RÈGLEMENT DES EMPLOYÉS DU LAMINOIR
Art. ["r. hc régisseur da ]!nn'molr est chargé de la direction de la fabrication et de l'exécution des ordres qui lui seront donnés par le directeur gérant, pour les divers services de sa division, et il est on outre chargé de tout le détail relatif aux approvisionnements et à l'expédition des produits ; enfin il est responsable envers l'administration et le directeur gérant.
Art. 2. Le régisseur fait tenir la comptabilité du laminoir, les livres des produits et des consommations, d'entrée et de sortie, il s'assure surtout de l'exactitude et de l'économie dos consommations. Tous les quinze jours, il remet ses feuilles de quinzaine au chef de la comptabilité, avec toutes les pièces justificatives à l'appui ; il envoie en même temps à chaque administrateur et au directeur gérant, un tableau présentant le résultat du travail du trimestre et le prix de revient de chaque espèce de fer. Les instructions relatives à la comptabilité lui sont données par le chef de la comptabilité.
Art. 5. Tous les employés et ouvriers du laminoir sont sous les ordres et la surveillance immédiate du régisseur ; ces employés sont :
a) Un chef de bureau et quatre commis pour la comptabilité et d'autres travaux de bureau ;
b) Un chef de fabrication appelé contre-maître général, ou deux chefs, ou encore un chef et un sous chef, suivant l'importance des travaux de l'usine : les chefs de fabrication servent d'intermédiaire entre le régisseur et les contre-maîtres, suppléent à l'insuffisance de ceux-ci et remplissent au besoin diverses fonctions de celui-là ;
c) Deux contre-maîtres et deux surveillants du puddlage et de l'ébauchage au marteau et aux cylindres ;
cl) Un contre-maître pour la fabrication des brames et des tôles;
e) Deux contre-maîtres aux trains à fers marchands, au petit train et à la fendcrie ;
/) Deux maîtres chauffeurs ;
g) Un surveillant au train à rails;
II) Un entrepreneur chef d'atelier pour le parachèvement des rails et accessoires ;
NOTIONS CONCERNANT PLUSIEURS DIVISIONS DE l'uSINE.
i) Un chef des réparations, maître-monteur ou chef mécanicien, dirigeant les ateliers des forgerons, des ajusteurs, etc., et chargé de l'entretien des machines et du matériel ainsi que des réparations générales que les machines peuvent exiger : cet employé est quelquefois rangé parmi les ouvriers (p. 2S) ;
le) Un dessinateur ;
l) Deux commis-voyageurs; ■lu) Un contrôleur des journées de présence ;
nj Deux surveillants dits de la cour pour le service des fours (mesurage et transport du charbon, enlèvement des cendres, etc.);
o) Trois préposés au magasin des fers ou chefs expéditeurs ou magasiniers;
p) Va préposé au magasin des matières dites l'ongibles, telles que cuivres, étoupes, cordes, graisses, huiles, elc.
Art. i. Le régisseur du laminoir se rend tous les jours à onze heures du matin au bureau du directeur gérant, pour recevoir les ordres relatifs aux travaux qui lui sont confiés. Ces ordres, transcrits sur un livre nd hoc et parafés par lui, pour qu'il ne puisse prétexter cause d'ignorance, seront en outre copiés sur le calepin du régisseur. La partie de la correspondance qui concerne sa division est communiqué au régisseur par extraits de lettres ; il tient copie de ces extraits et les renvoie au bureau central, après avoir inscrit sur le verso les réponses sur les objets qu'ils relatent.
Art. 5. Le régisseur remet en même temps au directeur gérant un rapport par écrit de tout ce qui s'est passé dans sa division, pendant la journée précédente; à ce rapport est jointe une copie certifiée (ou un double) du rapport dont il sera parle ci-après, et que les contre-maîtres de première classe sont tenus de faire journellement au régisseur; il propose en même temps les moyens à employer pour empêcher les accidents ou en prévenir le retour; si ces améliorations nécessitent une construction nouvelle, il y joint un devis estimatif.
Art. 6. Tous les ordres du régisseur ainsi que les commandes à lui transmises, seront inscrits par lui ou son chef de bureau sur un registre appelé livre d'ordres et tenu constamment à la disposition des contre-maîtres et surveillants, et parafés par eux pour qu'ils n'en puissent prétexter cause d'ignorance; le régisseur veillera à ce que les contremaîtres de première classe fassent exécuter toutes les commandes par ordre de date, pour autant que possible, sans nuire aux intérêts de la Société. Lorsqu'une commande ne pourra sans inconvénient être exécutée immédiatement, le régisseur en préviendra le directeur gérant, en lui indiquant le délai dont il peut avoir besoin, afin ([ue l'agent supérieur puisse en informer les demandeurs.
AuT. 7. Tous les mois, le régisseur du laminoir adressera en double expédition, dont l'une à l'administration et l'autre au directeur gérant, un rapport sur la marche du laminoir pendant cette période, sur la qualité des fers de toutes espèces fabriqués, sur les observations qu'il aura pu faire que telle ou telle espèce de fonte est plus propre qu'une autre à la fabrication de telle espèce de fer, enfin sur tous les points d'intérêts généraux de sa division. Dans ce rapport, il rendra compte de la conduite et de l'aptitude de tous les employés sous ses ordres et il signalera ceux dont l'inexactitude ou la paresse à remplir leurs devoirs nécessiteraient le remplacement, afin que l'administration et le directeur gérant puissent y pourvoir. Il propose en même temps les améliorations qu'il croit utiles à la gestion des intérêts qui lui sont confiés, en fournissant à l'appui un devis estimatif, lorsque ces améliorations nécessitent des constructions nouvelles.
Art. 8. Les objets dépendants du magasin général (le magasin des hauts fourneaux) et nécessaires au laminoir, ne seront délivrés que sur un bon du régisseur à extraire d'un registre à souche.
Art. 9. Le régisseur du laminoir ne pourra s'absenter sans en avoir reçu la permission du directeur gérant.
Art. 10. Les contre-maîtres sont chargés, sous la surveillance du régisseur, de diriger spécialement la fabrication du fer sous toutes les formes que réclame le commerce, tant
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SOUS le rapport de la perfection du travail que sous celui de la qualité du fer et de l'économie dans l'emploi des matières. A cette fin ils observent ce qui suit :
A. Les contre-maîtres de chaque brigade se relèvent toutes les douze heures et font alternativement une semaine de jour et une de nuit; il leur est sévèrement défendu de quitter la besogne pendant la durée de leur service;
B. Au moment de se relever, les contre-maîtres doivent rendre compte les uns aux autres des accidents ou particularités qu'ils ont remarqués pendant le temps de leur service, de l'allure des fours de chaufferie et du rapport qui leur aura été fait par les surveillants sur le puddiage, corroyage et martelage des fers ;
C. Avant le travail, les contre-maîtres visiteront les cylindres et les tourillons ; ils s'assureront que les premiers sont bien de niveau et que les seconds ne s'échauffent pas, que les engrenages et leurs coussinets sont également en bon état ainsi que le marteau ; ils feront remplacer en temps utile les pièces hors de service et ils veilleront également à ce que les fours soient convenablement chauffés avant d'y mettre le fer;
D. Ils indiqueront la qualité des fers ébauchés ou corroyés qui doivent être employés pour les diverses commandes; ils fixeront la longueur, largeur et épaisseur à donner aux paquets pour la fabrication des barres de toutes dimensions ; ils mettront également un soin particulier à vérifier si la qualité ainsi que les dimensions des fers fabriqués sont bien celles demandées ;
E. Ils surveilleront attentivement les chauffeurs et s'assureront de la bonne allure des fours et de la qualité du charbon ;
F. Tous les samedis, après le travail, les contres-maîtres accompagnés des surveillants, feront une inspection générale à l'effet de s'assurer de l'état des fours à puddler et à chauffer ainsi que de toutes les parties des laminoirs, ils rendront compte du résultat de la visite au régisseur, qui prendra, d'accord avec eux les mesures nécessaires pour que le travail puisse être repris régulièrement le lundi matin;
G. Les contre-maîtres de chaque brigade passeront alternativement la journée du dimanche au laminoir, afin de surveiller et diriger les réparations éventuelles ; les surveillants viendront à tour de rôle au laminoir, à dix heures du soir, afin de faire allumer les fours qui devront toujours être suffisamment chauffés pour commencer le travail le lundi matin ;
II. Les contre-maîtres transmettent aux surveillants les ordres et instructions qui les concernent ; ils veillent à la stricte exécution des règlements de police intérieure qui seront donnés par le régisseur, sous l'approbation du conseil d'administration ;
I. Tous les jours, les contre-maîtres feront au régisseur un rapport par écrit de tout ce qu'ils auront remarqué, ainsi que du résultat du travail, pendant la durée de leur service; ils proposeront en même temps les mesures qu'ils croiront utiles pour parer aux inconvénients éventuels;
J. Le choix des ouvriers, les conditions d'engagement et le prix de leur salaire, seront réglés de commun accord par le régisseur, les contre-maîtres de première classe et le directeur gérant ;
K. Les employés subalternes sont nommés par le régisseur qui peut seul prononcer ou autoriser la révocation, le remplacement ou le déplacement de ces employés.
Ari. II. Les contre-maîtres et les surveillants, placés sous les ordres immédiats du régisseur et du contre-maître général, sont spécialement chargés de la surveillance des fours à puddler et à réchauffer, du martelage et du laminage du fer ébauché et corroyé. A cette fin, ils se conformeront aux dispositions suivantes :
A. Ils veilleront avec le plus grand soin à ce que l'opération du puddiage soit convenablement faite de manière à obtenir les produits les plus avantageux possibles ; et ils feront classer, suivant leur qualité, les fers obtenus à chaque journée;
B. Ils veilleront à ce que les puddleurs ne dérobent ni fonte ni fine métal et ils ne permettront à aucun ouvrier de jeter des mitrailles dans les fours;
C. Ils prêteront la plus grande attention à ce que les ouvriers ne consomment que le
charbon nécessaire; à cette fm, ils visiteront souvent les fours pour s'assurer s'ils sont en bon état et si les scories n'encombrent pas la cheminée; ils exigeront aussi que les cendriers soient toujours évacués, afin d'éviter de briiler les grilles;
D. Ils veilleront à ce que les puddlcurs ne pressent pas les opérations dans le but de finir plus tôt le nombre de fournées qu'ils font habituellement ou de l'augmenter ; jamais ils ne permettront aux puddleurs de quitter leurs fours si ceux qui doivent les remplacer ne sont arrivés ;
E. Ils feront faire les loupes et les paquets de fer corroyé d'après les ordres qu'ils recevront à cet égard du contre-maître général qui leur indi(|uera les dimensions des paquets ainsi que celles du laminage des fers ébauchés et corroyés ;
F. Ils feront tous les jours au contre-maître général un rapport de la journée, dans lequel ils signaleront les ouvriers qui auront mis de la négligence ou de la mauvaise volonté dans l'accomplissement de leur tâche. Avant de se relever, ils se feront connaître aussi tout ce qu'il peut y avoir eu de remarquable pendant la journée écoulée ;
G. Il leur est sévèrement interdit de quitter le laminoir pendant la durée de leur pause ;
H. Les contre-maîtres de service le samedi matin, visiteront après le travail, conjointement avec le contre-maître général, les fours à puddler et à réchauffer, ils feront connaître les fours qui paraîtront ne pas avoir bien marché pendant la semaine écoulée, afin que l'on puisse y remédier ; ils porteront également leur attention sur toutes les parties du laminoir et en feront rapport au régisseur.
Am. 12. Tous les surveillants reçoivent, chacun en ce qui le concerne, les ordres du régisseur et des contre-maîtres ; ils signalent à ceux-ci les ouvriers qui ne remplissent pas convenablement leur devoir, ainsi que les abus qu'ils pourraient remarquer dans les consommations ou autrement ; ils devront suivre exactement les ordres qu'ils recevront et qui seront transcrits sur leurs calepins par leurs supérieurs, et il leur est sévèrement défendu de quitter le laminoir, sous quelque prétexte que ce soit, à moins d'ordre, avant la fin de leur pause.
Art. 13. Tous les surveillants marquent, dans un livre particulier appelé calepin des ouvriers, les noms des ouvriers qu'ils commandent, ainsi que leurs journées de travail. Les surveillants des trains tiennent un second livre, appelé calepin de fabrication, dans lequel ils inscrivent les consommations de combustible et de matières premières, telles que fonte, fine métal, ébauché et corroyé qui ont servi a leurs trains respectifs, ainsi que les produits ou demi-produits obtenus. Après chaque quinzaine, ces livres sont envoyés au bureau de la comptabilité. Les surveillants attachés aux trains ii tôle et à fer marchand doivent aussi cuber les fers pour la confection des paquets. Des chefs de balance assistent à la pesée des matières premières employées par les ouvriers et à celle des produits et inscrivent les poids et les dimensions dans leurs calepins.
Art. m. Les magasiniers doivent être tous les jours à leur bureau à six heures du matin jusqu'au soir à la même heure; ils tiennent un livre d'entrée et de sortie de toutes les marchandises que les magasins renferment ; ils en sont personnellement responsables et ne délivrent rien de ce qui est entré en magasin, si ce n'est contre bon visé par le régisseur; ils délivreront également un réeipissé à l'entrée des objets en magasin; ce récipissé sera extrait d'un registre à souche et servira à faire les comptes des fournisseurs.
Art. IS. Les magasiniers classent, suivant les natures, qualités et dimensions, les fers qui entrent; ils surveillent spécialement les expéditions, s'assurent du nombre des objets, de leur poids, et ils ont sous leurs ordres immédiats les ouvriers nécessaires à cette besogne, ainsi que l'un des surveillants pour l'ajustage des rails.
Art. 16. Les magasiniers sont également chargés de la confection des lettres de voitures qui seront aussi tirées d'un registre i» souche. S'il arrive qu'il y ait exceptionnellement des expéditions à faire le dimanche, ils devront se trouver à leur poste, mais dans ce cas ils seront prévenus la veille par le régisseur.
Art. 17. Les magasiniers ne peuvent s'absenter sans la permission du régisseur.
■Art. 18. Le chef de bureau, placé sous les ordres du régisseur, surveille tous les employés
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subalternes du laminoir et dirige leurs travaux de manière que la comptabilité n'ait pas à souffrir de retard.
AnT. 19. Indépendamment de leur travail courant, les employés subalternes devront accepter tout ouvrage extraordinaire que le chef de bureau jugera convenable de leur imposer.
24. Observations sur le personnel dirigeant et surveillant d'un laminoir. — Le personnel que nous venons de décrire est susceptible de réductions, si l'usine est moins importante que celle qui a été prise pour exemple, si la fabrication est restreinte, si l'on a des ouvriers instruits et consciencieux, ou si la disposition intérieure de l'usine facilite la surveillance. En général, le régisseur peut cumuler les fonctions du chef ou des chefs de fabrication. Les maîtres ou chefs lamineurs devraient savoir faire et cuber les paquets, avoir, en un mot l'instruction nécessaire pour remplir, non-seulement leurs fonctions ordinaires, mais encore celles des contre-maîtres ou surveillants des trains et des fours à fers finis.
Quant au puddlagc, il paraît difficile, dans un grand laminoir, de se passer de la surveillance incessante des contre-maîtres ; le nombre de ceux-ci ne comporte aucune diminution.
25. Mode de payement. — Les employés sont rétribués par mois ou par quinzaine. Il est probable que la Société gagnerait en étendant jusqu'aux employés le système de payement par entreprise suivi avec succès pour les ouvriers.
26. Personnel en Angleterre. — Il y a en Angleterre de grands laminoirs dont tout le personnel supérieur se compose de la manière suivante : 1" Deux contre-maîtres, l'un pour le jour et l'autre pour la nuit. Ils sont chargés de la surveillance de tout l'établissement. C'est ordinairement le propriétaire qui fait les fonctions de l'un des contremaîtres ou des deux, lorsque l'usine appartient à un particulier. — 2° Un maître (quelquefois deux, dont l'un pour le jour et l'autre pour la nuit), est chargé de la distribution du travail, de la visite et de l'entretien des fours, et de la surveillance de l'ébauchage et du martelage. Il est payé par 1,000 kil. de fer ébauché. Ses fonctions sont à peu près celles qu'exercent les contre-maîtres du puddlage à Couillet. — 3» Un magasinier-contrôleur donne l'ordre de la fabrication et vérifie si les fers sont tels qu'il les a commandés. Il va à tous les trains pour faire peser les fers à mesure de fabrication. Il a un livre dans lequel il inscrit les produits, chacun dans une colonne séparée, ainsi que les consommations. Tous les jours, il fait une récapitulation (la somme) des produits par qualités et des consommations. Il est chargé aussi des expéditions, dont il tient un livre et dont il remet toutes les quinzaines
24 SECTION I. NOTIONS CONCERNANT PLUSIEURS DIVISIONS DE l'uSINE.
un état récapitulatif au bureau. Sous sa surveillance se trouve la distribution des matières diverses, telles que huiles, suif, cordages, étoupes, sable, minium, couleurs, etc. Il connaît la consommation moyenne qui se fait de ces matières à chaque train par 1,000 kil. de fer fabriqué, et, à l'expiration de la quinzaine, il vérifie si la consommation n'est pas sortie des limites ordinaires. Dans le cas d'une consommation trop forte, il en recherche la cause. Il tient note, dans un livre particulier, des matières entrées au magasin et des matières sorties. Lorsque le laminoir est considérable, il y a un sous-magasinier, indépendamment du magasinier. Ces deux employés partagent alors les fonctions qui viennent d'être indiquées. — 4° Un facteur pour la réception et la vérification des matières premières, fontes, houilles, etc. — S° Les travaux du bureau sont faits par un caissier comptable ou chef de comptabilité et un ou deux copistes. Ces employés tiennent un livre de la quinzaine pour la main-d'œuvre et calculent le prix de revient de chaque espèce de fer. Le chef de comptabilité inspecte les travaux du magasinier et vérifie en général toutes les matières qui viennent du dehors. Il tient aussi la comptabilité commerciale, reçoit et donne les fonds, poursuit les rentrées et fait même des voyages au besoin.