‹ Traité théorique et pratique de la folieChapitre 13 sur 295 · V. 8. XV · texte numérisé non relu

V. 8. XV

îlomme. 47 . Coiavi*euB« en paille.

— 98 J. Inconnue.

Agitation, loquacité, instabilité dans les idées, cris, insomnie, évacuations involontaires.

Il ne sait pas pourquoi il est venu ici. C’est par hasard; c’est la faiblesse qui l’aura fait tomber. Il y a quatre jours qu’il n’a mangé. Les alimens qu’on lui présente sont empoisonnés. 11 n’a pas faim , il peut bien rester sans manger ; déjà il lui est arrivé de rester six mois , un an , 10 ans sans manger. Il prétend qu’on lui donne des coups sur la tête pendant la nuit. Il a déjà tué plus de 1000 hommes , mais il en a encore plus d’un million à tuer. Plusieurs fois il s’est élancé sur les gardiens , les prenant pour des ennemis et voulant les frapper. Il brise , il déchire tout ce qu’il trouve sous sa main. Lorsqu’on vient le chercher pour le conduire au bain , il fait le mort et on est obligé de le porter. Une nuit, il démolit le parquet de sa^ cellule, et à la visite on le trouve logé sous ce parquet. Il dit qu’il est mineur, et qu’il s’est mis là pour surprendre l’ennemi. Il a barbouillé les murs de sa cellule avec ses excrémens, et il prétend que ce sont de petits poissons qu’il a dessinés. Il a cessé de faire des difficultés pour manger, et, après

FOLIE AIGUE

avoir mangé, il dit qu’il y a plus de quinze ans qu’il n’a pris d’alimens. Il tresse la paille de son lit, s’entoure le corps nu de ces tresses, après avoir déchiré ses vêtemens. De nombreux abcès et furoncles se développent dans diverses régions du corps ; le malade ne conserve aucun pansement.

Deux jours ayant la mort , l’agitation et la loquacité diminuent , le malade paraît s’affaisser , il mange peu. On le trouve mort dans son lit.

Encéphale, 1.420.

Épaississement des membranes dans les deux tiers antérieurs des régions supérieures et latérales des hémisphères. Infiltration de la pie-mère. Ecchymoses sousarachnoïdiennes disséminées , avec injection pointillée et ramollissement superficiel de la couche corticale. Hypérémie générale de l’encéphale.

Page 1