‹ Traité théorique et pratique de la fabrication du fer et de l'acierChapitre 53 sur 189 · Troisième période. Repos de masse appelé cuite. — Durée · texte numérisé non relu

Troisième période. Repos de masse appelé cuite. — Durée

10 minutes environ. — Lorsque la fonte se trouve en fusion claire, on la laisse reposer ou a«Ve jusqu'à ce qu'elle soit devenue sablonneuse, ce dont l'ouvrier s'aperçoit en la tâtant avec le petit rabot : il doit sentir sur la sole l'existence d'une matière sablonncufe ou d'une espèce de sable formant une couche d'environ un pouce d'épaisseur. On voit même des parcelles de cette matière monter sous la forme d'étincelles chaque fois que l'ouvrier retire son rabot du bain. L'aspect de ces étincelles permet de prévoir en quelque sorte le résultat de la chaude: si elles sont petites et blanciies, l'opération marche bien ; si elles sont grosses et qu'elles tardent à blanchir, le grain du fer sera gros et la chaude ne sera pas belle. Le repos de masse, qui vient d'être indiqué, constitue la différence essentielle entre le puddlagé ordinaire et le puddlage à fins grains. Dans le puddlagc pour fer de fenderie, et pour fer tendre, on brasse avant que toute la fonte ne soit fondue, et dans le puddlage pour fer nerveux, on brasse aussitôt que le métal est complètement liquéfié.

443. Quatrième et cinquième périodes. Brassage et bouillonnement. — Durée 30 minutes environ. Ordinairement l'aide charge quatre fois la grille durant cette période. Dès que le métal a cuit assez longtemps, on commence à brasser le bain, et ce travail se fait alternativement par le maître et par l'aide puddlcur. Dans le brassage pour fers à grains, on baisse d'abord le registre, de manière cependant que la flamme ne sorte pas par le regard de la porte. — Toutefois cette pratique n'est pas générale, car il y a des usines oix le registre reste complètement levé pendant toute la durée de la chaude et où on ne l'abaisse qu'en cas d'empêchement pour la sortie des loupes. — Pour fer de fenderie et pour fer tendre, la flamme doit sortir par la porte, et pour fer fort le registre est complètement levé.

Le refroidissement qui résulte de la fermeture partielle de la cheminée fait épaissir et monter le bain. Ordinairement on charge la grille, dès que la masse s'est soulevée assez pour menacer de sortir par l'ouverture de la porte; à cet effet, on lève le registre jusqu'à la moitié de sa hauteur, et quand le chargement est fait, on le lève entièrement pour ne plus l'abaisser jusqu'à l'extraction des loupes. On brasse sans interruption et à tour de bras jusqu'à ce que le fer ait pris nature et que les scories se soient raffaissées. Alors il faut retourner le métal pour exposer à l'action de la flamme les parties qui étaient en contact avec la sole et dont la décarburation est en retard. Avant de commencer le hallage, on charge la grille au besoin, mais il serait préférable de pouvoir finir l'opération sans plus toucher à la grille, ce qui limiterait à trois le nombre des chargements durant les périodes du travail au rabot.

CIIAP. III. PUDDLAGE POUn ACIER ET POUR FER A FINS GRAINS. 333

Lors du brassage, on obscne rarement le gros grain de fonle dont il a été parlé plus haut pour l'acier (| 431).

4.46. Sixième période. Le hallage, le cinglage et l'étirage. — Durée 30 minutes. Le métal suffisamment retourné, on forme les balles comme à l'ordinaire pour fer, mais pluF lestement, en veillant à ce que les parties ne blanchissent pas trop et en prenant le fer le plus possible à la surface du gâteau. Le hallage se fait cependant avec moins de précipitation que pour acier. Dès qu'une balle est formée, on la cingle, pour éviter que l'affinage ne soit outre passé et que le fer ne devienne à gros grains ou ne perde sa texture fine ; on forme ensuite la deuxième balle qu'on se hâte de même d'envoyer au marteau, et ainsi de suite jusqu'à l'extraction de toutes les balles, au nombre de cinq, que l'on forme ordinairement.

Voici la manière dont on confectionne à Ougrée les balles de fer à fins grains : après avoir divisé la masse au moyen du ringard, l'ouvrier fait deux loupes, dont il place la première au fond du four, près de l'autel, tandis qu'il fait cingler l'aulre ; ensuite il extrait la première, puis successivement les deux ou trois suivantes à mesure qu'il les confectionne. Ce moyen, tout expéditif qu'il est, permet de faire de fort bonnes loupes.

Ordinairement on cingle les loupes au marteau-pilon et, de la même chaude, on les élire au laminoir en barres plates de 2, de 4 et rarement de 6 pouces de largeur; mais pour tôles et pour bandages de locomotives, on cingle les loupes en plaquettes de 0"',08 d'épaisseur, qu'au sortir du marteau on se contente de jeter dans l'eau pour les dépouiller de la couche d'oxyde qui les recouvre.

447. Applications du fer à fins grains. — Le fer à fins grains s'emploie pour faire les bandages des roues de locomotives, pour fil de fer, tôle fine, fers ronds servant à river les chaudières, pour taillanderie, pour fer à acier de cémentation, et même pour outils, tels que les burins.

ARTICLE TROISIÈME

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