Ei
États-Unis.
i pieds anglais.
Le laminage, à l'Espérance, se fait avec une vitesse de M tours par minute. La machine est de 80 chevaux. Elle active une paire de cylindres soudants, un équipage dégrossisseur et un équipage finisseur, pour grosses tôles et tôles moyennes.
722. Avantages du laminoir différentiel. — 1» La tôle passant entre les cylindres dans les deux sens, on évite la passe perdue et toutes ses conséquences. 2° Le cylindre intermédiaire, grâce à son petit diamètre, a sur la tôle une adhérence beaucoup plus forte, parce que sa surface de contact avec elle est moindre ; d'où il résulte qu'il faut moins de
CIIAP. IV. FADRICATION DE LA TÔLE.
force pour produire le môme travail, et que les mômes machines motrices qui activent un train du système ordinaire, peuvent servir pour un train du nouveau système comprenant le môme nombre de cages et faisant un travail au moins double. 3° Le travail, en ciïet, est plus que doublé, car il fout moins de passes effectives pour produire la môme réduction d'épaisseur qu'il n'en faut par le système ordinaire, à cause de cette adhérence et de cette pénétration plus fortes du petit cylindre, i" La qualité de la tôle obtenue est supérieure, le poli plus parfait, l'épaisseur égale aux bords et au milieu et les criques moins nombreuses. 5° Le réchauffage devient inutile, môme pour les tôles fines, parce qu'on peut finir le laminage en une seule chaude. 6° On économise donc plus de moitié de force motrice, de temps et de maind'œuvre, à égalité de travail. 7° Enfin, les réparations et les bris de cylindres sont plus rares (').
c) DES CISAILLES.
723. Importance de ces machines dans un laminoir à tôles. — Les cisailles constituent une des parties les plus indispensables de l'usine. Il faut qu'elles soient assez robustes pour le service à faire et bien entretenues, et l'on doit en avoir plusieurs de rechange ; car le plus grand nombre des rebuts et des chômages doivent être attribués aux dérangements de ces machines et aux accidents qu'elles éprouvent.
724. Grande cisaille à gnillotine de Detombay, dite cisaille anglaise. — Cette cisaille composée, comme toutes les grosses cisailles des forges, de deux couteaux dont l'un est fixe et horizontal, et l'autre mobile, légèrement incliné et s'abaissant verticalement entre deux rainures, se trouve représentée, pl. 57, fig. 1 et 2. Fig. 1, élévation vue de face et fig. 2, élévation vue de côté. Échelle 1/20. Les parties principales en sont :
1° La machine motrice qui est de 12 chevaux ; 2» Le bâti ; B, entretoise ;
3» Le support de la mâchoire fixe : il présente une longue partie plate (la table du support), garnie de rouleaux, pour faciliter les mouvements de la tôle, tant en avant, qu'à droite et à gauche : souvent on établit, en outre et dans le même but, un chemin de fer aérien devant l'entrée de la cisaille ;
(') Je dois les renseignements qui précèdent sur les laminoirs Lauth à l'obligeance de M. l'ingénieur Deby, qui a introduit ces appareils sur le continent.
Les laminoirs différentiels ont déjà été établis, en Belgique, à Ougrée, à Longdoz, à la Louvièrc, à Clabecq, et à Charlcroi, cliez MM. Victor Gilieaux et G'". Ils fonctionnent également au Crcuzot et chez MM. De Wcndel, à Hayange. II. V.
512 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.
4» Le bloc muni de la mâchoire mobile : il est contre-pesé par deux leviers à contre-poids P, à la manière du cylindre supérieur de l'un des équipages dans les trains à tôles, de sorle qu'après s'être abaissé, il se relève pour ainsi dire sans le concours de la machine motrice; la section horizontale du bloc et du bâti à l'endroit des rainures dans lesquelles le premier se meut a la forme d'un trait de Jupiter ;
5° La transmission : la machine attaque directement l'arbre a du volant F et du pignon p, qui, au moyen du grand engrenage E, fait mouvoir un arbre a', portant un pignon jo'; celui-ci, engrenant dans les dents d'un grand engrenage E', active un arbre coudé c, portant à l'un et à l'autre coude un poussard ou bielle destinée à faire descendre la mâchoire mobile avec son bloc : ainsi que nous allons le voir, ces deux poussards, m, m', qui reçoivent leur mouvement alternatif au moyen des deux excentriques e et e', peuvent être tenus hors de prise, ce qui empêche le bloc d'être poussé de haut en bas : le nombre des descentes par minute, lorsque la cisaille est en activité, s'élève à six en moyenne;
6° L'arbre horizontal g, qui sert de gouvernail en permettant d'arrêter ou d'activer la cisaille, sans agir sur le moteur : à cet effet, il porte au milieu un demi-parallélogramme articulé fixé par l'autre extrémité à une tige qui réunit les deux poussards : suivant la position de cet arbre, le demi-parallélogramme s'ouvre plus ou moins, ce qui éloigne ou rapproche les poussards du porte-mâchoire supérieur : à l'extrémité droite, du côté du moteur, le gouvernail porte une manivelle M, qui permet d'en régler la position et un levier à boule pesante qui indique et assure les mouvements.
Il parait que cet appareil est susceptible d'une simplification, car la transmission y est trop compliquée, l'arbre a', avec son grand engrenage et son pignon, paraissant superflus.
Cette cisaille pèse 25 à 24-000 k. et coûte 12,000 fr. — Voir plus loin service de la cisaille.
72S. Cisaille à tôles Decoster, qui fonctionne au laminoir de M. Delexhy, à Jemeppe-sur-Meuse Q). — Les fig. 1 et 2, pl. 56, représentent cette cisaille en élévations vues de face et de côté et à l'échelle d'un vingtième. C, cylindre à vapeur. B, boîte de distribution ; t, tuyau qui amène la vapeur. Fig. 5, coupe horizontale par ab, fig. 2 : elle montre certaines dimensions du cylindre à vapeur et de sa boîte, t, tuyau d'admission dont le diamètre intérieur est 0"',0'iS. d, tuyau de décharge dont le diamètre intérieur est 0°',OSS.
(•) Cette cisaille simplifiée est sortie des ateliers de MM. Liebert et C», constructeurs à Liège.
CllAP. IV.
lABHlCATION DE LA TÔLE.
V, firj. 1 et 2, volant. E, grand engrenage, e, pignon. — A, arbre de l'excentrique, qui commande le couteau mobile L' . Cet arbre est légèrement conique, parce qu'il éprouve le plus de fatigue du côté de la lame sécante et afin qu'on puisse au besoin le retirer.
Z,lig. 1, excentrique.
L'arbre A agit par l'intermédiaire de Z et du butoir B' sur le portelame mobile L" avec sa lame L' .
l, fig. 2, levier à contre-poids qui équilibre le porte-lame mobile L" et permet de le relever.
r, fig. \ et 2, levier avec contre-poids servant à l'échappement du porte-lame supérieur ou mobile L" : il permet de mettre les lames en prise ou hors de prise entr'elles sans arrêter la machine. — P, bloc auquel est fixé le couteau ou la lame inférieure L : on peut l'insérer à volonté dans son logement ou l'en retirer, pour le remplacer par un autre bloc, dans le but qui sera indiqué plus loin.
S, bâti en fonte de la cisaille, f et f, deux frettes en fer destinées à fortifier le bâti dans la partie la plus fatiguée où il tend à se rompre, c', côtes de renfort du bâti, b" , boulons, au nombre de deux, qui servent à diminuer les chances de rupture lors d'un grand effort, enlr'autres, lors du découpage de tôles très-épaisses, telles que celles de 0'",02 ou 0",03 d'épaisseur. Il serait dangereux de découper ou de rogner ces sortes de tôles au moyen des cisailles ordinaires, dont le bâti offre rarement la résistance nécessitée par de pareils efforts. A Seraing, on a recours à la cisaille à queue pour les tôles rondes et les autres tôles de plus de O-n^OlS d'épaisseur.
0, fig. 2, ouverture de 0"",9S de longueur qui laisse passer les bouts découpés de la tôle. Si cette ouverture n'était pas assez grande, ce qui toutefois n'arrive que fort rarement, on remplacerait le bloc P par un autre bloc P', fig. 4 et 5 (croquis), qui permet de disposer le couteau dans le sens perpendiculaire à sa position primitive.
Les fig. 6, 7 et 8, même planche, représentent, à l'échelle d'un quarantième, les fondations de la même cisaille. Fig. 6, plan. Fig. 7, coupe-élévation suivant la ligne AB du plan. Fig. 8, vue de côté et coupe suivant la ligne CD du plan, t, trou pour visiter les boulons et nettoyer la fondation : il conduit dans une galerie ou un caveau ménagé à cet effet dans la fondation, m, machine, b, bloc de la cisaille. trous pour mettre les clefs des boulons, v, fig. 8, partie vide pour v' , fig. 2. Il serait bon de faire descendre les boulons jusqu'au-dessous de la maçonnerie de fondation.
Le bloc de la cisaille n'exige presque pas de fondation, puisqu'à Jemeppe on s'est contente de 2 ou 3 couches de briques supportant
5H SECTION III. nÉCHAUFFAGE, CORnOYAGE ET FINISSAGE.
une simple assise en pierre de taille pour assurer la position liorizonlalc du bàli. C'est là un grand avantage de la cisaille à guillotine, car la ^ fondation seule des cisailles à queue coûte autant que la cisaille de Jemeppc tout entière.
En avant des couteaux de la cisaille se trouve une table horizontale sur laquelle on appuyé la tôle à découper ou à rogner. Elle se compose de deux rails parallèles soutenus par des trétaux à la hauteur convenable, placés à une petite distance l'un de l'autre et contenant les axes de rouleaux en fonte qui facilitent le glissement en avant de la tôle à mesure que les sections s'opèrent. La manœuvre des tôles est facilitée par une grue.
Longueur des couteaux 0™,40. Longueur de la section à chaque descente du couteau supérieur O^jSO à O^.SS, suivant l'épaisseur plus ou moins grande delà tôle. Nombre des descentes de la lame supérieure par minute IS à 20- Force delà machine motrice 4 à 6 chevaux. Poids total de l'appareil 4S00 k. Durée possible des lames en acier fondu 3 ou 4 ans. On doit avoir deux ou trois paires de lames de rechange.
726. Avantages et inconvénients de cette cisaille comparativement à la grande cisaille anglaise établie à Seraing. — Le prix de la cisaille de Jemeppe avec sa machine n'est que de 5000 fr., tandis que celui de la cisaille anglaise s'élève de 12 à 14000 fr. L'entretien et le changement des lames sont plus faciles et moins dispendieux. Dans les petites lames de la cisaille de Jemeppe, il y a plus de chance d'obtenir partout une trempe égale que dans les grandes lames de l'autre cisaille. Le dressage et la trempe des petites lames peuvent s'effectuer dans toutes les forges et par des ouvriers ordinaires, tandis que les grandes lames de la cisaille anglaise exigent pour ces opérations des ouvriers spéciaux, des machines à dresser et à raboter, etc.
La grande cisaille anglaise de Seraing n'exige pas comme l'autre cisaille qu'on change la position des lames lorsqu'il faut plus de 0'",95 de distance du bord à couper : voilà le seul avantage de la cisaille anglaise.
La cisaille anglaise fournit moins de coups par minute que l'autre, mais elle coupe des bandes d'au moins un mètre de longueur, à chaque coup, puisque les lames y ont 1"",80 de longueur. Il en résulte que les sections offrent moins de reprises et seront plus nettes. Du reste, l'habileté des ouvriers peut diminuer ou annuler cet inconvénient de la cisaille de Jemeppe. D'un autre côté, avec la petite cisaille, il est plus facile de suivre exactement le tracé de la section à faire qu'avec la grande ; il y a moins de déviation, car la lame supérieure tend à attirer sous elle la tôle avec une force d'autant plus grande qu'elle (la lame) a plus de longueur.
CUAP, IV.
FABRICATION DE LA TOLE
Le service ordinaire du rognage des tôles se fait par sept ouvriers qui, au moyen de la grue, manœuvrent et présentent à la cisaille des tôles de 1000 k.
727. Tenaille servant à manœuvrer les tôles pour le rognage à la grosse cisaille. — La fig. 3, pl. 37, est un croquis de la tenaille employée au laminoir de Jemeppe lez-Licge pour relever les tôles, les soutenir durant le rognage et les déposer ensuite sur un chariot. — c, c', crochets qui tiennent la tôle t'. E, étrier. e, écrou mobile dans lequel peut tourner la vis v'. e', écrou fixe dans lequel se meut une vis V à filet inverse de celui de la vis v'. V, volant calé au milieu de ces deux vis inverses. S, gaine formée de deux tôles placées parallèlement à environ 0",1 de distance l'une de l'autre : à sa partie inférieure elle porte l'écrou fixe e' et h sa partie supérieure deux galets g, g', qui roulent sur le bras horizontal B d'une grue.
S'agit-il, par exemple, d'élever une tôle t, qui se trouve sur le sol de l'usine, on fait tourner le volant V et avec lui les vis v et v' dans la direction convenable pour abaisser l'étrier E et ses annexes, et lorsque les extrémités des crochets c, c', sont arrivées jusqu'à terre, on les engage sur les bords de la tôle, puis, en faisant mouvoir le volant en sens contraire, on fait remonter le système ainsi que la tôle ramassée. La môme manœuvre exécutée dans un sens inverse permet de déposer une tôle rognée sur un chariot placé au-dessous.
La grue, dont l'axe se trouve fixé par un bout sur le bâtis de la cisaille et par l'autre bout h une pièce de la charpente du toit, peut décrire une circonférence entière autour de la cisaille, et comme le chariot S est mobile sur le bras horizontal B, on voit que la combinaison de ces deux mouvements, l'un horizontal et l'autre circulaire, permet d'opérer la suspension de la tôle en un point quelconque du cercle décrit par la grue et par conséquent de soutenir la tôle dans toutes les positions autour de la cisaille. Dès que la tôle ramassée, de la manière indiquée plus haut, sur le sol de l'usine, a atteint la hauteur du bloc de la cisaille, on l'amène devant celle-ci et, après l'avoir rognée sans discontinuer de la maintenir par la grue, on la conduit, toujours par le même moyen, jusqu'au chariot sur lequel on veut la déposer.
A Seraing, oîi l'on a une cisaille à guillotine du plus grand format, on se sert de la même tenaille, à laquelle on a cependant fait plusieurs changements, savoir : 1° on a remplacé la gaînc S, par un étrier en fer de 4 pouces de largeur, et il n'y a qu'un galet g, qui roule sur l'essieu d'un chariot, mobile lui-même, sur un chemin de fer aérien perpendiculaire aux couteaux supposés prolongés de la cisaille ; 2" on
516 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.
a supprimé l'étricr E et fixé les crochets c à charnières à Técrou e.
728. Avantages de la cisaille à guillotine. — La cisaille à guillotine donne toujours des rognures droites qu'on peut faire entrer sans travail dans les paquets de mitraille et autres, tandis que les rognures fournies par les cisailles ordinaires sont contournées et doivent être redressées à froid au marteau-pilon pour pouvoir être employées. Cette cisaille fait aussi plus d'ouvrage dans le rapport de 2 à \. Enlhi, elle permet de débiter les tôles défectueuses au milieu en tôles plus petites pour divers usages. La main-d'œuvre est à peu près la même que pour la cisaille ordinaire.
ARTICLE TROISIÈME
DÉTAILS RELATIFS A LA FABRICATION DES TOLES FORTES ET DES TOLES MOYENNES DANS DIVERSES USINES.
a) USIKE DE SERAING.
729. Consistance ou partie matérielle de la forge. — Cette usine se compose : i" d'un train comprenant un équipage ordinaire à tôle et un laminoir universel; 2° d'une grande cisaille à guillotine et d'une forte cisaille à queue : ordinairement celle-ci découpe les riquettes et affranchit les largets d'ébauché servant de couvertes aux masses, mais on l'emploie aussi pour rogner les tôles en cas d'accident à l'autre cisaille ; 3° de trois bancs à masses et d'une petite cisaille à guillotine pour mettre les riquettes aux dimensions nécessaires et découper les ébauchés ordinaires qui entrent dans les masses ; 4.° de deux fours à puddler pour couvertes et brames en ébauché, de trois fours à réchauffer les masses, d'un four à réchauffer les brames et d'un four dormant ou sans sole pour réchauffer les tôles durant le laminage et pour les recuire après ; 5° d'un marteau-pilon de trois tonnes servant à faire les brames et à battre les loupes pour couvertes.
730. Personnel de l'une des deux brigades. — 1° Le train. — a) Un contre-maître ou chef lamineur chargé de la surveillance ; 6) un premier et un deuxième lamineurs, un ouvrier à la vis de serrage du train universel et deux jeunes balayeurs, l'un d'un côté du train et l'autre de l'autre côté ; c) deux troisièmes lamineurs avec un jeune balayeur ; d) un recuiscur de tôles au four dormant : dès que les tôles sont enfournées, cet ouvrier assiste les lamineurs ; e) un machiniste principal qui conduit la machine et les renversements de marche et un machiniste qui manœuvre le serrage des cylindres unis.
2" Les grosses cisailles. — 9 à 1 1 ouvriers sont attachés au service de
CHAP. IV. FABlllCATION DE LA TOLE.
la cisaille-guillotine. Un de ces ouvriers, appelé le traceur, est le chef : *" il marque les traits, mais ne travaille pas au cisaillage ; un sous-chef travaille avec les cisailleurs et les dirige. A la cisaille à queue, il y a un ouvrier qui découpe pour l'atelier des massiers les riquettes et les rognures provenant de la grande cisaille-guillotine.
Le? ouvriers du train et de la cisaille reçoivent chacun un salaire calculé d'après le poids des tôles finies et rognées, mais on leur garantit un minimum de journée.
3° Atelier de fagotage ou aux masses. — Chaque presse est desservie par deux ouvriers qui font les masses, les pèsent, les compriment et les serrent au moyen de liens ; un des six fagoteurs est le chef : il classe et apprête les riblons et travaille en même temps comme ouvrier à une des presses. Tous ces ouvriers sont payés aux 1000 k. de masses confectionnées et peuvent gagner chacun ^ ou i fr. par jour. Il y en outre un cisailleur qui découpe les ébauchés et les riquettes et un manœuvre qui transporte les fers cisaillés aux presses. Ces ouvriers sont payés à la journée.
4." Les fours. — Les fours à puddler sont à eau et à air et fonctionnent à la manière ordinaire. Quant aux fours à réchauffer, ils sont desservis chacun par trois ouvriers.
S° Au marteau, il y a un marteleur, deux crocheteurs et un machiniste. — Ces ouvriers, comme ceux des fours, reçoivent des salaires calculés d'après le poids des tôles finies. Enfin, il y a pour les brames un peseur et deux aides, chargés en même temps du transport des brames au four à tôles et d'autres travaux, selon les circonstances.
731 . Paquets à tôle. — A Seraing, on distingue trois numéros de tôles ordinaires fabriquées avec des fontes au coke, savoir les n»" 4, 3 et 2. Cette distinction est basée sur la différence des qualités de fer employées pour les obtenir. Tous les numéros, sauf le n° 2, se laissent plier. Indépendamment de ces numéros, on a le n» 5 composé de fer à fins grains devenu nerveux par la perte d'une trop grande quantité de carbone et le n" 6, formé d'acier, soit de puddlage, soit Bessemer, soit cémenté, soit fondu; mais nous laissons de côté ces numéros extra.
Les paquets pour tôles sont rectangulaires et plats. Il faut que les fers qui en composent les mises soient bien droits, que les bords des mises soient bien égaux, de manière que les faces du parallépipède, principalement les deux petites, soient bien planes; enfin, il faut que les paquets soient serrés, bien remplis ou aussi compactes que possible. Lorsqu'on monte un paquet, on a soin de ménager au milieu d'une de ses petites faces une ouverture rectangulaire pour l'introduction du gouver au moyen duquel on le manoeuvre sous le marteau.
818 SECTION ill. RÉCHAUFFAGE, CORUOÏAGE ET FINISSAGE.
Paquets à tôle n" 4. Ils se composent de trois espèces de fer, savoir : 1° de deux couvertures en ébauché de 20 à 25 mm. d'épaisseur qu'on lamine au train à tôle de loupes cinglées d'un bon n° 3 et qu'au sortir des cylindres on affranchit et met à longueur à la scie circulaire, ou bien qu'on laisse refroidir pour en rogner les petits bouts à la grosse cisaille à queue. Souvent on laisse refroidir les loupes cinglées et dégrossies au marteau-pilon, pour les réchauffer et les laminer avec les brames dans le même four et avec les mêmes cylindres : les couvertures ont une surface égale à la section horizontale des paquets dont elles forment la tête et la base ; 2° de riquettes, telles que rognures ou morceaux de tôle, têtes de rivets, etc., de la meilleure qualité, pour former le milieu du paquet ; 3" de deux à 4 mises d'ébauché n" 4, suivant la quantité des riquettes employées : ces mises, destinées à former le logement des riquettes, se placent entre les couvertures, et, s'il y a lieu, à joints croisés : plus il y a d'ébauché, mieux se fera la soudure ou moins il y aura de doublures. .
Paquets n" 3. On y emploie lès mêmes couvertures que pour le n" 4, mais l'ébauché dont on se sert est le n° 3 ordinaire et les riquettes sont moins bonnes.
Paquets n° 2. On leur donne rarement des couvertures. Ils sont formés de 4 à 6 mises d'ébauché n" 2 avec une petite quantité de riquettes de qualité inférieure au milieu.
Les paquets sont soudés dans des fours à réchauffer et battus en brames sous le marteau-pilon, et ce sont ces brames qu'on lamine en tôle après une nouvelle chaude suante. Ordinairement le battage en brames se fait à une chaude : il en exige deux pour les paquets du poids de 400 k., et môme pour des paquets plus faibles, quant ils sont destinés à des tôles de grande largeur.
Les tôles n"^ 3 et 4 de Seraing sont aussi souples que les tôles anglaises, mais elles résistent mieux au choc et à la pression que celles-ci, ce qui tient : 1° au triage attentif auquel on soumet les fers employés, toutes les barres de fer ébauché étant cassées et examinées ; à l'emploi que l'on fait d'un fer fort manganésifère propre, à ce qu'il paraît, à la fabrication du fer à fins grains.
732. Confection des paquets ou masses. — Un banc à masses offre trois parties alignées, savoir : 1» une balance à bascule sur la table de laquelle on monte les paquets et qui donne le poids, 2° une presse à vis pour serrer les paquets et 3° un banc formé de deux rails sur lequel on pousse les paquets pressés et munis de deux liens en faisceaux de fil de fer.
Deux ouvriers, à qui un manœuvre apporte les couvertures sciées à
CHAP. IV
FABRICATION DE LA TOLE
la longueur voulue, l'ébauché découpé à la cisaille et les riblons, font le service d'un banc. Les seuls outils que les massiers emploient sont deux tenailles pour serrer les liens et un petit marteau pour dresser les rognures gauchies de tôle.
Le poids des paquets étant déterminé, les deux ouvriers montent à peu près la moitié d'un paquet sur la balance, font poser également sur celle-ci les mises supérieures d'ébauché et l'autre couverture, logent des riblons jusqu'à concurrence du poids nécessaire, placent les barres d'ébauché et la couverture, mettent le paquet sous la presse, y .appliquent les liens, le font avancer sur les rails et marquent avec de la craie sur la couverture le poids du paquet, sa qualité et, s'il y a lieu, le nombre des chaudes à employer.
On ne travaille pour ainsi dire que de jour aux bancs de fagotage.
Le poids des paquets varie de 100 à SOO k.
733. Essai des tôles à Seraing. — 1° L'épaisseur des tôles se mesure au moyen d'une jauge dont tous les lamineurs de tôle sont munis. Parmi les jauges employées, on cite celle de MM. Shrape et Brown, en Providence (Amérique) ; 2° On essaie la flexibilité, en pliant la tôle à chaud dans les deux sens ; 3° On découpe à la cisaille, dans le sens de la longueur de la tôle, une bande rectangulaire ayant 0">,40 de longueur et 0"",10 de large, on évide le rectangle en gorges de la manière indiquée par le croquis, pl. 34, pg. 10, et de telle façon que les dimensions au milieu de la bande deviennent 20 mm. sur 10 mm., en supposant que l'épaisseur de la tôle soit de 0'",01 ; enfin, on essaie la bande par la traction en la suspendant par le trou o, et la chargeant de poids au moyen du trou o'. La tôle n° 3 doit pouvoir porter un poids de 6,400 k., soit 32 k. par mm. carré de section.
Voir Dinglcr, t. 189, 1868, et An. du Génie civil, novembre 1867, pour l'essai des tôles et des blindages.
734. Couvertures des paquets pour brames. — Ces couvertures se font en cinglant au marteau les loupes au sortir du four à puddler et en les laminant à la même chaude en largets ou plaques larges, soit, au moyen des dégrossisseurs unis du train à tôles, soit à l'aide de cylindres particuliers de hallage annexés à un train ébaucheur. Comme l'équipage à couvertes consomme beaucoup de force, on le place en tête du train pour le rapprocher du moteur.
Le croquis, pl. 28, fig. II, représente les cylindres d'un équipage à couvertes pour paquets à brames de la Compagnie de la Loire qui fonctionne au laminoir de Couillet et que l'on se propose de monter aussi à Seraing. Le cylindre supérieur est équilibré comme celui d'un train à tôles et cet équipage permet de faire dans une seule cannelure des plats
520 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, CORBOYAGE ET FINISSAGE.
de S à SO mm. d'épaisseur; il y a deux cannelures qui servent pour deux largeurs différentes.
Longueur des cylindres 0"',di.
Le renflement r a pour objet d'empêcher le cylindre supérieur de se mouvoir suivant l'axe, ce qui ferait rompre le collet c.
Le croquis, pl. 28, fig. 12, est un autre équipage de la compagnie de la Loire, destiné au même travail, excepté qu'ici il n'y a qu'une seule cannelure.
Le tourillon du cylindre supérieur qui n'est pas figuré, est entièrement semblable à celui du cylindre inférieur.
Les largets obtenus sont coupés à la longueur voulue pour les couvertures ou pour en faire directement des tôles après un simple réchauffage. Il va sans dire que les tôles ainsi fabriquées sans martelage ne peuvent servir qu'à des usages grossiers, tels que des bacs à eau, des réservoirs, des waggonets, etc., ou pour en faire des clous à la mécanique. Quant à la pratique d'employer le fer ébauché comme couverture des paquets à tôle, elle est rationnelle, car lorsqu'on monte les paquets, on place dessus et dessous les barres les plus crues et au centre les fers déjà affinés par l'usinage ; de cette manière, l'extérieur des paquets subissant la plus forte action du feu et de l'air, dans les chaudes successives, on obtiendra une masse uniformément élaborée, ce qui est avantageux pour une bonne fabrication.
73S. Taiif des tôles à Seraing, en 1869.
No 2
No 4
FIN GHAIN.
Tôles de 3 à 4 mill. d'ép"- et l"i,000 de lar
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Tôles striées pour parquets à
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épaisseur, sous tolérance de '/^ de
milljmelre ou poids correspondant. Les toi
es non rectangulaires subissent une a
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tatjon de prix de fr. 20 par
»/oo kilogs.
CHAP. IV. — FABRICATION DE LA TOLE. 521
Tôle n° i de Seraing. Paquets avec couvertes. Intérieur formé alternativement d'une assise d'ébauché et d'une assise de corroyé.
Tôle n" 3. Paquets avec couvertes. Intérieur : 2 assises d'ébauciié en liaut et en bas et riquettes au milieu.
La tôle pour chaudières de locomotives doit se laisser plier.
Tôle n° 2, comme tôle n" 3, mais sans couvertes ; elle ne se laisse pas plier.
Les prix des tôles sont cotés en francs par 1000 kilogrammes franco en waggon à la Station de Seraing payables comptantsous 2 o/o d'escompte ou à 4 mois sans déduction.
Les tôles arrivant au poids de k»» 250 subissent une augmentation qui monte de cent en cent kilogrammes de fr. 20 par mille kilogs.
Les tôles ne sont pas garanties au delà de la frontière.
b) LAMINOIR DE COUILIRT.
736. Partie matérielle de la forge. — On travaille ordinairement avec qualrc fours à réchauffer dont deux servent pour brames et deux pour tôle; on ne fabrique que des tôles ayant au moins 3 mm. d'épaisseur et le travail se continue nuit et jour. Autrefois, on recuisait les tôles ayant moins de 7 mm. d'épaisseur et l'on devait avoir à cet effet un four à sole; aujourd'hui, le train marchant plus vite, on parvient à achever les tôles sans recuit, ce qui a permis de supprimer le four à sole.
Comme nous l'avons déjà dit, le train ne se compose que de deux équipages, l'un à cylindres et l'autre à pignons. Les cylindres font 60 tours par minute, ont l'",90 de table et 0'",61 de diamètre. Comme ils sont à table dure ou coulés en coquille, on doit les mettre sur le tour chaque fois qu'ils exigent une réparation.
Les outils et objets nécessaires pour le laminage sont: 1» deux chariots en fer pour transporter les brames et les tôles des fours aux cylindres et réciproquement; 2° environ IS paires de tenailles plus ou moins fortes, à mors plats de 0»,1S ou 0"',16 de longueur et à bouts forgés en biseau pour pouvoir saisir plus facilement les tôles ; 3° un dallage convenable en taques de fonte et des maillets de bois pour dresser les tôles au besoin ; 4° plusieurs balais pour nettoyer la face supérieure des tôles que l'on engage dans les cylindres.
On a enfin un marteau-pilon de quatre tonnes pour battre les brames, une cisaille ordinaire pour couper les barres au moyen desquelles on forme les paquets, une balance pour peser les fers à l'entrée comme à la sortie, et une grande cisaille dite anglaise pour rogner les tôles et les mettre aux dimensions prescrites.
S22 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, COUROYAGE ET FINISSAGE.
737. Fabrication. — Les tôles de dimensions ordinaires se fabriquent comme à Seraing. Quant à celles de très-fortes dimensions, on les obtient en applatissant, une à une, deux à deux, etc., les brames au train, formant des paquets de deux, trois ou plusieurs de ces largets, suivant le cas, réchauffant les nouveaux paquets et les laminant en tôles. Pour une tôle de ISOO k., par exemple, on superpose (rois largets de SOO k.
738. Personnel. — Il y a pour chaque four un maître et un deuxième chauffeur. Comme d'habitude dans les forges, c'est l'aide qui, muni d'un chariot en fer, conduit les paquets ou les pièces ordinaires à laminer sur le tablier des cylindres et, ce qui arrive rarement, ramène au four les pièces qui doivent être rcnfournces après un premier dégrossissage. C'est aussi lui qui apporte le sable réfractaire qu'on consomme au four et enlève les scories autour de ce dernier. Pour les deux fours à brames, il faut un jeune ouvrier chargé de lever les portes. Enfin, on emploie autant de cimilleurs qu'il y a de fours, c'est-à-dire quatre : ils ont pour fonctions de découper les ébauchés et les rognures de tôle, de faire les paquets et les masses, etc.
Au marteau-pilon, il faut un machiniste qui fait mouvoir ce dernier, un maître marteleur, un deuxième marteleur aussi appelé premier crocheteur, un ouvrier appelé deuxième crocheteur et un autre ouvrier appelé troisième crocheteur.
Pour le service du train, il faut : 1° un maître et un deuxième lamineurs travaillant devant, un troisième et un quatrième lamineurs travaillant derrière ; 2° un serreur de vis ; 3° un ouvrier spécial appelé le leveur de porte qui balaie les tôles à leur entrée dans les cylindres ; 4° un jeune ouvrier qui met la mesure sur les tôles, fait arriver l'eau sur les cylindres, graisse le train et enlève les crasses et les pailles tombées sous les cylindres ; 5° deux machinistes, dont l'un sert au train et l'autre à l'élévateur.
On pèse toujours les fers à l'entrée : ce sont les cisailleurs susmentionnés qui font ces pesées ; ils vont aussi prendre sur la cour le fer dont ils ont besoin.
Une fois par jour et quelquefois seulement une fois par semaine, on pèse les brames et les tôles finies pour connaître les déchets : toute la brigade du laminage est chargée de cette pesée.
La visite des tourillons des cylindres se fait par le maître lamineur, le graissage par le jeune ouvrier susmentionné du train.
Le deuxième lamineur balaie l'espace compris entre le train et les fours, et le troisième lamineur veille à la propreté derrière le train.
739. Service de la cisaille anglaise. — Il est fait par sept ouvriers, qui sont: 1° un maître, qui guide la tôle, entretient la cisaille, monte
CHAP. IV. FABRICATION DE LA TÔLE. S23
les lames et répond des dimensions prescrites ; 2° un deuxième, chargé de mettre les tôles à la ligne : le maître est d'un côté de la tôle et le deuxième de l'autre ; 3» le traceur toujours occupé aux tracés ; 4» trois manœuvres; b° un machiniste au gouvernail, pour embrayer et débrayer la cisaille. Les rogncurs de tôle ne travaillent que le jour.
La direction de tous les travaux du laminoir à (ôle se fait pendant le jour par le chef de fabrication et pendant la nuit par le maître lamineur.
740. Pi'ix de revient des brames. — En travaillant avec deux fours à réchaulïer, on fabrique par 24 heures 10,000 k. de brames. Pour 1000 k. de brames, il faut 1125 k. d'ébauché et de corroyé Q) à 14 fr. les 100 k., soit pourfr. 1123.0,14 ou fr 157,50
et 350 k. de charbon à fr. 14 les 1000 k., soit pour fr. . 4,90
Main-d'œuvre par 24 heures. 4 maîtres chauffeurs ensemble à 28 fr., 4 deuxièmes chauffeurs ensemble à 14 fr., 2 leveurs de porte à 3 fr. ; 2 maîtres marteleurs à 14 fr., 2 deuxièmes marteleurs ou premiers crocheteurs à 8 fr., 2 deuxièmes croclieteurs à 6 fr., 2 troisièmes crochcteurs à 5 fr. 20, 2 machinistes pour gouverner le marteau à 6 fr ; 4 cisailleurs à 1 1 fr. ; total fr. 95,20. Main-d'œuvre par 1000 k. de brames, fr. 9,52. Prix de revient de 1000 k. de brames 172 fr.
741. Prix de revient des tôles. — En travaillant avec deux fours à réchauffer, on fabrique par 24 heures 15000 k. de tôles, rognures déduites. Par 1000 k. de tôle rognée, il faut 1400 k. de brames à
172 fr. les 1000 k., soit pour fr 209,84
et 550 k. de charbon à 14 fr. les 1000 k., soit pour fr. . . 4,90
Main-d'œuvre par 24 heures. Il faut 1 tourneur de cylindres à 5 fr., 1 charpentier à 3 fr. 50, 1 monteur ou ajusteur pour les pièces réparées à 3 fr. 50, 1 forgeron avec son aide ensemble à 6 fr. 50, 1 surveillant de jour 5 fr. : pendant la nuit le service de cet employé est fait par les surveillants des autres trains; 6 machinistes ensemble à 17 fr. ; 4 maîtres chauffeurs à 30 fr., 4 deuxièmes chauffeurs à 16 fr., 4 cisailleurs dont deux à 6 fr. et deux à 5,50, soit ensemble à 11 fr. 50 ; 2 maîtres lamineurs à IC fr., 2 deuxièmes lamineurs à 10 fr., 2 troisièmes lamineurs à 6 fr. 50, 2 quatrièmes lamineurs à 5 fr. 50, 2 serreurs de vis
(1) Pour les qualités supérieures de tôl«s fortes qui doivent être embouties, on emploie le fer à fins grains comme pour la fine tôle. — L'ébauché ordinaire ne revient qu'à 1 1 ou 12 fr. et le corroyé à lî) ou l«. Nous admettons un pi'ix moyen de Uù:, non-seulement parce (|ue la fabrication de la tôle exige un choix attentif des fers, mais encore parce que l'on consomme des quantités plus ou moins grandes de corroyés. Observons cependant que nous faisons abstraction des riquettcs dont on emploie aussi des quantités variables et qui coûtent moins que l'ébauché.
siîCTioN m. — ■
nÉCIIAL'FFAGE, COUROVAGE ET FINISSAGE.
de pression à 6 fr. 30, 2 Icveurs de poric qui balaient les tôles à S fr., 2 jeunes ouvriers qui mettent la mesure sur les tôles, etc., ensemble à 3 fr. SO, 6 ouvriers au magasin à 18 fr., 2 conducteurs de charbon et de cendres à 8 fr., 1 magasinier pour tous les fers à fr. 3 pour les tôles, 1 nettoyeur spécial de l'usine 2 fr., 2 commissionnaires pour tout le laminoir à 1,S0 pour les tôles, I directeur de fabrication à 10 fr., 5 employés pour les écritures de tout le laminoir à 8 fr. pour le train à tôles, quote-part de ce train pour un concierge et un garde de nuit 2 fr., 1 voyageur pour tout le laminoir à 3 fr. pour le train à tôles ; total par
24 beures 20G fr. 50 ; total 1000 k. de tôle fr 15,76
Rognage de la tôle de jour seulement. 1 maître 5 fr. 25, 1 deuxième 4 fr., 1 traceur 4 fr. 25, 3 manœuvres ensemble à 7 fr. 50, un machiniste 2 fr. 50 ; total par 24 heures 23 fr. 50 ;
total par 1000 k. de tôle fr 1,56
Objets divers par 24 heures pour quatre fours, y compris les deux fours à brames. Briques réfractaires 20.4 = 80 pièces à 80 fr. les 1000 = 6 fr. 40, pièces de fonte 23.4 =■= 92 k. à 22 fr. = 20 fr. 24, grilles et outils 48.4 = 192 k. à 45 fr. = 86 fr. 40 ; l'use des grilles est plus fort de i/î dans les fours à réchauffer que dans les fours à puddler, mais ces derniers consomment des rabots et d'autres outils, ce qui rend les dépenses égales; selon M. Blondiau, l'usé, dans les fours à puddler, varie de 38 à 87 k., suivant les fontes et le charbon ; total par
24 heures 115 fr. 24, soit pour 1000 k. de tôle fr. . . . . 7,55 Coussinets, réparations aux machines, etc., huile, graisse, etc. par
1000 k. et pour l'usine à tôle complète 1,80
Intérêts et amortissement du capital de l'usine à tôle, intérêt du
fonds de roulement, contributions et assurances. Total par 1000 k.
de tôle 8,00 \
Total général par 1000 k. de tôle fr 247,41
A déduire rognures 8 pour 100 de 15000 k. ou 1200 k. à 11 fr.,
ci 132 fr., soit par 1000 k. de tôle fr 8,80
Prix de revient de 1000 k. de tôle fr 238,61
742. Classifications et prix-courant des tôles de Couillet, en 1871 .
Clasuification sur dimensions.
Tôles de 3 à 4,mm en dessous de l"n,00 largeur jusqu'à â'n,BO longueur.
» 5""" et plus jusqu'à \mfiO et 2n>,0S »
1) S •> » en dessous de InijOO jusqu'à i^,SO »
» i » « jusqu'à l"n,10 et ^m^^Q „
CHAP. IV. — FABRICATION DE LA TÔLE
Tôles de 3 à /£""" jusqu'à 1m,20 largeur et 2">,S0 longueur.
» 7 et plus » i"\iO » » »
Tôles de 3 à jusqu'à lni,50 largeur et 2'",50 longueur.
» 6 » l'^j/iO n « »
» 8 et plus » 1>",E)0 » » »
« 9™"i et plus jusqu'à 1™,60 largeur cl 2"',S0 longueur.
« 10'"™ et plus jusqu'à l'>i,70 largeur et 2™,b0 longueur.
Classification sur qualité et prix-courant par 100 /(.
No 2.
Extra.
22 fr.
Observations. — Les prix rapportés concernent les tôles de la première classe. Ceux d'une autre classe quelconque s'obtiennent en majorant d'un franc ceux de la classe précédente. Le poids maximum des tôles de toutes les classes est de 300 kil. ; les tôles dépassant ce poids sont augmentées de fr. 0-SO par 100 kil., pour chaque poids ou chaque fraction de poids supplémentaire de bO kilog.
Les tôles dépassant les longueurs maximum, subissent une augmentation de fr. 0-50 aux 100 kil. par 0'"50 ou fraction de 0™50.
Les tôles irrégulières et les ronds subissent en outre une majoration de 2 à 4. fr. par 100 kilog.
Le n° 2, servant pour réservoirs, tôles de pont, bâches, etc., se fabrique avec de la fonte blanche n° 2 de Couillet qui donne du fer fort. Un métis n'aurait pas assez de force. Le plus souvent, les paquets sont sans couvertures.
Le n" 3, s'employant pour générateurs, et généralement pour chaudières, s'obtient au moyen des mêmes fontes que le n» 2, seulement les paquets reçoivent toujours des couvertures plus fortes comme qualité que celles des paquets pour n" 2.
N» 4, communications et coups de feu. Fonte grise. Paquets entièrement en ébauché.
Extra dit au bois, caisses à fumée des chaudières de locomotives, dôme de chaudières, ronds à emboutir et à bords relevés, tôles qui ont le plus de fatigue. Fer à fins grains.
743. Exemples qui prouvent la grande influence d'une accélération du travail sur la production journalière et sur le chiffre des bénéfices. — Ces exemples sont pris, l'un dans l'ancienne usine de Couillet et l'autre dans l'usine d'Eschweiler, également montée d'après le système ancien.