‹ Traité théorique et pratique de la fabrication du fer et de l'acierChapitre 62 sur 189 · PAQUET · texte numérisé non relu

PAQUET

ai

Oî

Eh

Cm

fc.

Cm

fin

fr.

fr.

fr.

fr.

fr.

fr.

fr.

fr.

fr.

fr.

fr.

fr.

tO,S6

Pendant le mois de décembre 1866, on a fabrique au train marchand des rails à 28 k. Voici les journées moyennes des premiers chaulfcurs dans cette fabrication :

fr. 1 fr. 1

fr.

1 fr- 1

ir.

Journées moyennes des premiers cliaulfeurs pour les cinq mois ci-dessus, abstraction faite de la fabrication de ces rails :

fr.

fr.

fr.

fr. 1 fr.

fr.

Observation. — Les deuxièmes chaulîeurs gagnent moitié autant que les premiers.

465. Outillage et objets nécessaires. — Deux crochets, un ringard à biseau, un sabre pour piquer la grille, un petit crochet pour la nettoyer, quatre tenailles de différentes dimensions, une palette pour charger le four, une pelle pour le combustible, un petit rabot pour faire le feu, et un balai. Près du foin-, il y a du sable pour réparer la sole, et du combustible pour le service de la grille. Les chauffeurs emploient aussi de la terre grasse pour raccomoder les fours autour des portes.

466. Mise en feu. — La durée d'un roulement est de 8 à IS jours comme pour les fours à puddler. Après ce temps le four doit être réparé. La mise en feu se fait la veille du jour où l'on se propose de travailler, à 11 heures du soir. Le four doit être rouge blanc à 6 heures du matin. Le rallumage se fait par l'aide chauffeur. Le maître n'arrive qu'au moment où il doit charger son four. On consomme 1000 kil. de

CH\P. I. FABUICATION DU FEU CORROYÉ

houille pour la mise en feu. La première mise de combustible se compose de fagots de bois et de houille en gaillettes.

467. Quantité du chargement. — Pour chaque chaude ou fournée on emploie 500 kilog. de fer ébauché.

468. Durée d'une opération. — Une chaude ordinaire dure environ deux heures. On fait sept à huit fournées en douze heures de temps. Voici la durée moyenne des trois périodes du travail :

Chargement 10 minutes. 10 minutes.

Réchauffage 60 à 80 »

(grosses pièces . . 15 à 18 »

Lammage<, sa • m

° ( barres mmces . . 30 a 40 »

Durées approxim : 85 à 100 minutes, ou 108 à 130 minutes.

469. Consommations et déchets. — A Couillct, on consomme 5300 k. de houille pour 4500 kilog. de fer corroyé. A Grivegnée, la consommation est de s/s kilogr. à 5/4 kilog. par kilog. de fer fini. Le déchet, à Grivegnée, est de 12 à 17 p. c, suivant la qualité du fer ébauché et les dimensions du fer fini, et à Couillct de 9 à 10 pour 100. De bons ouvriers travaillent quelquefois avec 5 pour 100 de déchet seulement. — Les consommations et les déchets sont le meilleur moyen de contrôler les fours, les ouvriers, etc.

470. Emploi des briquettes de houille aux fours à réchauffer de Couillet, selon M. Victor Tahon. — On ferme généralement les portes des fours à réchauffer au moyen de grosses gaillettes de charbon placées au devant des portes et entourées de menu. Ce mode de fermeture présente les inconvénients suivants, savoir : 1° la gaillette ayant une forme irrégulière, elle bouche mal l'entrée du four et demande un temps assez long pour être disposée convenablement ; !2" il occasionne une dépense assez notable : les 14 fours à réchauffer à deux portes de Couillet exigeaient, à raison de 13 charges par 24 heures, 14. 2. 13 = 364 gaillettes, pesant, à raison de 8 k. par gaillette, 1820 k., et revenant, à raison du prix minimum de 16 fr. par 1000 k., à fr. 25,48.

On remédie à ces inconvénients au moyen des briquettes composées des résidus menus ou boueux de charbon, qu'on ramasse dans les abords de l'usine, qu'on gâche en mortier avec de l'eau et de l'argile (1/5 environ) et qu'on moule suivant une forme régulière et propice, pl. 5, fig. 21. Ces briquettes procurent un débouché pour des résidus souvent encombrants, un mode de bouchage presque hermétique et pour ainsi dire instantané et une économie très-notable, dont nous allons faire le calcul.

Admettons que les résidus dont il s'agit aient au maximum une valeur

3i8 SECTION III. — RÉCHAUFFAGE, COUKOYAGE ET FINISSAGE.

de 2 fr. les 1000 k. avec l'argile, et qu'une briquette sèche pèse 6 k. La confection des briquettes occupe deux manoeuvres payés à raison de 2 fr. 25 par jour et chargés du moulage, et un jeune ouvrier dont la journée est de i fr. 80 et qui ramasse les résidus de charbon et les gâche en mortier. En un jour de 12 heures, ces ouvriers font 570 briquettes qui pèsent 370. 6 = 2220 k. et dont la matière est portée pour une valeur de 2,220. 2 = 4 fr. M, tandis que la main-d'œuvre s'élève à 6 fr. ; total 10 fr. 44 ; c'est-à-dire que l'économie est de 25 fr. 48 —

10 fr. 44, soit de 15 fr. environ par 24 heures, ou de 4,500 fr. par année de 300 jours.

471. Conditions que doit remplir la sole des fours à réchauffer. — Lorsqu'on chauffe le fer dans un four à réverbère pour le souder,

11 est nécessaire qu'il repose sur une sole en sable réfractaire. Une sole en scories se fondrait à la haute température du réchauffage, et une sole en briques serait trop chère et pourrait nuire à la qualité du fer, de même que, dans les fours à puddler, les gouttes, provenant de la fusion des briques de la voûte, nuisent au fer lorsqu'elles tombent sur la sole. Schafhaeutl (Journal der praktischen Chemie von Erdmann, t. 19, 20 et 21) explique de la manière suivante la nécessité d'une sole en sable. A la première impression de la chaleur et de la flamme oxydante, le métal s'oxyde à la surface. L'oxyde formé ne se compose pas seulement de fer et d'oxygène, mais encore de silice, parce que le fer contient toujours du silicium dont une partie s'oxyde en même temps que lui. La silice et le protoxyde de fer se combinent ensemble et restent à la surface du fer. Mais la proportion de la silice étant faible relativement à celle du protoxyde de fer, la combinaison est peu ou point fusible; non-seulement elle s'opposerait à la soudure, mais encore elle ne pourrait garantir le fer contre l'action de la flamme. Si donc le fer est placé sur une sole en scories qui ne puisse céder de la silice à l'enduit qui le recouvre, il abandonnera tout son carbone sous l'influence de la flamme, c'est-à-dire qu'il se brûlera. Si le fer repose, au contraire, sur une sole en sable, la silice de la sole se portera de proche en proche sur toute la surface du métal en formant avec l'enduit réfractaire une scorie fusible qui mouillera le fer, le recouvrira et pénétrera dans les interstices entre les morceaux à souder. Par ce moyen le fer sera protégé contre la flamme, car la liquidité de l'enduit s'opposera à la pénétration de la flamme jusqu'au fer. Mais pour que cet effet puisse persister, il faut 1" que la température dans le four à réverbère ne soit pas trop élevée ; 2° que le fer ne reste pas trop longtemps dans le four, et 3° que le feu soit entretenu de manière que la flamme ne devienne pas trop oxydante.

CHAP. I. FABRICATION DU FER COUUOYÉ

Quand le cliarbon est, mauvais ou que la grille n'est pas servie convenablement, le fer se j)rùlc à la surface en confact avec la flampie oxydante, entre en fusion, se combine avec de l'azote (?), et descend jusque dans les fondations du four, où on le trouve ensuite sous la forme de masses ramifiées, couvertes de sable vitrifié, et cristallisées en cubes ou en oclacdres. Le grand nombre de corroyages que le fer brûlé exige pour prendre du nerf, fait regarder ce fer comme perdu ou du moins comme d'un usage fort restreint.

Le sable avec lequel on fait la sole doit être assez réfractaire pour ne pas entrer en fusion, mais il faut, néanmoins, qu'il s'agglutine et donne une assise assez ferme pour supporter la charge sans enfoncement. Une sole qui remplit ces conditions est appelée neutre. Le lavage, en dépouillant le sable de l'argile qu'il peut contenir, augmente sa résistance au feu. Le mètre cube de sable non lavé coûte à Couillet 6 ou 7 fr., et le mètre de sable lavé 9 fr. Pour former la sole d'un four à réchauffer, on doit avoir au moins un mètre cube de sable. Cette sole peut durer 10 mois à un an, mais elle exige de fréquentes réparations pour lesquelles on consomme par semaine et par four un ou deux mètres cubes de sable, suivant la qualité de ce dernier.

472. Inconvénienls du four à réverbère employé comme four de réchauffage. — Le four à réverbère utilise mal le combustible. Si nous le comparons sous ce rapport au cubilot qui exige 1 0 de coke pour fondre 100 de fonte, en utilisant la moitié de ce combustible, que nous admettions pour la température de la fusion du fer cru développée dans le cubilot un nombre à peu près égal à la chaleur blanc soudant produite dans le four à réchauffer, et que nous comptions dans ce four la dépense moyenne à raison de 62 de houille pour 100 de fer, ce qui ferait à peu près SO de coke pour la même quantité de fer; nous trouverons que, pour produire le même effet calorifique, le four à réverbère consomme cinq fois plus de combustible que le cubilot et en perd, par conséquent, sur 50, soit 90 pour 100. (Voir le chapitre Fours perfectionnés^. D'un autre côté, la sole est trop grande pour s'échauffer uniformément, malgré le soin avec lequel on cherche à régler les dimensions du rampant, la courbure de la voûte, elc; les paquets placés près du pont se brûlent, tandis que ceux qui avoisinent le rampant restent froids ; d'ailleurs, le rampant s'use et le fourneau se déforme. Ensuite la chaleur prend trop les paquets par le haut et laisse froide la base en contact avec la sole. A la vérité, on retourne les paquets vers la fin du chauffage, mais cette opération qui, du reste, n'est pas toujours possible, peut présenter des inconvénients sans remplir parfaitement le but proposé. Dans les fours à réchauffer les gros paquets, on s'en

350 SFXTION III. RÉCHAUFFAGE, CORUOYAGE ET FINISSAGE.

dispense même, en faisant reposer ceux-ci par l'une de leurs extrémités sur une brique réfraetaire.

D'autres inconvénients proviennent des entrées d'air que provoquent les manœuvres sur la sole, des cheminées qui peuvent se former dans le combustible sur la grille, du tirage contrarié par des chargements de la grille en temps inopportun, etc. De là résultent des obstacles à un chauffage sûr, continu et efficace, des pertes de temps et de combustible, des déchets considérables et une détérioration du fer. Un four en ordre, c'est-à-dire construit de manière à ce que la flamme se jette vers les portes de travail, une grille qui ne soit pas trop large (dans le sens de la longueur du four), un combustible de bonne qualité, exempt de schistes et de terre, et pas trop menu, un tirage suffisant et facile à gouverner, et surtout des chauffeurs habiles et attentifs, etc., peuvent atténuer considérablement les inconvénients que nous venons d'indiquer, sans cependant les faire disparaître complètement.

473. Règles à observer par les chauffeurs. — Le maître chauffeur, en commençant sa tournée, doit examiner : 1° la sole du four, afin de s'assurer si elle est bien égale, non trouée et au niveau voulu ; 2" les portes de travail, qui doivent s'appliquer exactement sur leurs châssis respectifs ; 3° le chio de la cheminée, qui doit être bien ouvert et entouré de houille ou de petit coke ; A" la grille du foyer, qui doit être exempte de màche-fer et de cendres et dont les barreaux doivent être droits, et S° le combustible.

Ensuite le maître enfourne les paquets, masses, etc., apportés par les ouvriers qui les confectionnent et, s'il y a lieu, rangés près du four par le deuxième. La charge du four varie avec la grosseur des paquets, masses, etc. L'enfournement doit se faire avec promptitude et les fers à réchauffer doivent être disposés de manière que l'ouvrier puisse les retourner pendant la chaude et présenter vers l'autel les parties les moins chauffées. Supposons que l'on fabrique du fer marchand ordinaire pour lequel la charge se compose de 18 à 20 paquets. On place les premiers, comme il a été dit, près du rampant, et on range les autres à leur suite en lignes circulaires jusqu'à l'autel , de sorte que la concavité des rangées se trouve du côté des portes de travail.

Le chargement effectué, le maître garnit les portes de travail le plus exactement possible, à l'intérieur du four, de houille en morceaux et, à l'extérieur, de houille menue, afin de rétrécir les joints et de diminuer le déchet et le refroidissement causés par l'air froid et non brûlé qui s'introduit par ces joints. Si les fours étaient à courant d'air forcé, on pourrait regarder cette précaution comme inutile, les flammes

CHAP. I. FABRICATION DU FEU CORROYÉ

paraissant avoir alors de la tendance à s'échapper par les joints des portes ; mais cette tendance est si peu réelle que, non-seulement on conserve le même bouchage, mais qu'en outre il faut, pour ne pas refroidir les fours, consommer pour cet usage au moins deux fois autant de charbon que dans les fours simplement à cheminée.

L'aide s'occupe ensuite du décrassage de la grille qui, dans les fours non soufflés, doit se faire au commencement de chaque chaude, c'est-à-dire lors de l'enfournement des paquets. C'est aussi l'aide qui sert ou alimente la grille durant la chaude : il doit le faire convenablement, en temps opportun et sous la surveillance du maître. | klk.

On peut arroser le cendrier des fours à réchauffer immédiatement après le défournement, mais aussitôt que les paquets sont rouges, il faut s'abtenir de cette pratique : autrement il se formerait sur les paquets une enveloppe d'oxyde qui contrarierait le bon chauffage.

Quand les paquets sont à la chaleur soudante, ce que l'on reconnaît entre autre, à la couche de battitures en fusion qui les recouvre, le chauffeur les retourne, avec l'assistance de son deuxième et de la manière décrite plus haut, puis il les extrait du fourneau pour les abandonner, comme il a été dit, aux ouvriers du marteau ou des cylindres.

L'ouvrier doit bien saisir le moment opportun de retourner les paquets : si, en regardant par l'œil ou la lunette de la porte (cette lunette n'est réellement indispensable qu'à la porte voisine de l'autel), il remarque de petites étincelles sur les paquets, il est temps de retourner ceux-ci, autrement il se brûleraient. Retournés au contraire trop tôt, ils seraient chauffés inégalement.

Si quelque accident au marteau, au train ou à la machine fait prévoir un retard dans l'étirage de la fournée, l'ouvrier doit fermer le registre du four avant que le fer soit chaud. Si le retard se prolonge, il est préférable de défourner. Car plus la température du fer est élevée, plus le déchet dû à un trop long séjour dans le fourneau est considérable et plus la qualité du fer diminue.

Si le fer arrivé au blanc soudant restait seulement un quart d'heure trop longtemps dans le four, il subirait une diminution de 5 1/4 pour 100 au delà du déchet inévitable et la perte, sur un fer marchand dont on passerait, par exemple, 3500 k. en 12 heures de temps, serait de 113 k., qui, à raison de 20 fr. les 100 k., coûtent 22 fr. 60; mais cette perte est souvent la moins sensible, le plus grand mal consistant dans l'altération de la qualité du fer. Si un fer entièrement brûlé peut quelquefois se laisser étirer, il n'en est pas de même d'un fer brûlé seulement à une faible profondeur ou en quelques points de sa surface, parce que ce fer a perdu son homogénéité. Un fer mal chauffé ou

352 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.

partiellement brûlé se crevasse sous le laminoir, ce qui est surtout fâcheux lorsqu'on fabrique des fers creux ou des cornières. La plupart des rebuts paraissent être dus à cette cause et à l'emploi d'un fer mal affiné ou trop jeune, ayant conservé des taches noires dans le four à puddler. Ce fer subit d'ailleurs un grand déchet avant de s'améliorer au réchauffage.

4.74. Service de la grille. — Le réchauffage du fer ne peut être confié qu'à des ouvriers actifs, intelligents et exercés. Si le chauffeur ne surveillait pas constamment son four, s'il chargeait ou piquait la grille mal à propos, les chaudes dureraient trop longtemps, le déchet augmenterait et le fer deviendrait mauvais. Si, par exemple, au lieu de chauffer par 12 heures les 3300 k. de fer considérés plus haut, | 473, il ne passait que Î2000 k., ce qui arrive fréquemment, il perdrait le combustible nécessaire pour chauffer les ISOO k. de fer qui manquent, savoir 700 k., d'une valeur de 9 fr. 10; le déchet serait au moins de S pour 100 trop élevé, de sorte qu'au lieu de 1800 k. de fer, il ne resterait que 1700 k., ce qui constituerait une perte de 100 k. de fer ou de 20 fr.; enfin, la main-d'œuvre et les frais de toute nature étant les mêmes pour une bonne fabrication que pour une mauvaise, la diminution de la production journalière donnerait lieu à une perte d'environ 10 fr. ; total de la perte en 12 heures de temps 32 fr., sans compter les rebuts de barres déchirées ou crevassées par suite d'une altération du fer, ni ceux de barres n'ayant pas la longueur nécessaire à cause de l'augmentation du déchet.

Les conditions générales à remplir dans le réchauffage du fer sont : 1» le four doit chauffer autant que possible uniformément, c'est-à-dire d'une manière égale sur toute l'étendue de la sole ; 2° le feu doit être conduit de telle sorte que la température soit progressive ou croissante ; 3» cette progression doit être d'autant plus lente que les paquets à réchauffer sont plus considérables, car une forte chaleur appliquée brusquement oxyde ou dessèche les couvertures avant que le calorique n'ait pénétré jusqu'au centre des paquets, c'est-à-dire avant que ceux-ci ne soient, comme on dit, percés à cœur.

On charge, après chaque renfournement, 140 k. de houille, qui forment une couche d'environ 6 pouces sur toute l'étendue de la grille. Si la chaude est d'une heure, on met ordinairement une nouvelle quantité de combustible lorsque les paquets sont retournés ; mais avec de bons charbons et pour des paquets assez petits, il doit suffire de piquer la grille en ce moment, avec la précaution de ne pas faire de trous dans le combustible, car une charge par chaude d'une heure est ce qu'il y a de mieux.

CIIAP. I. FABRICATION DU FER CORROYÉ. 353

Plusieurs observations faites sur le service de la grille à propos des fours à puddler, s'appliquent également aux fours à réchauffer.

47S. Maladies des fours à réchauffer. — Les accidents et dérangements qui peuvent se présenter dans les fours à réchauffer, sont : 1» la perforation de la sole ; 2» l'élévation ou l'abaissement de cette partie des fours ; 3° un trou dans l'autel ; 4.» la destruction des parois près du cliio par les scories; 5° un encombrement de cendres ou de folies dans le passage horizontal de la chaudière et 6» des cheminées dans le combustible sur la grille.

Plusieurs de ces maladies s'observent aussi dans les fours à puddler et elles ont été examinées plus haut. Nous savons, entre autres, que, lorsqu'il y a une cheminée dans le combustible, la combustion est imparfaite, le four chauffe mal, le déchet augmente et le fer est toujours altéré ou brûlé; que l'ouverture va toujours en grandissant et que le remède consiste à resserrer les barreaux, à boucher l'ouverture avec de la houille en morceaux et à égaliser ensuite le charbon.

Voici quelques détails sur les accidents à la sole et au bas de la cheminée qui concernent particulièrement les fours à réchauffer.

4.76. Sole trouée. — La sole peut se trouer : 1" lorsque l'ouvrier laisse brûler du fer au moyen de l'air qui afflue par la porte ou par la grille mal servie ou en retardant l'étirage du fer quand il est chaud ; 2° lorsqu'il reste sur la sole une paille ou un morceau de fer qui s'est détaché d'un paquet, et 3° lorsqu'on néglige d'arraser la sole.

Dans les deux premiers cas, le fer entre en fusion et dès lors travaille sans interruption et creuse la sole jusqu'à ce qu'il soit arrivé aux fondations du four. Le fer fondu tend sans cesse à descendre, comme le mercure, et à s'échapper par toutes les ouvertures qu'il rencontre (<). Le trou s'agrandit ensuite au moyen des scories qui viennent le remplir et qui sont d'autant plus avides de silice que leur température est plus élevée.

Lorsque l'ouvrier ne maintient pas la sole parfaitement plane et égale, lorsqu'il s'y laisse former des excavations, les scories ne peuvent plus s'écouler en totalité, et les inégalités s'agrandissent de plus en plus par cette cause. Les scories ainsi accumulées peuvent se frayer un chemin

(') A Couillet on éteint les fourneaux au moins tous les quinze jours pour les visiter. Dans une de ces visites, on a trouvé jusqu'à SOO kilog. do fer fondu au fond de la cheminée d'un four à rails. Cette quantité énorme de métal s'était, par conséquent, rassemblée près du chio en moins de lîi jours de temps; et le fer est resté mou, presque liquide, quoique placé à trois mètres de distance de la grille. La cassure de ce fer présentait des cubes d'environ i lignes de côté, ainsi que de larges clivages du cube. Les scories étaient cristallisées sur cette masse en beaux prismes à 6 faces terminés par des sommets dièdres.

354 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, COUROYAGE ET FINISSAGE.

à travers la sole jusqu'au passage incliné, en suivant la direction du maximum de température. Une sole ainsi déchirée oppose beaucoup de résistance à la flamme et peut empêcher le fourneau de chaufl'cr convenablement. Un paquet placé sur un trou peut être coupé en deux par la flamme, parce que celle-ci forme alors une espèce d'anneau autour de lui et chauffe plus fortement près du trou que sur les autres points. On voit très-souvent des paquets brûlés sur un point par suite de l'existence d'un trou dans la sole.

Dès que le chauffeur remarque un trou dans sa sole, il doit le boucher, en y introduisant la plus grande quantité possible de mortier réfractaire ou de sable.

En raccommodant ainsi sa sole, l'ouvrier doit veiller à ce qu'elle reste à la hauteur voulue. Une sole trop élevée augmente le déchet et favorise la combustion du fer. Une sole trop basse rendrait le travail plus difficile; mais les chauffeurs tombent plutôt dans l'excès contraire.

477. Réparations an floss. — Les fours à réchauffer exigent de fréquentes réparations à la base de la cheminée, parce qu'on est obligé d'évacuer par le cliio de ce passage les scories que leur grande abondance rend incommodes et destructives.

On peut compter que le charbon brûlé à l'entrée du floss coûte 2 fr. bO par 24 heures et par four à puddler ou à réchauffer d'un laminoir, ce

qui fait par an et par four fr. 750,00

La réparation du floss d'un four exige par mois SO briques

à 1 fr. 50, ce qui fait pour l'année 18,00

Pour chaque réparation, il faut 1/2 journée de maçon avec

son aide, ci 2 fr. 50 ou à l'année et par four, ci 30,00

L'encadrement du feu, qui est une pièce de fonte appelée fléau, du poids de 50 k., doit être renouvelé tous les 4 mois,

ci pour l'année, fr 30,00

Total fr 828,00

Le trou du floss s'agrandit de plus en plus vers la fin de la semaine, ce qui exige de petits raccommodages avec des briques et du mortier réfractaires, afin de ne pas augmenter outre mesure la consommation de combustible et de ne pas troubler la marche du four. Il est évident que si on laissait entrer trop d'air par cette ouverture, le four se refroidirait et le fer, dans un four à réchauffer, se dessécherait. II n'est pas question dans le compte ci-dessus de ces dépenses extraordinaires.

On a vainement essayé d'autres dispositions pour éviter les inconvénients que nous venons d'énumérer. Puissant, forgeron à Couillet, avait proposé de mettre pour floss à la cheminée une tuyère en fer à 4 pouces au-dessus du sol. Cette tuyère, adaptée aux fours à réchauffer de la

CHAP. I. — FABRICATION DU FEU COUKOYÉ

grosse forge de Couillet, était bouchée d'abord avec un morceau de houille, puis avec du sable et on ne l'ouvrait pour l'écoulement des scories qu'après chaque fournée ; mais on a renoncé, peut-être trop tôt, à ce moyen simple et ingénieux, parce que les scories se sont figées au fond de la cheminée dans les temps d'arrêt des fours. A la grosse forge, ces temps d'arrêt sont quelquefois d'une heure et plus. Jusqu'à ce jour, il n'y a que les fours Corbin 117) et les fours à puddler avec cassins (I 526) qui soient exempts des charges et des embarras inhérents aux floss des cheminées. Les fours à vent ne s'obstruent pas non plus, principalement avec les chaudières verticales, mais l'aide doit avoir soin de déboucher le chio après chaque charge au moins. C'est pour cette raison que le fléau ou le rampant des fours soufflés s'use beaucoup plus rapidement que celui des fours ordinaires.

La consommation de combustible au trou de floss n'est pas comptée à part ; on la comprend dans la consommation générale du four.

On croit que, dans les fours à puddler et à réchauffer ordinaires, la nécessité d'évacuer les scories par intervalles très-rapprochés, à cause de leur abondance, met un obstable à ce que le procédé Puissant soit adopté pour ces fours.

478. Scories de réchauffage. — La sole des fours à réchauffer étant en sable, il semblerait que les scories qui se forment dans ces fours dussent contenir plus de silice qu'on n'en trouve dans les scories de puddlage. Les scories d'un four à réchauffer de Dowlais ont fourni à Berthier : S2 protoxyde de fer ; 4.2,4 silice et 5,3 alumine.

Les scories qui s'obtiennent dans les fours à réchauffer ont parfois une grande tendance à cristalliser. Les cristaux sont des prismes hexaèdres terminés par des sommets dièdres. Deux des faces latérales du prisme sont plus larges que les autres. Souvent les cristaux sont d'une grande régularité. Ils sont toujours opaques, noirs, brillants et constituent le silicate neutre des métallurgistes, 5Fc 0 -[- Si 0=* (').

(') Dufrénoy (Recherches sur le gisement et le traitement direct des minerais de fer, par M. François, p. 259) a étudie la cristallisation des scories qui se produisent dans les forges catalanes, et les résultats qu'il a obtenus paraissent s'appliquer aux scories cristallisées des forges anglaises et allemandes. D'après ce métallurgiste, les deux formes dominantes des scories cristallisées, formes qui paraissent au premier abord diflerentes, sont : l'une, un prisme à six faces, allongé, surmonté d'un biseau ; l'autre, un octaèdre à base rectangle. La différence entre ces formes n'est qu'apparente. M. Dufrénoy les rapporte h l'espèce péridote, et ses conclusions sont confirmées par l'analyse chimique, car il parait que toutes les scories cristallisées des forges sout des silicates neutres. Lorsque les scories ont été exposées à un vent fort, comme c'est le cas pour celles des finerics, la cristallisation est feuilletée et donne des variétés qui résultent de l'octaèdre, coupé parallèlement à sa base.

356 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.

ARTICLE DEUXIÈME

Page 1