‹ Traité théorique et pratique de la fabrication du fer et de l'acierChapitre 44 sur 189 · CHAP. III. PIJDDLAGE POUR ACIER ET POUR FER A FINS GRAINS · texte numérisé non relu

CHAP. III. PIJDDLAGE POUR ACIER ET POUR FER A FINS GRAINS

(le registre) de manière qu'on obtienne un mélange pâteux qu'on brasse vigoureusement. Si la température était trop haute, le bain de scories se séparerait nettement de la fonte liquide et la décarburation serait retardée. Si la température était, au contraire, trop basse, on obtiendrait un métal peu homogène. L'effervescence, de lente qu'elle était, devient bientôt très-vive. Alors on peut rendre un peu de chaleur au four (lever le registre) jusqu'à l'apparition des grumeaux dans le bain, moment oîi on doit abaisser la température jusqu'à l'orange foncé pour faire les balles. La dernière période exige la plus grande habilité de la part de l'ouvrier, car si la température était trop haute, on obtiendrait du fer et non de l'acier.

i'ii. Les scories. — Le puddlage pour acier ou pour fer à fins grains exige une plus forte addition de scories que le puddlage pour fer, parce qu'on doit pouvoir élaborer la masse sous les scories, surtout pendant les travaux (tours de sole, Garmachen et Vmsetzen) qui s'exécutent après le bouillonnement. Pour ce qui concerne la richesse de la scorie, il n'y a pas de limite absolue, mais il paraît que, dans les fours à acier, il convient de se rapprocher autant que possible du sous-bisilicate, qui convient aussi pour le fer. Plus on met de scories, plus on accélère le travail. On charge avec la fonte une quantité de scories proportionnée au degré de carburation. Plus elle est carburée, plus il en faut. Il y a des fontes auxquelles 10 à IS k. de scories par charge suffisent, d'autres en exigent 30 à 40 k. Parmi les premières sont classées les fontes de moulage n° 5 au coke peu carburées, d'une couleur gris cendré et d'un éclat mat, à cassure unie, à grains fin, mais non brillants. Les secondes comprennent les fontes de moulage coulées en sable, à gros grain et dures à rompre, celles en coquille à peau bien bleue et à cassure grise, parsemée au centre de nombreux grains fins et brillants, et principalement les fontes appelées spéciales ou Spiegeleisen, qui conviennent le mieux à la fabrication de l'acier. Les fontes grises donnent plus de scories que les fontes blanches, car elles exigent plus de chaleur pour fondre et deviennent plus liquides que celles-ci, et par ce moyen elles entraînent en fusion les crasses de la sole et du cordon, qui sont pauvres ou peu efficaces. Si on mélangeait diverses fontes dans le four, on conçoit que la proportion des scories à ajouter devrait se régler d'après la composition du mélange. La scorie qu'on emploie le plus souvent est la scorie douce provenant du cinglage des boules d'acier, mais débarrassée autant que possible des morceaux de loupes ou de métal qu'elle pourrait renfermer. Si la scorie dans le four était trop douce ou trop épaisse, on ajouterait de la scorie crue du bac

SECTION II. FABRICATION DU PEU ÉBAnCIIÉ.

à rabots. Lorsqu'on travaille pour acier dans un four entièrement à eau, il arrive ordinairement qu'au bout de deux charges, les scories de la sole sont devenues trop maigres pour un service ultérieur ; il faut alors les engraisser en faisant dans le four avec de la mitraille une loupe qu'on laisse s'oxyder le plus possible derrière la bouche du four.

425. Poudre de Schafhaeutl. — Au commencement du bouillonnement on peut ajouter un kilogr. d'un mélange composé de 1/3 en poids de sel marin, 1/3 de peroxyde de manganèse et 1/3 de poussière de charbon de bois, ou d'autres mélanges (§ 402), mais ces additions ne sont pas indispensables.

426. Fonte auxiliaire. — Pour que l'affinage de la fonte ait lieu, il faut que la scorie, au milieu de laquelle l'opération s'exécute, renferme du sesquioxyde de fer, qui paraît être le seul agent ou principe actif de l'épuration et de la décarburation, aussi longtemps du moins que le métal n'a pas encore pris nature ; mais il ne faut pas que la proportion de cet oxyde dépasse une certaine limite, déterminée par la composition chimique de la fonte et, sans doute, par d'autres circonstances encore ; autrement l'affinage deviendrait trop brusque pour donner un produit homogène et convenable et la scorie retenue par le fer aurait trop de consistance pour se laisser éliminer complètement.

Afin de diminuer l'énergie de la scorie ou de réduire l'excès d'oxyde ferrique qu'elle contient, on a souvent recours à une fonte auxiliaire, qui se décarbure facilement et dont on ajoute une quantité plus ou moins grande suivant la nature de la fonte qui fait la base du travail. Le fer produit par la fonte auxiliaire réduit l'oxyde ferrique de la scorie à l'état d'oxyde ferreux.

Il y a, par exemple, des fontes spéculaires au coke qui, à la fusion, donnent une quantité d'oxyde ferrique tellement considérable qu'à peine fondues, elles se trouvent recouvertes d'une scorie boueuse ou tellement épaisse qu'un affinage convenable ne peut avoir lieu. Aussi, ces fontes, traitées seules, ne produisent qu'un fer mauvais, la flamme du foyer étant impuissante à réduire assez d'oxyde ferrique pour donner au bain la fluidité nécessaire ; tandis que, si l'on ajoute une certaine quantité de fonte facile à réduire, même très-siliceusc, on peut en faire de l'excellent fer à fins grains.

Avec d'autres fontes, qui donnent moins d'oxyde ferrique à la fusion que les précédentes, mais en trop grande quantité encore, l'ouvrier brasse un moment le bain durant la cuite pour produire une petite quantité de fer avant la période du bouillonnement ; ce fer disparaît pendant le brassage avec effervescence et en même temps la scorie

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