‹ Traité théorique et pratique de la fabrication du fer et de l'acierChapitre 98 sur 189 · TOLES POUR CHAUDIERES, PREMIÈRE QUALITÉ · texte numérisé non relu

TOLES POUR CHAUDIERES, PREMIÈRE QUALITÉ

Main-d'œuvre fr.

/ employô

Fer ' mitraille à déduire .

f reste

Charbon

Objets de consommation .

Amortissement des réparations .

Parais particulier et divers .

Part des frais et intérêts généraux.

100 kil. de tôle coûtent . . fr.

Prix de vente

Bénéfice par 100 kil , . . .

Quantité fabriquée par 24 heures.

Bénéfice par 24 heures

kilogr. fr.

196,70 à fr.

3,000 kil.

kilogr. fr.

kilogr.

fr.

um »

fr. .

169,40 à fr.

2,800 kil.

2,800 kil.

Comme les trois espèces de tôle se fabriquaient alternativement et au même train, on voit que le bénéfice par 100 kil. était en moyenne de 2,70 fr. et que le bénéfice total par heures s'élevait moyennement à 75 fr. 23.

Dans l'usine dont il s'agit, le train à tôle marchait avec une vitesse de 32 tours par minute ; certains ouvriers, comme c'est l'usage dans l'ancien système, cumulaient diverses fonctions et le mode de relevage était défectueux.

A l'usine d'Esebweilcr, en Prusse, on ne travaille non plus qu'avec un train, mais les cylindres font S5 tours par minute, chaque ouvrier a sa spécialité, les ouvriers sont plus exercés, et l'on fait usage d'un tablier-releveur perfectionné ; aussi fabrique-t-on journellement 10,000 k. de tôle, ce qui, en admettant seulement le même bénéfice par 100 k. que ci-dessus (il doit être bien plus considérable), le porte par 24 heures à 270 fr.

c) USINES DIVERSES A GROSSES TOLES.

T-i-i. Grosses tôles remarquables qui ont figuré à l'exposition universelle de 1867. — Petin, Gaudet et C" ont exposé une tôle de chaudière à vapeur de pieds (mesure de Vienne) de long, S, 2 pieds de large et 4,37 lignes d'épaisseur. L'usine de Hoerde en a produit une

CIIAP. IV. FABRICATION DE LA TÔLE

de U pieds de long, S, 2 pieds de large et 10 lignes d'épaisseur. L'usine à fer anglaise de Low Moor a envoyé dos tôles de chaudières à bords renforcés d'environ 0,S pied de largeur, laminées d'après la méthode brévétée de l'anglais Alton. Comme dans les endroits rivés, les plaques ordinaires ont rarement plus des 0,6 de la force de celles-ci, on comprend facilement le grand avantage que présente, sous les points de vue technique et économique, l'emploi des plaques à bords renforcés, tant pour les chaudières à vapeur que pour les constructions diverses ; car il n'en résulte pas seulement une économie de matière, les plaques pouvant avoir au milieu une épaisseur moindre que celle qui est prescrite, tout en offrant la même résistance, mais la construction elle-même présente, en outre, plus de sécurité, parce que, sous un effort considérable, la rupture ne s'opère pas en premier lieu aux endroits rivés, mais les plaques peuvent, avant de se rompre, s'étendre suivant toute leur longueur et leur largeur.

On ne peut concevoir d'autre procédé de fabriquer ces tôles que l'application d'une forte pression sur les plaques au sortir des cylindres, car elles étaient à bordure sur tout le pourtour. Des tôles simplement renforcées aux bords latéraux pourraient se laminer à l'aide de cylindres moins rapprochés ontr'eux aux extrémités qu'au milieu, mais elles exigeraient l'emploi de cylindres dilférents pour chaque largeur des plaques. En tout cas, la qualité du fer doit avoir été supérieure, la bordure ayant présenté une largeur uniforme ; en effet tout autre fer aurait donné des bords défectueux trop irréguliers pour permettre de conserver à l'affranchissage des renforts égaux aux quatre côtés.

L'usine de Borsig, à Berlin, a exposé de grandes plaques produites chacune à l'aide d'une seule loupe de puddlage. Une de ces plaques ne pesait pas moins de 24 quintaux. Pour la production de loupes aussi considérables, le puddlage s'opère dans des fours à trois portes de travail. Ces grosses loupes s'emploient principalement pour tôles de chaudières qui, actuellement, se fabriquent à l'usine précitée, exclusivement de loupes isolées, pour obtenir des tôles aussi exemptes que possible de joints de soudure. Quoique les scories ne puissent être exprimées aussi bien de ces loupes énormes que de loupes plus petites, et que la production des premières exige beaucoup plus de force et d'habileté de la part des ouvriers, cependant le procédé dont il s'agit se recommande lorsque les pièces fabriquées doivent présenter le moins de joints de soudure possible et que le laminage du fer non corroyé n'offre pas trop de difficulté.

En Russie, on fabrique quelquefois les tôles de chaudières au moyen de loupes provenant de feux d'aflînerie à l'allemande et pesant jusqu'à

528 SECTION 111. RIÎCIIAUFFAGR, COllUOYAGE ET FINISSAGE.

10 quintaux. Bien que ce procédé donne un produit brut d'un prix assez peu élevé, cependant il y a lieu de croire qu'au moins sous le point de vue de l'uniformité, ce produit ne puisse soutenir la comparaison avec la matière provenant du corroyage de loupes plus petites ; mais le procédé paraît recommandable pour des fers difficiles à souder.

En France, par exemple, à Audincourt, les tôles pour chaudières de locomotives et généralement les tôles dites à feu, c'est-à-dire celles qui, dans les chaudières à vapeur ordinaires, ont le plus à souffrir de la chaleur, se fabriquent souvent avec du fer provenant de l'afGnage au charbon de bois dans les bas fourneaux.

En traitant de l'acier Bessemer, nous verrons qu'il peut être quelquefois avantageux de fabriquer les tôles avec de l'acier mou.

74S. Plaques de blindageQ). ■ — Une des applications les plus importantes que l'on ait faites du laminoir universel est celle du laminage des plaques de blindage, qu'autrefois on fabriquait à l'aide du marteau, puis par la méthode beaucoup plus rapide et moins dispendieuse du laminage. Dans cette application, les laminoirs universels l'emportent sur les laminoirs ordinaires, parce qu'ils dispensent de rogner les côtés latéraux des plaques, ceux-ci étant déjà nets et uniformes au sortir des cylindres : il suffit de couper à chaud les deux bouts au moyen de scies circulaires, ces bouts étant seuls défectueux. En France^ on donne aux plaques la courbure nécessitée par les parois du vaisseau, en les forgeant au rouge intense sous des marteaux-pilons. On considère encore le fer puddlé mou et exempt de scories comme la meilleure matière pour CCS plaques. Il paraît que c'est l'usine de l'Atlas, à Scheflield, appartenant à J. Brown et Com., qui fabrique les plus grandes plaques de blindage. Une des plaques exposées à Paris, en 1867, par cette Société avait 30 pieds anglais de longueur, 3 1/2 pieds de largeur, 1/2 pied d'épaisseur et pesait 11 1/4 tonnes. Une autre avait 13 pouces anglais d'épaisseur. Enfin, d'après le journal The ciiil Engineer and Archilects's Journal, 1867, p. 298, la même usine produirait par le laminage des plaques de cuirasse pesant jusqu'à 2S tonnes.

Dans les usines de Parkgate, à Rotherkam (Angleterre), les plaques de blindage se fabriquent au moyen d'un laminoir qui peut avoir les mêmes dimensions que ceux du train à tôles de Seraing ; mais le laminoir est à mouvement alternatif. Par contre, les fours pour blindages de 10 à 15 tonnes, sont plus grands que les fours ordinaires : on leur donne deux foyers pour éviter le porte-à-faux des grilles.

Les paquets pour blindages renferment quatre tôles A, dont chacune

(') Cofisultez sur ce sujet un mémoire de M. Oppermann, du Hanovre, inséré dans le journal de Dingler, t. 170, 6» cahier, I865.

ClIAI'. IV.

FABUlCATlOiN DE LA TÔLE.

résulte de Irais lôles B superposées, soudées dans des fours à récliaulï'er ordinaires cl laminées à un Irain à lôles également ordinaire. Quant aux lôles B, on les obtient par le laminage de simples paquets de barres.

L'usine à plaques de blindage se compose d'un four à double foyer et du train à désembrayer. Il y a en outre deux waggons pour le transport des fers, l'un entre le four et le train et l'autre au delà du train, mais sur la même ligne.

Le paquet pour blindage se lamine en quatre passes, dont deux en allant sur le premier waggon dans la direction du four au train et deux en revenant sur l'autre waggon dans la direction opposée. A chaque passage, on serre un peu la vis à leviers des cages pour rapprocher les cylindres.

On fabrique des blindages de 10 à 15 tonnes dont on a pu voir des échantillons à l'exposition de Londres en 1862.

On lamine des tôles de 0™,02S à 0™",050 d'épaisseur et des blindages de 0'",10 à 0"',14'. Les paquets pour blindages de O^'^IO peuvent avoir 0'",125, et ceux pour blindages de 0"',14, 0'",18 d'épaisseur.

Les blindages laminés reviennent à -iSfr. les 100 k. elles blindages martelés à plus de SS fr.

On admet que la qualité des blindages laminés est également supérieure à celle des blindages martelés.

ARTICLE QUATRIÈME

Page 1