PRIX
d/s po. s/io i/te.
po. po. liv. sh. liv. sh.
De 6ou7po.
po. liv. sli.
po. liv. sh. liv. liv. sh.
po. po.
2 mm.
liv. sh. liv.
H ù^T c à s in
o d o 2 o do. lu
l a iJ 0. 1 U 0
1 jG3 niin.
3ià^ = 8.10 à 9
épaisseur que
2 àls/8
i hLii= 9.iOàlO.IO
la le classe.
6/lC = 9
lia 1 1/1
4iàE) =10 à 10.10
20 sli. d'écart
j/i6 = 9.IO
liai
Ronds seulement.
par tonne avec
S à5i=llàll.J
la l" classe.
id.
5ià6 =12àl2. i
id.
6ià7 =U
488. Marques communes. ■ — Les marques communes de Galles, etc., s'obtiennent au moyen de fontes blanches inférieures de roulements à fortes doses de scories, à la houille crue et à l'air chaud, que l'on affine par un puddlage à sec, avec ou sans mazéage préalable pour floss caverneux; les loupes sont cinglées aux presses ou aux machines rotatives et les paquets, uniquement formés d'ébauché laminé, sont transformés d'une seule chaude en barres finies.
Les meilleures marques ordinaires de Galles proviennent de fontes blanches sans surcharge au coke, mélangées avec une proportion plus ou moins élevée de floss mazé obtenu au moyen de fontes à 1/10 de scories au plus; ce mélange est puddlé à mi-bouillon, ou par un procédé intermédiaire entre le puddlage par bouillonnement et le puddlage sec.
Les bonnes marques ordinaires du Staffordshire se fabriquent, avec des fontes grises de bonne qualité que l'on affine directement dans des fours bouillants; cinglage au marteau; corroyage et finissage d'une chaude au laminoir.
Pour bon ordinaire, les paquets de finissage comprennent : deux largets, couvertes de dessus et de dessous ; entre ces couvertes, un nombre de plats bruts, moins larges, pour faire le poids de la pièce à obtenir.
Les largets de couvertes sont presque toujours, comme le reste du
CIIAP. I. — •
FABRICATION DU FER CORROYÉ
paquet, en fer ébauché; mais c'est à ce fer de couvertes que s'appliquent des cinglages soignés, les doublages des loupes avec ou sans chaude supplémentaire, avec ou sans addition de riblons vers la fin du puddlage.
Les paquets composés de cette manière sont chauffés au blanc soudant et passés immédiatement au laminoir.
4.89. Variétés best et best-best. — Influence de la qualité des matières premières et des procédés de fabrication. — Sous les noms de fers best et best-best, la plupart des forges fabriquent des produits de nature assez variable.
Dans les unes, la qualité best est tout uniment un fer n" 3 obtenu avec du corroyé plus ou moins mélangé de fer brut ou ébauché. Assez souvent, dans ce cas, le choix des fontes soumises au puddlage direct est plus sévère, ou bien on emploie des fontes transformées en floss lamelleux par un mazéage peu avancé, l'amélioration tenant ainsi à la fois à la nature des matières premières et à des élaborations plus multipliées.
Dans d'autres forges, le best provient du corroyage d'un fer ébauché obtenu lui-même de menus riblons puddlés et parfaitement cinglés au marteau avant le laminage. Ce produit porte alors le nom de scraps'iron.
Dans ce cas, les paquets ne sont pas non plus formés exclusivement de fer de riblons. Quand ils en sont formés en totalité, comme lorsqu'ils sont composés en entier de fer corroyé, certaines usines qualifient le produit de best-best.
b) EXEMPLE DU RÉCHAUFFAGE.
490. Corroyage pour rails pris pour exemple du réchauffage. — Comme il n'existe pas de règle ou de méthode générale de réchauffage du fer, cette opération différant suivant l'espèce et les dimensions des produits à obtenir, nous devons nous borner ici à un seul exemple, et renvoyer pour d'autres cas aux articles consacrés à la fabrication des diverses classes de fer. Nous prendrons pour cet exemple du réchauffage du fer la fabrication du fer corroyé pour rails au laminoir de Couillet. Cette fabrication se fait par le même personnel, dans les mêmes fours et au même train que celle des rails, excepté que les cylindres diffèrent pour les deux fabrications. On travaille avec cinq fours à réchauffer.
491. Personnel des fours. — Un four à réchauffer est desservi par deux brigades d'ouvriers, l'une pour le jour, l'autre pour la nuit, et chaque brigade se compose d'un maître et d'un aide. Le maître, qui est seul responsable, travaille à l'entreprise et paye lui-même son aide à la journée. Pour le chargement et le déchargement, il faut à chaque four
364 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, CORUOYAGE ET FINISSAGE.
un maître et deux aides, mais le deuxième aide vient d'un autre four, ou en d'autres termes, les aides s'assistent les uns les autres et à tour de rôle pour les opérations dont il s'agit. Pour les cinq fours, il y a un ouvrier spécial, salarié par la société, et charge de transporter les paquets, au moyen d'un petit chariot, des fours au train. Si les paquets étaient plus gros que ceux du train à rails, le maître devrait avoir deux aides, mais dans ce cas on prendrait avec lui des arrangements particuliers.
Le réchauffage du fer exige des ouvriers aussi habiles, aussi exercés, aussi attentifs, aussi intelligents et pour le moins aussi forts que le puddlage ; car ils doivent obtenir des fers bien soudés à cœur, non brûlés, non altérés, sans trop de déchet et avec économie de combustible. Ces conditions, toujours difficiles à remplir, le sont surtout lorsqu'il faut traiter ensemble des fers de qualités différentes qui ne s'échauffent pas également vite. Souvent aussi le travail est pénible, principalement lorsqu'il faut manœuvrer de gros paquets. Le costume des chauffeurs est le même que celui des puddleurs.
492. Outillage et objets nécessaires. — Deux ou trois crochets pour tirer les paquets du four, un ringard à biseau pour décrasser la grille, un sabre pour la piquer, un petit crochet pour la nettoyer, quatre tenailles de différentes dimensions pour dcfourner le fer, une palette pour le chargement du four, une pelle pour le combustible et une autre pour le sable, un crochet pour égaliser ce dernier, un petit rabot pour faire le feu et un balai.
Près du four, il y a du sable pour réparer la sole et du combustible pour le service de la grille. Les chauffeurs emploient aussi de la terre grasse pour raccommoder les fours autour des portes et de la graisse pour enduire les palettes.
493. Préparation du fer. — Cette opération comprend le cisaillage des barres et leur mise en paquets. On détermine d'avance les dimensions de la barre à obtenir, ce qui permet de calculer le poids et les dimensions du paquet, en ayant égard aux cannelures des cylindres dont on dispose. On forme un paquet d'après les données ainsi obtenues et on le pèse : s'il a le poids voulu, on coupe les barres pour les autres paquets à la longueur déterminée sans plus peser ces derniers.
Les paquets sont en tout point semblables à ceux qu'on emploie pour le laminage des rails, excepté que toutes les mises sont en fer ébauché d'une seule qualité. Les barres de corroyé qu'on obtient au moyen de ces paquets ont 7 ou 8 mètres de long, O-^.IBO de large et 0n>,024 ou 0"',02S et plus d'épaisseur. On les découpe à la longueur de environ,
CHAP. I. FABRICATION DU FEU CORROYÉ. 565
Il y a, pour le cisaillagc de l'ébauché et le montage des paquets, deux brigades d'ouvriers, l'une pour le jour et l'autre pour la nuit. Chaque brigade se compose, pour les cinq fours à réchauffer, de 3 cisailleurs et de 3 monteurs de paquets. Un de ces ouvriers est le chef : à Couillet, il fait les paquets, dans d'autres usines il s'occupe à la cisaille.
Deux ouvriers effectuent le cisaillage. Lorsque l'un a découpé une barre d'ébauché, il s'éloigne pour en prendre une autre, tandis que le deuxième cisaillcur, ayant pris la place du premier, fait le même travail, puis va chercher une nouvelle barre; pendant son absence, le premier découpe sa seconde barre, et ainsi de suite. Quant au troisième ouvrier attaché à la cisaille, il porte les languettes ou barres coupées, à mesure qu'elles tombent de la cisaille, dans une case ou loge à languettes assignée à la qualité du fer. A la rigueur, il ne devrait y avoir pour corroyé qu'une seule case à languettes, puisqu'on est censé n'employer qu'une seule qualité d'ébauché, savoir du fer grenu; cependant il arrive souvent qu'on se sert de plusieurs qualités de fer, comme pour les paquets à rails, ce qui nécessite plusieurs cases.
Du reste, pour le cisaillage, on pose la barre à découper sur la lame fixe de la cisaille, tandis que la lame mobile, dans son mouvement d'oscillation, s'éloigne de la mâchoire inférieure ; l'une des extrémités de la barre est poussée jusqu'à l'arrêt, dont la distance au bord de la lame fixe a été prise égale à la longueur qu'on veut donner à chaque languette, et le cisaillcur maintient la barre en position jusqu'à ce que la section soit opérée par le rapprochement du couteau mobile.
Les objets nécessaires aux faiseurs des paquets sont : 1» un chariot en fer amené par les ouvriers des fours ; 2° un petit four alimenté avec des escarbilles pour chauffer les liens ou frottes qui servent à maintenir et à serrer les paquets. Le chariot étant placé près delà case à languettes, les trois ouvriers chargés de la confection des paquets, s'occupent ensemble à former sur le chariot quatre ou cinq paquets, qui constituent la charge d'un four, et quand les paquets sont faits, ils les serrent chacun par deux liens posés à chaud, ce qui facilite le maniement des paquets et les empêche de se déranger. Le chariot ainsi chargé est conduit sur une bascule, placée au niveau du sol, afin de déterminer le poids total de la charge ; ensuite il est repris par les ouvriers d'un four et remplacé par un chariot vide, sur lequel on monte de même quatre ou cinq paquets, et ainsi de suite.
Le maître cisaillcur inscrit sur une planche les quantités de fer envoyées à chaque four et à la fin de la journée il en rend compte au surveillant.
494. Mise en feu. — La mise en feu des fours à réchauffer se fait de
366 SECTION III. — RÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.
la même manière que celle des fours à puddler : elle exige aussi 1000 k. de houille et la première mise de combustible se compose de fagots de bois et de houille en gaillettes.
La durée d'un roulement est de 8 à 1 S jours, comme pour les fours à puddler. Après ce temps, les fours ont besoin de réparations qui exigent la mise hors. Le rallumage des fours se fait la veille du jour où l'on se propose de travailler, h l\ heures du soir. Les fours doivent être au rouge blanc à 4 i/a heures du matin, afin que le fer soit chaud à 6 heures du matin quand les lamineurs arrivent. C'est l'aide-chauffeur qui met le four en feu : le maître ne vient qu'au moment où il doit procéder au chargement des paquets.
495. Périodes et durée d'une opération. — Une chaude ordinaire peut durer environ deux heures, car on fait 6 ou 7 fournées par poste de 12 heures. Voici l'énumération et la durée moyenne des périodes du travail : réparation du four, 3 minutes ; chargement des paquets, 10 minutes; chauffage, 80 minutes; laminage, 23; total 110 minutes.
496. Préparation de la sole. — Au commencement de chaque fournée, on répare la sole, s'il y a lieu, avec du sable réfractaire, en se servant à cet effet d'une pelle et d'un crochet. Dès que la sole est lisse, égalisée et suffisamment comprimée, on la laisse sécher ou cuire pendant quelques instants avant de s'en servir.
497. Chargement. — La charge d'un four se composant de 4 ou S paquets du poids d'environ 280 k., elle pèsera au maximum 1400 k. Chaque paquet doit fournir une barre de corroyé donnant par le cisaillage 7 languettes du poids moyen de 32 k.
Le premier paquet se place près de l'autel, le deuxième à la suite du premier, etc., et on range les paquets en une ligne circulaire jusqu'au rampant, de sorte que la concavité de la rangée se trouve du côté des portes de travail. Quand on ne peut plus travailler par l'une des portes, on se sert de l'autre, après avoir fermé la première.
Le chargement se fait par le maître et par deux aides. On commence par poser le paquet à enfourner sur le seuil de la porte employée et, à cet effet, les aides le tiennent par le bout antérieur au moyen d'une barre de fer, tandis que le maître le soulève par l'autre extrémité avec ses mains, puis, la porte étant ouverte, on le pousse à un pied environ dans le four. Cela fait, les deux aides le soulevant par le bout postérieur, le maître introduit sa palette en dessous, les trois ouvriers le placent à l'endroit convenable du four au moyen de cet outil, que le maître retire ensuite lestement. Les paquets pour rails s'enfournent de la même manière.
Le chargement doit se faire avec promptitude, pour que les portes
CIIAP. I. FABRICATION DU FER CORROYÉ
ne restent pas levées trop longtemps, ce qui occasionnerait un grand refroidissement du four par l'afflucnce de l'air extérieur.
Avant de baisser une porte qui a servi, le maître en garnit la partie intérieure du seuil de houille en morceaux, puis, la porte étant fermée avec soin, il bouche tous les joints le plus exactement possible avec de la houille menue. Ces garnitures ont pour objet de rétrécir les joints, ce qui diminue le déchet et le refroidissement causés par l'aflluence de l'air extérieur. La garniture intérieure de houille en morceaux permet en outre de brûler l'air qui parviendrait à s'introduire à travers l'autre garniture.
4.98. Service de la grille. — Il se fait comme pour les fours à puddler. Voir aussi |§ 4.73 et 4.74-.
499. Réchauffage. — Le chargement étant effectué et la grille servie, on n'a plus d'autre soin à prendre que de bien entretenir le feu par quelques pelletées de charbon, dont l'addition se fait toujours par le maitre ou du moins sous sa surveillance.
Quand les paquets sont soudés, le maitre et l'un des aides, munis, le premier d'un ringard biselé et le second d'un crochet, tandis que le deuxième aide tient la porte levée, retournent les deux premiers paquets près de l'autel, ce qui doit se faire lestement et, autant que possible, sans retirer le charbon de margeage, puis l'on remet du charbon, s'il n'y en a pas assez, et on laisse retomber la porte.
500. Défournement. — Quelques minutes après, l'un des aides relève la porte près de l'autel, on retire le charbon et on extrait le paquet qui avait été retourné le premier. A cet effet, le maître, convenablement assisté, introduit un morceau de bois sous le paquet soulevé au moyen d'un ringard biselé, puis à l'aide d'une tenaille, il le retire et le laisse tomber sur un chariot convenablement disposé pour le recevoir et au moyen duquel un ouvrier particulier ou même les trois chauffeurs le conduisent aussi vite que possible au train. Pendant qu'on élire le premier paquet, on retourne de nouveau le deuxième, on retourne aussi le troisième, on envoie le deuxième au train et, après avoir fermé et regarni la première porte, on retourne les deux derniers paquets au moyen de l'autre porte, qu'on rebaisse ensuite et regarnit de même, pour laisser chauffer de nouveau.
Pendant ce temps on étire les deux premiers paquets d'un autre four, puis on passe successivement les deux ou trois derniers paquets du premier et du second et, dès qu'un fourneau est vide, on le prépare à un nouveau chargement.
Après le laminage du fer des deux premiers fours, on expédie celui des fours suivants, en opérant comme pour les deux premiers. Le
368 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.
cinquième four envole une partie de ses paquets avec le quatrième et une partie seul. Sauf ce cas, on s'arrange toujours de manière qu'aucun four ne travaille isolément.
La marche que nous venons de décrire comporte des variations nécessitées, entr'autres, par l'inégalité de l'allure des fours. A cet égard il y a entente pour les cinq fours et l'on s'arrange de manière qu'aucun ne reste seul ou isolé. Ainsi, par exemple, les 2 premiers paquets, du premier ayant été laminés, les fours n"» 2 et 5 peuvent passer chacun deux paquets, mais si les ouvriers de ces fours ne sont pas prêts, le four n° i peut envoyer son 3" paquet.
SOI. Consommations et déchets. — On consomme 300 à 400 k. de houille de bonne qualité pour 1000 k. de fer corroyé (et de rails). Déchet 8 à 10 pour 100, comme pour les rails, excepté que pour ces derniers il faut en outre enlever par la scie 180 k. par 1000 en bouts.
Indépendamment du sable qu'il faut pour former la sole et dont la quantité est d'un mètre cube au moins, on peut consommer par semaine un ou deux mètres cubes de cette matière, suivant que la qualité en est plus ou moins bonne. Une sole peut durer 10 mois à un an.
b02. Production approximative d'un four. — La charge d'un four et le nombre des charges par 24 heures varient principalement avec la grosseur des paquets.
Poids des paquets. Nombre des paquets Poids d'une Nombre de charges
par charge. charge. par 2^ heures.
Inférieur à 200 k. 100 à 1200 k. 11 ou 12.
De 200 à plus de 300 k. 2, 5 ou 4. lOOOàlSOOk. 8 à 10. 1000 k. et au delà 1 8 ou 9.
2000 k. \ 4 ou 5.
Les paquets de plus de 200 k. subissent fréquemment deux chaudes, l'une pour souder et l'autre pour étirer. Ces chaudes, qui doivent être toutes les deux suantes, peuvent avoir lieu dans le même four ou dans deux fours différents. Dans le dernier cas, on peut ordinairement charger un paquet de plus dans le four à souder et le nombre des charges, par 24 heures, peut s'élever à 10 ou 11, au lieu de 7 ou 8, charge qui se rapporte au cas d'un seul appareil pour les deux chaudes.
Les paquets de plus de 1000 k. sont réchauffés dans de grands fours spéciaux.
c) DES PAQUETS.
S03. Notions générales. — Le fer brut, employé pour la fabrication des rails, de la tôle et des fers marchands, est mis en paquets, que l'on forme de lames ou de pièces assorties de manière que le tout se laisse
ciiAP. I. — fabuication m fer couhoyé.
travailler comme on le désire et que le produit revienne au plus bas prix possible, tout en jouissant des propriétés voulues. Il faut aussi que les paquets aient la forme et les dimensions les plus avantageuses, nonseulement pour le passage dans les cylindres, mais encore pour la quantité d'étirage nécessitée par la qualité du fer, qu'ils soient serrés et compactes et que leur poids soit calculé d'après celui des pièces façonnées et achevées qu'on veut obtenir.
La confection des paquets appartient essentiellement au service des fours à récliauffer, mais elle n'incombe pas aux chauffeurs : l'aidecliauffeur ne fait que ranger au pied du four les paquets tout formés qu'on lui apporte, et si les lames ou les pièces dont ils se composent se sont dérangées, il les remet en place.
La mise en paquets des fers à laminer comporte des variations tellement nombreuses, qu'il serait impossible de l'assujettir à des règles générales et que le seul moyen exact et méthodique de la décrire consiste à examiner une série de cas particuliers.
Dans la confection des paquets, on doit avoir égard : 1° à la qualité des fers qu'on veut produire et à celle des métaux que l'on emploie; 2» à la disposition ou à l'arrangement des mises ou parties élémentaires des paquets ; 3» au poids, à la forme et au volume de ces derniers ; 4° au degré d'usinage que les fers auront à subir.
b04. Qualités et espèces de fer employées. — Ces fers sont les ébauchés, les corroyés et les fers de masse, et chaque groupe comprend de nombreuses espèces et variétés.
Sous le point de vue économique, on peut poser en principe qu'il faut employer, du moins en grande partie, les fers de la moindre qualité possible, sans toutefois que le travail devienne trop difficile et que le produit cesse de remplir les conditions voulues, par exemple, celles de la résistance à la flexion, à la torsion, à l'écrasement, etc.
Le cas le plus simple est celui où la commande porte que les échantillons à fabriquer seront de tel ou tel numéro de fer de l'usine ; ce cas, qui se présente ordinairement pour les fers marchands, n'offre aucune difficulté.
Si, comme cela arrive généralement pour les fers spéciaux ou profilés, tels que les rails, les poutrelles, les fers à T, etc., le commettant ne spécifie, au contraire, aucun numéro des fers à employer, mais exige que les échantillons fabriquées satisfassent aux stipulations d'un cahier des charges, alors le jugement, l'expérience et les connaissances scientifiques peuvent seuls guider le chef de fabrication dans le choix de ses matériaux.
Quelquefois on lamine exprès des barres quarrécs ou plates, pour
370 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, COUROYAGE ET FINISSAGE.
compléter les paquets, par exemple, avec les bouts de rails; d'autres fois, on donne aux pièces manquées une autre forme, soit par le laminoir, soit par la fcnderie, afin de les approprier à la production de paquets compactes et de dimensions convenables; d'autres fois encore, les fers dont on dispose permettent l'emploi de méthodes plus simples et plus économiques.
505. Avantages que procure le paquetage des fers. — La faculté d'assortir et de disposer de diverses manières les lames dont se composent les paquets, ne permet pas seulement de compléter le travail de l'affinage et de remédier au défaut d'homogénéité des fers puddlés, mais encore de modifier les qualités des fers de manière à obtenir des produits doués de propriétés spéciales. En composant un paquet d'ébauché au milieu et de corroyé à la surface, on obtient par le laminage une barre de la môme apparence que si elle était entièrement de corroyé. On peut arranger les paquets pour obtenir du fer dur ou grenu à la surface des barres et du fer nerveux à l'intérieur ou, comme on le fait, entr'autres, pour les rails, du fer dur à la surface de roulement et du fer nerveux au pied.
506. Espèces de paquets et disposition des fers dont ils se composent. — En général, on distingue les paquets à simple pile appelés trousses et les paquets ordinaires ou à double pile. Pour les trousses, on n'emploie que des fers de la même largeur ; elles servent, soit ù la fabrication des corroyés ou fers finis ayant à peu près les mômes dimensions que celles des barres mises en œuvre, soit à la confection des giHlles à billettes, que l'on découpe en tronçons ou morceaux appelés billettes pour les transformer en fers feuillards et autres petits fers. Les paquets ordinaires, pour corroyés ou fers finis de fortes dimensions et très-nerveux, se montent avec des fers de différentes largeurs disposés à joints croisés.
On divise encore les paquets en paquets plats, carrés ou à section carrée, ronds ou à section à peu près circulaire, et en paquets profilés. Les paquets plats servent pour la fabrication des tôles, et portent souvent le nom de masses, parce que l'intérieur en est formé de riblons; les paquets carrés s'emploient pour obtenir des rails et d'autres fers, les paquets ronds, entr'autres, pour barreaux de grille, et les paquets profilés pour fers à T ou à double T. Si les paquets ronds ne renferment pas de gros morceaux ix l'intérieur, on les passe directement du four au laminoir; dans le cas contraire, ils exigent un martelage préalable. Les paquets profilés ont pour objet de diminuer la pression aux premières cannelures, leur forme se rapprochant plus ou moins de celle des fers à fabriquer. Ici il sera principalement question de la seconde espèce de paquets.
CHAP. I. FABRICATION DU FEU CORROYÉ
Quant à la manière de disposer les fers qui constituent les paquets, elle varie'à peu près d'une usine à l'autre pour un même fer à produire. C'est ainsi que l'arrangement des mises dans les paquets pour rails et autres fers profilés, par exemple, peut se faire d'une manière trèsdifférente dans les diverses usines. Toutefois, on observe que, dans les paquets comme dans les trousses, les mises de qualité supérieure se placent, en général, à l'extérieur pour produire les couvertures ; ces mises, au nombre de deux, dont l'une forme la tète et l'autre le pied du paquet, sont l'une et l'autre d'une seule pièce ou barre des mêmes longueur et largeur que ce dernier. Inutile d'observer que le maître de forges a intérêt à employer le moins de mises possible en fer de qualité supérieure.
S07. Autres règles à observer dans le paquetage des fers. — Voici un résumé de ces règles :
1° Il faut que les barres de fer brut soient plates et non quarrées, tant pour réduire le nombre des joints sur la largeur, ces joints offrant des obstacles à la soudure, que pour mieux mélanger entr'elles les diverses qualités de fer par la multiplication des points de contact ;
2° Les barres employées doivent avoir été bien dressées et avoir leurs faces débarrassées d'oxyde et de corps étrangers, afin qu'elles puissent s'appliquer exactement les unes sur les autres et que les soudures puissent s'effectuer sans solution de continuité ;
3° Les barres doivent être autant que possible d'une pièce sur toute la longueur du paquet, les soudures bout à bout s'effectuant mal ;
4° Les barres seront coupées exactement à la même longueur, afin que les extrémités des paquets deviennent bien planes et soient parfaitement remplies ;
S» Dans les paquets à double pile, les barres doivent être disposées à joints croisés, comme on dit, c'est-à-dire de manière que les joints de deux barres d'une même mise soient recouverts par une des barres de la mise supérieure : cette disposition des joints en quinconce rend les soudures plus parfaites ;
6° Pour certaines fabrications, par exemple, pour celle des corroyés et des rails pesants, on serre fortement, soit une partie des barres du paquet, soit le paquet tout entier, au moyen de frettes en fer posées à chaud ou d'un faisceaux de fil de fer tordu à froid, ce qui facilite la manœuvre de la pièce et empêche les barres de se déranger. Ordinairement on enlève les liens avant le passage des paquets au laminoir.
SOS. Dimensions des paquets. — On admet en principe qu'il faut donner aux paquets toute l'épaisseur que comportent les cylindres dont on dispose et une forme aussi carrée que possible, afin de réaliser
SECTION III. RÉCHAUFFAGE, COUROYAGE ET FINISSAGE.
le maximum d'étirage ; car plus le fer est étiré et travaillé, plus parfaite sera la soudure, plus homogènes, plus nerveux, meilleurs et plus beaux seront les produits. Toutefois, un fer bon de sa nature, qui a été bien travaillé dans le four à puddler ou qui a déjà subi plusieurs usinages n'a pas besoin d'être mis en paquets aussi épais ou d'être étiré autant qu'un fer qui se trouve dans des conditions opposées. De même, on diminuera la quantité de l'étirage par l'emploi de paquets à section restreinte, si le fer fini que l'on fabrique devra encore éprouver des chaudes ultérieures avec étirage, indépendamment de celle qui est nécessaire pour l'obtenir.
Les dimensions des paquets en largeur et en hauteur doivent varier suivant qu'on en opère le serrage aux cylindres ou au marteau.
Lorsqu'on fait usage de cylindres, la hauteur des paquets est limitée par la plus grande levée du cylindre màle qui, dans les laminoirs à tôle, par exemple, est ordinairement de 0"',18 à 0"",22, mais peut quelquefois atteindre 0'",40. Pour cette dernière hauteur, les cylindres soudants doivent avoir un diamètre considérable, à moins qu'ils ne soient à cannelures non emboîtantes et décroissantes, auquel cas la hauteur du paquet se trouve prise par moitié dans le cylindre màle et dans le cylindre femelle.
On abandonne généralement les cylindres à cannelures pour le serrage des paquets de plus de 0'",40 de largeur, parce que, à cette limite, la pression latérale n'est plus assez énergique pour souder les joints verticaux. Aussi compose-t-on ordinairement les piles pour tôles de 1000 k. et au delà de plaques corroyées superposées, de la même largeur que les piles, et ces trousses, dépourvues de joints verticaux, sont soudées entre des cylindres unis.
La longueur et souvent la largeur des paquets dépendent du poids de ces derniers, mais peuvent varier suivant que le corroyage a lieu au marteau ou aux cylindres.
Les cannelures des cylindres ne pouvant avoir que des dimensions limitées, le marteau offre sur les cylindres l'avantage de permettre l'emploi de paquets plus larges et plus hauts. Aussi, ne fût-ce que pour cette raison, le fer martelé est généralement mieux soudé, plus pur, plus dense et plus tenace que le fer simplement laminé ; mais le marteau soude, en outre, mieux le fer, parce qu'il n'exerce qu'une compression, tandis que les cylindres, par la différence de leurs diamètres, contrarient l'action comprimante. Le seul inconvénient du martelage consiste en ce qu'il exige une seconde chaude pour le laminage.
509. Couverture. — Définition. — On appelle couverture un couple
CHAP. I. FATBUICATION DU FEU CORROYÉ
de barres dont on garnit les faces supérieure et inférieure des paquets et qui sont généralement de même nature que l'intérieur, excepté qu'elles ont subi une chaude et un étirage de plus. L'intérieur des paquets étant en fer ébauché, on prend pour couverture le môme fer corroyé une fois.
510. Avantages des couvertures. — Elles donnent aux barres une surface exempte de pailles et de gerçures. — Le fer ébauché se distingue par le manque d'homogénéité, par sa surface pailleuse et ses bords criqués. Ce n'est qu'à force de ressuages et d'étirages qu'on parvient à lui donner une texture uniforme et une surface lisse, exempte de déchirures, de manière à le convertir en barres irréprochables. Sans les couvertures, la réussite des barres en fer ébauché exigerait la mise en œuvre de paquets à section souvent trop considérable, eu égard au matériel dont on dispose, et de là résulteraient dans tous les cas un surcroît de dépense pour l'étirage et quelquefois la nécessité d'une chaude supplémentaire. La couverture, en masquant les défauts du fer ébauché, permet l'emploi de paquets moins gros, moins longs à étirer, et peut dispenser d'une seconde chaude. A la vérité, le fer corroyé coûte 5 fr. de plus aux 1 00 k. que l'ébauché, mais cette dépense est largement couverte par les avantages indiqués.
SU. Propriétés des barres modifiées. — Lorsque l'ébauché est cassant à chaud, par suite de la présence d'un excès de soufre, l'emploi de couvertures convenables offre le moyen d'étirer ce fer en barres bien remplies, sans criques et sans défauts.
Souvent le corroyé du même fer que celui qui compose la masse intérieure peut servir de couverture à ces paquets, car le corroyage ne rend pas seulement le fer moins tendre ou moins cassant à froid, mais il diminue aussi sa fragilité à chaud.
On voit que les couvertures, tout en procurant des barres de belle apparence et exemptes de défectuosités, permettent encore de donner à celles-ci des qualités particulières par la variation des fers dont on compose l'intérieur des paquets. Ainsi les barres fabriquées avec l'ébauché de fer rouverin jouissent d'une grande résistance à froid, parce que cette qualité caractérise les fers qui cassent à chaud.
512. Diminution du déchet. — Enfin, on admet que la couverture étant plus dense, mieux nettoyée, plus compacte et plus réfractaire que le fer ébauché qui compose l'intérieur des paquets, elle diminue le déchet et empêche les paquets volumineux de se brûler à la surface pendant la chaude. En effet, le chaufliigc à cœur de ces paquets exigeant un temps assez long, leur surface peut se trouver surchauffée, avant que l'intérieur n'ait atteint le blanc soudant, de sorte que, si cette surface ne résistait pas mieux que l'intérieur à l'attaque du feu
374 SECTION 111. RÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.
oxydant, non-seulement elle subirait un grand déchet, mais encore elle maigrirait, se dessécherait ou se brûlerait et l'on n'obtiendrait que des barres défectueuses. On sait que le fer plus ou moins altéré ou brûlé à sa superficie est dificile à laminer sans déchirures.
Si le paquet ne s'est brûlé qu'extérieurement et sur une très-petite profondeur, les bords des mises deviennent seuls assez aigres pour ne pas se souder, et alors le paquet porté au laminoir sort avec des mises très-apparentes, bien que l'intérieur soit fortement soudé. Un fer laminé trop chaud se reconnaît à sa cassure qui est toujours grenue et foncée en couleur.
613. Inconvénients des couvertures. — Une couverture trop réfractaire, eu égard au métal intérieur, se détache au laminage, ou bien, si elle reste soudée, le paquet fait ce qu'on appelle la queue de poisson, c'est-à-dire que les barres de couverture se séparent en emportant chacune une moitié du paquet, ou encore, si l'intérieur a assez de corps pour ne pas s'ouvrir sous l'influence de l'étirage inégal, il s'allonge plus que la couverture et la partie exprimée forme des bouts écrus trop long.
Toutefois ces effets peuvent encore tenir à d'autres causes. En efl'et, le fer ne se soude dans le four que lorsque le feu est brillant, c'est-à-dire bas; mais alors il subit un déchet et les paquets voisins de l'autel peuvent se brûler à la surface, quoique l'intérieur ne soit pas encore assez chaud. Lorsqu'on vient à récharger la grille, la flamme cesse d'être oxydante, mais elle ne chauffe pour ainsi dire que les paquets éloignés du rampant et jamais assez pour les faire souder. De même, le fer ne se brûle pas lorsque, par suite de quelqu'accident au laminoir ou pour toute outre cause, on ferme le registre du four('); mais alors le fer se refroidit et la couverture peut atteindre une température inférieure à celle du blanc soudant, tandis que l'intérieur du paquet reste encore assez chaud, et dans ce cas il est évident qu'au laminoir la couverture ainsi refroidie doit se détacher comme si elle était trop réfractaire. Cet efl'et se produit encore, lorsqu'on arrivant au laminoir, un paquet est trop chaud pour pouvoir être laminé sans tomber en pièces ; on expose alors le paquet à l'air, qui refroidit la couverture plus rapidement que l'intérieur, et si ensuite on passe le paquet aux cylindres, il peut abandonner sa couverture, faire la queue de poisson, etc. Enfin, lorsque le diamètre du cylindre supérieur du
(') Lorsqu'on prévoit un arrêt, on a soin do charger avant tout la gj ille d'une quantité de charbon conforme à la durée présumée de l'arrêt, et si cj chômage se prolonge au delà du temps prévu, on ferme le registre, en ayant soin de ne pas laisser trop refroidir les paquets.
CHAP. I. FABRICATION DU FER CORROYÉ
laminoir ne présente pas un excès suffisant sur le diamètre du cylindre inférieur, à plus ferle raison lorsque ces diamètres sont presqu'égaux, la barre inférieure de la couverture se soude, mais la barre supérieure, qui est moins pressée, se détacbe et se recourbe vers le haut. Aussitôt que cet accident se présente, un ouvrier se hâte de redresser et de rabattre sur le paquet la barre détachée en frappant dessus à coups de maillet de bois.
Souvent le défaut de soudure dont il s'agit ne se manifeste que longtemps après le laminage sur des rails mis en place dans la voie ferrée. La seule action des véhicules fait que la couverture se détache ou bien le rail s'exfolie au bourrelet ou, comme on dit, il se lamine. Ces défauts de soudure doivent être attribués à la réunion d'espèces de fer différentes qui, non-seulement ne s'échauffent pas également vite, mais subissent, en outre, des retraits différents durant le refroidissement.
On peut vérifier la composition du paquet par l'aspect de la cassure d'une barre laminée ou en humectant la section transversale de la barre d'acide sulfurique dilué, qui fait reparaître les mises diverses dont elle est formée.
314. Couvertures en ébauché. — On reproche avec raison aux couvertures ordinaires d'être dispendieuses et d'augmenter les difficultés d'un soudage parfait. Certes, une bonne qualité de fer ébauché, exempt des défauts que présentent les barres de l'intérieur des paquets, mais de même nature que celles-ci, conviendrait mieux pour couverture que le corroyé du môme fer, parcequ'il garantirait mieux que ce dernier le soudage exact sur toute l'étendue des barres ; mais où trouver régulièrement ce fer ébauché ? Un puddleur habile, disposant d'un bon four, d'un bon combustible, etc., peut faire une ou deux fournées de fer ébauché aussi bon que le fer corroyé ; mais cet ouvrier se fatigue, son four s'use, la fonte change de qualité, le charbon s'humecte ou s'altère de diverses manières, le foyer s'encrasse, il se forme des cheminées dans le combustible, le chargement de la grille ne se fait pas en temps opportun, etc., et de toutes ces causes pertubatrices, qui peuvent, d'ailleurs, intervenir une à une, deux à deux, etc., doivent résulter mille variations désavantageuses dans la qualité des fers produits, de sorte que la fabrication régulière d'un fer ébauché convenable et uniforme doit être considérée comme impossible, et c'est pour cette raison qu'on s'en tient encore au corroyé pour former la couverture des paquets.
Toutefois, les paquets pour tôle font exception à cette règle, par suite du travail considérable qu'ils doivent subir avant d'arriver aux dimen-
SECTION III. — UÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.
sions des tôles finies. Ces paquets, qui constituent réellement des masses, à cause de la grande quantité de riblons qu'on met dans leur intérieur, reçoivent des couvertures en fer ébauché; mais on prend pour cet usage un fer d'un numéro supérieur à celui des autres fers ébauchés qui forment la partie principale des paquets et l'on a des fours à puddlcr uniquement consacrés à la production des ébauchés pour couvertures.
51 5. ConfecHon des paquets. — Comme les paquets diffèrent, nonseulement suivant l'espèce de fer qu'on Aihrique, mais encore, pour un même fer, d'une usine à l'autre, nous en étudierons la composition et l'arrangement ainsi que la main-d'œuvre du paquetage, en traitant de chaque espèce ou forme de fer en particulier.
51 6. Cubage des paquets. — Ce calcul a pour objet la détermination de la quantité de fer fini qui résulte d'un paquet donné et, ce qui est le cas ordinaire, celle du |)oids que doit avoir un paquet pour la production d'un fer fini proposé. C'est principalement lorsqu'on doit fabriquer des échantillons de dimensions fixes qu'il importe de bien déterminer le poids des paquets. Est-il trop faible, les barres n'auront pas les dimensions exigées et devront être rebutées; est-il trop fort, les barres seront trop longues et subiront un grand déchet à l'aflfranchissage. Cette détermination se fait en ayant égard à la pesanteur spécifique des fers qui composent les paquets, aux déchets des fers au four et à l'étirage et au poids des bouts écrus qui tombent à l'affranchissagc des barres.
On comprend ordinairement le déchet à l'étirage dans celui qui a lieu au four. Quant à l'affranchissage, il peut se faire à chaud, au moyen de la scie, comme pour les rails, par exemple, ou bien à froid, en se servant de la cisaille. Dans le premier cas on doit tenir compte de la quantité dont le fer se retire par le refroidissement.
517. Confection des masses. — Atelier de fogotage. — Les masses ou fagots se façonnent et se moulent pour ainsi dire dans une forme en fonte composée de deux plans réunis en bas par une portion de cylindre et présentant en haut umî ouverture légèrement évasée. A l'extérieur la base de la forme est plane. Les deux faces latérales ou joues de la forme portent trois entailles dans le sens vertical, et la base demi-cylindrique est évidée jusqu'à une certaine profondeur suivant le plan des entailles, afin qu'on puisse relier le fagot serré dans la forme. La fig. 18, pl. 5, est un plan, et la fig. 19 un profil ou une élévation par bout de la forme.
On comprime les riblons au moyen d'un grand levier en fer. A cet effet la forme repose sur un banc, pl. b, fig. 16 et 17, muni à
CHAP. I. FABRICATION DU FER CORROYÉ
rune de ses extrémités d'une bride en fer dans laquelle on engage le crochet du levier, et à l'autre extrémité d'un treuil autour duquel s'enroule une chaîne destinée à serrer le levier sur le fagot. A une petite distance de la bride, le banc est entaillé pour recevoir la forme. On maintient le levier dans la position qu'on lui a donnée au moyen du treuil, en engageant un cliquet dans les dents du pignon qui se trouve à l'une des extrémités de cette machine.
Indépendamment de la forme et du banc à masses, on doit avoir : 1° une espèce d'enclume ou un bloc en fonte placé sur le banc et servant à dresser les morceaux de feraille avant de les introduire dans la forme ; 2° un marteau de 2 k. pour le même usage ; 3" un marteau de 4 k. pour battre le fagot serré dans la forme au moyen du levier; i" deux tenailles de IS pouces de longueur pour nouer les liens qui sont en fer fendu de 2 lignes carrées, et 3° un petit four d'une forme analogue à celle des fours dormants, pour chauffer les liens, au moyen d'un feu d'escarbilles.
L'atelier se compose d'un four à liens et de plusieurs bancs de fagotage avec leurs accessoires. Chaque banc est desservi par un ouvrier.
Pour faire les fagots, on met la feraille, morceaux par morceaux, dans la forme, en ayant soin de les serrer le plus possible et de les ajuster de manière que les extrémités des fagots deviennent planes. A l'intérieur, on loge le menu et, à l'extérieur, on place les gros morceaux, ou bien une bande de tôle. Quand les fagots ont atteint l'épaisseur voulue et un poids compris entre 50 et 6S k., on les comprime avec le levier, on les bat avec le marteau de -4 k., et, sans desserrer le levier, on les relie aux extrémités, puis on retire le levier et on met le lien du milieu. Alors le fagot est achevé.
Le procédé qui vient d'être décrit sert à confectionner les masses proprement dites. On y emploie les meilleures qualités de fers, tels que rognures de tôle, fer à fins grains, bouts de fers marchands de choix, fers au bois, etc. On en charge 12 dans le four à réchauffer et on les bat au marteau avant de les laminer.
Une autre espèce de fagots, appelés paquets, se confectionne au moyen d'une forme analogue à celle qui a été décrite plus haut, mais moins longue, sans entailles et entièrement plane au fond, ou non concave en bas, et placée sur un support quelconque à hauteur d'appui. On y emploie, à l'extérieur, des bouts de rails aplatis par le laminage au sortir de la scie et sans chaude nouvelle, et, à l'intérieur, des bouts de rails bruts, des bouts de fers marchands ordinaires, etc. Dès qu'un paquet est fait, on le serre, sans battage préalable, au moyen de deux
SECTION 111. RÉCHAUFFAGE, COUROYAGE ET FINISSAGE.
liens aux extrémités, puis on y chasse par les deux bouts quelques morceaux de fer, au moyen du marteau de deux kilogs, afin de mieux remplir les vides qui peuvent encore exister. Ces paquets sont réchauffés cl laminés sans cinglage préalable. On fait des paquets simples qui pèsent 45 à 80 k. et dont on charge 16 dans le four à réchauffer, et des paquets doubles ou de longueur à peu près double, pesant 80 k. et dont 10 composent un chargement du four à réchauffer.
Au laminoir de Couillct, le fagotage occupe quatre ouvriers qui travaillent à rentreprise et reçoivent pour 1000 k. de masses 2 fr. 20, pour 1000 k.de paquets de 48 k. 1 fr. 80, et par 1000 k. de paquets de 80 k. 1 fr. 10. La mitraille est apportée dans l'atelier par un ouvrier spécial, au moyen d'une brouette, mais les faiseurs de paquets doivent aller chercher eux-mêmes les bouts de rails relaminés dont ils ont besoin et les couper de longueur à la cisaille. Les 4 ouvriers susmentionnés peuvent gagner chacun 3 fr. par jour en hiver et 4 fr. 78 en été. On ne travaille pas la nuit. — Chaque feu de réchauffage peut durer 5/4 d'heure.
518. Pesanteur spécifique des fers. — On fabrique du fer corroyé et du fer fini. Les paquets pour corroyé se composent seulement de fer ébauché. Les paquets pour fer fini résultent généralement de mises en nombre variable d'ébauché placées entre deux couvertures en fer corroyé.
On peut admettre qu'en moyenne un pouce cube (de Prusse) de fer ébauché ordinaire, d'ébauché fer grenu pour tètes de rails ou d'ébauché nerveux au bois pèse 0,28 livre (Zolipfund) ; que ce poids est de 0,268 livres pour l'ébauché acier puddlé, fer à fins grains ou fer de riblons ; de 0,273 livres pour les fers corroyés et de 0,280 livres pour les corroyés d'acier puddlé et de fer ù fins grains.
519. Évaluation des déchets au réchau/fage et à l'étirage. — Les déchets dans le four à réchauffer dépendent: 1° de l'état du four; 2° de l'habileté du chauffeur ; 3° de la texture, de la pureté, de la densité et des dimensions du fer; 4» de la quantité de la charge du four.
1° Nous admettons le four en bon état.
2° On doit fournir des paquets plus pesants aux mauvais chauffeurs qu'aux bons, pour compenser les déchets qui sont toujours la suite d'un travail mal conduit.
3" Le fer nerveux exige pour se souder une température plus élevée et subit pour cette raison au réchaufl'age un déchet plus grand que le fer grenu, de même que le déchet de la fonte au puddlage est plus grand pour le premier fer que pour le second. — Le fer provenant d'une fonte au coke déchoit plus que le fer au bois, parce qu'il est moins pur que ce dernier, et la même différence s'observe entre les
CHAP. I. FABRICATION DU FEU CORROYÉ
déchets que les fontes au coke et au bois subissent à l'affinage. — Le fer corroyé étant plus pur et plus dense que le fer ébauché, il s'échauffe plus lentement, mais subit moins de déchet au four que ce dernier. De môme le fer corroyé deux fois déchoit moins que le fer corroyé une fois. Sur les petits fers la perte sera moindre que sur les gros.
4.» Il serait bon de restreindre plutôt que d'augmenter la charge ordinaire des fours. L'enfournement d'un nombre trop grand de paquets à la fois augmente les difficultés du réchauffage et donne lieu à des déchets considérables, principalement sur les paquets défournés les derniers. On conçoit qu'il n'en peut être autrement : lorsqu'il y a un grand nombre de paquets dans le four, le laminage exige beaucoup de temps et on doit ouvrir souvent les portes du four, ce qui produit des effets d'autant plus funestes et plus rapides que le fer est bon à laminer, c'est-à-dire chauffé au plus haut degré.
En 1843, Dehez a mis cette vérité en évidence par une gradation des charges dans un four de fenderie établi à Couillet et dont les charges ordinaires variaient de 600 à 1000 k., suivant la grosseur des paquets. Ayant enfourné seulement trois paquets pesant chacun 8 k., il n'a trouvé que 0,S pour 100 de déchet; dans trois chaudes consécutives, respectivement à 6, 12 et 30 paquets, le déchet a augmenté de plus en plus avec le nombre des paquets et, à la dernière charge, qui pesait 240 k., il était arrivé à 5 pour 100, enfin, à la charge complète de 600 k., il a atteint le chiffre de 12 pour 100.
La perte par oxydation pendant l'étirage du fer à un échantillon donné est plus grande lorsqu'on opère au marteau que dans le laminage, parce que le marteau travaille plus lentement, ce qui prolonge le contact avec l'air et peut exiger plusieurs chaudes. Il est vrai que la haute température à laquelle s'exécute le laminage augmente le déchet, mais cette augmentation ne change guère le résultat définitif. Les chiffres que l'on donne pour les déchets du réchauffage comprennent les deux pertes au four et à l'étirage.
Partant du principe qu'il vaut mieux obtenir des barres trop longues que trop courtes, on admet dans les calculs un déchet plutôt trop grand que trop petit et on adopte pour tous les fers les nombres que donne le fer ébauché par le corroyage exclusif au marteau.
Bien que très-souvent les fers se fabriquent en une chaiide, cependant il y a beaucoup de fers qui exigent deux chaudes et, dans ce cas, on peut adopter l'une ou l'autre des méthodes suivantes, savoir : 1° les paquets, arrivés au blanc soudant, passent une ou plusieurs fois par quelques cannelures dés cylindres dégrossisse urs, puis rentrent dans le four pour reprendre la chaleur soudante perdue, et sont ensuite
380 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.
laminés en barres; 2° les paquets à la température du blanc soudant, sont forgés au marteau, puis, après une nouvelle chaude, laminés en barres finies.
Voici, en centièmes des produits, les pertes de poids que le martelage en deux chaudes fait éprouver aux fers ébauchés :
Iw martelage. 2">« martelage.
Fer ébauché ordinaire 9 14
» nerveux 8 12
» acier puddlé à fin grain. . 6 10 Les paquets composés de fer ébauché et de fer corroyé, ou seulement de fer corroyé, subissent au réchauffage des déchets moindres que les mêmes paquets formés d'ébauché seulement, mais comme ils éprouvent, par contre, des pertes plus grandes au laminoir, il y a compensation et nous pouvons admettre les mêmes déchets pour les trois espèces de paquets.
520. Bouts écrus. — La proportion des bouts défectueux qu'il faut retrancher des barres laminées croît avec la quantité de fer ébauché que le paquet contenait.
Laminés en barres finies, les paquets forgés qui, par eux mêmes, renferment déjà des bouts écrus, donnent des bouts défectueux relativement plus longs, que les paquets combinés de brammes et d'ébauché uniformément découpés à longueur.
Généralement le poids des bouts écrus décroît en raison de la simplicité du. profil des barres.
La proportion des bouts mauvais décroît à mesure que la longueur des barres finies augmente. Considérons, par exemple, trois barres ayant respectivement 10, IS et 20 pieds de longueur, mais pesant chacuneslOO livres, et soit la longueur totale des deux bouts écrus de chaque barre égale à 1 pied, nous aurons :
Longueur des barres finies ... 10 IS 20 pieds.
Poids net des barres finies ... 100 100 100 livres.
Poids brut des barres laminées . . 110 106,67 lOS »
Soient de plus trois barres de la même section transversale et pesant chacune 10 livres par pied courant, nous aurons, en prenant de nouveau pour leurs longueurs respectives. . . 10 15 20 pieds.
Poids net 100 150 200 livres.
Poids des deux bouts écrus, ensemble de 1 pied de longueur. . . 10 10 10 »
Poids brut 110 160 210 »
100 livres de poids net exigent : bouts 10 6,67 5 » poids brut. 110 106,67 105 »
CHAP. I. FABUICATION DU FER CORROYÉ
Ces calculs démontrent que les frais de fabrication diminuent avec la longueur des barres laminées des paquets de la même qualité. Voilà pourquoi, lorsqu'on dispose d'un moteur assez fort, on lamine souvent d'un paquet une barre ayant deux ou trois fois la longueur requise et l'on découpe ensuite cette barre en deux ou trois morceaux de la grandeur voulue.
Avec la longueur des barres croît la production et diminue le décbet, ce dernier étant une fraction du poids brut. Enfin^ une grande longueur des barres permet de diminuer le poids du fer enfourné pour une même production.
521. Exemples. — • Bien qu'on distingue trois espèces de décliets, savoir, ceux au four, ceux au laminage et ceux à la cisaille, cependant on ne tient compte que de deux décliets, savoir au four et à la cisaille, parce qu'on comprend le déchet au train dans le déchet au four.
Pour obtenir 100 k. de petits l'ers marchands et de feuillards, on compte qu'il faut 105 k. de fer en billettes ou grilles, plus 5 à 10 pour bouts et défectueux, ou 107 de fer ébauché et 5 à 10 pour bouts et défectueux.
Les derniers déchets sont également admis pour la fabrication des fers marchands gros et moyens avec des ébauchés en piles régulières appelées trousses ou paquets-
On admet que les divers numéros de fer subissent les déchets totaux pour 100 de fer marchand dans les rapports suivants :
Pour 100 de corroyés à rails ou fers marchands, il faut 110 k. de fer ébauché en trousses plus 6 pour le bout (on n'en coupe qu'un).
Pour rails ordinaires, les déchets au four et à la scie sont respectivement de 10 et de 18 à 20 pour 100.
Pour obtenir 100 k. de tôle forte ordinaire, on compte qu'il faut, en moyenne et indépendamment de la perte au cisaillage, HO k. de paquets (masses) en ébauché et en fer de riblons, les paquets étant de 200 k. et au-dessous.
La perte des tôles au cisaillage est variable. Les tôles carrées ou rectangulaires de dimensions moyennes perdent moins que les tôles longues, peu larges et façonnées, mais les tôles obtenues au train universel font exception à cette règle. A Seraing, on prend la perte totale au réchauffage et à la cisaille des brammes battues au marteaupilon égale à 15 pour 100.
Les bidons ou les platinés en fer corroyé pour tôles moyennes et pour
N"» 3 et i.
382 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.
tôles fines subissent i ou 2 pour 100 de déchet au four et au plus 15 pour 100 à la cisaille et les bidons en ébauché pour tôles à clous 5 ou 6 pour 100 au four et 7 à 10 pour 100 à la cisaille.
En général, la perte qu'occasionne la deuxième chaude nécessitée pour certains fers ou paquets est peu élevée, parce que le premier réchauffage suivi de la compression a purifié et condensé le fer.
322. Cubage approximatif des paquets dans les usines. — Le cubage des paquets exigeant rarement une grande exactitude, on le fait souvent à l'aide de règles dites à calculer, mais on y procède aussi par des calculs directs, en veillant à ce que les paquets soient plutôt trop grands que trop petits.
A cet effet, on calcule le poids du mètre cube de l'échantillon à fabriquer, en faisant le produit de ses trois dimensions qu'on multiplie par 7800, et en ajoutant au résultat la valeur des déchets au four et à l'affranchissage.
Supposons, par exemple, qu'on demande une tôle de 2'", 01 de long, 0'",61 de large et 0"',003 d'épaisseur. La surface de cette tôle sera 1">%23. Il faudra majorer cette surface de IS p. 100 ou de 0'»%18 pour les rognures, ce qui donnera pour la surface l-^^il, pour le volume O-^^OOI et pour le poids 31'', 20 ; mais à ce poids il faut ajouter 3,12 pour les déchets au four et au train, de sorte que le poids qu'on devra donner au paquet pour obtenir la tôle des dimensions prescrites sera de 34'',32. Si le forgeage avait lieu au marteau frontal, il faudrait majorer ce chiffre. Autrefois on prenait 36 k.
C'est toujours le surveillant du train qui fait ces calculs.