PARTIE MATÉRIELLE DE LA FORGE
Chaque montant A, porte deux rainures c, dans lesquelles sont fixées, à hauteur convenable, des barres de fer horizontales de 0'^,0i à 0'",0S d'cquarrissage, sur lesquelles sont posées, du côté de l'entrée des cylindres, les plaques de fonte appelées tabliers, et du côté opposé, d'autres plaques de fonte que l'on appelle gardes.
l, l, nervures des montants du côté intérieur, pour retenir les garnitures des tourillons (sellettes, assises ou chaises, bloches et coussinets).
V, écrous qui reçoivent des vis de pression pour régler la position du cylindre inférieur.
Fig. 3, vue en profil de la cage des pignons. Fig. k, chapeau de cette cage en élévation et en profil. Fig. S à 8, accessoires d'assise pour les pignons et les cylindres dans leurs cages respectives. Fig. 5 et 6, assise ou chaise du pignon ou du cylindre supérieur : cette chaise est, comme on voit, en deux pièces, ainsi que cela s'observe dans l'équipage à trois cylindres du petit laminoir. T, diapeau ou porte-coussinet supérieur avec son coussinet, fig. 2. r, même fig., pièce à casser ou boite de sûreté, pour le cas où la pression entre les cylindres deviendrait trop forte. Fig. 7, appui du cylindre ou du pignon du milieu. Fig. 8, assise du cylindre ou du pignon inférieur.
Fig. 9, coussinets inférieurs et supérieurs en cuivre des chaises susdites. Fig. 10, coussinets latéraux en cuivre des mêmes chaises.
Fig. H, arbre de communication. Fig. 12, chaise ou palier de cet arbre. Fig. 13, coussinet de ce palier. Fig. 14, boîte d'embrayage. Fig. 1 S, arbre d'accouplement. Fîgi. 16, boîte d'accouplement. Fig. 17, taque de fondation du train.
On peut admettre que le train ébaucheur à trois cylindres coûte les deux tiers d'un train ébaucheur ordinaire à deux équipages de cylindres et peut desservir 25 fours à puddler.
Le travail au jeu triple exige des ouvriers plus forts, plus attentifs et plus exercés que le travail au laminoir ordinaire. Il exige quatre ouvriers au lieu de trois, savoir un lamineur et un crocheteur devant, et deux autres ouvriers faisant les mêmes fonctions derrière ; tandis qu'au train à deux équipages de deux cylindres, il ne faut qu'un lamineur devant, un crocheteur et un rattrapeur derrière.
A Sclessin, on a dû renoncer au jeu triple pour fer ébauché, parce qu'on voulait conserver le personnel de jeunes ouvriers attaché au train ordinaire. On cassait trop de cylindres, ce qui exigeait chaque fois des démontages et des remontages trop lents et trop difficiles pour ce personnel.
Dans les cylindres fig. \ , les cannelures finisseuses se trouvent réunies avec les cannelures à dégrossir, ce qui est avantageux pour une grande
usine où l'on ne fabrique pendant toute l'année qu'une seule largeur d'ébauchés; mais si, comme cela arrive dans les usines moins importantes, la largeur des barres à laminer devait changer souvent, il faudrait, à chaque variation de largeur, placer d'autres cylindres ne différant des premiers que par les cannelures finisseuses, ce qui, non-seulement donnerait lieu à des pertes de temps et de main-d'œuvre, mais exigerait, en outre, un grand et dispendieux approvisionnement de cylindres. Voilà pourquoi, on préfère, même dans les petites usines ordinaires travaillant avec des duos, mettre sur un équipage de cylindres les cannelures dégrossisseuses seulement, et employer pour finir un deuxième équipage, qui, pouvant recevoir les cannelures nécessaires pour finir à plusieurs largeurs différentes, ne doit être remplacé que rarement.
L'inconvénient de la réunion des deux espèces de cannelures dans un seul équipage consiste en ce que les cannelures de l'une espèce s'usent plus vite que celles de l'autre, de sorte que très-souvent on doit renouveler les cylindres lorsqu'une seule espèce de cannelures se trouve hors de service.
Selon Tunner, la difficulté de placer les cylindres, jointe à d'autres inconvénients, s'opposerait à l'emploi des trios pour des plats atteignant 3 pouces de largeur.
285. Déchets. — Le laminage des boules cinglées occasionne un déchet qu'on évalue en moyenne à 2 ou 3 pour 100. 11 provient de ce que le laminoir continue l'expulsion des scories qui ont résisté au cinglage, et de ce qu'au laminage, il se détache constamment des paillettes de fer mal soudées et des battitures qui se forment sur le fer rouge. Variable, en général, suivant l'échantillon, il est plus fort pour les plats que pour les ogives, pour les petites largeurs que pour les grandes, etc.
Le déchet dont il vient d'être question ne comprend pas la perte qui résulte de ce que les barres, étant destinées à être débitées à la cisaille en longueurs diverses pour faire les paquets, ont des bouts écrus qui sont coupés et que l'on classe dans la ferraille pour une valeur inférieure. Toutes choses égales d'ailleurs, plus les barres sont courtes, plus elles font de déchets à l'aifranchissage et plus le prix de revient des paquets se trouve augmenté. Or, il y a des cas où les barres ne résistent pas au laminage sans se réduire en plusieurs bouts, ce qui augmente les pertes à la cisaille. Ces cas se présentent: 1° lorsque la qualité de la fonte soumise au puddlage était mauvaise, 2° lorsque le puddlage n'a pas été fait avec les soins nécessaires, 3° lorsque, en vue d'augmenter le produit de leurs fournées, les ouvriers, en cinglant les boules, y laissent une trop grande quantité de scories.
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Presque toujours on lamine les boules au sortir du cinglage. Si, ce qui peut arriver, on laisse refroidir les pièces, le réchauffage qu'elles nécessitent pour pouvoir être laminées, occasionne un surcroît de déchet qui s'élève de 6 à 8 pour 100.
Il importe de dresser exactement le fer ébauché au sortir des cylindres, pour que la soudure se fasse avec plus de perfection dans le four à réchauffer.
286. 6) Service du train ébaucheur. — Combustibles. — On emploie de la houille pour les fours à puddler et les fours à réchauffer, et des escarbilles avec de la houille pour les chaudières supplémentaires des machines à vapeur. A Couillet('), la houille est conduite par des voitures, des houillères de Marcinelle, sur l'une des cours du laminoir, à proximité des fours à alimenter. On s'approvisionne chaque fois pour un jour ou deux. La houille est relevée et mesurée sur la cour par deux manœuvres payés à raison de 1 fr. 60 chacun par jour.
Un ouvrier est chargé de transporter à chaque four la houille que l'on y consomme. Cet ouvrier doit avoir des aides, car un seul homme ne peut servir que dix fours. La houille est transportée des tas aux fours au moyen de brouettes qui en contiennent chacune HO k. L'ouvrier marque sur une planche le nombre de brouettes qu'il a conduites à chaque four, et, à la fin de la journée, il indique aux surveillants les quantités de combustible consommées par les fours de leurs trains respectifs.
On paye pour le transport de la houille 25 centimes par four. Le maître qui reçoit cette somme, paye à ses aides 2 francs par jour. Il y a une brigade d'ouvriers pour le jour et une pour la nuit.
Les escarbilles qui tombent dans les cendriers des fours à puddler et à réchauffer , sont conduites par des ouvriers dans des brouettes au milieu de la grande cour du laminoir. Un de ces ouvriers travaille à l'entreprise et reçoit 2S centimes pour enlever les cendres d'un four pendant 12 heures. Les autres ouvriers, qui sont des aides, reçoivent du maître 2 fr. par tournée de 12 heures. Ces ouvriers sont en outre chargés de conduire hors du laminoir toutes les crasses des fours à puddler.
Les escarbilles jetées en tas sur la cour sont triées par des journaliers qui se servent à cet effet de crochets et de râteaux. Ainsi débarrassées du mâche-fer et des autres impuretés, elles sont introduites par les journaliers dans des brouettes au moyen desquelles ils les transportent aux chaudières supplémentaires des machines à vapeur. On ne tient pas
(') La plupart des détails qui suivent se rapportent à l'usine de Couillet.
compte des escarbilles consommées à ces chaudières. Lorsqu'il y a assez d'escarbilles, leur chauffage exige, indépendamment de ce combustible, 6 à 7 brouettes de houille menue par 12 heures.
Les journaliers sont au nombre de deux et quelquefois de trois. Ils ne travaillent que le jour et reçoivent 0 fr. 7S par journée de travail.
Les puddleurs reçoivent par 1000 k. de fer ébauché 7 fr. SO, les chauffeurs 1 fr. 50, les maqueurs 0 fr. et les marteleurs 1 fr. Le maître marteleur gagne en moyenne 6 fr. par journée de 12 heures.
287. Fontes. — Les qualités et quantités de fonte qu'on se propose d'affiner sont conduites à proximité des fours à puddler par les voituricrs de la division des hauts fourneaux. Là elles sont assorties et pesées par des ouvriers du laminoir, ensuite on les conduit sur une brouette aux différents fours à alimenter. Trois hommes sont chargés de ce service, un maître peseur et son aide qui pèsent les fontes, et un manœuvre qui conduit la brouette. Les contres-maîtres indiquent au peseur les mélanges qu'il doit former. Le peseur marque les poids, et l'aide, muni d'un marteau de 15 k., divise les fontes et les place sur la balance. La fonte est rangée près des fours respectifs en tas dont chacun constitue une fournée. On ne pèse que le jour.
Le maître-peseur reçoit 0 fr. 20 par 1,000 k. de fer ébauché. Avec cette somme il doit payer son aide et le manœuvre, l'un et l'autre à raison de 2 fr. par jour. Il peut gagner lui-même 4 fr. par jour.
288. Personnel des fours à puddler. — Comme nous décrirons plus loin, avec tous les détails nécessaires, le service des fours à puddler et la composition du personnel chargé de ce service, il nous suffira de donner ici quelques renseignements sur le sort des puddleurs. On fait une distinction, sous le rapport du salaire, entre les ouvriers dont les balles sont cinglées au marteau et ceux qui travaillent au squeezer. Les premiers reçoivent 7 fr. 50 par 1,000 k. de fer ébauché et les seconds 7 fr. seulement. Cette différence tient, d'une part, à ce que le placement des balles sous le squeezer n'occasionne aucun danger, et d'autre part, à ce que l'on prend des puddleurs-élèves pour le squeezer; le service du marteau est, au contraire, dangereux et l'on attache les meilleurs ouvriers aux fours qui travaillent pour cette iTiachine. Le maître puddleur, qui touche le salaire susindiqué, paye à son aide 2 fr. 75 par 1,000 k. de fer ébauché.
A Couillet, où il y a ordinairement 24 fours en activité, deux journaliers, payés chacun à raison de 1 fr. 80 par la Société, font les commissions des puddleurs, cherchent leur boisson, etc.
Le costume des puddleurs se compose d'une paire de bas et de gros souliers, d'un pantalon et d'une espèce de chemise qui atteint à peine le
CIIAP. I.