TRAVAIL
a) POUR AClEK.
4.27. Personnel. — La réussite du puddlage pour acier et pour fer à fins grains dépend essentiellement de la dextérité, de la sagacité et du bon vouloir des ouvriers ; aussi choisit-on les meilleurs, c'est-à-dire, les plus adroits et les plus capables, et les encourage-t-on par des primes.
4.28. Périodes du travail. — Prenons un four en bon ordre et chaud et supposons qu'on vienne de faire une charge. Le travail présentera quatre périodes, savoir : 1° la fusion, y compris la visite et la préparation du four ainsi que le chargement de la fonte ; 2° la cuite; 3" le brassage et 4» les tours de sole (tournées), suivis du hallage.
429. La fusion. — Le maître visite le chio, qui doit toujours rester parfaitement libre et garni de feu, coule la scorie, lorsqu'il y en a un
• — FAIiUICATION DU FER ÉBAUCHÉ.
excès sur la sole, répare le cordon et refroidit le bain de scorie avec de l'eau, ce qu'il doit faire avec précaution et ce qui améliore la sole en la durcissant et en la suroxydant ; puis il fait jaillir une partie de la scorie, alors pâteuse, avec le crochet, contre les parois du four, afin de consolider les morceaux de matière, crasse ou mine, qu'il vient de mettre, et il charge la sole d'une quantité de scorie en rapport avec la qualité de la fonte à employer. Pendant que le maître exécute ces travaux, le second nettoie la grille, en détache le mâche-fer et la dégage, ce qui, lorsque la grille n'est pas mobile, peut exiger un quart d'heure de temps, puis il fait un gros feu. Ensuite les deux ouvriers procèdent au chargement de la fonte. Nous supposons qu'on fabrique de l'acier véritable, et dans ce cas, la charge est de 180 k. On a soin d'entrecroiser les gueusets pour en accélérer la fusion. Le clapet reste constamment ouvert et la durée de la fusion, à partir du moment oîi le chargement se trouve effectué, est d'une demi-heure. Pendant ce temps il est nécessaire d'entretenir fréquemment le feu et de retourner, à plusieurs reprises, les gueusets, pour obtenir une fusion égale; mais on doit s'abstenir de casser les gueusets au rouge blanc sur la sole à coups de ringards, ainsi que cela se fait pour accélérer la fusion, lorsqu'on traite des fontes blanches d'affinage pour fers de qualité inférieure. On doit chauffer chaque parcelle de la masse et faire arriver les parois du four à la température nécessaire, car si, au moment où la masse se soulève, il y a encore des parties assez grandes de métal non en fusion, on peut compter avec certitude que ces parties resteront crues et entreront comme telles dans l'acier. Alors l'opération sera manquée et le produit ne vaudra guère plus que la fonte, car il serait difficile de le faire entrer dans aucune fabrication. Quelquefois c'est la mauvaise qualité de la fonte ou du charbon, d'autrefois c'est la faute de l'ouvrier qui fait manquer l'acier.
4-30. La cuite, aussi appelée repos de masse ou brassage sans effervescence. — Pour éviter l'inconvénient dû à la présence de parties non fondues dans le bain, et obtenir un produit homogène, on laisse s'échauffer la masse fondue à clapet entièrement ouvert, et dès qu'on la voit bouillonner on la remue à deux ou trois reprises, et en tout pendant 10 minutes environ, mais le plus doucement possible, avec un petit crochet. Cette période, dont la durée peut être de 20 minutes, commence lorsque la fonte est liquide et finit lorsque le bain ressemble plus ou moins à du riz cuit dans du lait, ou lorsque le bouillonnement de la fonte devient sautillant. Si, après la fusion, la fonte était trop chaude ou trop liquide, au lieu de la laisser cuire à clapet ouvert, comme il vient d'être