COMPTABILITÉ DU LAMINOIR DE COUILLET
35. Diverses branches de la comptabilité. — On distingue la comptabilité :
1° De la main-d'œuvre : tenue des calepins de journées, combinaison des journées avec le tarif des salaires, détermination des salaires (feuille des salaires) et feuille des bons ;
2° De la fabrication (la comptabilité technique) : inscription des commandes, mise en fabrication et relevés de fabrication ;
3» Des expéditions: ce qui concerne les envois ;
4° Des réceptions : ce qui se rapporte aux entrées ;
5» Des consommations ; ce que l'usine consomme de son magasin d'approvisionnement ;
6° D'administration (comptabilité générale) : la correspondance, la gestion des affaires, la confection des inventaires, l'élaboration des prix de revient, etc.
34. Journal. — Ce livre, qui est le plus important de la Division, résume tous les autres et expose la situation des affaires et les opérations de la fabrique par quinzaines. On y inscrit par ordre toutes les dépenses afférant à chaque compte de fabrication, telles que la main-d'œuvre, les matières premières (fontes, fers et charbons), les matières diverses (huile, graisse, bois, etc.), les frais prélevés sur la fabrication pour l'amortissement des réparations ordinaires et extraordinaires, les appointements des employés et la part des frais généraux que la Division doit supporter ; de sorte que le total de chaque compte forme le prix de revient exact de la marchandise produite.
On commence par le compte Premier établissement, qu'on débite de la valeur des constructions neuves faites durant la quinzaine et l'on
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continue par les comptes de Fabrication comprenant les fers ébauchés , les fers corroyés, les fers marchands, les fers fendus, les tôles et les rails finis.
A la fin de chaque quinzaine, tous les comptes de fabrication se balancent, les deux premiers par le compte Magasins, qui reçoit les ébauchés et les corroyés, et les quatre derniers par le compte Produits finis, dans lequel les autres fers passent directement aux prix de revient. Ce dernier compte résume seul tous les autres et présente la perte faite ou le bénifice réalisé par la Division.
Vient ensuite le compte Magasins généraux, qu'on débite de tous les objets de consommation achetés et entrés pendant la quinzaine pour les besoins de la fabrication, et que l'on crédite au moyen de tous les comptes de fabrication auxquels il fournit ces objets.
Enfin on a le compte Comptabilité centrale, qui relie la Division à la comptabilité centrale : il se débite par le crédit du compte Produits finis, qui a fourni tous les produits vendus pendant la quinzaine.
Tous ces comptes se rattachent cntr'eux et se débitant réciproquement les uns par le crédit des autres, on conçoit que, lorsqu'on est arrivé à la fin des articles de débit, chaque compte se trouve en même temps crédité par les comptes auxquels il a fourni et que, par conséquent, le compte Comptabilité centrale, par lequel tout doit passer, indique exactement la fraction du capital social que représente la division.
35. Feuilles relatives au paiement. — Classement de ces feuilles. — On distingue les feuilles auxiliaires et les feuilles définitives ou principales. Les premières, qui servent de base à la confection des secondes, relèvent la fabrication, le nombre et le prix moyen des journées, etc. Les secondes sont consacrées au puddlage, au réchauffage, aux salaires, aux bons et à la répartition.
La confection de ces feuilles s'opère au moyen des comptes-rendus ou des rapports de fabrication, des calepins de journées, du livre des amendes, des retenues pour les blessés, du tarif des salaires, du taux des entreprises et des règles adoptées pour la répartition entre les divers trains.
36. Feuilles auxiliaires. — A. Puddlage. — On a deux feuilles du puddlage.
ha première est un relevé des différents ébauchés produits à chaque four et des quantités totales des différents ébauchés pour tous les fours. Elle relate, en outre, le nombre des journées des deux pauses et le prix moyen des journées du premier et du deuxième puddleurs à chaque four. Elle se fait : pour le relevé de la production, d'après le livre de fabrication du puddlage (rapports journaliers) ; pour le nombre
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des journées, d'après les calepins des journées de puddlage, et pour le prix moyen des journées, d'après la combinaison de la somme afférante à chaque four du chef de sa production mensuelle et relatée dans une feuille de calculs, avec le nombre des journées consacrées à la production actuelle dont il s'agit. Cette feuille est conçue sous la forme d'un tableau dont les colonnes respectives portent les titres suivants : n"* des fours, fer n" 1, fer n° 1 castine, fer à canne de verrerie; n° 2, n° 2 castine ; n° 5 ordinaire, n" 3 castine, n" 3 première qualité, n° 3 spécial; n° 4 câbles, câbles castine, n» k castine ; fin grain, acier ; total des ébauchés à chaque four, nombre de journées des deux pauses, total des journées à chaque four, sommes à payer, journée du premier puddleur, journée du deuxième puddleur.
La deuxième feuille renferme les calculs des sommes à payer à chaque four en raison de sa production d'après le tarif des salaires du puddlage et la production des différents ébauchés extraite de la feuille précédente.
B. Train ébaucheur. — Les ouvriers de ce train étant payés sans égard aux différents numéros des ébauchés, il suffira de combiner le tarif des salaires avec la production totale d'ébauchés, donnée par la première feuille auxiliaire.
C. Trains à fers marchands. — On a un train à gros fers désigné spécialement sous le nom de train marchand, un train moyen et un petit train appelés respectivement train n" I et train n» IL
On fait : a) pour chaque train, 1" autant de feuilles qu'on a fabriqué d'espèces de fer différentes pendant le mois : elles indiquent, non-seulement les diverses sortes de fers produits, mais encore les rebuts et les fers ébauchés ou autres qui ont servi à la fabrication ; 2° une feuille donnant la récapitulation des différents fers produits : ces feuilles, 1° et 2», ont plutôt rapport à la comptabilité qu'au payement, attendu que les ouvriers sont payés aux 1,000 k. sans distinction de la qualité des fers produits, excepté pour le train n° II, dont les ouvriers touchent un salaire différent, suivant qu'ils fabriquent du feuillard ou d'autres fers : ces rélevés, 1° et 2°, indiquant les productions totales des deux pauses réunies, se font d'après le livre des rapports de fabrication aux trains;
b) au moyen du tarif des salaires appliqué à la production distincte des deux pauses, on fait une feuille de calculs, un brouillon, pour déterminer la somme qui revient à chaque train du chef de sa fabrication ainsi que le prix moyen de la journée de chaque ouvrier de ce train ;
c) une feuille qui résume les feuilles a) et b) et porte : les noms et qualités (chauffeurs, lamineurs, botteleurs, machinistes, cisailleurs, peseurs, etc.) des ouvriers des deux pauses, et en regard, le prix moyen de leur journée et les productions respectives des deux pauses.
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D. Surveillance. — Il y a pour ce service une feuille auxiliaire qui porte les noms du chef de fabrication et des contre-maîtres et indique ce qui leur revient d'après le tarif des salaires et des différentes productions respectives. Pour ceux de ces employés qui ne sont pas à l'entreprise, on place à priori les salaires à côté de leurs noms.
E. Entreprises spéciales. — Ces entreprises sont la conduite des matières, l'entretien des fours, les ateliers généraux, la masserie, le magasin, les voyages, les journaliers et divers.
On fait pour la conduite des matières des feuilles-brouillons qui, d'après les rapports journaliers de fabrication, récapitulent par 24 heures le nombre de fours en activité, et déterminent à l'aide du tarif des salaires, les sommes dues de ce chef.
Pour les ateliers généraux (forge des réparations, atelier des tourneurs, etc.), on combine le tarif des salaires avec les différentes productions aux trains, données par les feuilles auxiliaires précédentes.
Pour la masserie, partant du calepin des masses, on relève les productions totales des différentes sortes de masses par chaque ouvrier et on les combine avec le tarif des salaires, ce qui donne sur une feuille de chiffrage la somme due à cet ouvrier. On relève celle-ci sur un tableau que l'on conserve pour l'inscrire sur la feuille des salaires.
En ce qui concerne le magasin, c'est le magasinier qui relève les fers laminés, pesés et entrés ou sortis et expédiés. En combinant les prix aux 1000 k. avec ce relevé, qui se fait dans les rapports de fabrication et dans le livre d'expédition, on obtient globalement les sommes dues aux ouvriers. Deux feuilles imprimées, l'une pour les entrées et l'autre pour les sorties, indiquent ces résultats et se conservent.
Pour les voyages, les journaliers et divers, il n'y a pas de feuille auxiliaire.
37. Eeuilles définitives. — • Ces feuilles, imprimées sous la forme de tableaux, se conservent.
A. . Feuilles des puddleurs. — Il y a pour chaque four et par pause une feuille qui porte à gauche, dans une colonne verticale, les dates du mois, et en regard, le nombre des charges, la quantité de charbon consommé et la production journalière ; à droite, les noms et qualités des puddleurs, le nombre, le détail et le prix moyen de leur journée, la somme qui leur revient, les centimes à retenir pour les blessés, les amendes encourues et la somme qui reste à payer, toutes déductions faites; et à la suite de chaque pause se trouve une récapitulation des sommes dues à chaque four et le total de ces sommes.
Le prix courant de la journée des puddleurs se calcule au moyen
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des deux pauses de chaque four, et non d'après les résultats de l'une d'elles seulement.
Il n'est pas nécessaire d'attendre la fin du mois pour faire cette feuille. On peut y travailler tous les jours, en détaillant les journées d'après les calepins donnés, inscrivant les noms et qualités des puddleurs, rapportant les consommations et les productions indiquées par les rapports journaliers du puddlage, etc.
B. Feuilles des chauffeurs. — II y a aussi pour chaque four à réchauffer une feuille par pause, et elle porte à gauche, dans une première colonne verticale, les dates du mois, puis dans les colonnes suivantes et en regard, le nombre des paquets, la quantité de charbon consommé , celle des ébauchés ou autres fers, ainsi que la production ; et à droite, le total de la production, le nombre des fournées, les noms et qualités des chauffeurs, le détail, le total et le prix moyen de leurs journées, la somme qui revient à chacun, les centimes à retenir, etc. ; enfin, à la suite de chaque pause, on fait aussi une récapitulation des sommes à payer à chaque train : cette récapitulation est donnée par un tableau qui, pour le train marchand, par exemple, offre cinq colonnes, dont la première rapporte deux fois les des fours, par ce qu'il y a deux pauses, la seconde les sommes totales, la troisième les centimes pour les blessés, la quatrième les amendes et la cinquième les sommes à payer.
Le prix de la journée des chauffeurs se calcule pour chaque four et chaque pause séparément, tandis que, chez les puddleurs, ce prix s'obtient au moyen des deux pauses réunies.
On n'a pas besoin non plus d'attendre la fin du mois pour ces feuilles : comme pour le puddlage, on peut y travailler, par exemple, de deux jours l'un, ou tous les trois jours une fois, dans le courant du mois.
C. Feuilles des salaires. — Ces feuilles concernent les quatre trains, les puddleurs supplémentaires, la surveillance, les entreprises spéciales, les journaliers et divers, les bons et enfin les omissions du mois précédent.
1° Feuille des trains. — ■ Elle se compose de deux pages ou parties dont l'une est pour une pause et l'autre pour la seconde. On y renseigne les noms et qualités des ouvriers, les puddleurs ordinaires et les chauffeurs exceptés, le total et le détail ainsi que le prix moyen de leurs journées, la somme qui revient à chacun d'eux, les centimes pour blessés, les amendes à retenir et la somme à payer.
2° Les puddleurs supplémentaires sont les troisièmes pour acier. Une feuille donne leurs noms et qualités, le prix, le détail et le total de leur journée, les centimes pour blessés, etc.
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3° La feuille relative à la surveillance n'est que la feuille auxiliaire analogue mise au net.
Entreprises spéciales. — a) Entretien des fours, conduite et enlèvement des matières. — La première colonne de la feuille indique les noms des entrepreneurs, le nombre de fours en activité par 24 heures aux trains respectifs, le taux de l'entreprise, les sommes gagnée et à payer.
b) Ateliers généraux. — Ce qui se trouve à ce sujet sur la feuille auxiliaire est porté sur la feuille des salaires de la manière suivante : une première colonne renferme les noms et qualités des ouvriers, les trois colonnes suivantes donnent, en regard les sommes totales dues, les retenues à faire et les sommes à payer à chacun, enfin les quatre dernières colonnes portent les détails des sommes dues. Ainsi, pour le maître monteur, par exemple, qui est payé en raison de la quantité et des dimensions des fers fabriqués aux trains marchands, la première des quatre dernières colonnes indique les trois trains marchands, la deuxième les quantités de fer obtenues à ces trains respectifs, la troisième le salaire aux 1,000 k., qui est de fr. 1,14 au train marchand proprement dit, de fr. 0,19 au train n" I et de fr. 0,51 au train n° II ; la quatrième enfin, donne la somme due par suite de chaque fabrication.
c) Masserie. — La feuille auxiliaire concernant cet article se reporte textuellement à la feuille des salaires, mais on n'y fait pas figurer le nombre et le détail des journées.
d) Magasins. — Cette feuille est une reproduction textuelle de la feuille auxiliaire fournie par le magasinier ; on y ajoute en bas les noms des ouvriers, le prix et la somme totale, mais non détaillée, de leurs journées, les retenues, etc.
S" Journaliers et divers. — Cette feuille est une simple reproduction des notes contenues dans le calepin des journées.
6" Feuille des bons. — Cette feuille, formée à l'aide de celles des salaires, des puddleurs et des chauffeurs, est à souches. Elle porte les noms des ouvriers par ordre alphabétique, avec les totaux de leurs journées et les sommes à payer à chacun. L'ouvrier touche son salaire chez le caissier au moyen du^bon qui lui a été remis.
7° Omissions. — On relève, ordinairement sur les réclamations des ouvriers, ce qui a été oublié lors du dernier payement.
38. Bases de répartition. — Les frais de nettoyage, de goudronnage et de réparation des chaudières se répartissent sur les quatre trains proportionnellement aux chiffres 5 (train ébaucheur), 3 (train marchand), 2 (train n° I) et 1 (train n" II).
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On répartit sur les mêmes trains, d'après le nombre des fours en activité et par 24 heures : 1"> l'entretien, les réparations et le nettoyage des conduites ; 2° le salaire de tous les journaliers du laminoir ; 3° la conduite du charbon, des crasses et des cendres, et l'enlèvement des deux dernières ; 4.° la conduite des vieilles pièces de fonte au mouton.
L'article machinistes aux cisailles se répartit sur les trois trains à fers finis proportionnellement aux chiffres 2 (train marchand), \ (train n" 1) et 1 (train n» II).
On répartit suivant les productions respectives des trois trains à fers finis : 1° la somme relative au magasin, 2° le salaire dos employés.
L'article fours à réchauffer est supporté par les trois trains à fers finis en raison des nombres respectifs de fours en activité et par 24 heures.
On répartit ce qui est relatif à la masserie, y compris l'inventaire annuel, d'après les quantités respectives des bouts et des rebuts fournis par les trois trains, sans toutefois changer le compte pour les mitrailles provenant de l'extérieur.
L'article rails (rentrée en magasin, coupage des vieux rails, ajustage, etc.) est imputé au train marchand.
39. Feuilles de répartition. — Il y en a quatre, une pour chaque train, mais les frais pour ateliers généraux et constructions nouvelles s'indiquent à part. Voici le classement des ouvriers aux tableaux des trains :
Le tableau du train ébaucheur comprend treize colonnes intitulées : matières (conduite de la castine et des mines), fontes (conduite de celles-ci), piiddlage (les puddleurs ordinaires et les puddleurs supplémentaires), pilons (les machinistes attachés au service de ceux-ci), machines (les machinistes et les alimenteurs), train (le nettoyage de celui-ci), lamineurs (les lamineurs, les crocheteurs et les rattrapeurs), dresseurs et traineurs, casseurs de barres , marteleurs (marteleurs , ramasseurs de crasses, traîneurs de loupes), peseurs, fours (tout ce qui a rapport aux fours, excepté l'entretien), chaudières (nettoyage des chaudières et entretien des conduits).
Le tableau du gros train marchand comprend dix colonnes intitulées : chauffeurs (chauffeurs et leveurs de portes), lamineurs, cendres (conduite et enlèvement), cisaillage (et conduite aux cisailles), machines (machinistes et alimenteurs), chaudières, botteleurs (etmassiers répartis), chargeurs et peseurs (magasin réparti), fours (ce qui a rapport au compte entretien), magasin (employés du).
Les tableaux des trains n°« I et II renferment les mêmes colonnes que
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celui du train marchand précédent, excepté qu'elles y sont rangées dans un ordre un peu différent.
40. Vérification et contrôle des feuilles de paiement. — Le S de chaque mois, au soir, la remise des feuilles relatives au paiement doit se faire au vérificateur des calculs, qui, au bout d'un temps non déterminé, les renvoie au bureau des laminoirs, où elles sont soumises au contrôle.
Des applications diverses de cette comptabilité se trouvent, entr'autres, dans la section du puddlage.