dans tous les cas considérés comme rebutés et resteront pour compte de l'entrepreneur.
Le mode de fabrication et la qualité des matériaux à employer dans la confection des essieux coudés sont laissés entièrement au choix des entrepreneurs.
Outre le prix à fixer par kilogr. dans la soumission, il devra être indiqué un parcours de garantie qui ne pourra être moindre de 100,000 kilomètres.
Pour faire l'appréciation des différentes offres, l'administration comptera 1/2 centime par 1000 kilomètres de garantie au delà du minimum de 100,000 kilom. fixé ci-dessus. Ainsi, un essieu garanti pour 200,000 kilom., vaudra pour l'administration 0 fr., SO de plus au kilogr. que ceux qui ne seraient garantis que pour 100,000 kilom.
La garantie par l'entrepreneur ne pourra s'étendre au delà de quatre années, date pour date, à compter de la réception des essieux.
Les essieux à remplacer, le cas échéant, pour mise hors de service, devront être fournis dans les huit semaines de la date de l'information, au fournisseur, de la mise hors de service.
909. Métal pour essieux coudés. — Les remarques faites plus haut sur le choix du métal pour bandages s'appliquent également aux essieux coudés. Le meilleur métal est l'acier fondu de toute première quaUté. Il résulte de divers bulletins publiés en 1862 que les essieux coudés en acier Krupp parcourent sans altération 230,000 kilomètres.
910. e) Canons. Voir la fin du Supplément au Traité de la fabrication de la fonte. — Ces canons, dont le métal doit être identique avec celui des essieux coudés, se tirent également comme ceux-ci d'un lingot carré, que l'on bat et façonne sous le marteau le plus puissant; enfin, la pièce est forée et tournée. Pour les canons de gros calibre, ce ne serait pas trop d'avoir, comme Krupp, à Essen, des cornues Bessemer de 15 tonnes de capacité et un marteau-pilon de SO tonnes.
CHAP. III. TRAVAIL ET APPLICATIONS DES MÉTAUX BESSEMEIl. 663
911. f) Boulets de canon. On fabrique des boulets de canon, tant massifs que creux, de fer cru, durcis par la coulée en coquille. Les projectiles de cette espèce qu'on produit en Angleterre d'après le système de Palliser ont acquis une grande renommée.
On fabrique aussi des projectiles, tant creux que pleins, en acier fondu au creuset et en acier Bessemer et on trempe à l'extrémité antérieure ceux qui sont pointus on cylindriques. Cette pratique est de rigueur pour les projectiles destinés à percer des plaques de blindage. C'est principalement en France que l'on confectionne des projectiles creux pointus en acier fondu au creuset. Dans le même pays, les boulets pleins se fabriquent le plus souvent en acier Bessemer. On pourrait se contenter de couler les boulets ronds et pleins, pourvu qu'on en enlevât sur le tour la surface qui est toujours défectueuse ; mais comme la ténacité ou la résistance de l'acier Bessemer simplement fondu n'est guère moitié aussi grande que celle du même acier martelé, on préfère les fabriquer de la manière suivante : après avoir forgé les blocs d'acier au marteau à vapeur, on les lamine en barres rondes, qu'on découpe à la scie circulaire en morceaux de longueur convenable, puis à l'aide de marteaux à étampes de forme demi-sphérique dans la tète et dans l'enclume, on façonne en projectiles finis les tronçons de cylindres obtenus. Le poids des marteaux est de trois tonnes et le forgeage peut se faire en une chaude.
912. g) Canons de /"îm/. —Pendant longtemps les canons de fusil se fabriquaient généralement en acier mou fondu au creuset. Dans une des plus grandes aciéries françaises, le métal employé s'obtenait, en partie, en faisant fondre ensemble de l'acier puddié et du fer corroyé de puddiage, en partie, à ce que l'on rapporte, par la fusion du même fer puddié avec du charbon en poudre. Les barreaux pour canons de fusil étaient forgés sous de petits marteaux à vapeur dans des étampes, avec affluence d'un mince filet d'eau, puis livrés aux manufactures d'armes, où ils étaient forés. Nous verrons plus loin qu'actuellement on fabrique encore en France des canons de fusil en acier fondu préparé d'après le procédé Martin.
Aujourd'hui beaucoup d'usines, entr'autres celles de Neuberg, en Autriche, et celle de Seraing, fabriquent les ronds pour canons de fusil par le laminage d'un acier Bessemer mou du même numéro que pour la tôle, et cette application est basée sur les propriétés toutes spéciales de l'acier Bessemer jointes à son prix peu élevé, savoir sur sa pureté, son homogénéité, sa parfaite uniformité en ce qui concerne la teneur en carbone, sa densité et sa ténacité (R. U., Greiner, février ]869).
664 SECTION IV. — PROCÉDÉ BESSEMER
913. h) Ressorts en acier Bessemer ou fondu fabriqués par MM. Pe- Hn, Gaudet et C'", d'après Je procédé inventé par M. Belleville. — Ces ressorts consistent en disques d'acier de forme conique, percés d'un trou au milieu, assemblés deux à deux, superposés et assujettis entr'cux par un boulon (Bolzen) passant par l'axe du système de la manière indiquée Pl. 3S, fig. 6. Pour économiser le plus de matière possible, sans diminuer l'efficacité des disques, l'inventeur prescrit de donner à ceux-ci une épaisseur de i/s et une hauteur de i/io à 1/12 du rayon des disques diminué du rayon du trou central. Comme ces ressorts n'occupent pas seulement peu de place, mais paraissent, en outre, réunir beaucoup de force et de durée, ils conviendraient pour buttoirs dans les voitures de chemins de fer et dans beaucoup d'autres machines.
914. i) Tôles et fers-blancs. — Notions générales. — Les numéros les plus mous d'acier Bessemer conviennent très-bien pour tôles de formats ordinaires, telles que les tôles de chaudières à vapeur et les tôles pour fer-blanc.
On coule l'acier en plaques de 3 ou 4 pieds de hauteur et de 9 pouces sur 3 de section transversale, et, après le martelage, on les lamine au train à tôles ordinaire.
Si la coulée a eu lieu avec les précautions nécessaires et que la section transversale des blocs ne soit pas trop grande, ceux-ci ne renfermeront ni des scories ni des gaz emprisonnés et donneront des tôles exemptes des soufflures qui font si souvent rebuter les tôles en acier de puddlage; car les soufflures dont il s'agit ne paraissent avoir d'autre cause que la présence de gaz ou de scories dans le métal.
Il n'y a que la fabrication des tôles de très-grands formats, telles qu'il les faut, par exemple, pour coques de navire, qui offre des difficultés, non-seulement parce que la grande largeur qu'on est obligé de donner aux blocs destinés à cette fabrication est un obstacle à l'élimination complète des gaz et des scories, de sorte qu'on ne peut empêcher la production de soufflures, mais encore parce qu'il n'est pas toujours possible de faire disparaître à temps les pailles qui se forment à la surface du métal durant le laminage. La fabrication des tôles de 18 pieds de long et de 5 pieds de large entreprise à Hoerde, en Westphalie, doit avoir donné 73 pour 100 de rebuts.
La substitution de l'acier Bessemer au fer pour la fabrication de la tôle permet de rendre ce produit plus mince, plus léger, plus durable et sous tous les rapports d'un service plus avantageux qu'il ne l'a été avant cette application.
On choisit pour tôles un acier fondu ou Bessemer assez mou et malléable, telque le n° 6 de Téclielle de Tunner qui correspondàun
contenu de carbone de 0,1S à 0,38 pour 100. C'est surtout pour la fabrication du fer-blanc mince et des objets en repoussé que l'applicaton du fer Bessemer ou de l'acier Bessemer mou a été reconnue très-avantageuse. Parmi la multitude des belles pièces en tcMes Bessemer qui ont figuré à la dernière exposition universelle, on cite comme une preuve de la grande continuité (Dicbte) et de la grande malléabililé (Dehnbarkcit) de ce métal, des tôles dont l'épaisseur ne devait guère dépasser 1/400 de ligne d'Autriche et qui, néanmoins, ne présentaient ni trous ni déchirures.
915. Composition chimique de diverses tôles en acier et en fer déterminée au laboratoire de Seraing.
ACIEB.