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FERS MARCHANDS

523. Notions générales. — A Seraing, on lamine les fers des dimensions ci-après :

Ronds . • . . de S, 6, 7 jusqu'à 72 mill. en augmentant d'un mill.

« 73, 80, 8b » UO » » de S »

plus ISO et ICO mill.

Carrés .... de 3, (i, 7 jusqu'à S8 en augmentant d'un mill.

» 60,63, 70 » 110 » de 3 «

plus 120, 150, UO, 130 et 160 de 10 » Octogones -l . . de 9, 10 H, 12 à 60 mill. » de 1 »

CIIAP. II. — FERS MARCHANDS

Plats et feuillards . de 10, 11, 12, 13 à iO mill. largeur sur l à 22 mill. épaisseur.

n 42, U, ie, iS à 68 » 1 à 52 »

» 103, MO, 113 à ISO » 4. à 56

« 160, 180, 193, 200 et 210 mill. 6 ii 50 » « 2^0 et 270 mill. » 10 et plus.

S24. Généralités. — Pour fabriquer les fers marchands de divers échantillons, on emploie le plus souvent trois trains, destinés respectivement aux gros, aux moyens et aux petits fers. On désigne sous le nom de train marchand, celui qui donne les fers de gros échantillon ; les deux autres trains , ordinairement réunis et placés sur une même ligne, constituent le petit train, que je décrirai dans l'article suivant.

Il n'y a pas de limite bien tranchée, dans les diverses usines, entre les fers que l'on fabrique au train marchand et au petit train : dans quelques unes, le petit train donne presque tous les fers marchands ordinaires, et le train marchand n'est employé que pour dégrossir et pour la fabrication des échantillons extraordinaires ; dans d'autres, c'est, au contraire, au train marchand que l'on confectionne la plupart des échantillons, tandis que le petit train est exclusivement consacré aux petits fers.

Un train de laminoirs marchands se compose généralement de deux équipages de cylindres, suivis, quelquefois, d'un espatard. L'un des équipages de cylindres sert à dégrossir et l'autre à finir les barres. L'espatard, lorsqu'il existe, s'emploie pour allonger les fers plats et glacer leur surface, mais on le remplace le plus souvent par une large cannelure réservée dans les cylindres finisseurs (v. § S34).

Les cylindrss ont de 3S à -40 centimètres de diamètre , et de 0'",90 à 1" de table. Les espatards ont au plus 0™,30 de table. La vitesse du train varie entre 65 et 100 tours par minute. Les grands diamètres et les faibles vitesses s'emploient pour les trains destinés à la fabrication des plus gros échantillons de fer ; les petits diamètres et les grandes vitesses, pour les faibles dimensions.

Très-souvent on fabrique au train marchand des corroyés, des rails et des fers fendus ; à cet effet, on garnit les cages du train de cylindres appropriés au fer qu'il s'agit de fabriquer, et, pour les fers fendus, on fait suivre le train d'un équipage à trousses de fenderie.

Les cages et leurs garnitures, les tabliers d'entrée, les plaques de gardes, les guides et contre-guides, les fondations et, en général, toutes les parties, autres que les cylindres, étant les mêmes pour le train marchand que pour le train ébaucheur, je n'aurai à m'occuper, dans cet article, que des cylindres. J'indiquerai d'abord les règles pour le tracé des cylindres, et je ferai connaître ensuite les collections de quelques usines.

384 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, COnROYAGE ET FINISSAGE.

ARTICLE PREMIER

GnOS TBAIN.

a) DES CYLINDRES.

525. Tracé des cannelures rondes. Dégrossisseurs, pl. H, fig. 6. — Du point a comme centre, avec un rayon assez grand, on décrit une circonférence de cercle, et on trace les deux diamètres perpendiculaires 6c et al. On divise la circonférence en 10 parties égales et des points de division e et d, comme centres, on décrit les arcs In et Ip, avec un rayon égal à ei = dh. On divise al en cinq parties égales et on porte une de ces parties de î en n et de A en p. D'autre part, on prend ic et hb égales à la moitié d'une des parties dont il vient d'être question et on réunit les points n et c et les points b et p par des arcs de cercle ayant la moitié de ai pour rayon.

526. Finisseurs marchands. — Soit ab, pl. 11, fig. 7, le diamètre de la cannelure. Tracez sur ce diamètre une circonférence de cercle et menez de perpendiculaire sur ab. Des points a elb, comme centres, avec un rayon égal à ad, décrivez les arcs dne et dme. Divisez ces arcs en six parties égales, puis des points m, n, o, p, comme centres, avec un rayon égal k mpr, on décrit les arcs ru, st, vu et kt. La figure tdue sera le profil de la cannelure à creuser dans les cylindres. Malgré l'évasement des cannelures formées d'après ce procédé, le fer qui les a traversées est parfaitement rond, si, toutefois, on l'a retourné, durant le laminage, tantôt dans la direction de, tantôt la direction tu, pour faire disparaître les coutures qui ont pu se produire. Ce tracé laisse à désirer.

527. Cannelures carrées. — Voici la manière ancienne de tracer une cannelure carrée dont on connaissait la diagonale. Après avoir tiré la ligne de contact des deux cylindres, on marquait sur cette ligne la place que devait occuper la diagonale du carré, puis du milieu de cette diagonale, comme centre, et avec un rayon égal à la moitié de la diagonale, on décrivait une circonférence de cercle. Après quoi, on menait un diamètre perpendiculaire au premier et on joignait par des droites les extrémités des deux diamètres. D'après ce tracé, chaque cannelure représentait exactement la moitié d'un carré, mais dans la pratique, on abattait un peu les arèles, de manière à allonger la diagonale horizontale, afin que le fer ne fût pas pincé entre les cylindres, ce qui aurait produit des bavures (v. § bol). —L'évasement pour chaque cannelure était à peu près égal à la différence entre sa hauteur et celle

CHAI'. II. FERS MARCHANDS. 385

de la cannelure qui précédait. Quelquefois on le prenait égal à i/s du diamètre de la cannelure, comme pour les fers ronds, et on laissait entre les cannelures un intervalle de 8 à 12™, non compris 1 evasement.

Les inconvénients de ce tracé, qu'on pourrait appeler théorique, sont : 1° de ne pas empêcher la production de bavures; 2° de ne pas faciliter assez l'entrée des barres dans les cylindres et 5° de produire, par le refroidissement inégal des arêtes trop vives et de la masse centrale, des barres à surfaces concaves.

Dans le tracé actuellement suivi, on distingue les cannelures finisseuses à gros et à petits carrés et les cannelures à dégrossir ou étirantes. Dans les cannelures finisseuses à gros fers qui sont au nombre de 2 à 4, selon les circonstances, on prend le diamètre vertical plus court que le diamètre horizontal, de telle sorte qu'il en résulte entre les côtés de la cannelure en haut et en bas, non pas un angle droit, comme dans le tracé ancien, mais un angle de 92 1/2 degrés ; et pour rendre l'écart de .la forme carrée exacte imperceptible, on passe le fer une deuxième fois dans la dernière cannelure, après lui avoir fait faire un quart de tour.

Ce procédé n'est pas applicable aux petits fers, qui ne comportent pas toujours un deuxième passage dans la même cannelure et pour lesquels il doit y avoir, à la dernière cannelure, un guide d'entrée exact, à moins que le lamineur ne prenne un soin particulier pour les y introduire. Voilà pourquoi on donne à cette cannelure, pour les fers dont il s'agit, la forme d'un carré parfait, mais en revanche, on incline, dans les autres cannelures, les côtés supérieurs et inférieurs sous un angle de HO». Cette inclinaison est également adoptée dans les cannelures étirantes ou dégrossisseuses pour carrés gros et moyens, et, lors du placement des cylindres, on laisse entre les collets un petit intervalle qui permette, au moyen de quelques essais de laminage, de trouver la meilleure position à adopter.

Au lieu des cannelures à peu près carrées que nous venons d'indiquer comme convenables à l'étirage et au dégrossissage pour fer carrés et qui ne sont à proprement parler que des cannelures ogives à côtés droits, on se sert pour les gros fers carrés aux premiers passages d'ogives véritables et pour les petits carrés aux mêmes passages d'ogives à côtés seulement un peu courbes, les ogives ordinaires n'offrant pas l'exactitude nécessaire à partir d'une certaine limite.

S28. Tirage des cannelures rondes et carrées. — Le tirage ou la loi de décroissance des cannelures rondes et carrées ne dépend, en quelque sorte, que des dimensions des fers. Le décroissement des côtés ou des diamètres marche ordinairement par 4."""', depuis 0°',081 et au-dessus, jusqu'à 0"',0S4; par 2™, depuis 0"',0I)4 jusqu'à 0'",03, et par !■"">,

SECTION III. RÉCHAUFFAGE, CORnOYAGE ET FINISSAGE.

depuis O^jOS jusqu'à 0™,02, afin d'obtenir tous les échantillons nécessaires. On modifie d'ailleurs le décroissement pour les gros fers, comme pour les petits, selon les échantillons à fabriquer et en se guidant d'après les principes que j'ai exposés au commencement de ce chapitre.

Dans les cannelures carrées étirantes ou dégrossisseuses, la grande différence entre les diamètres horizontaux et verticaux comporte un décroissement très-rapide sans empêcher l'introduction des barres ; mais les cannelures finisseuses à fers carrés gros et moyens exigent que la décroissance des côtés ne dépasse pas 10 pour 100.

529. Cylindres employés pour ronds à Couillet. — Ronds de 2S0 à 150 mm. — Ils se fabriquent au train à rails, dans lequel on remplace les trios pour rails par des duos pour ronds. — Dégrossisseurs : ils portent deux cannelures carrées analogues à celles du dégrossisseur, pl. 17, fig. 18, et deux cannelures ogives tracées d'après le procédé décrit plus bas, § 551. — • Finisseurs : ils ont six cannelures rondes tracées d'après le deuxième procédé décrit plus haut, | 526. Pression, moyenne 14 mm. Toutes ces cannelures sont finisseusses, ou du moins peuvent l'être ; voir plus loin.

530. Ronds de 150 à 25 mm. — On les fabrique au train marchand de l/t pouces. Dégrossisseurs : il n'y a pour tous ces ronds qu'un seul équipage dégrossisseur, analogue à celui qui se trouve représenté, pl. 17, fig. 18 ; voir plus loin; il porte des cannelures carrées et des cannelures ogives, tracées d'après le procédé décrit ci-dessous, § 531. — Finisseurs : toutes les cannelures sont tracées d'après le deuxième procédé décrit plus haut et se trouvent distribuées sur quatre paires ou équipages de cylindres que nous désignerons par les lettres a, b, c et d.

Nombre des cannelures ....

Diamètres des ronds, mm. . . .

Pressions moyennes, mm. . . .

531 . Ogives pour passer aux ronds et aux carrés. Tracé de Couillet. — 6c, pl. il, fig. 8, étant égal au diamètre de la cannelure, tracez le cercle bdce ; des points b, d, c et e, comme centres et avec un rayon égal à bd, décrivez les arcs dfe, bhc, etc. ; des points d'intersection h, g, f, i, comme centres et avec le même rayon décrivez les arcs dmc, etc., vous aurez l'ogive cherchée, moins les congés aux extrémités du diamètre horizontal et les rabattements aux extrémités du diamètre vertical. Les

CHAP. II. FEUS MARCHANDS

premiers s'obtiennent en déterminant des points c et b, comme centres, les points l, r, k, etc., avec un rayon égal à i/is du diamètre horizontal de la cannelure, et les seconds en diminuant à l'une et à l'autre extrémité le diamètre vertical de i/i3(*).

La forme évasée des cannelures ogives favorise l'élimination des scories et accélère le laminage. Les évasements produisent sur les barres des bavures que l'on détruit en faisant faire un quart de tour aux barres, lorsqu'on les dirige dans une cannelure nouvelle, et en engageant les barres deux fois dans la dernière cannelure. Si les cannelures étaient dépourvues de ces évasements, il se produirait des bavures très-minces qui se refroidiraient trop promptement pour pouvoir s'effacer dans la cannelure suivante. Il n'est pas nécessaire d'évaser la dernière cannelure, parce que le fer en y arrivant est assez froid pour ne plus prendre de bavure.

On ne fait guère usage des ogives dont le grand diamètre est au-dessous d'un pouce ou de O^jOSG, principalement lorsque les côtés en ont une forte courbure, parce qu'alors elles ne comportent pas l'exactitude nécessaire. Pour des cannelures étirantes d'aussi faibles dimensions, il vaut mieux substituer aux ogives des ovales que l'on fait alterner avec des carrés.

Comme les cannelures ogives, en raison de leur simplicité, facilitent le placement exact des cylindres, on les distribue volontiers dans le petit train sur des trios, afin de pouvoir laminer dans les deux sens : il suffît à cet effet de veiller à ce que le cylindre du milieu reçoive un diamètre d'environ une ligne plus petit que le cylindre supérieur et d'environ une ligne plus grand que le cylindre du dessous.

Ogives pour gros ronds. Tracé silésien. — Au moyen de la hauteur ab de la cannelure comme diamètre, /«gf. 9, pl. H, on décrit un cercle, on mène les diamètres horizontal et vertical, on porte 1/5 du rayon vers f et 0, et du centre en d et c, et 1/10 de en x et de c en y. Cela fait, on mène les parallèles ndm et qcr, puis des points y et x, comme centres et avec un rayon égal à ya, on décrit les arcs nam et qbr; enfin, en considérant les droites on, oq, fm et fr, comme des cordes, on décrit les arcs des mêmes noms avec un rayon égal à la moitié de ab.

Les cannelures obtenues d'après ce tracé servent pour finir les gros

C) Je crois qu'il y a, dans le texte, une erreur en ce qui concerne les rabattements aux extrémités du diamètre vertical. Ces rabattements se déterminent en traçant des points d et e, comme centres et avec un rayon égal à i/is du diamètre horizontal de la cannelure, des arcs de cercle et raccordant, par un arc do courbe, les points u et < et q et s, où les arcs de cercle coupent les arcs de l'ogive. H. V.

SECTION III. nÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.

ronds. On en emploie ordinairement deux consécutives, en adoptant pour tirage i/i2 environ du diamètre ab, et on fait passer la pièce deux fois dans l'une et l'autre, ou bien une fois dans la première et trois fois dans la seconde, en lui faisant faire chaque fois un quart de tour.

533. Ronds moyens de plus de 3/4 de pouce. Autre tracé silésien (flg. 10, pl. \ 1). — Portez de a vers c et de b vers d i/sdu diamètre de la cannelure. Portez ensuite de a vers e et /" et de 6 vers g et h, i/e du diamètre. Tracez enfin les arcs yd, lui, etc., en considérant les droites des mêmes noms comme les cordes d'arcs décrits avec un rayon égal à 7/8 de ab.

534. Cannelures plates. — Les cylindres à fer plat ne sont pas disposés symétriquement l'un par rapport à l'autre, comme ceux à ogives, carrés, ovales ou ronds ; l'épaisseur du fer est prise tout entière dans le cylindre inférieur ou femelle, et les cannelures de celui-ci sont assez profondes pour emboiter les rondelles ou encolures du cylindre supérieur. Il résulte de cette disposition que les diamètres des parties travaillantes du mâle sont toujours plus grands que ceux des parties correspondantes du cylindre femelle, et que le fer, déjà disposé à suivre la cannelure dans laquelle il se trouve engagé, se rabat sur les gardes et ne peut s'enrouler autour du cylindre supérieur. Dans quelques usines on déroge à cette habitude, lorsqu'il y a des cannelures très-profondes, parce que la trop grande différence de diamètre rend les vitesses respectives des parties travaillantes trop inégales, peut occasionner des arrachements et des défectuosités à la surface des barres et exposer le cylindre inférieur à se rompre. On répartit alors les évidements d'une manière égale sur les deux cylindres, comme pour les cannelures rondes ou carrées. Par ce moyen toutes les cannelures obtiennent la même ligne du milieu. Mais il vaut mieux creuser toutes les cannelures dans le cylindre inférieur seulement, en relevant les plus profondes et en abaissant les moins creuses, de manière que les lignes du milieu des diverses cannelures se trouvent à des hauteurs différentes et ne forment plus les prolongements d'une même droite.

Dans les équipages à gros fers plats, tels que les ébauchés et les corroyés, les cannelures emboîtent les rondelles d'environ O^jOâ, et le plus grand diamètre du cylindre supérieur dépasse celui du cylindre inférieur d'environ 0",0S, c'est-à-dire, du double de la hauteur de l'cmboitement. Tous les cylindres à fer plat présentent des dispositions analogues, ce qui permet d'obtenir différentes épaisseurs de fer avec les mêmes cannelures, en réglant convenablement la hauteur du cylindre mâle.

CIIAP. II. FEUS MAUCIIANDS.

Souvent les cylindres à fers plats se montent à bascule, comme les cylindres à tôles, ce qui permet de réduire le nombre des cannelures dans le rapport de 5 à 1, ou de fabriquer avec les mêmes cylindres trois échantillons de fer au lieu d'un, ou encore, de se procurer, avec la même dépense, un matériel trois fois aussi considérable qu'au moyen de la disposition ancienne ; mais ce changement ne s'applique ni à la fendcrie, ni au petit train qui sont trop sujets à se déranger.

Beaucoup de métallurgistes admettent que les pressions dans les cannelures à fers plats doivent suivre une loi déterminée et mathématique. D'après ces métallurgistes, on fait varier la hauteur des cannelures, en leur donnant une largeur constante pour un même échantillon, ou en augmentant légèrement cette largeur depuis la première cannelure jusqu'à la dernière. Dans le premier cas, on donne un peu d'entrée aux cannelures du cylindre femelle, c'est-à-dire qu'on les évase un peu, afin que le fer puisse s'en dégager plus facilement. Dans le second, cet évasement est moins nécessaire, mais toujours utile.

Lorsqu'on fait varier la largeur des cannelures, l'accroissement successif est au plus égal aux 0,09 de l'épaisseur qu'a le fer avant d'y être engagé. Dans cette limite, les arêtes des barres se conservent sans gerçures et la pression latérale dans les cannelures est suffisante pour aplatir les côtés.

Dans le cas de largeur constante des cannelures, le fer plat se fabrique avec du fer carré, dont le côté est égal à la largeur du fer à obtenir. Dans le cas d'accroissements successifs des cannelures en largeur le fer carré dont on se sert a des dimensions moindres, la dépression ou l'écrasement marche un peu plus vite, on peut économiser des cannelures, l'introduction des barres est facilitée et les chances de produire des bavures se trouvent diminuées.

Le plus souvent le tirage ou la décroissance de la hauteur dans deux cannelures consécutives est pour les grandes dimensions comme S : 4, et si la qualité du fer est bonne, comme 4 : 3, et môme comme 3 : 2 ; et dans les dernières cannelures pour les plats d'un petit nombre de lignes d'épaisseur, comme 2 : 1, et même plus.

Le nombre de cannelures plates nécessaires au finissage d'un échantillon varie de 3 à 5, et toujours on tâche d'en réunir le plus grand nombre possible sur la même paire de cylindres. Souvent on supprime les cannelures finisseuses des divers échantillons, et on les remplace par une partie cylindrique plus large que le fer lui-même, au moyen de laquelle on aplatit encore la barre d'environ 0'",002. Cette large cannelure , appelée poUssoir, s'emploie pour les fers de moins de

SECTION m.

UÉCIIAUFFAGE, COIlUOYAGE ET FINISSAGE.

gmm d'épaisseur. Si le fer était plus épais, il pourrait s'élargir d'une manière inégale dans le polissoir.

Dans les usines belges, on donne toujours aux cannelures plates, surtout aux grandes^ un léger évasemenl du dedans au dehors, afin de faciliter la sortie du fer et d'épargner à la machine un travail inutile. Par le même motif on fait accroître successivement la largeur des cannelures d'une même série. D'après les observations qui ont été faites dans ces usines, lorsque la barre est aussi large que la cannelure, et qu'en outre il y a pression, même médiocre, la cannelure est étranglée, c'est-à-dire que la barre ne sort pas et que les cylindres tournent inutilement. Alors il faut jeter du sable en masse à l'entrée de la cannelure pour la dégager et faire sortir la barre par bonds et secousses. Cependant, on a constate qu'à partir d'une certaine pression et d'une certaine largeur, par exemple, à partir de 127""" de large sur IQmm d'épaisseur et sous une pression de 2 mm., comme cela a lieu à la cannelure finisseuse, le fer ne s'élargit presque plus. La nature du fer influe aussi sur la tendance à l'élargissement ; ainsi les fers puddlés s'élargissent plus que les fers affinés au charbon de bois ; les fers mous et impurs davantage que les fers durs et dépouillés des matières étrangères, etc. La même observation s'applique à la température du métal.

En Belgique, il y a des tourneurs de cylindres qui donnent 0»',0015 d'élargissement aux cannelures pour les plats de 76™" et au-dessus, et jmra seulement pour les plats au-dessous de 70"™ de largeur. Ailleurs, l'élargissement dans les grandes cannelures est de 3 à 6""% et dans les petites de s/i à 3»™. Les plats gros et d'une largeur d'au moins 0"',18 à 0"',24 se fabriquent presque toujours avec des paquets dont on facilite le soudage en intercalant une ou deux cannelures sur champ ; le seul rétrécissement de ces cannelures vers le fond exige déjà qu'elles s'élargissent de 8 à 16™" sur les bords (Tunner).

Pour que les arêtes des barres soient moins sujettes à s'érailler dans le passage par les premières cannelures de chaque série, on ne fait point celles-ci à vives arêtes dans le fond, mais on y réserve un petit c/ian/rem, comme on le voit pl. 18, fiçi. 1 et pl. 11, fig. 1. Les chanfreins qui remplissent les angles du fond d'une cannelure, facilitent le passage du fer et ajoutent à la force des collets. — Par cette dernière raison, il conviendrait de ménager également des chanfreins entre les tourillons et les embases de tous les cylindres ainsi que des pignons (Voir pl. 18,

fig. 3.)

11 n'y a que la cannelure finisseuse pour fer marchand qui reçoive des angles vifs, et même à l'avant-dernière cannelure, on diminue les chanfreins de telle sorte que la dernière palrice forme des arêtes vives

CHAP. II. FERS MARCHANDS

à la partie supérieure de la barre, qu'à chaque passage on retourne sous un angle de 180°.

Comme les collets, dans les cannelures plates, ne sont point ou peu renforcés vers le fond, tandis que le contraire a lieu pour les cannelures ogives, on doit leur donner 2 à 4 fois plus de largeur que dans celles-ci. Toutefois il n'y pas de rapport fixe entre les largeurs des collets et celles des cannelures. Tantôt les collets ont une largeur égale à celle des cannelures, tantôt une largeur des 2/3 seulement. On donne d'autant plus de largeur aux collets que les cannelures voisines sont plus profondes. 11 convient de la rendre au moins égale à la profondeur de la cannelure la moins creuse qui l'avoisine. Le moindre emboîtement des collets dans les cylindres à fers marchands ordinaires est de 0'",006 à 0»,010.

53S. Tracé pratique des cylindres à fers marchands. — Pour tracer des cylindres à fers plats, on mène deux droites parallèles à la distance qui doit exister entre les axes des cylindres achevés et montés, c'est-à-dire, à une distance de 14 pouces, s'il s'agit de cylindres pour un train de 14 pouces, à une distance de 16 pouces, pour un train dit de 16 pouces, etc. Sur ces droites, on marque, par des perpendiculaires, la longueur de table, et l'on fait la division, aussi par des perpendiculaires, en cannelures et en collets. Le tracé commence par la dernière cannelure, c'est-à-dire par la cannelure finisseuse, et se termine par la première. Considérons donc la cannelure finisseuse. On a déjà mené les parallèles qui limitent sa largeur; il s'agit de fixer sa position et sa hauteur par d'autres parallèles. A cet effet, on donne à la rondelle le diamètre du train, par exemple, 14 pouces pour un train de ce diamètre; en dessous de la droite déterminée par ce moyen, et à une distance égale à la profondeur que doit avoir la cannelure, on mène une parallèle qui achève celle-ci; ordinairement on ne marque la hauteur des collets que lorsque toutes les cannelures sont tracées. On voit que, dans la cannelure ainsi déterminée, le diamètre du cylindre mâle est égal ou supérieur seulement de quelques millimètres à celui du cylindre femelle, et que, par conséquent, le fer qu'on lamine au moyen de cette cannelure doit se rabattre sur les gardes. — La cannelure suivante reçoit une profondeur égale à celle de la cannelure finisseuse, augmentée de la pression que l'on a adoptée entre ces deux cannelures ; mais, afin de ne pas trop affaiblir le cylindre inférieur, on répartit la pression ou la différence de hauteur sur la rondelle du mâle et sur le cylindre femelle, de manière que, dans la deuxième cannelure, il y ait, entre les diamètres des cylindres , la môme différence que dans la cannelure précédente. — On opère de la même

392 SECTION III. — RÉCHAUFFAGE, COUROYAGE ET FmiSSAGE.

manière pour toutes les autres cannelures, et, quand on est arrivé à la première, on marque les collets de façon qu'à cette cannelure, qui est la plus profonde, la rondelle du mâle soit emboîtée d'un quart de pouce au moins. La rondelle de cette cannelure se distingue parce qu'on a toujours soin de l'entailler pour la faire mordre sur le fer à laminer. Le diamètre que doit avoir le cylindre brut inférieur étant égal à celui des collets après le tournage, plus 1/2 pouce qu'on enlève sur le tour, on voit que ce diamètre ne sera connu que lorsqu'on aura effectué le tracé qui vient d'être expliqué. Quant au cylindre supérieur, son diamètre, à l'état brut, mais dépouillé sur le tour du demi-pouce dont il vient d'être question, est toujours égal à la distance qui sépare les axes des cylindres montés, c'est-à-dire, à 14 pouces, si le train est de 14 pouces, à 10 pouces, pour un train de 10 pouces, etc. La fig. 3, pl. H, offre un exemple du tracé que je viens de décrire. Voir aussi pl. 18, fig. 1, pour la manière dont on évase les premières cannelures et pour la forme que l'on donne à leurs encolures. Cette forme, comme l'indiquent les côtes, n'est pas parfaitement cylindrique, § 227.

On suit une marche analogue pour le tracé des autres cylindres de laminoirs, notamment pour celui des cylindres à rails.

Lorsque les cylindres doivent porter à la fois des cannelures plates et des cannelures carrées ou rondes, on leur donne un diamètre plus grand sur la zone consacrée aux cannelures plates que sur l'autre zone, et, à l'état brut, les deux cylindres sont égaux entre eux ; seulement on rend le diamètre de la zone à cannelures carrées ou rondes, dans le cylindre supérieur, un peu plus grand que dans le cylindre inférieur, pour empêcher l'enroulement des barres.

S36. Fabrication. — Les paquets sont dégrossis successivement en quarrés et en ogives de dimensions appropriées aux ronds à produire, ensuite on passe le fer dans deux ou trois cannelures des finisseurs, selon le besoin. S'agit-il, par exemple, de fabriquer un rond de 5S mm., on lamine la barre convenablement dégrossie au troisième équipage c, en l'engageant, selon le cas, dans une ou deux des cannelures qui précèdent la cannelure finisseuse, puis dans cette dernière; et si l'équipage finisseur ne portait que la cannelure de b4 mm., par exemple, on relèverait un peu le cylindre supérieur qui doit toujours laisser un petit jeu. On passe les barres trois fois dans la cannelure finisseuse, en leur faisant faire chaque fois un quart de tour sur elles-mêmes.

Au lieu de cinq cannelures carrées, on pourrait n'en mettre que deux aux dégrossisseurs, pl. 17, fig. 18, en équilibrant le cylindre

CIIAP. II. FEUS MARCHANDS

supérieur à la manière du cylindre dégrossisseur dans le train à tôles (V. train à tôles), mais alors on passerait le fer deux fois dans chaque cannelure, on lui faisant faire un quart de tour à chaque deuxième passage. De cette manière on gagnerait beaucoup de place sur la table pour des cannelures ogives et l'on pourrait dégrossir pour un plus grand nombre de dimensions. Observons encore : 1° que ces cylindres sont très-bons pour fers marchands plats et carres et que, si on voulait les faire servir pour ronds, il faudrait remplacer les ogives par ceux de Couillct; 2° que, dans cette usine, la première cannelure se trouve omise sur les cylindres; 3° que toutes les cannelures sont roulantes et que pour empêcher les cylindres de dévier dans k sens horizontal, il serait bon de les munir aux extrémités d'une cannelure plate ou emboîtante.

537. Cylindres pour couvertures. — Les fig. k, 5, 6, pl. 18, représentent, d'après Tunner, à un douzième de la grandeur d'exécution, les cylindres pour couvertures employés à l'usine d'Alvensleben. Fig. k, cylindres dégrossisseurs. Fig. 5, cylindres finisseurs. Fig. 6, coupe pour montrer la façon en trèfle de l'extrémité des cylindres. En modifiant la position respective des finisseurs, on peut, au moyen de ces cylindres, obtenir des fers plats de plusieurs épaisseurs, par exemple, dans la paire figurée, entre 4 et 8 lignes.

On peut faciliter ces modifications en adoptant, ainsi qu'on l'a fait à Couillet, une disposition analogue à celle que présente l'équipage finisseur du train à tôles.

538. Laminoir universel de M. Benjamin Roy, des forges de Savone (Italie), pour le laminage des fers plats ordinaires (R. V., t. 27, p. 150 et t. 28, p. 153). — La fig. 12, pl. 19, fait connaître les dispositions principales de ce laminoir. A et 1), sont deux cylindres supportes par leurs tourillons, et terminés par des trèfles, comme à l'ordinaire. Le poids du cylindre supérieur est équilibré par des leviers à contre poids, et sa levée est réglée par des vis de pression, comme dans les trains à tôle.

Vers le milieu des deux cylindres sont des rondelles saillantes « et 6 de même largeur, et qui se correspondent. Contre la rondelle a du cylindre supérieur s'applique une bague en fonte c' tournée, dressée et alézée, ayant la largeur du fer que l'on veut obtenir. Celte bague, enfilée à la main sur le corps du cylindre, porte un prisonnier qui glisse dans une rainure pratiquée dans ce dernier, afin qu'il l'entraîne dans son mouvement de rotation. La rondelle b forme un des côtés de la cannelure, où le fer sera lamine ; l'autre face latérale de cette cannelure est produite par un manchon M, en fonte, tourné et alézé selon le

394 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.

diamètre du cylindre inférieur, sur lequel il s'engage à frottement doux et dont un prisonnier lui fait suivre le mouvement de rotation.

Un écrou E, maintenu par un contre-écrou F, permet de rapprocher plus ou moins, suivant la largeur de la barre à laminer, ce manchon qui s'applique avec très-peu de jeu contre la bague du cylindre supérieur.

Une seconde cannelure est formée de l'autre côté des rondelles fixes a et b, par un système semblable de bague, de manchons et d'écrous. En général, le laminage se fait dans une seule cannelure dont on réduit la hauteur à chaque passage successif de la barre, suivant la progression qu'indique l'expérience pour chaque sorte de fer; mais quelquefois, il est avantageux de se servir de la seconde cannelure pour donner au fer les deux derniers passages, et c'est ce qui a lieu principalement pour des fers très-minces.

b) SEUVICE DU LAMINOÏK.

559. Appareils dont se compose le laminoir marchand de Coiiillet. — La fabrication des fers marchands les plus usuels comprend : i" un train de 14 pouces anglais suivi d'une fonderie et disposé ordinairement pour la fabrication de rails ; 2» un train de 10 pouces et un train de 8 pouces, dit en coquille, placés sur une même ligne ; 3° plusieurs cisailles, dont une à chaud, et 4° six fours à réchauffer. Lorsqu'on veut fendre au train de 14 pouces, ou fabriquer de gros fers marchands ou des corroyés, on remplace les cylindres finisseurs pour rails par des cylindres à cannelures plates ou par d'autres cylindres conformes au fer qu'on veut obtenir. Les dégrossisseurs de ce train servent pour tous les fers, et même pour ceux qu'on se propose de laminer au moyen du petit train. On ne fabrique jamais simultanément des rails et du fer marchand, et le nombre des fours qu'on active pour le laminoir marchand varie d'après l'importance des commandes.

540. Personnel. — Le personnel attaché au service des fours dépend du nombre de ces appareils qu'on emploie. Lorsqu'on travaille, par exemple, avec trois fours, ce qui est le cas ordinaire, on doit avoir deux maîtres chauffeurs et trois aides. Chaque maître, avec un aide, fait le service complet d'un four, et les deux maîtres, avec un aide, se partagent le travail au troisième four, par exemple, l'un enfourne dans ce four et l'autre défournc.

11 doit y avoir autant de cisailleurs que de fours en activité. Ces ouvriers coupent le fer, forment les paquets, les pèsent en présence de l'employé, et les transportent, au moyen de brouettes, aux fours respectifs qu'il s'agit d'alimenter.

CIIAP. II. FEUS MARCHANDS

Le nombre des ouvriers nécessaires, dans chaque brigade, pour le service du train, dépend du genre de travail qu'on fait, et non du nombre des l'ours qui fonctionnent; que l'on n'emploie qu'un four ou que l'on en emploie cinq, le personnel des lamineurs est le même, pourvu qu'on fabrique le même fer. En général, le personnel du train se compose : 1° d'un maître lamineur, dont les fonctions principales consistent à laminer le fer au moyen de l'équipage finisseur; il est placé du côté de l'entrée des cylindres de cet équipage, répond de l'échantillonnage et n'abandonne les barres que parfaitement finies ou les envoie aux rebuts, s'il y a lieu ; il est en outre chargé de monter et de démonter les cylindres, et dans ce travail il est assisté par tous les ouvriers du train ; 2" d'un dégrossisseur ou deuxième lamineur qui, placé à l'arrière de l'équipage finisseur, rattrape pour le maître, lorsque celui-ci travaille ; ou bien fait les mêmes fonctions que le maître, c'est-à-dire, engage le fer dans les cylindres et se trouve du côté antérieur du train, lorsqu'on corroie ou dégrossit ; ô" d'un troisième lamineur qui rattrape pour le deuxième, lorsque le maître se repose et que le deuxième travaille du côté de l'entrée des cylindres; ou bien se place sur le devant d'un équipage et y introduit le fer, lorsque le premier et le deuxième travaillent l'un comme lamineur et l'autre comme rattrapeur à l'équipage îmtëscm ; k° A\m quatrième lamineur qui est rattrapeur du troisième ou fait les fonctions de crocbeleur ou vaque à d'autres travaux, lorsque ce dernier rattrape lui-même ; 5° de deux crocheteurs placés l'un à l'arrière des cylindres finisseurs et l'autre à l'arrière des cylindres dégrossisseurs ; 6° de 2 à 4 dresseurs (suivant la nature du travail) : un de ceux-ci est le chef, il indique et présente aux autres les places à dégauchir : les dresseurs, armés de maillets de bois, font disparaître toutes les inflexions des barres au sortir des cylindres et scient ensuite les barres à longueur.

S41. Salaires au train marchand de Couillet en 1870.

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