CHAP, 111. — ' PUDDUGE POUR ACIER ET POUR FER A FINS GRAINS. 51S
Les charges étant plus faibles pour acier que pour fer, on rend les fours à acier plus petits que les fours à fer, et cependant on leur donne plus de chauffe et un rampant plus large. Voici des dimensions qu'on peut adopter pour des charges de 170 à 180 k. : épaisseur de la sole en fonte 0'",0i ou Q"',OB; rapport de la sole à la chauffe, comme 2 est à 1 ; longueur de la sole l^jSb à l"',60; section du rampant i/io de la chauffe; hauteur de la cheminée 15 à IS m. ; section de la cheminée i/i de la chauffe ; hauteur du pont au-dessus de la sole en fonte 0'^,'i7 à 0'^,iO, suivant que les fontes sont moins ou plus carburées, partant moins ou plus disposées à faire boursoufler les scories durant le bouillonnement.
A Ougrée, on diminue le rayon du pourtour de la sole d'environ O^jl, la profondeur restant la même que pour les fers, savoir de O^IS à G"», 20 jusqu'à la couche de scories. — A Alvensleben, en Silésie, les fours pour acier ou fer à fins grains ont une sole plus basse qu'elle ne l'est ordinairement pour fer nerveux ; de plus, on ralentit l'affinage par l'emploi de scories pauvres ou peu actives.
422. Service de la grille. — Le combustible sur la grille doit constamment atteindre le seuil du tisard qui se trouve à 0",20 environ de distance de la grille. Les feux sont toujours plus forts au commencement de la chaude qu'à la fin, parce que le mâche-fer et les cendres augmentent à mesure que le travail avance. Quoique la présence de ces impuretés soit nuisible, entr'autres parce qu'elles s'opposent à un grand développement de chaleur et peuvent produire des cheminées dans le foyer, ce qu'il faut toujours éviter avec le plus grand soin, cependant on ne doit pas chercher à les extraire, en travaillant à la grille par le dessous, de crainte d'augmenter encore ce danger. Le mieux c'est de lever le feu par le tisard, ainsi que cela se fait généralement, et de travailler, par intervalles et au besoin, au moyen des deux ouvertures demi-circulaires, d'environ 0™,1 de diamètre, ménagées dans la paroi antérieure du foyer, immédiatement au-dessus de la grille. Mais dans beaucoup d'usines les fours sont dépourvus de ces ouvraux. A Charleroi, on les a supprimés, malgré l'économie de combustible qu'ils peuvent procurer, d'après des expériences faites au moyen de fours avec et sans ouvraux. Cette suppression a eu lieu dans le but d'éviter les cheminées, le charbon dont on dispose étant trop léger et trop facile à brûler pour qu'on puisse l'accumuler en grosses charges sur la grille. A Seraing, oîi on a conservé les ouvraux, la houille est plus pesante, mais une fois en feu, elle donne beaucoup de chaleur ; on peut en tenir une plus grande quantité dans le foyer. Si l'ouvrier était forcé de lever le feu par le dessous de la grille, il faudrait en conclure que le com-
SECTION II. FABniCATlON DU FER ÉBAUCHÉ.
bustible est trop sale et ne convient pas à la fabrication de l'acier. — Les chargements nombreux qui se font dans la dernière période du travail ont pour objet de produire un grand développement de gaz carburés. L'ouvrier peut accélérer le dégagement de ces gaz en faisant avancer vers l'autel le charbon incandescent, mais non encore dégazé, qui se trouve du côté opposé de la grille. Pendant ou après le chargement de la fonte, on garnit la grille de manière à développer le plus de chaleur possible et à accélérer la liquéfaction. Dès que le métal est entièrement liquide, et il faut qu'il soit bien liquide, sous peine de donner de mauvais produits, on charge de nouveau la grille. Il serait bon de mettre alors tout le combustible nécessaire pour qu'on n'eût plus de chargement à faire pendant toute la durée de l'opération, mais le plus souvent on fait une addition supplémentaire à la fin du bouillonnement.
4.23. Emploi du registre. — La grille servie, on baisse le registre de manière à ne laisser qu'un passage de O^jlO à 0'",12 qui est strictement nécessaire pour empêcher la flamme de sortir et l'air extérieur d'entrer par la porte de travail du four, et on devrait laisser cette position au registre pendant tout le cours du travail, afin de développer le maximum de température tout en empêchant l'entrée de l'air par la porte, d'où résulterait une action trop énergique sur le métal. Cependant, il est rare que le refroidissement du four dû à un défaut de tirage, à une mauvaise qualité du charbon ou à l'emploi d'une fonte impure et lente à affiner, ne force pas le puddlcur à relever plus ou moins le registre aux diverses périodes du travail. Ordinairement on lève un peu le registre à la fin du brassage sans elfervescence, et on le rabaisse à l'apparition de grumeaux au milieu de la scorie, c'est-à-dire vers la fin du bouillonnement. On peut encore se trouver dans la nécessité de relever le registre pendant le hallage, mais alors, comme dans le cas précédent, on risque de produire de l'acier ferreux. Bref, il convient de maintenir les matières sur la sole dans un milieu non oxydant pour que l'affinage, qui jamais ne s'opère qu'au moyen des scories seules, n'ait pas lieu avec trop d'énergie.
A Seraing, le registre reste complètement levé pendant toute la durée du travail. Voici, d'après Percy, les mouvements du registre ou la conduite du travail à Ebbw Vale, en Angleterre, pour l'acier puddlé : on fond à une température assez élevée la charge qui se compose de 200 à 210 k. de métal. La quantité de scories introduites avec la fonte est la même que dans le puddlage pour fer. Lorsque le bain est parfaitement liquide, on abaisse la température du four